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VOSs. — LES FRÈRES STOLBERG

En 1772, un jeune poète avait envoyé à Kæstner, professet l'université et l’un des rédacteurs de l’Almanach, quelques p lyriques, qui parurent tellement remarquables au dire Boïe, qu'on lui procura aussitôt les moyens de venir fa r'e études à Gœttingue. C'était Jean-Henri Voss, alors âgé de vi et un ans, et précepteur dans la maison d’un gentilhomme lembourgeois. 11 possédait à fond les langues classiques, eb

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1. Lettre à Brückner : Pricfe von Joh. Heinrich Voss, 4 vol., Halberstadt, 182 *#. Klopstock pensa que le bosquet sacré (der Hain) où ilavait logé les bar! qu'il opposait au Parnasse grec, venait de refleurir aü pied du Harz. Ilnem pas de le dire à ses nouveaux disciples, et l'usage s'introduisit peu àp désigner le groupe poétique de Gœttingue par le mot de Hainbund, « lUn « Bosquet ». Voir l'ode de Klopstock, Der Hügel und der Hain, 1767. — L'Alm des Muses dura jusqu'en 1803, et fut successivement rédigé par Voss, Gæë Bürger, Karl Reinhard et Sophie Méreau. Voss, ayant quitté Goes publia de son côté un Almærach des Muses jusqu'en 1786,

iées à Gœttingue, il alla voir Klopstock à Hambourg, comme Bb faire sanctionner par lui sa réputation naissante, et il ida même le grand poëte à venir trôner pendant blu tSau milieu de ses disciples. Dès lors, Voss fut considéré, ès Klopstock, comme le chef de l’école. Il fut plus tard recteur utin, avéc le titre de conseiller aulique. Ayant pris sa retraite, 1802, il vint à Iéna, où il connut Gœthe et Schiller. Enfin, en le grand-duc de Bade lui fit une pension, sans lui imposer lire condition que de se fixer dans ses États et d'encourager études par sa présence. Il mourut à Heidelberg, en 1826 ! oss dut son influence à la rectitude de son jugement, ten sQqu à la supériorité de son génie; c'était un bon conseiller et écrivain consciencieux. La persévérance et une certaine ténad'observation lui tenaient lieu d'imagination et de chaleur, une connaissance profonde de la langue lui faisait trouver fois le tour original. Dans tout ce qu'il écrivit, il imita quelin; mais 1l eut toujours l’art de bién choisir ses modèles. Rien, : lui, ne coulait de source; mais ses efforts furent souvent Peux, et, s'il ne s’éleva jamais au sublime, par contre il évita jours le faux et le maniéré. Tout au plus hrs de Kloplle fit-il tomber quelquefois dans l’'emphase. Ses odes manntde mouvement et d'harmonie; mais il a laissé quelques nsons dans la mémoire du peuple. Il n’a été original que dans lle : original à sa manière, c'est- à-dire qu'il à su retrouver raies origines du roi « Dhédcrité » dit-il dans une lettre Mami Brückner, « m'a fait connaître d'abord le but réel de genre de poésie. On ne voit rien, chez lui, d’un monde idéal dé bergers raffinés. Il nous montre la nature sicilienne et les tres de la Sicile, qui ont souvent un langage aussi grossier que S paysans. Le poète romain, qui a été imilateur dans l’idylle Lu bièn que dans l'épopée, lui a pris ses meilleurs S passages, a arrangés à sa fantaisie, y a mêlé un RS de mœurs D. et il en est résulté un monstre qui n’a de domicile I part. » Voss voulut donc ramener l'idylle à la vérité de la mé; mais il chercha la vérité plutôt dans le détail descriptif iditions. Sämtliche Poelische Werke, 1 vol. in-4°, Rare 1835;5 vol. in-16, 19 1846-1853; 5 vol. in-16, Leipzig, 1850. — Choix, par A. Sater (Der Güt- "Dichterbund, I, dans la collection: Deustche National- Litteratur, de Kürsch-

— or 4 vol. Halberstadt, 1829-1832. — A consulter : W. Herbst,

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que dans les sentiments et les mœurs. Son meilleur ouvre. poème de Louise, est une suite de trois idylles faiblement rt entre elles, où il retrace en style homérique la vie d’unpr a tère de village; et l’on se laisserait” volontiers charmer = tranquille fraîcheur de certains tableaux, si le procédé Se trop visible. Les personnages ne sont guère peints que pa retour des mêmes épithètes; l’un s'appelle le noble et, mode Wulter, l'autre le vénérable pasteur de Grünau. La minutie del servation fatigue, et le naturel disparaît devant l'affectation naturel. Malgré ces défauts, qui s’accentuaient encore d'édition édition, le tout est animé de cette saine verdeur que Gœæthe recc naissait dans tous les écrits de Voss!. Par le culte de l'antiqui Voss se rattachait à l’école de Weimar. Sa traduction de l'Odys est un modèle; si tant est que la langue-allemande puisse rént d'une manière continue l'harmonie du vérs d’Homère. Dans ia qui suivit, dans les œuvres de Virgile, dans les morceaux choi d'Ovide, de Théocrite, d'Horace, pour ne point parler des autel qui l’occupèrent dans sa vieillesse, le traducteur força de plus. plus les ressorts de la langue maternelle. Mais l'Homére eu l'Allemagne toute l'importance d'une œuvre originale. Ens Voss, sans avoir créé aucun vrai chef-d'œuvre, a exercé contemporains, par son activité littéraire et par l'autorit savoir, une influence presque égale à-celle des grands 8 L'année même où Voss envoyait ses premiers essais à nach des Muses, deux jeunes gens appartenant à la haute, : cratie, les comtes de Stolberg, arrivèrent à Gœttingue els + recevoir dans le cénacle. Ils venaient de Hambourg, où ils connu Klopstock; ils retournèrent dans le Nord, deux ans : et se mirent au service de la couronne de Danemark. Hi ils firent un voyage en Suisse, où Gœthe les accompagna. démirent de leurs fonctions en 1800. L’aîné, Christian, vé ; la retraite jusqu’en 1821. Le plus jeune, Frédéric-Léopok :

TS 1. Conversations d'Eckermann, à la date du 7 octobre 1821; voir aussi . vrier 1831. — Gœthe avouait que c'était la Louise de Voss qui lui avait fa Hermann et Dorothée. 4 F2

2. Voss-a fait école comme poète idyllique. C'est Brückner qui a les

5 .jement reproduit sa manière. Kosebarten (1758-1818) à affadi l'idylle et Pa Ven à Gessner. Schmidt de Werneuchen (ainsi nommé du village où il a été = et pour le distinguer des nombreux écrivains de même nom; 1795-1838)

: l'humeur de Gœthe.(Voir la chanson, Musen und Grazien in der Mark} dans Lyriker und Æpiker der klassischen Periode, par Mendheiïm \ Kürschner). Nouvelle édition des poésies de Btückner, par L. Geiger,

protestantisme, demeura auprès de la princesse Galitzin à nster jusqu'en 1812, et s’engagea dans la réaction catholique ‘omantique, non sans s’attirer les vives récriminations de ses iens amis!; il mourut, aux environs d'Osnabrück, en 1819. nme poètes, les frères Stolberg ne quittèrent pas la trace de pstock. Ils scandèrent des odes, des hymnes, des élégies, en mneur de la patrie et de la liberté. Seul Frédéric-Léopold, ntempérament plus passionné que son frère, anima parfois n souffle d'éloquence ces formes empruntées ce fut Jui aussi mit Le plus d’ardeur dans ses revendications patriotiques. En lité, ces deux seigneurs, qui étonnèrent un instant le monde “leur libéralisme, étaient fort déplacés dans un groupe d’écriasdoués de l'esprit le plus populaire. On ne retrouve que rarent chez eux cette veine de poésie simple qui est la vraie marque école de Gæœttingue, et qui lui assure seule, vis-à-vis de Klopk; une sorte d'indépendance et d'originalité ?.

2. — ÉCRIVAINS POPULAIRES, — BÜRGER. — CLAUDIUS. école de Gættingue, considérée dans son ensemble, offre deux ects bien différents. D'un côté, elle a été savante, hexamétriste, me disait Wieland, et presque artificielle. De l’autre, elle a naturelle et simple, et presque neuve par la simplicité. Elle a duit tout à la fois les odes les plus mauvaises qui figurent dans ttérature allemande, et un grand nombre des meilleurs chants ulares. Voss en a été l'organisateur et le porte-voix, Bürger est resté la gloire durable.

ottfried-Auguste Bürger aurait été un des plus grands poètes l'Allemagne, si son caractère avait été à la hauteur de son 1611 avait tout ce que la nature peut donner: il lui manqua OUrs ce qui est l’œuvre de la volonté personnelle, Né à Mol- SWende, près de Halberstadt, dans la dernière nuit de l'année

Moss surtout l'attaqua violemment dans un article de revue (Wie ward F4: tenghein Unfreier? 1819); et continua même la lutte après la mort de Stoloorg. Editions. — Les œuvres des frères Christian et Frédéric-Léopold, comtes de eng; ont été publiées à Hambourg, en 20 vol., 1820-1825. — Choix dans Sauer, Gôttinger Dichierbund, III. — A consulter : Priefe Fr. L. Stolbergs und der Jen an Voss, herausgegeben von. Otto Hellinghaus, Muanster,. 1891; — Menge, Der Graf Fr. L. Slolberg und seine Zeitgenossen, Gotha, 1862; — mSSon, Fr. L. Graf zu Stolberg, sein Entwicklungsgang unA sein Wirken im der Kirche, Fribourg-en-Brisgau, 1882.

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