A: — LE JEU DE LA PASSION
La Réforme raviva le goût des spectacles pieux. Comme le Jeu la Passion était depuis longtemps sorti de l’église et ne tenait iSsà la liturgie, il pouvait s’accommoder du culte protestant , ssi bien que du culte catholique. Il y a: plus : une institution igieuse qui en appelait constamment aux textes sacrés devait ‘oriser un genre dramatique qui, au fond, n’était autre chose éla Bible versifiée et dialoguée. Aussi, pendant tout le xvie siè- Cest dans les pays où le protestantisme jeta ses premières « ‘nes, en Suisse, en Saxe, en Alsace, dans certaines parties de Souabe et de la Bavière, que les Jeux de la Passion eurent le ide succès. C'est à Zurich, à Wittemberg, à Zwickau, à Magdeurg, à Strasbourg, à Augsbourg, qu'on les représentait avec le is d'éclat. Tout au plus mêlait-on à la tradition biblique queles allusions à la Réforme. On mettait sans scrupule dans la uche d'un patriarche une strophe d’un cantique protestant ou article du catéchisme de Luther. L'art était absolument subornné à l'édification religieuse : c'était une règle du genre.
is