Deutsche Mythologie, p
2. Le meilleur texte du Muspilli et de la Prière de Wessobrunn se trouve dans
les Denkmäler de Müllenhoff et Scherer. — Sur la signification du mo voir la
Mythologie allemande de J. Grimm, p. 568 et 768.
ES De I ES LE T e Nn DUe /e HT TA POËSIE RELIGTEUSE, | “17, 47
Vouveau Testament. Pour le peuple, le christianisme s’incarnait dans la personne de son fondateur. Le peuple raisonnait peu; c'est par l'imagination qu'il fallait le frapper et le convaincre, I fallait lui montrer le maître entouré de ses disciples, le consolateur appelant à lui les pauvres et les opprimés, le Messie enfin, portant déjà sur sa face terrestre un rayonnement de la gloire divine. C’est ce que tentèrent plusieurs écrivains au 1x siècle. Les actions du Sauveur devinrent le thème de deux ouvrages d'un mérite littéraire fort inégal, mais très importants tous les deux pour l’histoire de la langue et de la versification : ce sont le Heliand, écrit en dialecte bas-allemand, et le Livre des Évangüles d'Otfrid de Wissembourg, en haut-allemand. D'après une vieille légende, consignée dans une préface latine et dans une pièce de vers hexamètres, l’auteur inconnu du Heliand aurait été un laïque jouissant d’une inspiration spéciale de Dieu, et il aurait écrit par ordre du roi Louis le Débonnaire. Peut-être cette légende na-t-elle fait qu'exprimer sous une forme poétique le caractère du livre, et le prétendu laïque était-il en réalité un clerc qui n'avait pas dédaigné de descendre jusqu'au peuple, de parler et de penser comme lui. Le fait est que l’auteur du Heliand est au courant de la science théologique de son temps; il a lu les commentaires d’Alcuin, de Raban Maur, de Bède le Vénérable. Le fond du poème est pris directement dans la Bible. Les détails sont émpruntés à la vie du moyen âge, et les anachronismes involontaires qui faisaient sans doute le succès du livre en sont encore poudrui un des principaux charmes à nos yeux. “ Si le Heliand est l'œuvre d’un poète, le Livre des Évangiles est le travail d'un érudit qui disserte en vers. Otfrid ne se borne pas, Comme l’auteur du Heliand, à exprimer lés sentiments pieux qui Vl'animent, il a des visées littéraires. Il veut bannirles chants profanes : cantus laïcorum obscænos, dit-il dans une préface latine. Il es le temps où l’on alignait avec exactitude des syllabes ngues et brèves. Enfin il n'oublie jamais qu'il est docteur de Église ; il entremêle son récit de dissertations morales, d'expli-# cations mystiques et symboliques. Otfrid avait été le disciple de Raban Maur au monastère de Fulda, avant d'entrer chez les Bénéictins de Wissembourg. Il appartenait sans doute à
à la nation les Francs, dont il célèbre les vertus au début de son poème ::
— Pourquoi les Francs, — à l’exemple des autres nations, — ne chantedient-ils pas dans lerr langue — la glaire de Dieu?
de Dieu. — Cest par le conseil de Dieu — qu'ils se tirent du. danger.
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!— Ils n’ont peur de personne, -— tant que leur roi est sauf.
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“Hs sont aussi Haxdis — que 18 Romains, = —'et nul ne- saurait p tendre — que les Grecs leur disputent le prix du courage.
Is ne se distinguent — pas moins par l'adresse. — Dans la cam pagne, dans la forêt, — leur valeur est égale. # As sont à la fois très hardis — et très puissants. — Ils PE t tous!
. guerriers, — et prompts à courir aux armes. Ils travaillent avec des instruments — leur bonne terre : — c’est leur.
habitude; — ils vivent avec honneur. 3 Leur terre est fertile; — elle est pourvue — de toute ds de dons, — que le ciel lui a départis. ?
On en retire — de l’airain et du cuivre à ton 4e crois méme) — qu’on y trouve du cristal, :
Et de l’argent en abondance, — qu’on travaille. — On recueille même, — de l’or dans le sable des rivières. k, à Les Francs sont toujours pleins d’ardeur — pour faire ce qui est bon* — et ce qui est utile; — ils suivent les conseils de la sagesse. JIs sont prompts — à parer les coups de leurs ennemis. — Nul n 'ose, lies attaquer; — tous ont été vaincus par eux. 4 Aucun peuple ne peut, — s’il est voisin de leur terre, — se soustraire à leur vaillance; — il est forcé de les servir; Et tous les hommes, — à moins qu’ils ne soient séparés d’eux par a. -
mer, — tremblent devant eux : — Dieu l’a fait ainsi, je le sais.
Pas un peuple n’ose — lutter contre eux. — Ils en ont ôté l'envie à tous, — leur ont enseigné le respect par les armes. F
Ils leur ont enseigné la crainte, — non pas avec des paroles, — mais. avec le glaive et la lance : — c’est par là qu'ils sont redoutés.
Aucune nation ne pourrait — se mesurer avec eux, — fût- -Ce celles des Mèdes ou des Perses; — elle s’en trouverait mal,
J'ai déjà lu, en vérité, — dans plusieurs livres que je pourrais citer, — que les Francs sont de la race — et de la parenté d'Alexandre,
Qui menaça le monde entier — et le dompta avec le glaive — et Penchaîna — sous sa main.
Et j'ai trouvé dans l’histoire — que c’est de la Macédoine — que ce.
REY r Nas
poupe. à l’origine, — est parti. * Les Francs ne tolèrent pas — qu'aucun roi du étde = les gou-. verne, — s’il n’a été élevé au milieu d’eux;
Ou qu’un homme, — à quelque nation qu’il appartienne, — sur Lou es la surface de la terre, — essaye de leur donner des lois. Ils jouissent ainsi du prix — de leur vaillance et de leur ‘re
Leur roi est d’une vaillance à toute épreuve, — comme doit l’être un: noble guerrier. — Il est prudent et hardi, — et la nation en compte. 4 beaucoup comme lui. Ë Il règne avec douceur — sur des peüples étrangers, — et il lesi gouverne aussi sagement — que ses propres sujets. à Nul ne saurait lui nuire, — tant qu’il est gardé par les dre qui. bravement le servent — et chevauchent à ses côtés. Car tout ce que les Francs méditent, — ils l’exécutent avec laide
Ils s'appliquent — à la parole de Dieu. — Ils apprennent — ce qui
est écrit dans les Livres;
]is l’observent, — le chantent par cœur, — et mettent toute leur énergie — à l’accomplir. - … J'ai fini mon discours. — J'ai montré que les Francs sont bons guer- / -riers, — qu'ils servent Dieu — et sont pleins de sagesse f,.
h semble que le patriotisme ait mieux inspiré le moine Otfrid 4 “que la religion; car ce chant est sans contredit la meilleure partie de son poème; le style a de la vigueur et une certaine allure guerrière. Quelle que soit, du reste, la valeur du poème d'Otfrid, il marque une date dans l’histoire de la versification “allemande. Le Heliand garde encore l’ancienne forme de Pallité- 3 “ration: le Livre des Évangiles est écrit en vers rimés?. Otfrid fut, sous ce rapport, le premier précurseur des poètes chevaleresques. 4 - Ce fut une des causes de son succès pendant le moyen âge, mais “ce ne fut pas la seule. La scolastique fleurie du moine de Wissembourg répondait mieux au goût du temps que la poésie simple et “austère du Heliand. Le Livre des Évangiles fut beaucoup recopié dans les écoles; il fut imprimé dès le xvi° siècle, tandis que le Heliand
“était tombé dans l'oubli, à l’époque où il fut republié par un - éditeur moderne à.
1, « Wanana sculun Frankon einon thaz biwankon, « Ni sie in frenkisgon biginnen, sie gotes lob singen?.…
Sie sint so sama chuani, selb so thie Romani; « Ni tharf man thaz ouh redinon, thaz Kriahi in es giwideron.
« Sie eigun in zi nuzzi so samalicho wizzi, « In felde ioh in walde so sint sie sama balde;
Rihiduam ginuagi, ioh sint ouh filu chuani, « Zi wafane snelle, so sint thie thegana alle.
« Sie buent mit giziugon (ioh warun iàthes Se « In guatemo lante ; bi thiu sint sie unscante.. »
2. Le vers d'Otfrid a la même coupe et les mêmes intonations que l’ancien vers * allitérant ; seulement les deux moitiés du MES au lieu d’être reliées par l’allitétion, sont rimées.
FE 3. Le mot Heliand est l'ancienne forme saxonne de Æeiland, sauveur. Le titre a … été donné au poème par le premier éditeur, Schmeller (Heliand, Poema Saxonicum mseculi noni, Munich, 1830; 2 volume, Glossaire, 1840). — Éditions critiques de Moritz Heyne avec glossaire (Paderborn, 1865; 4° éd., 1905), de H. Rückert (Leipzig, 1876), de E. Sievers (Halle, 1878) et de Otto Behaghel (Halle, 1887; —…)e éd., 1903). — Plusieurs traducteurs ont mis le Æeliand en allemand moderne, À éntre autres Grein (2°.édit., 1809) et Simrock (3° éd., 1882). — Le poème d'Otfrid 1 (Otfridi Evangeliorum Liber, Evangelienbuch in altfränkischen reimen durch Otfriden von Weissenburg) a été imprimé pour la première fois à Bâle, en 1571. L — Éditions modernes de G. Graff (Xrist, das älteste von Otfried im IX. Jahrhundert "1 verfasste hochdeutsche Gedicht, Kœnigsberg, 1831), de J. Kelle (Otfrids Evange- - “ienbuch; avec introduction, grammaire et glossaire; 3 vol., Ratisbonne, 1856- 1881), de P. Piper (2 vol., Paderborn, 1878-1884) et de Oscar Erdmann (Halle,