‹ Histoire de la littérature allemandeChapitre 207 sur 534 · LA LANGUE DE KANT. — SON INFLUENCE · texte numérisé non relu

LA LANGUE DE KANT. — SON INFLUENCE

tant est le plus sincère dés philosophes, et son style est sincomme sa philosophie. Il dit ce qu’il croit vrai, et il le dit iplement. Il ne cherche même pas à persuader; il écrit pour Mecteurs comme il écrirait pour lui-même. Le style de Kant ce qu'il y a de plus opposé au Style oratoire. Sa phrase n'est : le moule exact de sa pensée; nulle draperie, nulle parure. time que la vérité se suffit à elle-même, et il croirait la défi- ‘er en voulant l’orner. Tel est, du moins, le caractère de ses nds ouvrages. Dans ses premiers écrits, et avant qu'il eût Siruit son système, il se laissait aller volontiers à sa verve moristique ou même satirique ; mais, à partir de la Critique de raison pure, il cesse d’être écrivain, et il n’est plus que philohe. Lx

Ma beaucoup parlé, depuis Victor Cousin, & l'obscurité de it Ceux qui ont reproché à Kant d'être obscur, ont voulu dire lement qu'il ne se prête pas à une lecture rapide et superfile: Sa pensée ne vient pas au-devant du lecteur, elle ne se iné pas à distance: il faut aller à elle, mais on est toujours de la saisir, et de la saisir complètement, pour peu qu'on se ine la peine de l’aborder franchement. Kant est toujours clair ; seul tort est parfois de vouloir l'être trop. Il ne veut perdre ne nuance. Comme tout se tient dans son système, il conré rarement une idée seule, mais il la voit dans ses rap- {s, proches ou éloignés, avec d’autres idées du même ordre. élait plus écrivain, il démélerait, avant de prendre la plume, aultiplicité de ses aperceptions; il présenterait successivement

la Û une gradation calculée ce qui s'offre simultanément à

esprit. Il dédaigne cet artifice. Sa phrase est complexe comme

ensée ; elle est chargée d’incidentes et de parenthèses, qui

itent le lecteur.non préparé. On racontè, et l’anecdote paraît

ientique, que son ami le conseiller Wlœæmer lui avait déclaré

us pouvoir le lire, « parce qu'il n’avait pas assez de doigts

ù cela ». Il mettait un doigt sur un mot, un doigt sur un

€, pour avoir des points de repère; mais il n'était pas à la. de la Phrase, que-ses deux mains n’y suffisaient plus. Kant

ibillisible, s’il n'avait que les idées de tout le monde: mais on

est porté par la force et l'originalité de la pensée : à trav rs dédale des mots.

Kant, ayant changé le point de vue An vie fut amt

par un besoin de clarté même, à remanier le vocabulaire en us:

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veaux pour des idées qui ne l'étaient pas, gt ils 16

dans les écoles. Il donne à certains mots un sens spécial, ordir rement plus étroit; il crée même des termes nouveaux, Il sobre dans ces créations; il avertit le lecteur toutes les fois nt y a recours, et il a toujours soin de définir les expressions. q emploie, lorsqu'il les détourne de leur acception commune. LénomoiQee de Kant est, en somme pe compliquée, et. k

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s'explique à ce sujet dans la préface de sa on cri « Forger des mots nouveaux, quand la langue est assez Tic « d'expressions FÉpOR GARE à des idées données, c'es est un mo) « puéril, pour qui n’a aucuñe pensée originale et vraie, de « distinguer de la foule en cousant une pièce neuve sur um y habit. Si donc les lecteurs de cet écrit peuvent m ‘indiquer

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“« expressions plus opulaires, mais ui soient aussi bien app! l |

« priées à la pensée que les miennes me paraissent l'être, « m'obligeront beaucoup, car je ne souhaite que d’être compr « et si même quelques-uns se faisaient fort de prouver que ce « pensée elle-même est vide, et vide aussi, par conséquent, toi « expréssion qui la désigne, ils auraient bien mérité de la P

« ir as aussi "As que cette pensée ne |

pour en être aisément bare. un petit nombre sentemel sRiTeS dans le dome Corn REn Ils se RME RES

tèrent pas la sage réserve du maître; ils créèrent des m l'obscurité à pleines fhéins,

s'est continué, avec Fichte et au jusqu’à Hegel, et q

tard, a été dirigé dans un sens différent par Schopenhaue idées ont été développées, en Angleterre, par Hamilton France, principalement par Renouvier. En Allemagn influence s’est étendue peu à peu sur tous les domain

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et des lettres; il a été pour la fin du xviné et le coment du xix° siècle allemand ce que Descartes avait été pour ècle français. « Nul savant, » dit Gœæthe, « à moins que ce it un pur archéologue, ne peut se soustraire impunément mouvement inauguré par Kant!.» Schiller lui doit sés idées beau et le sublime, dont ils’est inspiré dans la conception

sa théologie. Guillaume de Humboldt dit de lui : « Une tie de ce qu'il a détruit ne se relèvera pas, et une partie de ce à fondé ne périra pas ?. » Ce sont les œuvres durables, celles \ peut parler ainsi. La métaphysique de Kant, plus ou odifiée par ses successeurs, règne encore dans les uni-

llemandes. Quant à sa morale, elle à pénétré partout. tif catégorique, la loi absolue du devoir, est descendu haire du philosophe dans celle du maître d'école, et s’est ins la conscience nationale.

e, Winckelmann. = spondance entre Schiller et Guil'aume de Humboldt, préface.

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derniers drames. Herder lui a emprunté le côté rationa-

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