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LA HAUTE ET LA BASSE-ALLEMAGNE. LES DIALECTES

Æ paganisme se maintint jusqu'au x siècle sur la rive droite € l'Elbe; et la couronne du Saint-Empire romain brillait déjà ur le frout des Hohenstaufen quand leschevaliers teutons entrerirent la conversion des Prussiens, qui occupaient les bords de L Baltique, entre la Vistule et le Niémen. Les lettres et les arts u moyen âge suivirent la voie que leur avait tracée la prédication hrétienne. C’est dans la Haute-Allemagne que la féodalité jeta es racines les plus profondes; les ruines massives qui dominent vvallée du Rhin, du Mein et du haut Danube attestent encore ujourd'hui son ancienne puissance. La Souabe, l'Autriche, la huringe furent les centres principaux de la poésie cheviie èsque; et quand l'influence politique passa de la chevalerie à la opulation libre des communes, l’art du chant ne fit que desendre des manoirs dans les demeures bourgeoises, sans changer @ patrie. Francfort, Mayence, Ulm, Nuremberg, Augsbourg urent des écoles célèbres de maîtres chanteurs. Vers la fin du toyen âge, le centre littéraire se déplace, sans sortir des régions e la laute-Allemagne. La Réforme partit de la Saxe, et cette rovince s’arrogea dès lors une sorte de primauté intellettüélie; ui, sans être toujours universellement reconnue, se maintint Jus- Wau milieu du xvuie siècle, Leipzig s'appelait encore, au temps > la jeunesse de Gæthe, le petit Paris, et l’école de Weimar, -plus grande des TE poétiques de l'Allemagne, s’éleva à delques lieues du château de la Wartbourg, où Luther avait aduit la Bible. Le romantisme, qui marqua au commencement w xIx° siècle le dernier éreli po ement important de la littérare allemande, prit son siège à Berlin; mais, depuis Gæthe et ‘hiller, l'unité littéraire était faite, et, fusil: que soit désormais constitution politique de téfiemagné, quel que soit le rôle “pondérant des grandes. villes, les variations de la langue et Ma littérature dépendront bien moins des influences locales fe du progrès général des idées et des mœurs. Moutes les tribus germaniques qui habitent entre les Alpes et

Be comprend un grand nombre de arr Tre dont quelques- 8 ont laissé des monuments littéraires, mais eus sont tombés

4 He LES ORIGINES. Er dus :

enfin au rang de patois. La Hatte Alone de et la Basse- Altef magne diffèrent autant par leur langage que par leur configuras tion naturelle. « L'expérience nous apprend, » dit Jacques Grimniÿ « que l’air des montagnes rend la voix tranchante et rude, quk «le son s’amollit et s'étouffe dans la plaine. Sur la hauteul «règnent les diphthongues et les consonnes aspirées; dans 13 « plat pays, les voyelles simples et fermées, les consonnes fortes « ou douces sans aspiration !. » Le haut-allemand sort profondé ment de la poitrine, le bas-allemand semble tomber des lèvress Le premier est une langue vibrante qui s’imprime dans l'âme; 1@ second glisse, frêle et fuyant, et caresse par sa molle harmonie: Le bas-allemand a été porté au loin par les migrations des pet plades riveraines de la mer du Nord. Deux de ses branches? langlo-saxon et le néerlandais, ont pris racine en terre étrans gère. Sa fortune a été moins brillante en Allemagne même. Dei le moyen âge, il ne joue qu’un rôle secondaire dans la littérature et, à partir de la Réforme, il disparaît de plus en plus devant lé haut-allemand. Quelques écrivains ont cherché, jusque dans les derniers temps, une sorte d'originalité dans l’emploi des dialectes provinciaux de la Westphalie, du Hanovre, du Mecklembourg# mais leurs œuvres, lors même qu’elles se distinguaient par de: $ qualités réelles, sont restées sans influence sur le mouvement genéral de la littérature. ::

Quant au haut-allemand, il a passé par toutes les vicissitudes d’une langue littéraire. Les langues restent longtemps statiors naires dans un monde barbare, elles se transforment et se défos ment vite au contact de la vie civilisée. Elles sont comme des instruments qui s’usent en se perfectionnant. Les mots perdent t leur sonorité ; la grammaire se simplifie; la langue se réduit, pouf ainsi dire, à ses éléments indispensables. On distingue, dans lé Lcloppemea du haut-allemand, trois périodes principales: L'ancien haut-allemand, qui s'étend jusqu’à la fin du xi° siècle, déjà sacrifié une partie des richesses dn langage primitif des races germaniques. La déclinaison a perdu le vocatif; la conjw gaison n'a plus de forme particulière pour le passif 2, Dans 1

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1. « Erfahrung lehrt, dass Bergluft die Laute scharf und rauh, das flache Land. SI 16. « weich und blüd mache. Auf der Alpe herrschen Diphthonge und Aspiraten vo « auf dem Blachfeld enge und dünne Vocale, unter Consonanten mediæ un d « tenues » (J. Grimm, Geschichte der deutschen Sprache : xxx1, Deutsche Dialecté)

2. Le duel, que le gothique avait gardé pour le verbe, ne se retrouve dai n aucun autre dialecte allemand.

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