‹ Histoire de la littérature allemandeChapitre 210 sur 534 · PT RICO HERDER · texte numérisé non relu

PT RICO HERDER

Orient se rencontrent 1. Herder, avec une souplesse de talent ne faculté d’assimilation que nul traducteur n’a possédées au ae degré, sait prendre le ton qui convient à chaque époque, iaque climat. Il réussit presque à faire sentir par des combions rythmiques la mélodie de l'original; car « le lied, » dit-il, est pas un tableau, mais. un chant; il ne doit pas être lu, is entendu : entendu par l'oreille de l’âme, qui ne compte seles syllabes, mais qui se laisse aller au flot courant de armonie. » Herder imita encore, à la fin de sa vie, les ances du Gid; mais on ne soupçonnerait pas, en lisant ses quil n'avait devant lui que la prose de la Bibliothèque unille des romans, tant le style, les détails de mœurs, les caracÿ tout donne l'impression d'une œuvre authentique et pure. bpressentir l'original sous la version française ?.

Buckebourg et à Weimar, déterminé sans doute par ses tons, Herder revint de préférence à ses études sur l’anti- Sbiblique et orientale. Mais son point de vue restait le 16 il envisageait surtout la Bible par le côté littéraire, ou, ‘parler son langage, par le côté humain. Dans le plus Ancien ment sur l'histoire du genre humain 3, il donna un commen- “poétique du premier chapitre de la Genèse, et, pour expli- “erécit biblique, il le rapprocha des traditions cosmogonide l'Orient. Ce fut comme le prélude du livre dont il raslait dépuis longtemps les matériaux, et qui est intitulé De

nt pour lui la poésie la plus ancienne, mais aussi la plus le, la plus spontanée, la plus naturelle qui nous ait été mise : expression vive et immédiate d’une société toute tirée de la conscience de Dieu : poésie divine, au même titre lapoésie d'Homère, en ce qu’elle est la plus haute maniion de l'âme humaine et l’affirmation la plus solennelle de

immen der Vôlker in Liedern, éd. publiée par Jean de Müller, Tubingue, 1807. deravait publié lui-même deux recueils de Volkslieder ; Leipzig, 1778-1779. PréSsentiment n'empêche pas quelques contresens, que les éditeurs modernes js eu de peine à relever. -- Édition de Julian Schmidt, avec une introd SUiprier 1868. — La première édition avait été faite par Jean de Müller; ue, :

lleste Urkunde des Menschengeschlechts, 2 vol., Riga, 1774-1776.

mGeist der Ebräischen Poesie, ? vol., 1782-17" 1. — Traduction (très infidèle) ede Carlowitz, Paris, 1845.

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rit de la poësie hébraïque *. Les psaumes, les prophéties, les / iSs guerriers, lyriques et élégiaques des Hébreux, consti- y

| être même ces âges barbares, que Voltaire dédaignait

sa nature supérieure. Ici encore, traduire, faire comprer sentir, rapprocher l'original de notre goût moderne sans e le caractère primitif, le faire entrer dans nos esprits S altérer la pureté, fut son but principal. Il dit même, dans

face, que les traductions sont « le fruit dont la partie histori: «du livre n’est que l'écorce». … … Ci 7. Tous les travaux de Herder se résument dans ses Idées ôu Philosophie de l'histoire de l'humanité, qui parurent en qu parties de 1784 à 1791, ct qui restèrent inachevées!. Tout jet

il rêvait de devenir « un Newton de l’histoire », de retra suite de la culture humaine à travers tous les siècles et « toutes les nations. Tout jeune aussi, il comprit cé que méthode historique du xvin® siècle avait d’arbitraire et d'éh de peu historique au fond. Bossuet. avait ramené tous les êw ments à.un fait unique, l'établissement du christianis ce qui précédait n'était qu'une préparation, tout ce qui une conséquence. Voltaire, à son four, ne voulait 51 aux anciens âges que dans la mesure où ils avaient cont civilisation de son temps. « Je voudrais, » disait-il, « qu'o1 « mençât une étude sérieuse de lhistoire au temps où elle « véritablement intéressante pour nous : il me semble «vers la fin du xve siècle. L'imprimerie, qu'on invent «temps-là, commence à la rendre. moins incertaine. L « change de face. Tout nous regarde, tout est fait pour Herder n'admettait pas qu’un siècle fût fait pour un a

l’objet de ses secrètes préférences. L'histoire est, po suite de relations, un enchaînement où tout dépend de où rien n’est absolument sacrifié. Toutes choses 50 terre, ce qu'elles peuvent être selon les circonstanc et dé lieu; rien n’est isolé, rien n'est arbitraire. Mais, côté, chaque moment de la durée a 8on centre de lui-même; chaque être qui apparaît à la surface du 8

1. {deen zur Philosophie der Geschichte der Menschheit, 4 vol., Rig Éditions modernes de Julian Schmidt (3 vol., Leipzig, 1869) et de: (2 vol., dans la collection : Deutsche National-Litteratur, de Kürschi s'arrête au milieu du xiu° siècle. — Traduction française d'Edgard Q Paris, 1827-1828); cette traduction, devenue rare, a été imitée pe (3 vol., Paris, 1874). SNS

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