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LA HAUTE ET LA BASSE-ALLEMAGNE. LES DIALECTES

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moyen haut-allemand, qui est la langue des Nibelungen et des poèmes chevaleresques, l’article et le verbe auxiliaire suppléent à l’indigence croissante de la déclinaison et de la conjugaison; les finales s’assourdissent. Enfin, dans le nouveau haut-allemand, qui date de la Bible de Luther, les syllabes muettes abondent, les voyelles s’absorbent dans les consonnes. Les progrès de l’esprit littéraire tendent à créer une langue de plus en plus commode, d’une construction de plus en plus simple, mais moins expressive et moins sonore.

Aujourd’hui, le terme de haut-allemand désigne surtout la langue écrite, celle de la littérature et de la science, celle de la société-cultivée, opposée aux nombreux dialectes, voix instinctives de la nature, qui résonnent encore çà et là dans des œuvres isolées. Les dialectes continuent de vivre, secours précieux pour Pétude générale du langage, ou pour l'explication des anciens textes; le haut-allemand, langue apprise, réglée par des préceptes, est l'organe de la pensée nationale, le signe de l'unité de la race!.

1. Le dialecte gothique ; la Bible d'Ulfilas. — Le gothique est celui des dialectes germaniques dont on à conservé les plus anciens documents. Il était parlé, au moment de l'invasion, non seulement par les deux branches principales de la nation des Goths, les Ostrogoths et les Visigoths, mais encore par les Hérules et les Vandales. Il a partagé la destinée de ces peuples, qui, après avoir porté les premiers coups à l'Empire romain, furent eux-mêmes refoulés par des invasions nouvelles, et ne firent, pour ainsi dire, que frayer la voie à leurs successeurs plus heureux, possesseurs définitifs du sol. Mais le dialecte gothique a survécu pour la science, grâce à une œuvre unique, la Bible d'Ulfilas. Né, selon les données les plus probables, en 318, Ulflas fut ordonné évêque des Soths ariens par l'empereur Constance, en 348; if mourut à Constantinople, en 388. Sa traduction de la Bible accompagna les Goths dans leurs migrations en Italie et en Espagne, et se perdit ensuite dans le flot de l'invasion: Ce ne fut qu'au xvn* siècle que les Évangiles reparurent;

à première édition en fut publiée à Dordrecht, en 1665, d'après le Codex argenteus

Ipsal. Les Épîtres de saint Paul s'y ajoutèrent en 1819, prises sur un manuscrit qui avait été trouvé au couvent de Bobbio en Lombardie. Il ne reste que de très Courts fragments de l'Ancien Testament. On ne sait, du reste, si la traduction dUlfilas comprenait toute la Bible. D’après une légende, il se serait abstenu de traduire les Livres des Rois, dans la crainte d’exciter l’ardeur belliqueuse des Goths par le récit des guerres du peuple juif. Un commentaire de l'Évangile de int Jean et des fragments d'un calendrier qu’on lui a attribués sont d'une époque lus récente. — Éditions de L. Stamm (Paderborn, 1858; nouvelles éd. revues par oritz Heyne et F. Wrede) et de E. Bernhardt (avec le texte correspondant des éptante et un commentaire; Halle, 1875).

es runes. — Les écrivains grecs et latins ont également attribué à Ulfilas l’intion des runes. C'était une ancienne écriture, commune à toutes les nations gerniques. Le mot runa signifie mystère, non que l'écriture runique fût réservée “un petit nombre d'initiés, mais à cause du pouvoir surnaturel qu'on ÿ attachait ; 6 fut appliquée d’abord, comme toutes les anciennes écritures, à des formules äcrées. Les runes furent remplacées, chez les Goths, par un alphabet nouveau, Ulfilas forma d'après l'alphabet grec, et plus tard, chez les autres tribus ger: niques, par l'écriture latine.

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