LES ÉCRIVAINS DES « CONTRIBUTIONS DE BRÊME
tsched était directeur d’une revue appelée les Contributions toire critique de la langue, de la poésie et de l’éloquence alle- 5et l’inspirateur d’une autre revue, les Divertissements de ligence et de l'esprit *, que rédigeait un écrivain médiotre, lé, Schwabe. C'était là qu'il distribuait, une fois par mois, "il faisait distribuer par ses disciples l'éloge et le blâme. La de Schwabe prit peu à peu une allure tout #fait agressive. onexigeait des collaborateurs, c'était moins le talent qu'une éabsolue aux doctrines de l’école. Quelques jeunes gens, ans contredire aux théories de Gottsched, voulaient garder ndépendance et leur dignité, se séparèrent de lui, et fonten 1745, les Nouvelles Contributions pour le pluisir de l’innce et de l'esprit $, appelées communément les Contributions ‘me, de la ville où elles s'imprimaient. Les articles étaient més et discutés en commun dans des réunions périodiques. que personnelle en était sévèrement bannie. Le directeur, er, homme de goût, avait d'autant plus d'autorité sur ses (Les, quil prenait personnellement peu de part à la rédac-
Li titre de l'ouvrage de Baumgarten (Æsthelica, Francfort-sur-l'Oder, |Hafait donner à la théorie des beaux-arts le nom d'esthétique.
fangsgründe der schônen Wissenschaften, 3 vol., Halle, 1748-1750.
émeine Theorie der schünen Künste, nach alphabetischer Ordnung, 2 vol., 1771-7774,
träge zur Critischen Historie der Deutschen Sprache, Poesie und Bered- | prie, 1732-1744. — Belustigungen des Verstandes und Witzes, Leipzig,
ve Beyträge zum Vergnügen des Verstandes und Witzes, Brême et Leipzig,
À. A6 G. Witkowski, Geschichte des litterarischen Lebens in Leipzig,
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de comédies, de dissertations morales, et même d
«le sentiment du beau et l'envie de faire le bien »:
tion. La notée revue ne se snéttdst Ut en à opposilion
avec les Divertissements. Les jeunes écrivains prétendaient’ une LOPMAOE neutre entre les deux écoles rivales. Bodmer
dant, ne s'y trompa point; il vit bien que la seule prétentior
impartial devait être un crime aux yeux de Gottsched. Jl dit une lettre, en 4746 : « Le bon goût est en bonnes mains dé ville de Leipzig, depuis que Gærtner dirige les Nouvelless C butions. J'ai vu de lui des preuves de la plus fine crit de la plus fine morale. Nous sommes grands partisan écrivains de Leipzig qui marchent avec lui. Gellert a prouv son exemple, qu'un Gottschédien peut être converti. ses velles fables ne ressemblent nullement à celles qui ont dans les Divertissements. Aussi les têtes creuses de Leip sont pas contentes de lui; mais la critique l'est d’ autant Tout homme qui a de bonnes intentions et qui les exécute chement a droit à notre approbation. » En somme, la no école qui se fondait à Leipzig était un essai de conciliatiol les principes opposés qui avaient été soutenus tour à Saxe et en Suisse. Moins pédants que Gottsched, plus € c que Bodmer,des écrivains qui la composaient se firent 1 de bon goût et de morale sensée, qui les préserva de tout. et où se méla par accident une légère dose de poésie, L'écrivain le plus populaire et lun des mieux doués d fut Christian-Fürchtegott Gellert, auteur de cantiques, d
sous forme de lettres. Né à Hainichen en Saxe, en d'un pasteur, il se destinait à l’état ecclésiastique; 1 timidité invincible l’éloigna de la chaire, comme Bodr retourna à Leipzig, où il avait fait ses études, se lia avec et ses collaborateurs, et publia, dans les Contributions 0 des fables qui commencèrent sa réputation. Il enseign une quinzaine d'années la poétique et la morale à Vu de Leipzig. Les deux enseignements étaient, pour lui, il rables; il voulait communiquer à ses auditeurs tout
en 1769, universellement estimé pour la droiture de si tère, et presque considéré comme un grand poète | | Gœthe le vit lorsqu'il fit ses études à Leipzig, et il en portrait intéressant d’après ses souvenirs : |
EL NO NS D AM : an Deer nee à NE | L'ÉCOLE SAXONNE ET L'ÉCOLE SUISSE. 283
aïlle petite ét avenante, les yeux doux, presque mélancoliques, btrès beau, le nez légèrement aquilin, le visage d’un ovale réguut lui donnait un air à la fois agréable et intéressant. Ce n’était nS peine qu'on pénétrait jusqu’à lui. Ses deux serviteurs élaient des prêtres chargés de la garde d’un sanctuaire dont l'accès as permis en tout temps; et une telle précaution était nécescar Gellert aurait sacrifié toute sa journée, s’il avait voulu rece- “contenter tous ceux qui désiraient le voir de près!
rand charme des œuvres de Gellert, c’est qu'elles reflètent
bune âme noble. Ses Fables et Récits ? sont un peu ternes, ”
rés à La Fontaine, qui fut son modèle; mais on en tirerait ht tout un cours de morale pratique. Ses cantiques ont
influence du rationalisme de Wolff; on n’y trouve niles :
mystiques de Paul Gerhardt, ni les ardeurs militantes de Wils se bornent à insinuer les vérités essentielles de la n, À les appliquer à la vie journalière. Géllert semble partir eu le sentiment du grand art, mais il manquait de
pour y atteindre. « Se rendre célèbre », dit-il dans une
@n est pas difficile : il suffit de remplir des pages à l'adresse W petits esprits. Mais pour rester grand aux yeux de la posté- ” ilfaut quelque chose de plus que d'écrire dans un style |
en, observant strictement les règles. » Lui-même était ement plus qu'un rimailleur vulgaire: mais son action ne lement durable que dans la classe bourgeoise. Il eut le dintéresser et même de passionner cette partie du public tisched et Opitz avaient trop dédaignée, et qui, depuis la 6, s'était tenue éloignée de la littérature 3. | utre transfuge de l’école de Gottsched, et un écrivain de âture que Gellert, fut Juste-Frédéric-Guillaume Zachariæ. änkenhausen en Thuringe, il était venu faire ses études 28. IL avait dix-huit ans lorsqu'il composa son poème - Û mique, le Renommiste (ou le Bretteur); il le publia sur le de Gotisched. C'était une imitation de la Boucle de chelevée de Pope, et une peinture assez spirituelle des mœurs diants allemands, malheureusement gâtée par des figures
N ieet Vérité, livre VI.
‘ln und Ersählungen, Leipzig, 1746-1748.
(&uvres complètes de Gellert ont été publiées en 10 vol.; Leipzig, 1769- AWéd., par J. L. Klee, 10 vol., Berlin, 1867. — Les fables et les cantiques souvent réimprimés : éditions de K. Biedermann (Leipzig, 1871) et de Cker (Bremer Beiträger, 1, dans la collection Kürschner).
LA
* personnelles, aujourd’hui difficiles à comprendre. Rab
LA LITTÉRATURE CLASSIQUE Fe
mythologiques. Zachariæ avait pris à Pope los Silves et yajouta la Mode, la Galanterie, la Toilette, le dieu du une divinité dont le nom est intraduisible, la Schlægerei, perfides conseils portent les étudiants à se donner pot plaisir des coups de poing et des coups de rapière; elle digne associée de Pandour, le dieu tutélaire du héros. Tout allégories pourraient être amusantes, si elles prenaient place. Les Métamorphoses et le Mouchoir sont dans Île même £ Le Phaéton, qui peint les mœurs de la haute société de Lei est moins allégorique; ce poème, écrit en hexamètres, a de loin la Louise de Voss et Hermann et Dorothée. Les I sérieux de Zachariæ, les Heures du jour, imitées de Thomso le Temple de la Paix, sont fort médiocres !. 4 Les écrits de Zachariæ et de Gellert, à part leur
distingués, quoique d’un génie fort différent : ce sont Fa rist Louis Liscow et Gottlieb-Wilhelm Rabener. Le premier pas plus grande partie de sa vie dans les fonctions politiqu diplomatiques; il fit même, en 1736, un voyage à Paris, d'une are du grand- duc de De Et cu see |
mieux vaudrait avoir une braise sur sa langue. Disg dégoûté des hommes, il se retira dans un doma femme pont près d'Eilenburg en Saxe. Liscow souvent qu'un trait d'esprit, encore plus qu’une vérité, être formulé en peu de mots. Ses satires en prose son dans un style diffus; elles sont, /du reste, remplies d
écrivit également en prose, évite, au contraire, toute p lité. Il ménage surtout les grands. « Les sots qui tb « palais, » dit-il dans une lettre au poète Weisse, « ne £ « moins sots, mais ce sont les plus dangereux. » Leù
Rabener, supérieures pour le style à celles de Liscow, 1. Der Renommiste, 1744; Verwandlungen, Das Schnupftuch, Der
Die l'agesseiten, 1759; Der Tempel des Friedens, 1756. — Poetis 9 vol., Brunswick, 1753 176% — Hinterlassene Schrifien, avec une n
| L'ÉCOLE SAXONNE ET L'ÉCOLE SUISSE. 287 are de mœurs toute générale. Elles forment le digne penles fables de Gellert : tout en censurant la classe moyenne, contribuèrent à l’instruire et à la former !.
de J. J. Eschenburg, Brunswick, 1781. — Nouvelle édition du Æenommiste luncker, Bremer Beiträger, 1].
Cow, Sämtliche satyrische und ernsthafte Schriften, Francfort et Leipzig,
ichriften herausgegeben von Carl Müchler, 3 vol., Berlin, 1806. — Rabener, -
ung satyrischer Schriften, 4 vol., Leipzig, 1751-1755; Sämtliche Schriften, Leipzig, 1777; nouvelle édition, par Ortlepp, 4 vol. Stuttgart, 1839.
äins secondaires. — L'école saxonne, sans compter aucun écrivain de premg; eut une véritable influence par le nombre de ses adhérents, qui, après aitleurs études à Leipzig et s'être essayés dans les Contributions de Brême, ndaient en Allemagne et faisaient partout des disciples. La plupart d’entre rattachèrent plus tard à Klopstock.
ner, un des plus anciens, né à Leipzig en 1719, mort à Gœttingue en 1800, 0rd un Goftschédien pur; mais H vécut assez pour connaître des temps rss et il se montra favorable aux jeunes talents. Il enseigna les mathéma- 2tla physique à l'université de Gættingue. Il attira surtout l'attention par grammes, quelquefois spirituelles, souvent agressives, et qui lui firent boau- ‘ennemis.
‘Adolphe Schlegel, le père des deux coryphées du romantisme, né à Meissen smortà Hanovre en 1793, poète médiocre, dont quelques cantiques ont seuls 1 mais critique assez distingué, jouit d’une certaine autorité par sa traduc- S Beaux-arts réduits à un même principe de l'abbé Batteux, et par les ues qu'il y ajouta.
“André Cramer (1723-1188), pasteur à Quedlinburg, plus tard vice-chancelier iversité de Kiel, fut, dans sa jeunesse, l’un des soutiens des Contributions teKlopstock le fit venir à Copenhague, où il publia la revue, Le Spectateur (Der Nordische Aufseher). Il traduisit les Psaumes, et l'Histoire universelle suët:Ses odos, imitées de Klopstock, ont du mouvement, mais aussi de l'em- Ibfut immolé par Lessing comme l'un des représentants du genre séraphique. ‘Arnold Ebert (1723-1795) fut également l’un des collaborateurs actifs des ulions. Il était né à Hambourg, où Hagedorn lui inspira le goût de la anglaise. Homme de goût, mais de peu de génie, il est l’auteur de dix-huit ‘sagement ordonnées et assez agréablement écrites. Il a fait des traducécrivains anglais, principalement d'Young.
aSMhierry Giseke, un Hongrois (1724-1765), succéda à Cramer comme pasuedlinburg, et subit, comme lui, l'influence de Klopstock. C'était un disciple ute la force du terme, un de ces esprits qui savent propager l'impulsion Par les maîtres. Outre sa collaboration aux Contributions de Brême, 1l a is odes, des cantiques, des cantates, des fables et des épîtres. Ses odes sont S sur celles.-de Klopstock.
le eut enfin son poète « mort jeune » dans J ean-Benjamin Michaëlis. La pauilawmaladie attristèrent le peu d'années qu'il lui fut donné de vivre. Tour Précepteur, journaliste, puis attaché comme auteur dramatique à la troupe 2r, il mourut, en 1772, âgé de vingt-six ans à peine, au moment où Gleim lui asile à Halberstadt. Ses odes, ses épîtres, ses satires sont assez intéres- Parle tour humoristique de certains passages. :
eurs de Gellert. Pfeffel. — Le fabuliste Gellert out sa petite école particuàPon remarque un homme de talent, Pfeffel, qui fut presque un contempo- Gœthe et de Schiller, mais qui resta fidèle à sa première manière. Né à en 1736; il fit ses études à l’université de Halle. Frappé de cécité à vingt DSL consacra le reste de sa vie à la poésie ; il mourut en 1809. Il reçut es parts des témoignages d'admiration. Bonaparte, comme premier consul, na président du consistoire de sa ville natale. Ses Æssais en prose et en ii furent publiés en vingt pärties, sont loin de contenir tout ce qu'il a écrit,
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