L'IMITATION FRANÇAISE
. La guurre de Trente Ans fut, au point de vue européen, Jutte pour la suprématie, qui aboutit à un équilibre nouveau. Pour l'Allemagne, ce fut une vraie guerre civile, aggravée encore par l'intervention étrangère. Elle eut pour résultat un affaiblissement de l'autorité centrale, qui amena plus tard la dissolution de l’Em: pire. bu reste, les deux partis, celui des empereurs et celui des Princes, s’accordaient en un point : l'absence de toute idée patrio- \/ tique. l'andis que la cause protestante, qui semblait perdue après
la défaite de l'électeur palatin Frédéric, se relevait par le secour:
du Danemark et de la Suède, l'armée impériale se recrutait sur-
tout en Italie et en Espagne. Les troupes étrangères traitaien! l'Allemagne en pays conquis. Les chroniques du temps rapporten destraits de barbarie qui aujourd’hui nous paraissent incroyables
Des villages disparurent, sans qu'il en restit aucune trace. Le: chatups furent convertis en déserts. La famine dépeupla de cantons entiers. Toute espèce d'industrie fut anéantie. La popu
lation générale diminua d'ün tiers, et, si l’on songe que plu
: sieurs provinces étaient éloignées du théâtre de la guerre, 0! 2 peut se représenter ce qu'eurent à souffrir les territoires exposé Se à la dévastation. a * Les agitations politiques et les commotions sociales ne sont p défavorables au mouvement littéraire ; mais le spectacle prolon
de la destruction aigrit les âmes et supprime à la fin toute éner morale. Les écoles populaires, qui avaient été entre les mains
à Luther un si puissant moyen de culture, furent. abandonnée Dans les universités, un dogmatisme tranchant et impérieux à ” l'esprit scientifique. Protestants et catholiques, luthériens et vinistes, se combattaient à outrance. La discussion, au lieu € porter comme autrefois sur les questions vitales, n’agitait | que de vaines formules; mais elle n’avait rien perdu de s jacharnement. Quant à la littérature nationale, elle ne trouva “ie * plus d'écho dans le peuple. La Réforme avait déjà jeté d'a re - préoccupalions dans les esprits; mais le découragement ame par les longues luttes intér eures et extérieures brisa enfin : essor des intelligences. L'Allemagne n'avait presque plus de : venir de son passé littéraire. La grande épopée des Nibelu : Ÿ les fabuleuses légendes de la chevalerie, même la poésie geoise du xv° siècle, étaient reculées si loin dans la mémoir hommes, qu'elles semblaient appartenir à un monde inconn
Ce qui resta‘t d'esprits libres en Allemagne se tournaie