HISTORIENS ET VOYAGEURS
éléments constitutifs de l’historiographie; leur suite logique ; leur Ordre de succession dans la littérature. — 1. Schlæzer; agrandissement du cadre de l’histoire générale. — 2. Jean de Müller; son Style; son caractère ; son érudition. — 3. Les successeurs de Schlæzer à l’université de Gættingue ; Eichhorn, Spittler, Heeren. La Guerre de Sept Ans d’Archenholz. — 4. Les deux Forster et leurs voyages; le rôle politique de George Forster. Seume et sa Promenade à Syracuse.
Mhistoire, telle que nous la comprenons aüjoürd'hui, est uñë we multiple, à la fois scientifique et littéraire. Elle comprend bord une étude critique des sources; elle compare les docunts dont elle dispose, et elle les classe d'après le degré de ifiance qu'ils méritent. Elle recueille ensuite les faits que, Mlafoi des témoignages, elle a reconnus comme vrais; elle blit leur succession, leur enchaînement. Enfin, comme derreules faits il y a des hommes, c’est-à-dire des agents libres, »Sapplique à faire revivre le passé par la peinture des mœurs des caractères. C’est ici que l'imagination entre en jeu : ulté dangereuse, qui dénature l’œuvre de l'historien lorsqu'elle fait voir le passé à travers le présent, mais qui la complète et vivifie lorsqu'elle lui représente les hommes d'autrefois dans cadre naturel de leur civilisation !. Examen critique des docunis, classement systématique des faits, exposition littéraire, est l’ordre logique dans lequel se succèdent les différentes ties du travail historique. Chose étrange, c’est plutôt dans
tn; die ich zu schildern habe, môglichst gegenwärtig zu sein, sie zu
hauen, »
Jean de Müller dit, dans un de ses opuscules : « Mein Hauptwerk ist, alleh :
L'Allemagne avait eu, vers la fin du meTPE, âge et au temp
“en. indiquait la cause : « Nos bases esprits sont rarem
- avait été précepteur à Stockholm et à Pétersbourg. So
“LA LITTÉ
l'ordre inversé qu elles se sont produites dans le lit
Renaissance, des chroniqueurs qui, sans avoir de grands. pules d’exactitude, savaient plaire par le charme naïf de récits. Elle a connu, au xvuie siècle, la forme littéraire forme philosophique de l’histoire. Mais elle attendra jusqu siècle suivant la science historique proprement dite, appuyée. toutes les sciences auxiliaires qui lui servent. de garantie, dédaignant pas néanmoins les qualités du style. |
À À. — SCHLOEZER.
Lessing de en 1760, dans les Lee sur la a 6
«savants, et nos savants sont rarement des beaux esprit « là ne veulent en aucune facon lire, consülter, s'orienter; «ils ne veulent en aucune façon travailler. Ceux-ci ne ve « faire que cela. Ce qu manque à ceux-là, ce sont les « riaux; ce qui manque à ceux-ci, c’est l’art de mettrelle riaux en œuvre. En atiCR ds et à un Née de vue ce
« Tacites à venir. » Parmi ces utiles auxiliaires do Lessing, qui apportent modestement leur pierre à eo -Louis Schlæzer mérite une mention spéciale. qu'un manœuvre, il a quelques-unes des qualités de D IL enseigna Phitoiros pendant près de quarante*ans (E pi à l’université de Gœttingue, et il forma de nombreux d
dont le plus illustre fut Jean de Müller. Dans sage
ouvrage fut un Essai sur l'histoire du commerce (115 dois. Il rapporta de Russie une Histoire générale du Nord: ainsi tout préparé pour son Plan d'histoire universelle, nouveau à bien des égardst, Schlæzer, Pun des P!
À, Allgemeine nordische Geschichte, ? vol., Halle, 170 > Vorstell
ait entrer dans le cadre de l’histoire générale le -Nord andinave et russe, et il le connaissait mieux que ses prédé- Sseurs n'avaient pu le connaître. De plus, il avait vraiment Sprit généralisateur; il savait sacrifier le détail à l’ensemble. me se bornait pas à mener parallèlement l’histoire des diffé. nits États; il classait les événements dans une seule série conue, « où chaque peuple figurait à son tour, d’après son rapport avec les transformations générales de l'humanité ». Il est vrai à sa vaste érudition se mêlaient quelques étroitesses de vue, leques préventions personnelles. Le progrès, pour lui, consis” & surtout dans l'accroissement de la richesse matérielle; il
üt peu de goût pour les arts; il aimait les grandes aggloméra-
ns; les vastes États. De là son dédain pour les anciennes ubliques srecques, Ces « répulliquettes où le pillage et l’assasinat étaient à l’ordre du jour », Dans la guerre de l’Indépenice américaine, il fut partisan de l'Angleterre. Mais ce qui (2 surtout à ses @uvrages, c’est le style, et il s’en rendait nple. « Quand vous vous efforcez, » dit-il dans une lettre à n.de Müller, « de défendre mon style devant les connaisseurs, elaMait sur moi le même effet que si vous vouliez faire une eauté d’une jeune fille qui est laide, et qui le sait, et qui s’en onsole. Dieu sait que je n'ai Jamais eu la prétention d’être mstyliste; je ne sais pas ce que c'est que le style, et j'écris omme je parle 4, » Voltaire aussi écrivait comme il parlait, SAl parlait bien.