CHAPITRE VIII
I. — ÉTATS GÉNÉRAUX DE 1351, 1355. BASES DE LA SOUVERAINETÉ DU PEUPLE. ETIENNE MARCEL ET ROBERT LE COQ.
Lorsque, pour entreprendre la guerre contre les Anglais, .lean le Bon eut besoin d'argent, il convoqua les États généraux (16 février 1351).
Mais les députés de la langue d'oil, de la France septentrionale, mirent des conditions à leur vote. Il fallut les congédier, quand déjà surgissait un esprit d'opposition aux agissements de la royauté, à cause de la falsification des monnaies.
Force fui, bon gré, mal gré, de recourir à la nation, pour en obtenir des subsides. Jean le Bon rassembla les États dans la grande chambre du Parlement de Paris, le 2 décembre 1355.
Les députés s'attribuèrent le choix et la nomination des préposés à la perception de Taide que le roi leur demandait. Ils choisirent parmi eux neuf commissaires ou surintendants, ayant la haute main sur tout ce qui concernait la levée et remploi de la taxe.
On peut considérer ces États généraux comme la première assemblée nationale qu*ait eue la France, depuis que la bourgeoisie était émancipée. Les commissaires, envoyés sous le nom d' « élus » dans les provinces, prêtèrent serment « de n'obéir aux lettres contraires » que Timportuoilé surprendrait au roi.
Pierre de Craon, archevêque de Reims, figurait au premier rang du clergé; le duc d'Athènes, Gauthier YI, comte de
Briennc, parlait pour la noblesse; Etienne Marcel, prévôt de Paris, représentait les bourgeois.
Marcel, issu d'une famille considérable de la corporation des drapiers de Paris, fut Pâme de cette grande assemblée dont la session dura probablement une semaine (1 ), et qui introduisit des réformes dans le gouvernement, au lieu de se retirer liumblemenl après avoir voté des subsides, comme cela avait eu lieu dans les États généraux précédents.
Les députés voulurent perpétuer leur autorité. Leur principale réforme consista à faire des Etats une institution régulièrement permanente. Afin d'y arriver, indirectement, on ne vola do Pargent que pour une année, et l'on convint de se réunir : au mois de mars 1356, sous prétexte de recevoir et. de vérifier les comptes des délégués ; puis le 30 novembre suivant, dans le but d'accorder des subsides nouveaux, s'ils devenaient nécessaires (2).
Le vote annuel du subside était une précaution de haute politique. Le seul instinct de la liberté l'avait révélé, quatre siècles avant Montesquieu, qui a dit : « Si la puissance législative statue, non pas d'année en année, mais pour toujours, sur la levée des deniers publics, elle court risque de perdre sa liberté ; parce que la puissance exécutrice ne dépendra plus d'elle : et quand on tieat un pareil droit pour toujours, il est indilïérent qu'on le tienne de soi ou d'un autre (3). »
On décida l'abolition du droit de prise, des emprunts forcés ; quelques modifications à la discipline des gens d'armes et à l'organisation des milices nationales.
A ces mesures fut jointe la reconnaissance du principe que nul ne pouvait être distrait de ses juges naturels, et que les peuples avaient le droit de résister par la force à la levée d'un impôt non autorisé ou aux preneurs de vivres, meubles et charrois.
(1) Grandes Chroniques ^ édit. P. Paris.
(2) Grandes Chroniques, Froissart.
(3) Esprit des lois, Hy. XI, cli. vi.
Défense au roi de conclure paix ou trêve sans le consentement des Etats, ou de publier, à Tinsu de ceux-ci, une loi quelconque.
Ces réformes changeaient radicalement la façon de gouverner la France. Partage de la souveraineté royale avec les États, égalité des trois ordres reconnue, charges égales, libre disposition des impôts, etc., quel programme de gouvernement représentatif! Quel souffle de démocratie municipale! Se croirait-on au xiv" siècle?
Tant d'innovations, trop hâtives, non demandées par les masses, faites sans réflexion, certainement incomprises, donnant des droits étendus à qui s'effrayait d'administrer, étaient grosses de tempêtes.
Les actes des personnes ne pouvaient s'accorder avec les théories arrachées à la surprise et au désespoir. Bien des arrière-pensées, bien des intrigues, bien des ambitions se produisaient au sein de la bourgeoisie. L'initiative du tiers état se riait de tous les obstacles, quand la noblesse perdait de son prestige, soit par des malheurs, soit par des fautes ; quand le clergé n'allait pas tarder à déclarer, par la bouche de Robert le €oq, qu'il fallait faire remonter aux gouvernants toute la responsabilité des calamités publiques.
Cependant, les impots que la majorité de décembre 1355 avait décidés, comprenaient la gabelle et une taxe sur les ventes. La gabelle, toujours impopulaire, excita des mécontentements dans la Normandie que travaillait le parti de Charles le Mauvais, roi de Navarre, et dans les provinces du Nord. La taxe sur les ventes, entrave aux transactions commerciales, irrita les petits trafiquants des villes. Plusieurs cités refusèrent de payer, en prétendant alors se gouverner elles-mêmes (1).
Le roi, de son côté, déclara qu'il « ne vouloit nul maistre en France que lui. »
(I) MaUeo Villani^ cité par Secousse, p. 49, note 6.
EN FRANCE. 23a
Aux Étals de se prononcer. Ceux du 1" mars ne virent arriver aucun député de Normandie et de Picardie. Plusieurs séditions avaient éclaté. Arras était au pouvoir du « menu peuple, » qui avait tué quatorze bourgeois de la Tille.
Les États abolirent la gabelle et la taxe sur les ventes, remplacées par un impôt sur les revenus. Les paysans elles trafiquants se calmèrent. Ils obtenaient satisfaction, aux dépens des bourgeois.
Le 8 mai, nouvelle réunion des députés à Paris; nouveaux subsides accordés au roi, lequel, en échange, abandonne d'anciens abus. II y a marché conclu entre la royauté et la nation.
Bientôt la défaite de Poitiers, la captivité de Jean le Bon, la régence de Charles âgé de dix-neuf ans, et le discrédit dans lequel tombèrent les gentilhommes , à cause de leur mauvaise figure durant la bataille, hfttèrent la convocation des députés.
Ceux-ci s'assemblèrent le 17 octobre, et non le 30 novembre, par suite de ces désastres.
Plus de huit cents membres, dont quatre cents députés de» bonnes villes, siégèrent au palais, dans la chambre du Parlement. Us voulurent imposer au Dauphin un conseil par eux formé de quatre prélats , de douze nobles et de douze bourgeois ; ils demandèrent la délivrance du roi de Navarre emprisonné par Jean le Bon, son beau-père.
De ces exigences, la première renfermait un des plus grands principes de la royauté constitutionnelle, le meilleur instrument de la liberté politique sous une monarchie; la seconde proposition attestait la popularité du roi de Navarre, qui s*était opposé, Tannée précédente, au payement des aides et gabelles. <c Pour avoir le vent en poupe au milieu du peuple, ce prince se rendait chef de parti, » dit Pasquier.
Le Dauphin Charles n'accepta point les idées de rassemblée qui cherchait à s'établir auprès de lui comme un conseil permanent et souverain ; qui, par conséquent , touchait aux prérogatives royales. Il répondit, en politique déjà habile, que « de
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ces choses il auroit volontiers avis et délibératioD avec son conseil. »
Les légistes commençaient à poser les bases de la souveraineté du peuple, et cela d'une manière évidente.
Sur ces entrefaites, à Toulouse les États de la langue d^oc votèrent une levée de quinze mille hommes, et l'argent nécessaire pour entretenir ces soldats. Mais ils exigèrent que les trésoriers, dont la nomination leur appartenait, ne rendissent compte qu'a eux. Ils décrétèrent Tégalité de Timpôt pour les trois ordres, la refonte des monnaies, l'assemblée des Etats sans convocation et à leur volonté, pour les cas de subsides.
Les provinces suivaient l^exemple de la capitale. Elles étaient disposées aux réformes, et demandaient Taccomplissement des promesses contenues en l'ordonnance de 1355 : non altération des monnaies, plus de droit de confiscation ni de prise.
Or le Dauphin, manquant d argent pour faire un voyage à Metz, où il allait trouver l'empereur Charles lY, son oncle, ne craignit pas d'émettre une monnaie avilie, qui circula vers le milieu de décembre 1356. Tout portait à redouter, en ce moment, des émotions populaires, soit à cause de l'anarchie qui existait an sein du gouvernement, soit en conséquence des misères qui se multipliaient dans le royaume.
La population parisienne s'exaspéra. Les blancs de six sous huit deniers, monnaie de bas billon nouvellement fabriquée, ne furent point acceptés dans les halles de Paris.
Etienne Marcel courut au Louvre, et finit par obtenir du duc d'Anjou, frère et lieutenant du Dauphin, qu'on suspendit Texécution de l'ordonnance jusqu'au retour de Charles (14 janvier 1357) (1).
Une révolte, encouragée par Marcel, avait proteste contre les blancs de six sous. Les métiers avaient cessé leurs travaux, se rangeaient sous les bannières des corporations. Le Dauphin,
(1) Grande* Chroniques, p. 47 et 48.
après certaines tentatives infructueuses pour gagner du temps, fut forcé de céder à Témeute, de retirer sa mauvaise monnaie, et de convoquer les États pour le 5 février. Son habileté échouait devant les événements.
Les députés se rassemblèrent dans les dortoirs du couvent des Cordeliers, où avait eu lieu la session d'octobre, où devait se tenir, en 1792, le club qui mit en évidence Camille Desmoulins.
Leurs prétentions furent immenses. Robert le Coq, évêque de Laon, parla pour le clergé; Jean de Picquigny, pour la noblesse^ peu nombreuse; Nicolas le Chanteur et Etienne Marcel, pour la bourgeoisie.
Ces trois députés formèrent une sorte de « triumvirat 9. On avait fortifié Paris, exercé aux armes les Parisiens, fait sceller au coin des rues de grosses chaînes de fer destinées à être tendues en cas d'alarmes.
Des discussions on passait à Faction. Ce fut Torigine des barricades, des résistances à main armée, lorsque Tautorité royale prétendait l'emporter sur les assemblées délibérantes. Ces actes montraient combien le tiers état possédait maintenant de prépondérance, d'énergie, et, sous quelquesrapports,de forces militaires.
Robert le Coq, évêque vraiment éloquent, comparable à la « besaguë [bisacuia) du charpentier qui taille des deux bouts » (1), était soutenu sur tous les points par Picquigny et Etienne Marcel. Ces trois députés firent beaucoup de besogne en peu de temps.
Le triumvirat rédigea une remontrance à présenter au Dauphin, que Ton traitait absolument en jeune homme, en mineur. Ce prince devait regarder la pensée des députés comme celle de la « nation. » Dans Tintervalle des assemblées, il devait gouverner avec l'assistance de trente-six élus entre les Etats, douze de chaque ordre.
Cette commission des trente-six « devait être souvent à Paris,
(l) D. F. Secousse, Mém, pour servir à Vhistoire de Charles II, roi de Navarre, dil le Mauvais, 1. 1, p. m, iQ-4o. Paris, 175S-J8.
pour ordonner des besoignes du royaume, et toutes manières de choses se dévoient rapporter par ces trois états, et dévoient obéir tous prélats, tous seigneurs, toutes communautés des cités et des bonnes villes à ce que ces trois étals ordonneroient(l). » D'autres élus seraient envoyés dans les provinces avec des pouvoirs presque illimités, afin de punir selon leur volonté, emprunter et contraindre, instituer, salarier, châtier les gens royaux, assembler des états provinciaux, etc.
Le gouvernement tout entier passait dans les mains des députés. Moyennant ces choses, TAssemblée accordait au Dauphin de quoi payer trente mille hommes d'armes.
Le roi Jean le Bon, prisonnier à Bordeaux, protesta contre les États; son fils, majeur depuis le 14 mars 1357, n'accorda pas les réformes qui, en réalité, changeaient le gouvernement et transformaient la monarchie en république.
Le Dauphin craignit qu'Etienne Marcel, à l'exemple du brasseur Arteveld en Flandre, ne se substituât au souverain. Il eut la prétention de gouverner sans tuteur, sans se soumettre aux commandements des États.
La protestation du roi Jeun avait excité un soulèvement dans Paris (5 avril 1357). Les trente-six avaient obtenu du Dauphin qu'il revint sur la détermination de son père, et les États s'étaient de nouveau réunis le 30 du même mois.
Dans cette réunion, les bourgeois étaient maîtres, comme ils dominaient dans l'intervalle des sessions. Ils votèrent un subside. Les plus ardents députés étaient sans contredit ceux du troisième ordre.
Vers juillet, l'influence d'Etienne Marcel diminua; le clergé et la noblesse s'éloignèrent du mouvement, en dénonçant aux provinces la tyrannie des trente-six, en reconnaissant « Tiniquité de ces gouverneurs principaux qui étaient au nombre de dix ou douze (2). »
(I) Froissartt liv. 1, ch. clxx.
{7) Grandes Chroniques^ p. GO.
AU milieu d'août, le Dauphin voulut profiter delà désorganisation qui existait à Paris, et signifia à Etienne Marcel, ainsi qu'aux trois autres gouverneurs de Paris, qu'il entendait gouverner lui-
même. Mais, au commencement d'octobre, le fils de Jean le Bon fut rappelé dans la capitale, après avoir vendu des offices pour amasser quelque argent, sans y réussir (1).
Etienne Marcel et son parti lui promirent beaucoup d'argent, s'engagèrent à ne pas demander la délivrance du roi de Navarre et à ne pas inquiéter les officiers royaux, moyennant la réunion à Paris des députés d'un assez grand nombre de villes.
Ces députés, à peine assemblés, réclamèrent la convocation des trois États, et le Dauphin dut malgré lui fixer une session des États généraux pour le 7 novembre. Il m3ttait son sort entre leurs mains.
Inutile revirement. Sous lapression desbourgeois, qui étaient tout puissants aux Cordeliers, Paris se souleva contrôla royauté. Les bourgeois voulaient gouverner [avec un autre prince que le Dauphin. Etienne Marcel, voyant bien que la noblesse et le clergé hésitaient à le suivre dans sa lutte avec le duc de Normandie, avait fait sortir de prison le roi de Navarre (12 novembre 1357).
Le Dauphin n'osa pas refuser à « son cher cousin » une charte qui lui permettait de se rendre à Paris.
En effet, Charles le Mauvais entra solennellement dans la capitale, escorté de bourgeois armés (3 décembre 1357). Le lendemain, il parla au peuple dans le Pré-aux-Clercs, où plus de dix raille Parisiens étaient accourus pour l'entendre et pour l'acclamer.
Charles le Mauvais « prêcha », c'est-à-dire prononça un de ces discours prolixes et remplis de citations bibliques, dont les masses aimaient fort l'apparente éloquence. Il énuméra ses souffrances pendant une captivité de vingt mois ; il vanta
(I) Ordonn. des roU de France, t. m, p. 180.
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SOU dévouement à la France ; il rappela son désintéresseaient en. n'élevant point de prétention à la couronne, à laquelle il avait plus de droits que le roi d'Angleterre ; il termina en déclarant qu'il était prêt, pour Tavenir, aux mêmes sacrifices, afin de ne pas troubler la paix du royaume (1).
Au fond, le discours de Charles le Mauvais trahissait des espérances pour monter sur le trône. Il contenait une, foule d'allusions méchantes, justifiant les faits 'accomplis, et telles que Les Parisiens comprirent à demi-mot les difficultés soulevées par le duc de Normandie.
Peu après, un arrangement était signé entre le Dauphin et le roi de Navarre qui, à la grande joie des Français, se prodiguèrent les marques d'amitié. Combien de gens croyaient à une réconciliation véritable !
Mais Charles le Mauvais ne supporta pas longtemps la contrainte. Dès le 13 décembre 1357, il se retira à Mantes. Le 10 janvier suivant, il se trouvait à Rouen. Là, accompagné d'une foule de personnes, il se rendait en grande pompe au lieu 011 ses amis avaient été décapités par Tordre du roi Jean. Dans un sermon (oraison funèbre), il glorifia ces « martyrs », prodigua des mots amers contre le Dauphin, et publiquement invita à diner le maire de Rouen, simple marchand de vin.
Sa popularité monta au comble. Il devint une idole, une sorte de roi pour les bourgeois de Rouen.
Le Dauphin, dont ce succès troubla le repos, rompit aussitôt avec le roi de Navarre. Celui-ci ne redouta plus de continuer oslensiblement une guerre qui n'avait pas cessé d'exister d'une manière occulte. Ses bandes de mercenaires s'approchèrent de Paris, où se réfugiaient une masse de gens épouvantés, accablés par les bandits, et non défendus par le Régent (2) (tel était le nouveau titre du duc de Normandie). Le Régent ne se désola point, peut-être, pour cette démonstration hostile. Grâce à la
(I) Froissart; F. T. Perrens, Et, Marcel, cic.,p. 154 et 155. 3) GontiDuatour de Nangi».
guen*e, les dilapidatioDs et les prodigalités trouvaient des ressources toujours renaissantes.
D'un autre côté, Etienne Marcel s'occupait sans relâche des fortifications delà capitale. Le prévôt et les bourgeois craignaient moins les mercenaires de Charles le Mauvais que les partisans du Régent, prompt à relever la tête. L'heure approchait de précipiter par la force des masses roturières, remarque Augustin Thierry, ToDuvre de nivellement commencée par les rois.
Le duc de Normandie essaya, lui aussi, d'obtenir cette popularité qui donnait tant d'arrogance à son adversaire. Il parla aux gens des halles, bientôt réunis en sa présence. Ceux-ci eussent immédiatement pris parti pour lui, sans doute, si Marcel n'eût convoqué une assemblée à Saint-Jacques de l'Hôpital, rue Saint-Denis, au centre de la ville.
Le Régent y vînt avec son chancelier, qui parla contre les Trente-Six et justifia sa conduite envers Charles le Mauvais. Il y eut grand bruit et tumulte. Le duc de Normandie en fut réduit à laisser le champ libre au prévôt des marchands et aux échevins, car chacun lui criait de faire justice au roi de Navarre, si malheureux, si subtil, si bon harangueur.
Etienne Marcel et ses adhérents, les riches bourgeois avec leurs subalternes, les professeurs de l'Université, les moines mendiants, le bas clergé, tous ceux, en un mot, qui maniaient Targcnt ou brillaient par la parole, avisèrent au moyen de ne laisser le pouvoir ni au Navarrais ni au Régent.
Bientôt ils pensèrent que, pour défendre la « république», il était « indispensable » de tuer quelques-uns des conseillers du fils de Jean le Bon.
Une réunion anticipée des États, en janvier 1357, assemblée où ne figurait qu'un nombre infime de nobles et de gens d'Église, ne put se mettre d'accord autrement que pour voter un affaiblissement des monnaies, et pour s'ajourner au 11 février (1).
(1) Chronique de Sainl-Denis.
La moindre étincelle allait surfire à enflammer la population de Paris, mécontentée par le Régent qui, entouré d'une garde nombreuse, vivait oisif ou fond de son palais.