‹ Histoire de la littérature allemandeChapitre 132 sur 534 · RE MN STE A SRE ER AE LAS LA PREMIE RE ÉCOLE DE SILÉ · texte numérisé non relu

RE MN STE A SRE ER AE LAS LA PREMIE RE ÉCOLE DE SILÉ

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vie. Ses vers latins et allemands lui valurent, tout jeune, la nne poétique : récompense rare autrefois, Mais qui se proit depuis l'institution des académies. En 1633, la ville de ig fut pillée par les troupes impériales, et la peste s'y ra: Fleming, avec quelques amis, se réfugia dans le Nord. fit adjoindre à une ambassade- que le duc de Holstein ait en Russie et en Perse pour y nouer des relations comales. Il eut pour compagnon de voyage le savant Olearius, fait un récit piquant de leurs aventures. La mission à, par l'inhabileté et la mauvaise foi du chef, et les voya- revinrent à travers mille dangers. Fleming mourut peu en 1640, à l’âge de trente et un ans, au moment où il se marier avec la fille d’un négociant de Revel: et ses ss, dispersées entre-les mains de ses amis, furent recueilar les soins d'Olearius et du père de sa fiancée ?.

evé en pleine maturité, Fleming ne put donner la vraie-

re de son talent. Les négligences et les obscurités qui dépases écrits auraient sans doute disparu, s’il avait pu y ela dernière main. Mais ce fut du moins un bonheur pour ins sa courte carrière, d’avoir été soustrait aux influences draient pu nuire à son originalité. Il fut d'abord complètesous la dépendance d’Opitz. Il tremblait, dans sa jeunesse, qu'un de ses essais passerait sous l’œil du maître, et ilse “afier d'un éloge banal qu'il reçut de lui ?. Dans la préface ‘ecueil de psaumes, sa première et presque unique publica- Bexprime l'espoir que le lecteur lui pardonnera ses fautes, ant bien qu'il n’a pas devant lui le prince des poètes, mais ernier de ses disciples ‘ ». Néanmoins le disciple avait déjà relation de voyage d'Olearius, publiée d'abord à Schleswig en 1647, fut pluois réimprimée au xvu° siècle, et traduite en anglais et en hollandais. Elle ncore aujourd'hui avec intérêt. On y trouve un grand nombre de poésies “4 Olearius eut le premier l'idée de faire connaître en Allemagne les 1res de l'Orient. Il traduisit le Gulistan de Saadi, auquel il joignit comme ices des fables de Lokman et un recueil de proverbes arabes.

ul Flemings Teutsche Poemata, Lubeck, 1642. — Edition moderne de Lap- M Paul J'lemings Deutsche Gedichte, Stutigard. 1865. — Choix, par Titt-

Leipzig, 1880), et par Œsterley (collection Kürschner). ‘Ming ayant pris pour devise Festina lente, Opitz lui adressa ce distique :

« Nil video quo te tardum credamus, amice :

« Qui te non sequitur, lentior ille mihi est. »

ipzig, 1631. — Fleming publia encore, l’année suivante, une suite de poéla Passion du Sauveur. | “ 4

ne L'IMITATION. FRANÇAISE

une manière à lui, dans laquelle il ne fit que se forti tard. La phrase de Fleming est moins nette et moins celle d’Opitz; mais elle est plus nourrie; elle à moins de Le. vers, chez lui, est plein et sonore. Dans l'alexandrin

formé réputée difficile et qui était la pierre de touc poète silésien, il semble rechercher l’'enjambement, q évitait avec soin. Le premier en Allemagne, il sut faire de

V nets sans dureté. Il imita plutôt les Italiens que les Fran leur emprunta le goût des concetti et une certaine enfl style qui ne dépare pas sa poésie, naturellement efferves et jeune. Mais le besoin de traduire les impressions multiple / sa vie lui donna de bonne heure une originalité qui manque autres poètes de l’école. Il n'attend pas qu'une lecture échau verve; il trouve en lui-même et dans le spectacle du mond matière suflisante pour ses chants. Un grand nombre de ses! sies sont composées pendant son voyage. L'idée de cette, | offerte par un prince allemand à des contrées inconnues ex son imagination. Il a des touches brillantes pour peinc /scènes variées d'un climat nouveau; mais il est, en 8 sobre de descriptions. Ses meilleures pages lui sont in

fond de la Circassie : /

Que ne puis-je encore une fois me rafraichir — à tes ondes fo ô beau fleuve de la Mulda, — qui coules si paisible à ombre lines buissonneuses, — là où mon village de Hartenstein mr premier baiser! — Quoique je ne fusse qu’un enfant lorsque m'arracha — de ton sein caressant, je me souviens encore 4 où je m’ébattais joyeusement dans tes flots; — et bien sou rêves me reportent sur ton rivage. — Ce serait un soulagem moi, peut-être une gloire pour toi-même, — si je pouvais, règles de l’art qui embellit toute chose, — faire entendre nouveau ; non. point en honneur de Mars, — devant qui, I tu as cessé de trembler; — mais un chant calme et reposé, | doux, — comme notre Virgile les répète sur les rives de la un chant où il y eût un peu de aiel, un certain goût — de ct qui fut capable de ranimer les cœurs! Y

L « Ach! dass ich mich einmal doch wieder solt’ erfrischer « An deiner reichen Lust, du edler Mulden-Fluss, « Der du so sanfte gehst in bergichten Gebüschen, . « Da, da mein Hartenstein mir bot den ersten Kuss. « Wic jung, wie klein ich auch ward jener Zeit genommen « Aus deiner süssen Schoss, so fâllt mirs doch noch ein, « Wic oft ich lustig hab’ in deiner Flut geschwommen;

J'en déplaise à Fleming, la voix du poète de Boberfeld n'ouvrait * tant d’échappées vers le ciel. Ge n’est pas Opitz non plus qui rait adressé à ses compatriotes cette mâle réprimande :

infin la menace s’accomplit, et l’on tombe sur nous — sans pitié. est notre courage, — notre cœur d’airain, notre sang guerrier ? — s vaines fanfaronnades ne feront pas tomber un seul Hongrois.

Vos panaches et nos galons, nos enseignes dorées, — n’effrayent le Croate. Nous avons belle apparence : — je parle de l'apparence i ne sert à rien pour le combat. — O nous, les plus lâches guerriers e le soleil éclaire!

pourquoi tant nous agiter, et produire nos armures — qui pèsent 108 corps. amollis? — Les casques des pères sont trop grands pour fils.

\otre épée est notre honte. Aucun de nos hommes n’est un homme. Nous sommes des forts sur la mine, et c’en est fait de nous. — Nous ” sommes plus Germains que de nom : je le dis à ma propre honte 1.

Il faut remonter jusqu'à Walter de la Vogelweide pour trouver le telle énergie de pensée et de style. Paul Fleming était peutre le seul écrivain de son temps qui fût capable de rendre à la

ésie allemande une partie de l'éclat qu’elle avait eu au "4

siècle. Malheureusement, il n’eut presque aucune influence. génie ne fut pas reconnu de ses contemporains; Cest à peine

« Mir träumet ofte noch, als solt’ ich um dich sein. | 1tzt wolt ich mir erst Lust und dir Ergützung schatfen, à 4 « Indem ich nach der Kunst, die mich und dich erhebt,

« Ein unerhôürtes Lied, nicht von Gradivus Wañffen,

; « Für dem du nun, Gott lob, itzund hast ausgebebt, . « Ein Lied von stiller Ruh’ und sanftem Leben spielte, —. « Wie unser Maro itzt bey seinem Bober tut, Lin Lied, das Himmel hätt’ und etwas solches fühlte,

« Das nach der Gottheit schmeck’ und rege Mut und Blut.. »

« Itzt fallt man ins Confect, in unsre vollen Schalen, « Wie man uns längst gedräut. Wo ist nun unser Mut? « Der ausgestählte Sinn? das kriegerische Blut? |

« Es fällt kein Unger nicht von unserm eiteln pralen.

« Kein Pusch, kein Schützen-Rock, kein buntes Fahnenmalen « Schreckt den Krabaten ab. Das ansehn ist sehr gut,

« Das ansehn mein’ ich nur, das nichts zum schlagen tut,

« Wir feigsten Krieger wir, die Phôbus kan bestrahlen.

« Was ängsten wir uns doch und legen Rüstung an, < « Die doch der weiche Leib nicht um sich leiden kan ? ñ « Des grossen Vaters Helm ist viel zu weit dem Sohne!

« Der Degen schändet ihn! Wir Männer ohne Man, « Wir starcken auf den Schein, so ist’s um uns getan, —. « Uns Nahmens-Deutsche nur! Ich sag’'s auch mir zum Hohne, »

L'IMITATION FRANÇAISE

sion osait le mettre à côté d'Opitz. On avait pris l'habitude Le juger une œuvre poétique que d’après une certaine perfe extérieure et pour ainsi dire mathématique. On pardon plutôt une pensée faible ou un sentiment faux qu'une syllab mal cadencée. Ce n’est que vérs la fin du siècle: qu'un historie de la littérature, Daniel Morhof, s’éleva/contre l'opinion reçue Après avoir payé son tribut d'hommages à Opitz, il continu. « Je crois que la poésie allemande s’est élevée encore plus ve avec Fleming. En vérité, je trouve en lui un esprit incompa « rable, qui tirè sa force de lui-même, plutôt que de l'imitatio) « étrangère. C'est lui que nous pourrions opposer aux Italiens e « aux Français; et si quelqu'un était fait pour écrire chez nou «un Tong poème, comme celui du Tasse ou de l’Arioste, c’étai « Fleming plutôt que tout autre. » se à

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