‹ Histoire de la littérature allemandeChapitre 233 sur 534 · PEN · texte numérisé non relu

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: Lettre du 13 dise 1789.

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. Ces lettres parurent d’abord dans les Heures, revue mensuelle que Schiller

- avec le libraire Cotta, publiée par W. Vollmer (Stuttgart, us et k

poétique, et les tempéra par un mélange e de Dhétatiees À Kant avait imposé aux sens le joug de #4 raison ; il avait d à la loi morale la forme d'un commandement impératif. « If « le Dracon de son temps, parce que son temps ne Jui. sembla « pas digne d’avoir un Solon. Du sanctuaire de la raison. pure, «fit sortir la loi morale, et il la fit-paraître dans toute sa saintet

«sans s ‘inquiéter de savoir s'il y a des yeux trop faibles pou

«en £outenir l'éclat. » Schiller écrivit le traité De la Grdce ebla la Dignité!, pour montrer que la vertu peut et doit être le résultà d'un mouvement spontané de l'âme, naturellement éprise d beauté morale. « On dit d’un homme : « Cest une belle âme, « lorsque, chez lui, le sens moral a fini par s'assurer de tousde « mouvements intérieurs, au point de pouvoir abandonner san crainte la direction dé la volonté à la sensibilité, et den Jamais courir le risque de se trouver en, désaccord avéede « décisions de celle-ci. 11 s'ensuit que, dans une belle âme, cen sont pas telles ou telles actions en particulier, c’est le: Carat «tère tout entier qui est moral. Aussi ne peut-on lui fair « mérite d'aucune de ces actions, parce que la satisfaction ( u « instinct ne saurait être méritoire. » De même que la g est l'expression d'une belle âme qui.se plie sans effort au gènces de la loi morale, de même la dignité est le caractère. esprit que nulle pensée basse ne saurait atteindre. Unies un même être et harmonieusement-fondues ensemble, ellese tituent la vraie moralité et la noblesse intellectuelle. Le traité De la Grâce et de la Dignité expose les principe morale esthétique appliqués à l'individu. Dans les Lettres sur cation esthétique de l’'homme?, Schiller développe sa thé l'appliquant à la communauté. Le sentiment du beau, conciliant les penchants contraires, porte l’harmonie au l'âme humaine, apaise également, par ? a

2. Ueber die ästhetische Ersiehung des Menschen, in einer Reihe von | ! de 1795 à 1797. Sur la fondation de cette revue, voir la Correspondance

ments de Hoffmeister, au 4° vol.

le son influence a de chimérique. Schiller lui-même termine -

dernière lettre Par un aveu, qui est presque une réfutation de qui précède. « Où trouverons-nous, » dit-il, « l'État esthétique? oute âme délicate et bien ordonnée l'appelle de ses vœux. En uit, il n'existe peut-être, comme l'Église pure, comme la Répuliqué pure, que dans quelques cercles choisis. » Mais si la orie de Schiller était sans grande portée politique, elle impliäbdu moins une haute idée de l’art et de sa mission sociale. issavec ton siècle, » dit-il en s'adressant au jeune poète, ais ne sois pas sa créature. Donne à tes contemporains, non

quils sont disposés à louér, mais ce qui leur est nécessaire, /

hasse de leurs plaisirs le caprice, la frivolité, la rudesse, et iles banniras insensiblement de leurs actions, et enfin de urs sentiments. Environne-les de formes grandes, nobles, Sénieuses, et multiplie autour d'eux les symboles du parfait, Squà ce que l'apparence triomphe de la réalité, et l’art de nature t. »

ccord'intime entre les facultés de l'âme humaine, accord de mme avec la nature et avec la société : telles étaient les idées le poète philosophe se plaisait à reprendre sans cesse, à roduire sous mille formes et à développer en tous sens. Après \Woir exposées théoriquement, il voulut les appliquer à l'his- > des littératures : ce fut l’objet du beau traité De la Poésie ,/ eet de lu Poësie de sentiment ?.

hiller cherche d’abord à se rendre compte du genre d'intérêt NOUS attire: vers ce qui est primitif. Le naturel, dit-il, nous * edenla surprise, parce que nous ne vivons plus dans la me Le retour à la nature nous frappe comme naïveté : « La iveté est une ingénuité enfantine qui se rencontre là où l'on “attend plus à la trouver. » Les anciens nous semblent 5; ils ne l’étaient pas pour eux-mêmes; ils auraient cessé être, s'ils avaient eu conscience de leur naïveté. Ils ne sen-

if pas le prix du naturel, parce que le naturel, pour eux, ibart même. « Les anciens sentaient naturellement; nous “ 1OnS le naturel. Le sentiment qui remplissait l'âme d'Homère, # Squil peignait son « divin bouvier » donnant l'hospitalité à 'sse, était certainement fort différent de celui qui agitait

su, À Pi

‘ouvième lettre.

'eber naive und séntimentalische Dichtung, dans Les Heures de 1795 ct 1726. ir V. Basch, Za Poétique de Schiller, Paris, 1911.

aër

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