‹ Histoire de la littérature allemandeChapitre 214 sur 534 · Poésie et Vérité, liv. XIII. Se · texte numérisé non relu

Poésie et Vérité, liv. XIII. Se

Me Éditions de E. Lichtenberger et de A. Chuquet, Pass. 1885. — G tard, en collaboration avec Schiller, upe troisième rédaction de Gæt chingen pour le théâtre de Weimar. — Voir, pour tous les ouvrages de de Gœthe, l'édition de S. Hirzel et M. Bernays, Der junge Gœtke, und Dichtungen von 1764-1776, avec une introduction de M: Berna Leipzig, 187%; 2% éd., 1887; nouv. éd., considérablement augmentée Morris, 6 vol, Leipzig, 1909.

3. La mort du héros était si peu nécessaire, qne le vrai Clavigo. on diriger le Mercure de Madrid, pendant que son homonyme étai jour immolé sur les théâtres de l'Allemagne. — Voir L. Morel, Clavigo er et en France, Paris, 1904.

4. La pièce ne fut publiée qu'en 1788, mais elle remonte parses. or — Voir un article de Schiller, qui parut d'abord dans la Gaserte ht en 1788. Schiller oppose à l'Egmont de Gœthe celui de l'histoire, famille, plus directement intéressé aux événements, et il trouve €

dramatique.

rappelle le double mariage de Swift, et le sujet est tout

âble. Gœthe trouvait, du reste, plus près de lui, un exemple ns la vie du poète Bürger. Il remania plus tard sa pièce pour la sttre en harmonie, dit-il, « avec nos mœurs qui reposent essenféllement sur la monogamie 1. » Il traduisit une dernière fois,ns Prométhée, et cette fois avec une pleine originalité, une des ses favorites de l’école dont il était désormais le chef. Proéthée est un Faust antique, qui, abandonnant l’Olympe aux “ux inutiles, est venu peupler et rajeunir la terre. « Cet univers qui m'environne est à moi, » s'écrie-t-il ; «je sens tout ce que je peux et tout ce que je suis; mes vœux s’accomplissent, et mes rêves se réalisent; mon esprit, divisé en mille manières, se ‘épartit entre mes enfants. » Ainsi le monde s’anime au souffle génie, et l'homme mortel hérite de la toute-puissance des eux. Le Prométhée marque la limite entre deux périodes de la sde Gœthe. C’est sa première tentative pour faire paraître la nsée moderne sous le vêtement antique; l'inspiration tient de erther et des monologues de Faust, la forme et le cadre font . +0 de loin Iphigénie?. ee

ee 2. — LA MATURITÉ. — « IPHIGÉNIE EN TAURIDE ». M € WILHELM MEISTER ». — « HERMANN ET DOROTHÉE ».

Au mois d'octobre 1775, Gœthe, cédant aux instances du duc le. Auguste, s'établit à Weimar. Lui-même y fit appeler Her- } “à elques mois après. Wieland y demeurait depuis trois ans. ler compléta le groupe en 1787. Grâce aux soins de Gœthe, petite ville de Weimar devint peu à peu, selon l'expression de | vu comme un mont Ararat où tous les hommes distingués

naient prendre pied, tandis que le déluge envahissait le reste a "Allemagne ». Les frères Humboldt et les frères Schlegel, ; Tieck, Jean-Paul, Jean de Müller, y passèrent tour àtour, sans *

ler de Mme de Staël, qui vint y recueillir, en 1803, les maté- .

x de son livre De l’Allemagne. Gœthe fut successivement con- æ

ML” privé, conseiller de légation, enfin premier ministre. à | de la cour, » écrit-1il à Merck en 1776, « maintenant je si essayer du gouvernement. » Mais il n’y avait pas de risque, ÿ ”

Me théâtre allemand, article écrit en 1815. 4 onsulter : Erich Schmidt, Gæthes Prometheus : Gœthe-Jahrbuch, XX fe

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- rune lecture aussi étendue que la sienne. Spinosa venait de lo

« vivant fut différent de la pierre sculptée! » Il avaiir co

f monie; ce ne sera plus l'expression, mais le style prendra, dans son admiration, la place de Shakespeare

pour un esprit fait comme le sien, oh FA soin des affaires distractions mondaines le détournassent longtemps de la p: Quelque petit que fût le théâtre où il était placé, Al y trouv. moyen d’exercér son talent d’ observation, ef l'observateur À venait toujours en aide au poète. Il reprenait et approfond d'anciennes études. Il se tenait au courant de la littératureall mande et des littératures étrangères. Nul. homme n'eut j

cuper toute une année ; déjà même il attirait les sciences: nat relles dans son domaine. Ce serait se faire une fausse id de sa nature, que de croire qu'il ait pu se borner, penda ses premières années de Weimar, à la production de quelqu œuvres légères, comme de Frère et la Sœur, qu'il composa pt fournir un rôle à Amélie de Kotzebue, ou comme le Triom Sentiment, dans lequel il ridiculisait les imitateurs de We où même à la direction du théâtre de Meme pour Ja

public, et qui ne se déclara que plus te Gaæthe, + la féc chere de sa jeunesse, se replait sur cie mouse s’étu

siècle ou d’une aile un art Ru élevé fil sa À peus celui qui exprime la pensée de tous Res Agess sous un

en ve une renaissance qui était commencée. « Me voilà. ra « pour le reste de mes jours, » écrit-il de Rome (les bre 1786); « tous les rêves de ma jeunesse sont devenus d « lités. Quand la Galathée de Pygmalion, qu'il avait for « ses vœux, s’avança vers lui et dit : «me voici! » combi

vrai fond de sa nature: il était devenu un classique, 0 employer une de ses expressions favorites, un artiste cherchera désormais, ce ne sera plus la puissance, mais

d'Italie, en 1787, Iphigénie en Tauride, qu'il avait précéd écrite en prose, et qu'il venait de faire entrer dans leu

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e, une œuvre moderne, Lé ton du langage, la pondération Caractères, les proportions de l'ensemble, tout ce qui tient Style est grec, la forme grecque étant devenue, aux yeux de the, la seule parfaite que nous eût léguée le passé, « L'imition de la nature, de la belle nature, » disait-il beaucoup s tard, « moi. aussi j'ai suivi celte voie, et j'ai voulu accoumer mon esprit à S'y plaire; mais sitôt que je fus un homme, « ne vis plus que les Grécs!. » Quant aux sentiments et aux sées, ils procèdent moins de l'école de Socrate que de celle ,/ tousseau ; ils répondent au plus haut idéal de l'humanité, tel M pouvait le concevoir au temps de Gœthe. Les mœurs sont acies; la religion est épurée: tous les caractères sont si égaent nobles, que l’on concoit à peine entre eux une compli-

M, tragique. L'{phigénie ne reçut d'abord ni à Rome ni à mar l'accueil que le poète avait espéré. La première impres-

fut celle de l'étonnement; on s'attendait à autre chose de la “de l’auteur de Werther : c’est que Gœthe avait dépassé le ; bide vue de Werther, et que, du même coup, il avait dépassé A antemporains.

Lretour, 1! termina Torquato Tasso, et il écrivit les Elégies nes. Celles-ci sont un ressouvenir vivant de l'Italie, tellement

1 qu'on pourrait les croire écrites à Rome ?. « Que je me sens ureux à Rome, » s’écrie le poète, « quand je songe au temps

un jour grisâtre m'enveloppait dans les régions reculées du

rd; où un ciel sombre et lourd s’abaissait sur ma tête; où, dans Massitude, je voyais le monde autour de moi sans couleur et 1Sforme; où, pour observer lés noirs labyrinthes de mon

Mb je m'appesantissais sur moi-même dans une rêverie silen- US”, » Il était devenu un homme du Midi; il le croyait du

is, et sa pensée restait en Italie. Il méditait moins, il regardait nage, et il peignait ce qu'il voyait. En un mot, la poésie avait À $en lui toute la place que la philosophie avait menacé plu- #7 S fois d'envahir. Cependant la voie nouvelle où il venait de ager n'élait pas sans danger. On a beau se transporter par gination dans les temps antiques, on n'y vil pas comme un Mon n'y est pasretenu par ces mille liens qui rattachent le

EE idien (1827), dans le recueil de poésies intitulé Æurst.

LeSKritiques l'ont cru en effet, mais le témoignage de Gœthe est formel. es Annules, à l'année 1790, et les Lettres à Herder du 2 et du 10 août 1789,

I élégie. :

plus haut idéal à des réalités nu On erre dans de P Champs-Élysées, et l'on prête les apparences dela vie à des

à les faire voir dans une perspective lointaine. Iléffaça les €

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