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” maturité qui lui manquaient, et elle rendit à Gœthe 1
/ sous le contrôle de Schiller que furent publiés les der qui marquent, avéc /phigénie en Tauride, l’âge classique d
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Shakespeare, lorsqu'il empruntait un fait à l antiquité, le tre portait hardiment dans les rues de Londres. Gæœthe, au contra dans les ouvrages dramatiques qu'il composa sur le type d génie, s’attacha de plus en plus à élever et à généraliser les
tances de temps et de lieu, négligea le trait individuel, le dé etexpressif. Le Torquato Tasso, publié en 1790, se borne pr une suite de conversations sur la destinée du poète ét sa si au milieu d’une cour. Dans la Fille naturelle, qui parut tre plus tard, et où Gœthe se proposait de montrer dans u cadre tout le développement de la Révolution française, n’est même plus indiqué; les personnnages ne sont plus d que par leur titre; chacun est le représentant typique d classe de la société !. Gœthe, s’élevant d'échelon en échel qu'aux dernières hauteurs où l'art est encore possible, arrêté d’abord à une peinture idéale de l'humanité; ma nuant d'abstraire et de généraliser, il arriva enfin à une poésie allégorique, où il déploya encore les ressources d'u esprit, mais à laquelle manque la chaude palpitation de L Ce fut la dernière évolution de sa pensée. Elle.n ‘était |
à fait accomplie, lorsqu'il se rapprocha d’un poète qui déjà le considérer comme un maître, et qui, à dix années tance, suivait le même chemin que lui. Au milieu des. dont se composait l’école de Weimar, Gœæthe et Schiller s° d’un lien plus étroit : union aussi a et aussi féc l'un que pour l’autre, car elle donna à Schiller l expérie
ui commencait à lui échapper. Ce fut sous l'influence q Ç PP
le roman intitulé les Années d'apprentissage de Wilhel (1794-1796), et le poème de Hermann et Dorothée (1719%)° L'idée de Wilhelm Meister était déjà ancienne, au mom
1. L'original de la Fille naturelle est la princesse Stéphanie-Louise Conti, dont les Mémoires furent communiqués à Gœthe par Schil historiques de Stéphanie-Louise de Bourbon-Conti écrits par elle-même, 1798. — Voir les Annales, à l'année 1799. — A consulter : X. Marmier, Gaæthe, Paris, 1835; — Michel Bréal, Deux études sur Gœthe, Pari
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b ication!. Déslespr emiers temps de son séjour à Weimar, Gœtkhe ait cherché à se rendre compte du rôle de l’art et de la poésie ins l'éducation nationale. Il considérait l’art comme la plus lle expression de la culture humaine, et, par ‘conséquent, ercice de l’art comme la plus noble fonction dans l'État. artiste, ou le poète, était, à ses yeux, l’homme complet. « Le destin a élevé le poète comme un dieu au-dessus des misères humaines. Il assiste au tumulte des passions, à l'agitation stérile des familles et des empires ; il voit des malentendus, qu'un mot pourrait lever, devenir des énigmes insolubles et causer des désordres inouïs. Il ressent en lui-même ce que la vie de chaque homme peut contenir de douleur et de joie. C'est au fond de son cœur que se développe la pure fleur de sagesse que là. nature y a semée; et tandis que les autres rêvent {out éveillés, et sont troublés dans tous leurs sens par des visions bizarres, le poète sait vivre comme un homme éveillé le rêve de là vie, et les plus rares événements qui arrivent.sont à la fois pour lui le passé et l'avenir. Et c'est ainsi que le poète est tout ensemble un guide et un prophète, l'ami des dieux et des hommes *. » Le poète, étant le précepteur de l'humanité, ne urait accepter pour lui-même une direction étrangère. S'il est ipelé à instruire les autres, qui oserait prétendre à lui donner leçons? Il est son propre maître; il ne peut se former qu'à Cole de la vie. Le Wilhelm Meister est, selon l'expression d’un itique allemand, une odyssée de l’éducation personnelle, un age aventureux à travers les plus dangereux écueils, mais un ‘yage terminé par un heureux retour #, Wilhelmse joint d’abord
une troupe de comédiens, auxquels il essaie vainement de faire
imprendre la haute mission de l’art; il demeure quelque temps
sun château, où il rencontre une aristocratie frivole et cor-
mpue; enfin il est reçu dans une société d'élite, où chacun €
LLa première mention de Wilhelm Meister dans le Tagebuch remonte au mois «iévrier 1777; elle se rapporte à la rédaction primitive du roman, qui à été trouvée en 1909 à Zurich, dans une copie faite par uno amie de Gætho et de Water. Cette rédaction, divisée en six livres, correspond aux quatre premicrs (res-du roman dans sa forme définitive; elle a été publiée par Harry Mayonc : ihelm Meisters theatralische Sendung, nach der Schultess'schen Abschrift, üttgart, 1919. — Voir G. Billeter. Gæthe, Wilhelm Meisters theubralische Sendung. rich, 1910.
2Wilhelm Meisters Lehrjahre, Liv. 11, chap. 11.
1. + Hetiner, Geschichte der deutschen Litteratur im X VILL. Jahrhundert, 111,2.
rofit ses expériences et surtout ses erreurs. En un mot, «
peut suivre ses goûts sans danger pour les autres, parce qu
goûts sont nobles et désintéressés. On suit, dans le Wihé
Meister, le développement d’un esprit qui sait faire tourner.
assiste à l'éducation du poète par lui-même. Ce que l'on co prend moins, en lisant le roman, c’est l'éducation de la socié par le poète. Gœthe sentait que ” sujet n’était pas épuisé; il. pour le Wilhelm Meister ce qu'il avait déjà projeté de faire po Faust ; il lui donna une suite, qui parut en 1821 et en 1827. Dà les Années de voyage, on retrouve Wilhelm comme médecin.Ma était-ce bien là le but de son long apprentissage? Peutêt valait-il mieux convenir dès l’origine he l'art n’est pas toute. vie et que la fiction poétique n'est qu'une des manifestatioi de l’activité humaine. Il faut dire aussi que Gæthe a largemi appliqué la théorie qu’il donne quelque part du roman, par COr paraison avec le drame. « Le roman, » dit-il, « doit. représent « surtout des-dispositions de l'âme et des événements ; le dram « des caractères et des actions. Il faut que le roman s’avan «avec lenteur, et que les dispositions du héros principal su: « pendent d'une manière quelconque la marche progressive d «tout vers la conclusion. Le drame doit se hâter; le cara ctè « du personnage principal doit presser Île ta « seulement retenu par des obstacles ?. » Le Wilhelm Meister éta un de ces ouvrages que Gæœthe aimait à appeler incalculubles*e incommensurables, et « dont la clef lui manquait à lui-mêm C'est une série dé tableaux tracés de main de maître, p qu'un ensemble fortement conçu # de
Le Wilhelm Meister fut rédigé en grande partie end les Tr mières années de la Révolution française, et il est aisé de voir qt l’auteur était préoccupé des graves événements auxquels ilass tait de loin. N'est-ce pas une idée favorite du roman, que Ja ou ture individuelle est le fondement nécessaire de la réforn sociale? L'idée même vu FO . ‘est à-dire d'un ci