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© détacha Wieland de la théologie mystique, el l'amena, par
Je - LA LITTÉRATURE CLASSIQUE.
tient, parut d'autant plus intempestive ‘que, parmi ceux connaissaient Wieland de près, nul ne croyait à la durée de zèle pieux. Il était sincère néanmoins, au moment où il écris mais déjà « le roseau » commençait à pencher d’un autre € « La muse de Wieland, » disait Nicolaï, « prend modèle « celle de Bodmer. La jeune fille, pour complaire à la vi « veuve, s'affuble d’un capuchon qui la travestit en dévote. «prend une mine entendue, qui ne fait que mieux paraitre « inexpérience, et ce serail un spectacle curieux de voir la je « catéchiste se transformer en beauté à la mode ?. » La trans mation ne se fit point attendre, et Lèssing écrivait bientôt dans les Lettres sur la littérature : « Réjouissons-nous : M. \ « land est descendu des sphères éthérées, il est revenu $l « terre où nous marchons. » La tragédie de Jane Gray, qui sait écrire ces lignes à Lessing, n’était qu'une œuvre froide, « tous les caractères étaient bons au point de vue moral, eti « vais au point de vue de l'art°», mais le goût du théâtre, qi déclarait inopinément chez Wieland, montrait qu'il était pi rompre les liens où le rigorisme de Bodmer le ténait captil
Zimmermann l'attira, en 1759, à Berne, où il connut d'a la vie mondaine dans le salon de Julie Bondeli, l'amie de seau. «Julie n’est pas belle, » dit-il dans une lettre à Zimmer « mais elle a tout ce qu'il faut pour plaire. Dans un cerc « fermes qui toutes la surpassent en beauté, elle attire {ou « hommes, et elle y réussit sans coquetterie… C’est une fe « philosophe, et qui plus est, une femme de génie #. » Ro :
transition douce, à Voltaire. Mais la transformation ne plète qu'après son retour à Biberach,‘en 1760. I y Sophie de Gutermann, mariée à M. de Laroche, intendai comte de Stadion. Le château de Warthausen, où le comte tait avec ses deux filles, avec son médecin, homme très of dit Wieland, et avec son chapelain quon nommait maî gloss, réunissait une pelite société de littérateurs, d'artistes
1. Empfindungen eines Chrislen, Zurich, 1857. 9, Briefe über den itzigen Zusland der schônen Wissenschaften in : ‘Berlin, 1765. ; 3. Voir la 63° et la 64° lettre.
4. Lettre du mois de septembre 159 : Ausgewühlte Briefe, 9e vol. — de cette correspondance est écrite en français. — A consulter: Ed. Bod von Bondeli und ihr Éreundeskreis, Hanovre, 1874. 15e
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1s du monde, où l’on prenait lé ton et même le langage de
is, avec une nuance de sentiment par où l’on restäit allez
nd et original. Wieland fut l'écrivain de celte société, et en me temps de toute une classe aristocratique, prête à se ier à la littérature nationale, à condition d'y retrouver quels-unes des qualités qu’elle admirait dans les chefs-d’œuvre l'étranger. Wieland avait déjà suhj bien des influences : pour remière fois, il se sentit déterminé dans le sens de sa propre ure. « Non Sum qualis eram, » écrit-il à Zimmermann, en 1762.
en T
ans m'étonner d’avoir été enthousiaste, hexamétriste, ascète,
rophète et mystique, il y a bien du temps que je suis revenu, rdée à Dieu, de tout cela, et je me trouve tout naturellement dpoint d'où-je suis parti il y à dix ans. Platon a fait place à orace, Young à Chaulieu, l'harmonie des sphères aux airs de aluppi et aux symphonies de Jomelli, et le nectar des dieux 1 tokay des Hongrois. Voilà bien du changement, sans que qui constitue le vrai mérite d’un homme de bien en ait uffert la moindre altération 1. » |
ieland vient de nommer quelques-uns de ses nouveaux trés. Il faut en ajouter d'autres : Lucien, le génie le-plus ?S qui ait jamais existé, dit-il ; Cicéron, auquel il ressemblait : la mobilité de l'esprit et l'abondance du Style; Voltaire et tesbury, dont il emprunta la morale; l’Arioste et Cervantes, ‘1h reproduisit le tour d'esprit et d'imagination. On peut 16 dire que, s’il répudia Young, il n abandonna jamais com- ‘ment Platon. Le premier ouvrage conçu dans sa nouvelle
ière, Don Sylvio de Rosalva?, est une imitation de Don Qui-,
seulement, la donnée est un peu moins vraisemblable Le . , . . r celle du roman espagnol. Don Sylvio s'est fait une idée du
LE
dé d’après les contes de fées, et il faut qu'une longue expé- y
lui apprenne à renoncer aux ambitions stériles et aux
PE
no ont été publiées par Lœper; Berlin, 1879.
#Sieg der Natur über die Schwärmerey, oder die Abentheuer des Don Sylvio
Sala, 2 vol., Ulm, 1764. — Traduction française, Dresde, 1769. — Les s de Wieland furent traduit
> s de bonne heure en français et insérés en extraits ! Bibliothèque universelle des romans.
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478 Hé
LT « d'hommes éprouvés par la vie’. » C’est l’idée que Gœæt
/ yne tendance naturelle au bien et au beau, s'exprime e plus de nettelé peut-être dans deux poèmes, presque n
espoirs chimériques, « L'exaltation rêveuse et la supersti dit Wiéland dans une lettre au poète Gessner, « élenden « influence sur toutes les sphères de l’activité humaine ;'m « l'ironie a toujours été considérée comme le meilleur moyen « prévenir les débordements de l’une et de l’autre : c’est ce « m'a fait écrire Don Sylvio. Je suis persuadé que toutes-les } « sonnessensées finiront par m'approuver; car, pour avoir cha: « ma métaphysique, je n'ai pas cessé d'aimer la vertu. » L'alliance de la vertu et du borheur dans la mesure du}
| sible, l'équilibre des penchants, l'harmonie des facultés, en
mot, l'unité de la vie, tel fut désormais son idéal. Agathon héros d'un autre de ses rcmans ‘1{766), est encore un exalté l'expérience corrige. En traçant ve caractère, Wieland pens dit-il, à lon d’Euripide. Agathon a été élevé près du sanctu de Delphes. Son enfance a été bercée par des récits de | diges, qu'il prend pour des réalités, et chaque pas dans là fait tomber une de ses illusions. Le philosophe Archytas montre « jusqu'à quel degré de sagesse et de vertu Thon mortel peut s'élever; il lui fait voir l'influence que les circ tances exercent sur notre manière de penser, sur n0S « bonnes ou mauvaises, sur noîre sagesse ou notre folie « fait comprendre que la meilleure école de vertu c'es rience, le sentiment de nos propres fautes, un effort co ous-mêmes, enfin de bons exemples et le con
«€ « sur n
loppa plus tard dans Wäülhelm Meister. FO | Cet épicurisme de bon ton, que Wieland expliqua sous L les formes, et qui avait chez lui pour soutien et pour Co
porains des romans que nous venons de citer : ce sont et Les Gréces (1768 et 1770). Musarion, une jeune Ath détourne son ami Phanias à la fois des jouissances vul wesse affectée. «Mon élément, »dit-elle, cestune]Jo » Et, dans le second ouvrage, mêlé de pro sorte de commentaire du premier, V
d'une st « et sereine.
| vers, et qui est une dit: « Ge n’est qu'entre les mains de la Grâce que la « la vertu perdent ce qu'elles 6nt de bouffi (das Aufge
Sur ce qu'il y à d'historique dans Agathon.