‹ Histoire de la littérature allemandeChapitre 234 sur 534 · XX · texte numérisé non relu

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456 LA LITTÉRATURE GLASSIQUE, = ; TE és : VE «l'âme du jeune Werther, lorsqu'au sortir d'une réun « l'avait ennuyé il lisait l'Odyssée, Le sentiment que nous éprol « vons pour la nature ressemble à celui du malade pour las | Quand la nature ne se rencontre plus dans la vie, l'hom cherche dans la poésie; alors commence le rôle de la poés sentiment. Le poète ancien se borne à peindre les objets, Le qu'ils se présentent à lui; «il disparaît derrière son œuvr « comme la divinité se cache derrière l'édifice de l'univers. » | poète moderne, au contraire, transporte dans la nature les sè timents de son âme, et substitue à la réalité ses conceptio idéales. Des poètes naïfs « apparaissent encore par intervalle «comme des étrangers qui étonnent, où comme des enfants | «la nature dont la rudesse scandalise; mais ils ne font pas fo «tune auprès de leurs contemporains. » Le but de l'art moder sera-t-il donc un simple retour à la naïveté antique ? Non, répo Schiller, l’art moderne, s’il voulait revenir en arrière, ne F verait plus les fraîches inspirations de l'enfance du mond perdrait les avantages que donne le spectacle d'uñe Givili complexe. La vraie poésie est faite d'un heureux mélang réalité et d'idéal: elle répugne également à deux genres qui la feraient tomber l’un dans l’idéalisme-creux, l’autre: le réalisme vulgaire. <s 10 Une telle conclusion devait plaire à Gœthe. On voit, du par mainte allusion, que Schiller pensait à Gœthe en son traité. Il le désigne, dans un passage, comme « celui d « les poètes modernes qui s’écarte.le moins de la-réalité « des choses ». La publication des Heures, en 1795, amenaen eux un rapprochement définitif, fondé à la fois sur l'amitié p sonnelle et sur l'association des plus nobles intérêts: Ils CL ensemble, en 1796, une longue suite d'épigrammes sous distiques, les Xénies, « renards à la queue enflammée, lancé «les champs des Philistins », qui leur attirèrent de vives Ti} mais qui leur assurèrent l'empire de la littérature 1, L’ann: vante, qui a été appelée l'Année des ballades, ils compos

1. L'idée en était empruntée au poète latin Martial. Une zénie étal que, chez les anciens, on offrait à ses invités, comme gage d'hospitaliéé € accueil. Les Xénies de Gœthe et de Schiller étaient comme un banquet auquel ils conviaient les célébrités, grandes et petites, du monde 6 Éditions de Boas (Gæthe und Schiller ‘im Xenienkampf, 2 vol, Stu .Tubingue, 1851) et de Erich Schmidt et B. Suphan (Xenien 1796, nach schriften des Gœthe- und Schiller-Archivs, Weimar, 1898. LA

é s sujets souvent discutés en commun, la plupart de ces petits èmes où une pensée philosophique se dégage, sans effort et ins nulle prétention didactique, d’un récit simple et bien Fdonné.

Le Chant de La Cloche, terminé en 1799, n’est lui-même qu’une rte de ballade agrandie, prenant les proportions d'une épopée rique. C’est, au point de vué de la forme, le plus parfait des üvrages de Schiller. « Je ne connais dans aucune langue, » dit un à ses admirateurs, « un poème qui, dans un aussi petit espace, Ouvre un aussi vaste horizon, et qui parcoure d’un élan à la fois aussi rapide et aussi aisé toute l'échelle des sentiments de l'âme. Cest la vie entière avec ses époques marquantes, renfermée dans une épopée dont la nature même à fourni le cadre et tracé les limites!, »

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