RE SIN
HERDER. - | 413
lui-même la loi de son existence et les conditions de son heur. « Les œuvres de Dieu, bien qu'elles forment dans leur semble un tout qu'aucun regard n’embrasse, ont encore te propriété de former chacune en particulier un tout qui t marqué du sceau divin de sa destination. Il en est ainsi de nplante, de l'animal : pourquoi en serait-il autrement de iomme? Est-il possible que des milliers d'êtres soient créés ur un seul, que toutes les générations passées n'aient vécu ïe pour la dernière, enfin que tous les individus soient faits Jr l'espèce seulement, c’est-à-dire pour un nom, pour, une ine image? La Sagesse suprême ne se joue pas ainsi: elle Imagine pas des rêves creux; elle s'aime et se reconnaît ns chacun de ses enfants; elle éprouve vis-à-vis de chaque éature le même sentiment maternel, comme si chacune était ule au monde. Tous ses moyens sont des fins; toutes ses 18, des moyens pour atteindre à des fins plus. élevées, dans squelles le Dieu infini se révèle etaccomplit ses promesses !, » un mot, tout est à la fois fin et moyen, cause et effet: tout Immence sans cesse. Hegel dira bientôt : « Tout n’est qu’un érnel devenir. »
msi Herder abordait tour à tour, avec une égale compétence, ttérature, la théologie, l'histoire: il étonnait ses contempo- S,par la promptitude de son jugement et la nouveauté de ses Het pourtant quelque chose manquait à ce grand esprit. Les qu'il avait pris pour devise et qui furent gravés sur sa be: Licht, Liebe, Leben, « lumière, amour, vie », marquent bien ature de son génie, qui procédait de la chaleur de son âme, qui n’a jamais subi le contrôle de la réflexion sévère. Le
ivre IX, chap. 1. — Ce que Herder veut donner, dans tout son ouvrage, ce ls.widées pour servir à la philosophie de l’histoire » : c’est le sens exact du Mleémand. Fustel de Coulanges disait : « Il y a une histoire, et il y a une osophie, mais il n’y a pas de philosophie de l’histoire. » C'était parler en his- | Qui ne veut être qu'historien. Il y à une philosophie de l'histoire, mais elle Wtient pas à l'histoire; c’est une partie de la philosophie. Celle de Herder » même de très près à la théologie. Il suppose dans le monde un principe ent, une force cachée qui en dirige toutes les révolutions vers un but fixé te éternité. Ce principe n’est, au fond, que le Dieu de l'Écriture, vu à travers rosisme, et si Herder ne l'appelle pas simplement Dieu, c'est, dit-il dans la Swpour ne pas profaner ce saint nom par un emploi trop fréquent, ne lant pas l’introduire chaque fois avec une solennité suffisante. » Kant, dans iiclende la Gazette littéraire d'Iéna (janv. 1785), tout en rendant justice à ence de l'écrivain et aux grands aperçus dont il éclaire parfois les faits, k Se que sa méthode avait, au fond, de peu scientifique,
sentiment est profond chez lui, m:
style a de l'ampleur et de la magnificence, mai quelque chose de ce qui faisait la supériorité de I marque plus nette, un contour plus précis. Aucun d Hlerder n’est dénué d'intérêt; mais. il n’a pas laissé une
œuvres auxquelles on aime à revenir, même quan
vain
__ parée des langues, des littératures,
souffle inspirateur à la poésie de Gæthe et de Schille joué un rôle plus utile, s'il avait su se. confiner dans
domaine et se donner la peine d'y exceller?