‹ Histoire de la littérature allemandeChapitre 206 sur 534 · CRITIQUE DU JUGEMENT · texte numérisé non relu

CRITIQUE DU JUGEMENT

Tout est symétrie dans l’œuvre de Kant. Sa troisième critique rrespond à la troisième faculté qu'il attribue à l’homme, au nüiment de plaisir ou de déplaisir que nous fait éprouver la ntemplation des œuvres de la nature ou des œuvres de l’art; comme ce sentiment tient à la fois de la faculté de connaître de la faculté appétitive, la Critique du jugement forme le lien tre la Critique de la raison pure et celle de la raison pratique. ailleurs, ici comme dans les deux autres critiques, Kant ramène iCtivité de l'esprit à un fait intérieur, et c’est en cela qu'il se stingue des esthéticiens de l’école de Wolff et en particulier de iumgarten. Ce qu'il recherche, ce ne sont pas les conditions térieures du beau, ce n’est pas le beau dans les objets, mais le ntiment du beau dans l'homme.

La, Critique du jugement contient deux parties : la première, et plus importante, est un traité du béau et du sublime; la seconde

Cœupe de ce que Bernardin de Saint-Pierre appelait les harmo- ,

es de la nature.

Kant distingue d'abord entre le beau et l’agréable : une distinc- Mqui avait été faite avant lui, mais qu'il a précisée, et qu'il a itentrer dans le domaine commun. L'agréable’ est ce qui plaît IXsens; il est accompagné de désir. Le plaisir que donne le ntiment du beau est essentiellement désintéressé. « Un jugement dans lequel se mêle le plus léger intérêt n’est plus un Pur jugement de goût. » Mais comme le jugement de goût pose sur le sentiment, il est nécessairement variable. [Il peut avoir, dans tous les domaines de l’art, aussi bien que dans la ture, des modèles consacrés par l’assentiment des hommes: aSil n’y a aucun criterium extérieur du beau. Le goût, aussi en que le génie, est original.

Sile beau nous cause du plaisir par une certaine convenance définissable de l’objet avec notre faculté de sentir, le sublime, contraire, nous imprime une secousse violente, qui est presque ble: « La satisfaction qu'il nous procure est moins un plaisir

* LE

Test universel, selon Kant, en ce qu’il est dégagé de tout motif personnel, us d'une universalité tout intérieure et subjective. Chacun suppose que ce qui ; beau pour lui l'est pour tout le monde. Il n’en est pas de même de l’agréable; dmets très bien que ce qui est agréable pour moi ne le soit pas pour un autre.

« qu'un sentiment d'admiration ou de respect, c’est-à-dire, po « Jui donner son vrai nom, un plaisir négatif. » Kant, qui aime] -sous-divisions, distingue entre le sublime mathématique, repose sur l'idée de grandeur, et le sublime dynamique, qui. fonde sur l’idée de force. La nature est mathématiqueme sublime dans ceux de ses phénomènes qui dépassent la facul compréhensive de notre imavination;: elle est dynamiquen sublime, quand, par une imposante manifestation de Sa pi sance, elle semble vouloir menacer notre existence physiqu Dans l’un et l’autre cas, notre imagination confondue en anvel a notre raison. Cest notre raison qui nous fait admirer éloilé, par l'idée de l'infini qu'elle porte en elle, et pour laquel l'imagination n’a pas de mesure. C’est notre raison qui, de les éléments déchaînés, nous rappelle au Sentiment de supériorité morale et nous fait dire : « Je ne suis qu'un «Inais un roseau pensant. » | Ron Le Sublime n’est donc pas dans les objets, mais dans” 0 esprit. Nous ne devrions pas dire qu’une chose est sublime. ut qu'elle éveille en nous l’idée du sublime. Il n’y à pas, dat nature, un objet, si grand qu'il soit, qui, considéré sous un point de vue, ne puisse descendre jusqu’à Pinfiniment p réciproquement, il n'y a rien de si petit, qui, mesuré à un . échelle, ne puisse s'élever jusqu’à l'immensité : le télescope microscope sont là pour le prouver. Nous disons qu'une ch sublime, lorsque, au moment où elle se présente devan © elle nous parait grande au delà de toute expression, lors défie toute comparaison. Elle provoque alors un confli notre imagination, qui ne peut là concevoir, et notre rai

RTL AN

cherche à la comprendre, et de là vient le trouble qu’ell oCcasionne. Mais, en même temps, elle élève l'âme, parce q s'adresse à ce qu’il y à de vraiment grand dans notre natur qu'elle nous confirme dans le sentiment de notre liber morale !. IRC

Ï. « Das Erhabene ist erhcbend. » — Kant avait publié, dès 1764, des. tions sur le sentiment du beau et du sublime (Beobachtungen über das Ge Schünen und Erhabenen); ce sont des observations détachées, en partie trè:

, mais qui n’ont qu'un rapport éloigné avec la théorie exposée dans la C jugement.

Page 1