LE CANTIQUE RELIGIEUX
eisse, fit pour les communautés des frères bohêmes ou moraves “recueil de cantiques, où il fit entrer d'anciens chants des ssistes. Son Chant de mort est resté dans la liturgie :
fous venons enterrer le corps, — mais nous ne doutons pas de sa tinée. — Il reéssuscitéra au dernier jour, — et se lèvera de son nbeau.
est poussière, né de la poussière, — et à la poussière il est rendu. Mais de la poussière il sera tiré, — quand la trompette retentira. âme vit éternellement en Dieu, — qui, dans sa miséricorde, — de lache du péché — l’a purifié, par son alliance 1.
à tradition attribuait ce cantique à Luther. Il s’en défendait : on, » disait-il, « que je le désapprouve, car c’est l'œuvre d’un vrai wète. » Luther fut toujours le maître du genre. Tout un groupe poètes se forma autour de lui. Il nous suffira d'en citer les ncipaux : Lazare Spengler, greffier de la ville de Nuremberg, uté à la diète de Worms en 1521; Paul Speratus, qui fut chaain du duc Albert de Prusse, et qui répandit la Réforme dans Nord; Erasmus Alberus, qui se fit surtout connaître par des rages didactiques et satiriques, en particulier par ses fables, rit original et caractère très personnel, souvent en désaccord cles’autorités civiles et ecclésiastiques; énfin Paul Eber, préateur à Wittemberg, et l’un des professeurs distingués de iiversité, lié d'une étroite amitié avec Mélanchthon. On raconte un cantique de Speratus, qu'un mendiant chanta un jour ant la porte de Luther, émutle réformateur jusqu'aux larmes. lait le Chant de la Loi et de la Foi :
eSalut est descendu vers nous — par grâce et pure bonté. — Nos Imes ne nous sont d’aucun secours; — elles ne peuvent pas nous ver La Foi regarde vers Jésus-Christ. — C’ést lui qui a tout fait PnOus; — il a été notre médiateur 2.
& Nu last uns den leib begraben,
« bey dem wir keinn zweifel haben,
« er werd am létzten tag auffstchn
« und unverrücklich herfür gehn..…. »
Es ist das heil uns kommen her
von gnad und lauter güten;
die werck die helffen nimmer mer, sie mügen nit behüten.
Der glaub,sihet Jesum Christum an, der hat gnug für uns alle getan,
er ist der mitler worden... »
MUR R MIA RSR
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dogme de la justification par la foi; mais le sentiment reli
dormir et reposer en paix ?
LA RÉFORME
Tout le cantique, qui est fort long, n’est qu'une expositiot s'y exprime avec sincérité, et le style nest pas. sans poé Malheureusement, Paul Speratus eut des successeurs qui tèrent le même genre de sujets avec la froideur one d’
discussion d'école.
Le cantique religieux n'exigeait pas, à vrai dire, de lo origin
lité. Il semble même que le premier devoir du poète fût | |
s'oublier et de s’effacer complètement. Son but n'était-l pas : prêter une voix à la communauté, d'exprimer des sentimer qui étaient dans tous les cœurs? Il ÿ eut cependant des autel qui, Has un genre 4 peu propice aux pu a
comme dans cette Prière du soir :
Les rayons du soleil sont éteints; — la sombre nuit s'empare terre. — Luis sur nous, Seigneur Jésus, Ô vraie PE — Na laisse pas tâtonner dans les ténèbres.
Nous te louons : tu nous as, tout le jour, — sauvés du mel ( servés du danger.— Tu as mis tes anges pour nous Fo : grâce et ta bonté paternelle.
Les offenses que nous avons commises envers toi, — efface-l ta miséricorde, — et ne les pas sur nos âmes. — Laiss
1. Die Sontags Evangelia über das gantze Jar, in Gesenge. verfasset,… | berg, 1566.
2, « Herunter ist der Sonnen schein, « die finstre nacht bricht starck herein :
s leucht uns, Herr Christ, du wares licht, « lass uns im finstern tappen nicht.:. »
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PRES à | 193 > L\ èrent encore de continuer la tradition des réformateurs. avi Knaust montra une aptitude spéciale à transformer des ansons profanes, pour la plupart composées par lui-même, en ntiques religieux : il changeait les paroles, en gardant les lodies. Barthélemy Ringwaldt paraphrasa les Psaumes et les angiles, dans un style correct, mais sans couleur. Enfin lentin Andreæ, l’un des hommes les plus instruits de son temps, hant le français, l'italien et l'espagnol, se délassait de ses vrages latins par des poésies et des cantiques en langue vul- | ire. Avec lui, nous entrons déjà dans le xvure siècle !. Si l’on se brasse d’un coup d'œil tout le développement du chant reliux, on ne peut s'empêcher d'y reconnaître un vrai mouvement tional. Des hommes à peine lettrés ont été tirés de l'oubli par elques strophes éloquentes, et, à côté d’eux, on rencontre les iSgrands écrivains de l’époque. Nous connaissons déjà Luther : aut nommer après lui un des principaux représentants de la ésie allemande au xvre siècle, Hans Sachs.
“Ringwaldt et Andreæ furent surtout des poëtés didactiques. Le premier, dans imonestation chrétienne du fidèle Eckart (Christliche Warnung des trewen sa Francfort-sur-l'Oder, 1588), donne une description de l'autre monde, qui ppelle en rien {a Divine Comédie. La Pure Vérité, du même auteur (Die Laue Warheit, Erfurt, 1585), est un manuel de la vie chrétienne, en même temps lé satire des mœurs du siècle. — Sur Andreæ, voir Herder, Andenken an einige