Voir l’ir troduction
tte marque qui les dénature, qui constitue un défaut, et qui cède la mesure de la beauté morale. » Il veut une vertu aisée, Soit comme une seconde nature, et qui, par le calme qu'elle “dans l'esprit, devienne une condition de bonheur.
a Grâce, qui préside à la philosophie de Wieland, fut aussi piratrice de ses poèmes chevaleresques. Idris (1768), le Nouvel idis (1771), Gyron le Courtois (1777), et surtout Oberon (1780), iptent parmi les ouvrages les plus élégants de la littéramullemande. Mais il ne faut pas y chercher autre chose
ine série de belles descriptions, de digressions agréables,
iné analyse de passions parfois très fine. Il serait trop aisé faire remarquer linvraisemblance des événements, l’inconwce des caractères !. Wieland n'avait pas la pensée de res-
ter l'épopée antique; il marchait discrètement sur les pas
Arioste. « Le monde s'ennuie, » dit-il dansles premières strosddris, « de voir sans cesse revenir sous d’autres noms bouillant Achille et le tendre Enée, ridiculement travestis.
qui plait à bon droit dans Homère devient prétentieux ou ,
atdans la bouche d’un moderne. Et pourtant, frayer une ute nouvelle, c’est piquer dans l’essaim de nos guëpes Vantes. Si leur dard ne t’effraye pas, Ô Muse, étrance-toi harment dans un domaine où règne la seule Fantaisie, où les ioSes ne sont vraies qu'autant que nous le voulons bien. Une Haine extravagance déplaît moins à notre public que la vérité ême.Sers le monde suivant ses goûts, et montre que la raison ut S’allier à la folie. » +
idemment, ce n’est pas le grand art que Wieland définit ainsi. Poésie qui n’est vraie qu'autant que le poète le veut bien, oubprès d’être fausse. On peut servir les goûts du public de t manières, en les flattant ou en les élevant. La poésie de la à Ses côtés vrais, et ce qu’elle a d’artificiel est voilé par mâcés du style. Il est le seul peut êtré des grands écrivains
Allemagne qui ait le souci du bien dire, c’est-à-dire que \ D ,
Mme préoccupe pour elle-même et indépendamment du /
‘Sans què pour cela il ait jamais donné dans les raffine+ tes . 3 :
Consulter, sur Oberon : Max Koch, Das Quellenverhältnis von Wielands n, Marl.ourg, 1880. Voir aussi nne étude sur Oberon, comparé au vieux roman tonde Bordeaux, dans Saint-Marc Girardin, Cours de littérature dramatique, olume. — Traduction française, par le baron d'Holbach fils (Paris, an VIH; t par Loève-Veimars, 1825) et par Julien (Paris, 1843)
. droiture et de condescendance qui le distinguait, Wiela
352 Si AUS LITTÉRATURE CLASSIQUE.
ments auxquels se livra plus tard lPécole on à « le « lasse pas, » dit-il quelque part, « de lécher mes ourson IS, Gœthe, qui savait apprécier le génie à tous les degrés, as qu'un liitératour intelligent pourrait tirer de la comparaison différentes éditions de Wieland et des corrections successives. y apporta toute une théorie du goût {. En prose, lorsqu'il m& du frein salutaire de la mesure et de la rime, Wieland perd ques-unes de ses meilleures qualités. La période latine, quil transporter dans l'allemand, s'alourdit dans de longues, dentes, et se traîne sans relief et sans éclat. Il est juste d’ajo que son style a une allure plus ferme dans les ouvrages enp qu'il écrivit à Weimar. :
Wieland avait été désigné, en 1769, par l'éreheyéquel élec de Mayence, pour une chaire de philosophie à l’unive d'Erfurt. Il écrivit alors le Miroir d'or (4772). Ce roman. tique, où il résumait « les enseignements les plus utiles qi q « noblesse d’un pays civilisé pouvait tirer du spectacle del «toire », attira l'attention de l4 duchesse régente Amélie de S Weimar, qui lui confia l'éducation de ses deux fils, Cha Auguste et Constantin. Wicland fut le premier en date dans réunion d'hommes illustres qu’attira peu à peu la pe hospitalière. Par son urbanité, sa tolérance, Son humeur ace lante et douce, il exerça bientôt-une vraie influence. « Wie « était né tout particulièrement pour la haute société, » dit Ga « et la plus haute même eût été son élément propre. Il si « sait à tout; mais il ne voulait primer ne et il ét « rellement porté à s'exprimer sur tout avec mesure. « donc paraître à tous d’un commerce agréable, et il « paru encore plus chez une nation qui n'aurait pas pri « SONNERIE au sérieux. » C'est un trait ie plus à aj
« déclaré. » Lee ce pe de finesse et de model
faitpour être directeur de revue. Il créa Le Mercure allemand il rallia peu à peu tous les écrivains de mérite, « vrai fil con teur à travers une ongue période de la littérature allemant
1. Voir l'article : Zitterarischer Sans-culottismes, 1795. 2. Gœthe, Discours en mémoire de Wieland, prononcé à la loge m
Y'est dans le Mercure que Wieland publia d'abord le meilleur ses romans, les Abdéritains (1774), peinture d’un grand esprit prises avec les intrigues, les rancunes, les curiosités malveiltes d'une petite ville. Entre l'antique Abdère et la cité impélede Biberach, entre le philosophe Démocrite et Wieland lui-
me, l'analogie était facile à saisir. Les allusions satiriques /
upèrent beaucoup les contemporains ; mais le livre à gardé de térêt, grâce à la vivacité du récit, aux observations piquantes 1buil est semé, aüx mille incidents que l’auteur puisait dans souvenirs. Les autres ouvrages de la vieillesse de Wieland iguent souvent par la longueur des digressions philosophiques eland raisonne avec ses personnages, et sur eux, plutôt qu’il les fait agir ; et on les oublie, pour ne penser qu’à l'écrivain, ind l'écrivain lui-même ne se répète pas trop. C’est le défaut Pérégrinus Protée (1789), d’Agathodémon (1799), et même mistippe (1800-1802), que Wieland, par une singulière préféce; estimait son chef-d'œuvre, peut-être parce qu'il se reconssait le mieux dans le personnage principal. La scène de tous romans est en Grèce, où le doux philosophe de Weimar lait à se transporter par l'imagination, où il croyait retrouver »société faite pour lui, amie des plaisirs délicats et libre de Jugés. À tort ou à raison, Wieland se sentait parent des
ïens, ét surtout des Grecs, par le goût et les mœurs; il s’ins-
ibd'eux dans ses œuvres originales, et il occupait ses moindres irs à les traduire 1.
Wieland mourut à Weimar, le 20 janvier 4813. On ne peut pas qu'il ait fondé une école, ni même qu'il ait laissé après lui tradition constante et régulière. Son génie tenait éssentielent à sa personne et à son caractère. Son originalité était
mée d’un ensemble de qualités qui ne se trouvent pas souvent
nies et que lui-même ne conciliait qu’à force de goût. Les
mar le 18 février 1813. — Le Mercure dura jusqu'en 1810 (Der Teutsche Mercur, mar, 1773-1789: Der neue Teutsche Mercur, avec Reinhold, gendre de WiesetBœttiger, 1790-1810). — Wieland dirigea également, avec Hottinger et bs, le Musée attique (Attisches Museum, Zurich, 1796-1801) et le MNouveau Musée ue (1802-1810).
Wieland traduisit les Épitres et les Satires d'Horace (1782 et 1786), les œuvres aucien (1788-1789), les Lettres de Cicéron (1808), et plusieurs comédies d’Arisane. Sa tradffction de Shakespeare (8 vol., Zurich, 1762-1766), quelque infidèle de fût, donna aux Allemands une idée plus complète du théâtre anglais. G&the arque finement que, Si elle produisit un grand effet en Allemagne, elle paraît 1 eu peu d'influence sur Wieland lui-même.
Le à
écrivains qu'on lui compare d'ordinaire et où l’on er reconn son influence, n'ont avec lui que des ressemblances extéri Jean-Timothée Hermès (1738-1821)se rattache plutôt à Richard mais à l'abus du sentiment il ajoute un autre ennui, la mn: de sermonner; son plus grand succès fut le Voyage de So depuis Memel jusqu'en Saxe !. Maurice-Auguste de Thümmel 1817), l’auteur de quelques récits comiques en prose et en, et d’un Voyage dans les provinces méridionales de la Fr ance ?, reproduire parfois le style facile de Wieland, en y mélantlex humoristique de Sterne. Dans le meilleur ouvrage de Wilh Heinse (1749-1803), Ardinghello et les Iles fortunées?, l’épicuri: dégénère en sensualisme exclusif: c’est Wieland moins la mesi Enfin Jean-Gottwerth Müller (1743-1828), appelé aussi Mü d'Itzehœ, d’après la ville où il passa la plus grande partie d vie, se rapproche de Wieland par le ton comique de ses réc mais sa plaisanterie est: moins fine, et il se répète trop; lem leur de ses nombreux romans est Siegfried de Lindenberg, 0 ridiculise les prétentions de la petite noblesseé.
L'un des esprits les plus originaux de ce groupe est Je Charles-Auguste Musæus (1735- -1787), qui fut, pendant une qq zaine d'années, professeur au gymnase de Weimar. Ses cc populaires ÿ se lisent encore, malgré le ton ironique qui en
1: Sophiens Reise vor Memel nach Sachsen, 5 vol., Leipzig, 1769-1773. 9. Reise in die nittäglichen Provinzen von Fr ankreich, 10 vol., Loiprig, 1 di 3. Ardinghello und die glückseeligen Inseln, 2 vol., Lemgo, 1787. — € « hello, » dit Schiller, « malgré l'énergie sensuelle qui y règne, malgré « coloris, ne sera jamais qu'une caricature brutale, sans vérité, sans valeu « tique. Toutefois cette étrange production restera comme un exemp. « quable de l'essor presque poétique que l'appétit sensuel est, à lui seul, « de prendre. » (Ueber naive und sentimentalische Dichtung.) — Heïnse. qualités d'écrivain et même de poète. À Erfurt, où ïl termina ses études, à Wieland, qui le recommanda à Gleim, et celui-ci le mit en rapport avec J George Jacobi. La vue du musée de Dusseldorf éveilla son goût pour la qui se développa pendant un séjour de trois ans ‘en Italie (1780-1783). Ibrep à Winckelmann d'avoir voulu imposer aux arts un type trop uniforme: propre point de vue est aussi exclusif et moins élevé. La civilisation grecq résume, pour lui, dans le culte de la beauté physique, et il ne connaît d'autre culte. Les descriptions qu'il donne, dans Ardinghello, des tableaux maitres italiens ct les lettres qu'il adressa à Gleim sur les peintures de D constituent, aujourd'hui, la partie la plus intéressante de ses œuvres. liche Werke, publiés par C. Schüddekopf, 10 vol., Leipzig, 1902. — A c Prœbhle, Lessing, Wielund, Heinse, Berlin, 1877; — Schober, Æeinse, sein und seine Werke, Leipzig, 1882. # 4 4. Siegfried von Lindenberg, Hambourg, 1779; nouvelle édition dan thèque universelle de Reclam. PE fe 5. Volksmärchen der Deulschen, 5 parties, Gotha, 1782-1786; souvent
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Mr Ve “WIELAND. | 353
artiellement la naïveté. Ses Voyages physiognomoniques sont ivigés contre Lavater, ou plutôt contre les faux disciples qui xagéraient la pensée de Lavater. Son Grandism IL, qui fut son ébut, repose sur une idée comique : un baron allemand, qui roit à la réalité des personnages du Grandison anglais, entreent avec eux une correspondance, où le style de Richardson st habilement parodié; un voisin du baron se charge complaiamment des réponses. |
Quelques écrivains s'essayèrent, à la suite de Wieland, dans es sujets chevaleresques. Louis-Henri de Nicolay (1737-1820) emania, sans les embellir, des épisodes détachés de l’Arioste el eBoïardo. Alxinger (1755-1797) se fit une certaine réputation vec Doolin de Mayence; il publia ensuite le Bliomberis, et, ce udonne la mesure de son goût, il mit en vers le Numa Pompius de Florian. Seul parmi ces imitateurs, le poète viennois Fréémc-Auguste Müller (1767-1807) eut, dans Richard Cœur-de- Lion : dans A/fonso, quelques accents dignes du maître. Si l’on des-
nd d'un degré encore, on peut citer les contes de Langbein
151-1835), l'Énéide travestie de Blumauer (4755-1798), fort inféeure à celle de Scarron, et {a Jobsiade de Kortum (1745-1824). as il n'y à plus rien là de la finesse de Wieland; la Jobsiade 1ëcependant les honneurs d’une traduction anglaise, et quelues scènes en ont été rendues populaires par la peinture ?,
Binfluence de Wieland se fit sentir ailleurs; elle s'exerca surubdans les hautes régions de la littérature. L'esprit allemand, rès la forte poussée du milieu du siècle, avait besoin d'un
odérateur : ce modérateur fut Wieland ; il amortit le choc des .
ctrines contraires. Klopstock et Lessing avaient donné une pulsion dont l'effet se prolongea; Wieland ralentit le mouveenbet l’'empêcha de se précipiter. Il montra que l’art à des nites, et que le goût, dont on avait tant médit, n’était point 1e chimère. À vrai dire, les plus grands de ses contemporains Comprirent seuls. Son génie acheva de se former à Weimar: ethe et Schiller, beaucoup plus jeunes que lui, furent ses derers maîtres; mais qu'il ait agi sur eux à son tour, le témoi-
Le Grandison der Zweite, 3 vol., Eisenach, 1760-1762. — Plhysiognomische Reisen, 10% Altenburg, 1778-1779.
2 La Jobsiade (1784) est restée la lecture des étudiants ; elle a été reçue dans
collection des classiques de Kürschner (éd. de Bobertag) et dans la Bibliothèque lverselle de Reclam.
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