L'ÉCOLE DE GOŒTTINGUE.. + SE
1747, fils d’un pasteur, il étudia san la théol Halle et le droit à Gættingue, l'un et l’autre sans goût. il fit la connaissance de Gœckingk. À Gœættingue, il se Jia. Boïe et, par lui, avec le groupe poétique de l’Almanach des Mus Gleim, l’un des premiers, reconnut son génie et vint au- -dev: de lui. Mais ni Gleim ni ses autres amis ne purent l'empêcher se perdre. Nommé bailli d'une petite ville aux environs de Gc tingue, il se montra mauvais administrateur, et fut obligé de démettre de ses fonctions. Il sacrifia dans des essais d'agronon ce qui lui restait de fortune. Ses déportements jetèrent le trou] dans sa maison. À peine marié, il s’éprit de sa belle-sœur, q a rendue célèbre sous le nom de Molly. Il épousa plus tard, perdit presque aussitôt, et depuis ce moment, dit-il, « sa vie. «éteinte ». Une femme poète, Élise Hahn, lui offrit d'être la mère ses trois enfants; il accepta; son troisième mariage aboutit au séparation, et cou fois du moins tous les torts n'étaient, pas son côté. Il mourut, abreuvé de dégoüûts et à bout de 'essOUrC le 8 juin 1794. : a « Un poète, » dit Schiller dans un rt que Bürger prit tro cœur, « ne peut nous donner que son individualité; 1l faut dc « que celle-ci soit digne d’être exposée aux regards du monde | P « sent et à venir !. » Bürger était une nature sincère et honné mais qui cédait à toute impression, à toute suggestion du deho L'imagination, grandissant chez lui les-effets de la ni vait de le dévoyer. L'unité morale manque à son œuvre ï elle manque à sa vie. Tout dépendait, chez lui, du FO corde poétique vibrait au hasard; Pinspiration Ctait haute 0! viale, sans que lui-même sût à quel démon il obéissait. tique se réduit à un seul ne qu'il énonce ainsi dans face de son premier recueil : « La poésie la plus parfai « seule vraie, c'est la poésie A .» Schiller lui objectt ton populaire consiste à donner aux sentiments une expre assez générale pour qu'elle frappe toutes les intelligen que, s'il ne suffit pas de plaire aux raflinés, la pire des est de se régler sur les goûts du vulgaire. Bürger ests plat, parfois maniéré; mais il lui arrive aussi de trouver 1 deur dans la simplicité, c'est-à-dire d’être sublime.
1. L'article de Schiller parut d'abord dans la Gazette littéraire d'Iéna Bürger répondit; Schiller répliqua. Il faut comparer à la critique de, Schi article de Wilhelm Schlegel (Arilische Schriften, Berlin, 1828, au 2e vol
- L'ÉCOLE DE GOŒTTINGUE. 363 là poésie populaire a eu, dans le cours des siècles, les manistations les plus diverses; mais il semble qu'elle se reflète sous utes ses formes dans les œuvres de Bürger. Un instinct l’'attirait Hs tout ce qui charme les hommes assemblés. Il aimait les vieux iants d'église. Sa lecture favorite était le recueil de balladés iglaises publié par Percy. Un refrain-qu'il entendit par hasard Minspira, dit-on, la plus belle dés ballades allemandes, Lénore. que cette ballade a d’admirable, ce n’est point ce cortège fanstique qui entraîne deux fiancés vers la-tombe, c’est la peinre énergique et naïve d’une passion qui ne connaît qu'elleûme et qui jette au ciel un audacieux défi, ce sont les tours upts- d’un style qui dédaigne les transitions et les nuances. océdés d'un art raffiné, inutiles à l'explosion soudaine d'un ntiment simple et primitif. Pour les qualités extérieures de la ésie, la plénitude du vers, la sonorité et le rythme, Bürger n’a é égalé que par Gœthe t.
Mathias Claudius est un écrivain populaire d’un génie moins issant que Bürger, mais d’un caractère plus ferme et d’un temrament plus égal. Il.fut à la fois poète, critique et moraliste. Spoésies plaisent moins par elles-mêmes que par la nature de üteur qui s y dessine avec une aimable franchise. Claudius a Mprincipalement son influence à une revue qu’il publia pendant ngéans (1771-1775), et qu'il appela le Messager de Wandsbeck, ape la petite ville du Holstein où il passa la plus grande partie Sd wie. Il recueillit plus tard ses articles en prose et en vers, us.Ce litre : Asnus omnia sua secum portans, ou (Euvres complètes Messager de Wandsbeck?. Son rôle fut celui d’un interprète. Il comprendre et goûter Lessing et Gæœthe; il les rapprocha de la 15S@ bourgeoise. Une citation bien choisie, une comparaison %é |. Éditions des œuvres et correspondance. — Sämtliche Werke, par Wolfgang n Wurzbach, 4 vol.. Leipzig. — Gedichte, par Sauer (collection. Kürschner), attgard, 1884. —= Sümtliche Gedichte, par Ed. Grisebach, 2 vol., Berlin, 1889. Briefe von und an Büryer, par À. Strodtmann, 4 vol., Berlin, 1874. — ZLénore utd'abord dans l'Almanach des Muses de 1774. Le recueil de Percy (Aeliques Ancient English Poetry, 3 vol., Londres, 1765) contient une ballade semblable, Laèté traduite par Herder (Blätter für deutsche Art und Kunst). La ballade Arnim et Brentano donnent comme l'original de la Lénore de. Bürger (dans $ Knaben Wunderhorn) semble être de leur propre composition. La même sonde se retrouve en Danemark et en Suède, — A consulter : Bonet-Maury, ngemet les Origines anglaises de la ballade liltéraire en Allemagne, Paris, 1889 ; Wurzbach, G. A. Bürger, Sein Leben und seine Werke, Leipzig, 1900; — et, sur k me Erich Schmidt, Charaktleristiken, 1, Berlin, 1886.
+ En iuit parties, Hambourg, 1775-1812, — Claudius, né aux environs de Lubec‘: Mmourut à Hambourg en 1815.
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da | ; SU : LS De MS 364 LA LITTÉRATURE CLASSIQUE.
+ « das willer nicht haben, und darum hat er gleich jedem Zvweifel emen Maul
ingénieuse, lui suffisent pour mettre le lecteur le moins cul au courant d’une question d'art ou de morale. Il fait pens à Paul-Louis Courier pour Phumeur caustique et l'apparer bonhomie; mais il a le style plus pittoresque, et ce tour hum ristique qui plaît chez certains moralistes allemands. Veutsl y exemple, dire son mot sur les controverses théologiques des: sing, il nous introduit à la cour de l’empereur du Japon, qui si forme auprès du voyageur Asmus de ce qui se passe en Euro]
Le KAn. — Je me suis laissé dire que le monde se ressemble parto et je suppose qu’en Europe aussi la religion est exposée à toutes É 4 de doutes et d’objections.
Asmus. — M. Lessing à fait connaître tout récemment 1e objecti d’un anonyme, dont quelques-unes dénotent beaucoup de science d'esprit; mais il les a réfutées. - 2
Le Kan. — Les a-t-il réfutées? à
Asus. — À sa manière, Sire. Celui qui 4 a raison, pense-t-il, à toujours raison; il faut seulement qu’il y tienne, et qu’il ne crai, pas de se montrer en rase campagne. Il fait donc défiler les objeetio armées de pied en cap, comme pour le combat. Mais un tel bataillon scrupules religieux est comme ün serpent à sonnettes, qui tombe al proviste sur le voyageur sans défense. Pour empêcher cela, M. Less -a mis à chaque objection une muselière, ou, si la muselière dépla dire Majesté, il a jeté à chaque objection une roche pointue dan: gueule, afin qu’elle use ses dents sur la pointe, jusqu à ce qu'unth logien savant et sensé aitpu préparer ses armes. À l’œuvre donc! di : voilà l’ennemi. Mais que nul ne crie victoire ne avoir déchargé l'air un vieux mousqueton rouillé! Et que nul n’occupe plus de-ter qu’il n’en peut défendre, et qu’il n’en faut à la religion pour sé db
Le Kan. — M. Lessing me plait. Aurait-il bien envie d'aller au Jap
Asmus. — Je ne sais, Sire. Il faudrait en tout cas que Votre Ma lui fit des propositions bien nettes et bien détaillées, car il aime à. \ claïr en toute chose 1, :
1. « Der Cuan. — Die Welt ist, wie ich hôre, sich überall eleich. So vis « wohl in Europa an Einwendungen und Zweiïfeln gegen die Religion nichttel
« Asmus. — Herr Lessing hat noch ganz neuerlich verschiedene Zweilel ( « Ungenannten bekannt semacht. davon einige recht gelchrt und artig sind « hat sie aber widerlegt. .
« Der CHaw. — Hat er sie widerlegt?
« Asmus. — Wie er’s immer macht, Sire. Er meint, wer Recht hat, Wir « Recht behalten: der solls aber auch behalten, und darf das freie Feld « scheuen! Und also lässt er die Zweifel mit Ober- und Unter-Gewehr auf « schiren : marschirt ihr dagegen! So ’n Trupp Religionszweifel ist-aber « Klapperschlange, und fällt über den ersten den besten wehrlosen M
« umgetan, oder, wenn Evw. Majestät den Maulkorb etwa nicht leidén. Kün « er hat jedwedem Zweifel ’n Felsstück mit scharfen Ecken in den Hals gewor « daran zu agen, bis sich irgend ein gclehrter vernünfriger Theologen « Und, sagt er, ehrlich gegen den Feind zu Werk gegangen! Und schreie
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Après Bürger et Claudius, quelques hommes, comme Overbeck, hilippe Schmidt, Miller; Leisewitz, ont laissé un nom dans la littéture, grâce à -une heureuse inspiration, ou à un succès du oment. Overbeck à fait des odes-qui sont oubliées, mais quelfesunes de ses Strophes légères se chantent encore. Philippe hmidt, appelé aussi, d’après son lieu de naissance, Schmidt de ibeck, a fidèlement reproduit, dans ses chansons, le ton popuire. Jean-Martin Miller a été le plus fécond des écrivains de icole de Gættingue, et il était considéré, en son temps, comme in des plus importants. Les meilleures de ses nombreuses poées.lyriques sont des imitations des anciens Minnesinger. Son man sentimental, Siegwart (1776), eut un succès presque égal celui de Werther. Quant à Leisewitz, il écrivit sa tragédie de esse Tarente (1776) à l'occasion d’un concours ouvert par hræder, directeur du théâtre de Hambourg. 1l n’obtint pas le 1x; mais, ce qui était l'équivalent d'une récompense, Lessing ibd'abord la pièce pour un ouvrage de Gœthe, et Schiller, bon, la savait par cœur dans sa jeunesse. Le sujet de Jules de wente était la haine de deux frères ; les Brigands et la Fiancée de sine seront construits sur une donnée semblable. Leisewitz ne que passer dans la littérature, mais il eut la gloire d'éveiller le mie d’un des plus grands poètes allemands !.
3. — POÈTES ÉLÉGIAQUES. — HOŒELTY. — MATTHISSON. SALIS, — TIEDGE.
L'école de Gæœttingue aurait été incomplète aux yeux des con- Mporains, si elle n'avait eu son poète élégiaque. L'inspiration maitre s'était divisée, pour ainsi dire, entre les disciples. Les
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aand Viktorie, wenn er 'n alten rostigen Musquedonner einmal mit losem Kraut bgebrannt hat! Und besetze keiner ein grüsser Terrain, als er souteniren kann, ndals der Fuss der Religion bedarf!
Der CHan. — Herr Lessing gefällt mir. Soilte er wohl Lust haben nach Japan u gehen?
ASMus. — Ich weiss nicht, Sire! Wenigstens müssten Ew. Majestät ihm die tonditions sehr bündig und detaillirt vorlegen lassen, denn er mag gern alles ellund klar mit seinen Angen sehn. » à = Asmus, etc., 10° éd., par Redlich, 2 vol., Gotha, 1879. — A consulter : Herbst, tthias Claudius der Wandsbecker Bote, ein deutsches Stillleben, 4: éd., Gotha, 1878.
+ I remplit plus tard des fonctions judiciaires à Brunswick. Il fit brûler avant mort (1806) tous ses manuscrits, qui comprenaient, avec des fragments dramati- ‘Sy des matériaux pour une Histoire de la guerre de Trente Ans.
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frères Stolberg avaient ressenti l'élan patriotique dt religi He Voss avait appris de lür à imiter l'antiquité : l’élégie, la plainte sur des maux réels ou imaginaires, laquelle Klopstock s'était essayé à ses débuts, et qui resta com un symptôme maladif de toute la période. Ce fut la part
Njouis- Henri-Christophe Hœlty : non que Hælty se soit born se genre, ni même qu'il ait composé beaucoup d’élégies prop inent dites; mais toute sa poésie a une teinte élégiaque ; elle limage fid ble de sa vie. Né à Mariensee, dans le Hanovre, eb d'un pasteur, Hœlty vint faire ses études de théologie a 6 tingue, où il resta, donnant des leçons et faisant des traductio! il mourut, après de longues souffrances, en 1776, à l’âge dé vin huit ans. Ses poésies, qui furent recueilliés par Voss et Frédér Léopold de Stolberg, offrent le touchant contraste d’une certa exubérance juvénile et d’une résignation mélancolique: Il chà les plaisirs de la nature et de la société comme ques un les sent vivement, mais qui sait qu'il ne les connaîtra qu'’unjo Parfois il se fait illusion sur sa mort prochaine, et il cède, charme de l'heure présente; il écrit alors ses chansons, vw modèles du genre, où la sonorité du rythme s'allie à la fraîcht des images. Mais la pensée triste, un imstant écartée, revie brusque et inattendue, à la fin d'une strophe. Il a peint! même le caractère de sa poésie, dans une: ode adressée à
Gravis vaillamment, Ô noble ami, le sentier d’épines qui slélèw travers les nues, jusqu’à ce que la couronne de rayons, qui ne qu’au front des poètes sages, se soit posée sur toi. 33
Inspire à nos neveux un ardent amour pour Dieu et la natu créa. Que par toi les tendres liens fraternels, la simplicité, la hb: et l’innocence, la vertu et l’honnêteté allemandes leur soientcl
Pendant ce temps ton ami, 6 Voss, marche d'un pas silei nci par les champs päaisibles, guettant le rossignol et la voix Lo à ruisseau qui serpente sous le reflet de la lune. i
Il chante le bosquet odorant, que le crépuscule de malin de paillettes d'or, ou le bouquet printanier, revêtu de la po: soir, qui palpite sur le sein dé la jeune fille. | à
Pour moi aussi, Ô délice, pour moi aussi là jeune file une larme reconnaissante; elle pressera ma chanson surses lè sa poitrine, et elle dira en gémissant : « Pourquoi, à vai
“homme, la tombe la-t-elle enfermé si tôt 1?
1. « Klimme mutig den Pfad, Bester, den Dornenpfad « Durch die Wolken hinauf, bis du den Strahlenkranz, « Der nur weiseren Dichtern « Funkelt, dir um die Schläfe schlingst.
Do L'ÉCOLE DE GŒTTINGUE..
! mélancolie était contagieuse dans cette Allemagne du lie siècle formée à l’école de Klopstock, et Hælty ne resta pas a. imitateurs. Matthisson, Salis et Tiedge se rattachent plus ou ins directement à lui.
Matthisson, que Schiller a trop loué, est un peintre de paysage
poésie. s'attache de préférence aux moments caractérisues du jour et de l’année, au crépuscule du matin et du soir, “déclin de l'automne; mais il oublie trop souvent que des $ ages juxtaposées ne forment pas encore un tableau. Certaines : ses élégies ou de ses odes sont de fastidieuses énumérations, e ne relève pas suffisamment la grâce musicale du style. pendant Matthisson a été considéré longtemps comme un and, poète; il a été comblé de témoignages d'estime par ses ntéemporains. Après avoir voyagé en Allemagne, en Suisse et Mtalie, soit comme précepteur d’un gentilhomme livonien, soit
ime lecteur de la princesse d’Anhalt-Dessau, il entra au’ mice du roi Frédéric I de Wurtemberg, qui l'avait déjà anobli. Séretira, dans sa vieillesse, à Weærlitz, près de Dessau, où il urut en 1831 1. | lean-Gaudenz, seigneur de Salis-Seewis, n’a pas le style châtié