‹ Histoire de la littérature allemandeChapitre 26 sur 534 · LE POÈME DES « NIBELUNGEN · texte numérisé non relu

LE POÈME DES « NIBELUNGEN

Le poème des Nibelungen embrasse dans son vaste cadre toute la Germanie des temps héroïques. On y voit paraître d’abord, au premier rang, quelques-unes des nations qui ont le plus contribué au mouvement de l'invasion : les Huns, que la poésie confond avec les peuples de race germanique; les Goths, avec leur ro Théodorie et son compagnon Hildebrant, que nous connaissons déjà par un ancien fragment épique; les Burgondes, avec leurs trois chefs, trois frères, dont l’aîné est Gunther; les Francs

S, enfin. avec leur jeune roi Sifrit. D’autres nations figurent \ ; J

l'arrière-plan, soit comme ennemies des Burgondes, soit comme vassales du roi des Huns, et agrandissent la scène. C’est à peine si l’on peut compter quelques tribus germaniques qui ne soient mentionnées à leur tour et à qui le poème n’accorde au moins un souvenir. Mais la place d'honneur appartient aux Francs; ils ont le privilège de fournir le héros principal. La poésie est d'accord avec l’histoire quant au rôle éminent qu’elle attribue aux Francs à l’origine de la civilisation moderne. On a vu le moiné Otfrid les mettre hardiment à côté des Grecs et des Romains; de même, le poème des Nibelungen leur décerne, dans le groupe des nations germaniques, le prix de la vaillance et de l’héroïsmei.

1. Rapports historiques du poème des Nibelungen. — La poésie héroïque, quel que soit la diversité de ses développements, et quoiqu'elle puise largement dans le mythe, se fonde toujours, à l'origine, sur une tradition historique. Attila @ Théodoric sont suffisamment connus par l’histoire. Gunther fait penser à Gundi carius, roi des Burgondes, qui, au dire de Prosper d'Aquitaine, fut anéanti avet toute sa nation par les Huns: « Illum Chunni cum populo suo ac stirpe deleverun a — Voir également les relations de Cassiodore et de Paul Diacre, citées par W. Gri (Deutsche Heldensage, 10).— On a voulu retrouver Sifrit dans l'histoire des guerr! entre les Francs d'Austrasie et de Neustrie : c'est une hypothèse à peu prè abandonnée. Les Francs, dans le poème des Wibelungen, habitent encore près de: embouchures du Rhin; les origines historiques du personnage de Sifrit remonten par conséquent à une époque où nul document certain ne nous permet d'atteindri

Manuscrits et éditions. — La première édition complète des Mibelungen fut cell de Myller (Berlin, 1783); elle forme le commencement de sa collection de poésie) allemandes du moyen âge. Bodmer avait déjà publié, en 1957, la seconde partie. di poème, sous le titre de la Vengeance de Krimhalde. Les éditions critiques, les seule qui puissent servir encore aujourd'hui, datent du commencement du xix° siè le Il n'entre pas dans notre plan de passer en revue toutes les théories qui ont 6% émises sur la composition des Mibelungen. Qu'il nous suffise de dire que les mel leurs manuscrits peuvent se ramener à deux formes principales de la légend épique. L'une, plus courte, et probablement plus ancienne, est surtout représenté

Von der Hagen (Breslau, 1816; 3° édition, plus complète, Breslau, 1820) ct d

SON AS RER PS PS RSS ET RE MN er Re: \ ie +3 | .POÈMES LÉROÏQUES. 27

4 Les aventures rassemblées dans le poème sont reliées entre elles par l'histoire du Trésor, qui passe de main en main et pérte malheur à tous ceux qui le possèdent. D’après un usage des

Bartsch (Leipzig, 1866). Elle porte à la fin ces mots : « Ceci est la Détrosse des Nibelungen (daz ist der Nibelunge nôt) », conclusion qui ne s'applique, en réalité, qu'à la dernière partie. L'autre forme du poème, représentée par le manuscrit de Lassberg (ou manuscrit C), et reproduite dans les éditions de Lassberg (Saint- Gall et Constance, 1846), de Von der Hagen (Berlin, 1842) et de Zarncke (Leipzig, 1856), paraît être une tentative pour faire disparaître les inégalités de Ja première rédaction, et pour ramener le tout à un plan uniforme. Cà et là se trahit aussi Pintention de mettre la vieille légende héroïque en harmonie avec les idées chréiennes et chevaleresques. Le dernier vers est ainsi modifié : « Ceci est la Chanscn des Nibelungen (daz ist der Nibelunge liet) », titre qui peut embrasser en effet toute la suite des aventures dont les Nibelungen sont les héros.

… Un manuscrit d'une écriture très négligée, qui se trouve aujourd'hui à la Bibliothèque de Munich, contient un texte encore plus succinct que celui de Saint-Gall. Eachmann a jugé que ce texte, en raison de sa brièveté même, devait être le Plus ancien. La conclusion était spécieuse; elle n’est pas rigoureusement vraie, Que la tradition héroïque, en se transmettant d'âge en âge, se soit développée et amplifiée, cela paraît hors de doute; mais il ne s'ensuit pas que, des trois rédactions, la plus courte soit nécessairement la plus ancienne: il faut encore que les passages que l'on considère comme des additions, comme des superfétations du texte primitif, dénotent par leur contenu même une origine postérieure.

“Le manuscrit de Munich (ou manuscrit A) sert de base aux différentes éditions de Lachmann (Der Nibelunge Not und die Klage, nach der ältesten Ueberlieferung, mit Bezeichnung des Unechten und mit den Abweichungen der gemeinen Lesart,

Berlin, 1826 ; 5° édit., 1878). Lachmann a même essayé, par un effort d'imagina--

tion, de reconstituer les anciens chants, au nombre de vingt, qui forment, selon lui, le noyau primitif du poème, Ses théories ont été combattues par Holtzmann (Untersuchungen über das Nibelungenlied, Stuttgart, 1854), qui regarde le texte de Lassberg (celui du manuscrit C) comme le plus ancien, et le poème entier comme œuvre personnelle d'un seul et même écrivain. Holtzmann a trouvé à son tour un contradicteur dans K. Müllenhoff (Zur Geschichte der Nibelunge Not, Brunswick, 1855). La réplique de dla parut la même année (Kampf um der Nibelunge Hort, gegen Lachmanns Nachtreter, Stuttgart, 1855). Voir enfin : Zarncke, Zur Nibeungenfrage, ein Vortrag, Leipzig, 1856, et Beiträge zur Erklärung und zur Geschichte des Nibelungentiedes (dans les Berichte der K. Sächs. Gesellschaft der Wissenschaften, au 8° vol.), Leipzig, 1856; — et, H. Lichtenberger, Le poème et la légende des Nibelungen, Paris, 1891. ,

L'auteur. — Parmi les auteurs à qui l'on a attribué tour à tour le poème des Mibelungen, c'est le seigneur de Kürenberg qui a aujourd’hui le plus de partisans. Jn.le croit originaire de la Haute-Autriche ; mais on ne peut même déterminer avec récision l'époque où ila vécu (voir surtout Pfeiffer, Der Dichter des Nibelungenièdes, dans Freie Forschung, Vienne, 1867). Le manuscrit dit « de Manesse », vaste

Nibelungen : c'est principalement cette analogie qui lui a valu l'honneur d’être éféré à Henri d'Ofterdingen, dont l'existence même est incertaine.

Versification. — La première forme du poème des Nibelungen a dû être celle de itération. On peut même considérer le vers qui est resté la forme définitive du Ême comme un développement naturel de l’ancien vers allitérant. Généralement, vers allitérants sont reliés ensemble par le sens et par le rythme, et forment

. Mais, bour donner plus de mouvement à la phrase, et pour faciliter la césure,

bo ne succession de huit syllabes accentuées, entrecoupées d’un nombre inégal esyllabes sans accent. Le poème des Nibelungen réunit deux vers allitérants en un

we

eueil de poésies lyriques, contient quinze strophes de lui, semblables aux strophes ‘

- portés comme butin de guerre. Ces trésors, qu'ils montraient

. sorte de repos, que dans le dernier vers de la strophe.

chacun, coupés par une césure au milieu, et rimés deux par deux. Le dernier vers”

temps Dares à qui s ‘était trans à opte féodale, ls .

et les rois conservaient dans une salle de leur manoir ie armes. de prix, des vêtements d’apparat, des ustensiles et des ornements de toutes sortes, qu'ils avaient hérités de leurs ancêtres ou rap

avec orgueil, éxcitaient la convoitise de leurs-ennemis, et devenaient fréquemment une cause de discorde dans les familles: puissantes. L'histoire des rois mérovingiens est pleine d'aventures, sanglantes où la cupidité joue un-aussi grand rôle que l'esprit des conquête. Sifrit possède un trésor d’une richésse incalculable, qu’il a ravi à deux rois du Nord, appelés les Nibelungen !. Il s'en: sert pour attacher à son service les meïlleurs chevaliers et pour, paraître avec honneur dans les fêtes et les tournois. Il attire le: s regards non moins par sa magnificence que par la renommée de! ses hauts faits. La vaillance et l’éclat, telles sont les deux qualités’ que le poème prête à son héros dès le début; il y ajoute quelques. traits qui appartiennent plus spécialement à [’ idéal chevaleresque :* l’art de plaire aux dames, la distinction des manières, la fine” courtoisie. À

. Dans le Niderlant grandissait le fils d’un noble roi — (son père se nom: mait Sigemunt, sa mère Sigelint), — dans un château très fort et conn au loin, — sur le cours inférieur du Rhin; ce château s’appelait Sante

Le vaillant guerrier se nommait Sifrit. — Il visita maint royaume, grâce à son indomptable énergie, — et la vigueur de son bras le con“ duisit dans les pays lointains. — Que de bons guerriers il rencontra plus tard chez les Burgondes ! Mais, dès son premier temps, dès les jours de sa jeunesse, —-0 pourrait raconter de lui des merveilles. — Il était beau de corps, et d noble apparence; — et plus tard il se fit aimer des dames. D.

On l’éleva avec le soin qui convenait à sa naissance; — mais il tir ses meilleures qualités de son propre cœur.-— Le royaume de son pèrè. fut illustré par lui, — tant il se montra accompli en toutes choses. #

il supprime le quatrième et le huitième accent. Celui-ci ne subsiste, comme unël La strophe des Nibelungen se compose ainsi de quatre vers de Six accents

seul a un accent de plus au second hémistiche. sa Traductions. — Le poème des Vibelungen a été traduit en allemand moderne, dan Se la forme de l'original, par Simrock (58° éd., Stuttgart, 1906); en français pañ E. de Laveleye (Paris et Bruxelles, 1861) et par J. Firmery (Paris, 1909). “1 1. Le trésor s'appelle le Nibelungenhort; il se trouve dans le Nibelungenlantow, « Pays des Ténèbres ». Les deux rois sont les Wibelungen, ot la même désignas tion passe ensuite, comme un titre honorifique, à tous les possesseurs Qu so à Sifrit, aux rois burgondes. |

… Déjà il avait atteint l’âge d’aller à la cour. — Chacun aimait à l'y voir ; les dames et les Jeunes filles — auraient souhaité de l’y voir toujours. — Plusieurs d’entre elles lui voulaient du bien, et le jeune seigneur s’en apercevait.

Une escorte l’accompagnait, quand il chevauchait autour du chàteau. — Il était vêtu de belles étoffes, par les soins de Sigemunt et de Sigelint. — De sages maîtres l’instruisaient, l’élevaient dans les bonnes mœurs. — Îlse préparait ainsi à devenir puissant et riche.

Lorsqu'il fut d’âge à porter les armes, — on lui donna un équipement complet. — Alors il songea aussi à rechercher les dames, — qui, de leur côté, s’honoraïent de lui plaire.

Et voilà que Sigemunt fit savoir à ses vassaux — qu’il donnait une grande fête à ses amis. — La nouvelle en fut portée dans les royaumes voisins. — Le roi promettait à chaque invité, homme du pays ou étranger, un vêtement et un coursier.

Savait-on quelque part un noble jeune homme — qui, selon la loi

de son rang, devait être fait chevalier, — on l’invitait à prendre part à la fête. — Lt tous prirent ensuite l’épée avec le jeune roi. On pourrait dire merveilles de cette fête, — Sigemunt et Sigelint furent comblés d’éloges — pour leur générosité; ils firent de grandes largesses. — Aussi l’on vit arriver chez eux beaucoup de chevaliers Strangers.

Quatre cents jeunes guerriers devaient prendre l’habit de chevalier = en même temps que Sifrit. Les jeunes filles — étaient infatigables Wl'ouvrage; car elles étaient favorables au jeune prince. — Et elles nchâssaient les pierres précieuses dans or

Qu’elles travaillaient en broderie sur les vêtements — des jeunes et iers guerriers. 1

Sifrit annonce d'abord l'intention de se rendre à Worms. Là égnait le roi Gunther avec ses deux frères Gernot et Giselher 2,

1, « Dô wuohs in Niderlanden eins edelen küneges kint, « des vater der hiez Sigemunt, sin muoter Sigelint, « in einer rîchen bürge, witen wol bekant,

nidene bî dem Rine : diu was ze Santen genant.

« Sivrit was geheizen der snelle degen guot.

« er versuochte vil der riche durch ellenthaften muot. « durh sînes libes sterke er reit in menegiu lant.

« hei waz er sneller degene sît zen Burgonden vant!

« In sînen besten zîten, bî sînen jungen tagen,

« man môühte michel wunder von Sivride sagen,

4 « waz êren an im wüehse und wie scœne was sin lip.

#$ « sit heten in ze minne diu vil wætlichen WiÎp.….. »

2 (IIS Aventure, str. 20 et suiv., éd. de K. Bartsch.)

2: Dans le poème sur Walther d'Aquitaine, dont il a été question plus haut, unther figure comme roi des Francs; sa résidence est à Worms, comme dans les belungen, et les Burgondes sont établis à Chalon-sur-Saône. On sait que les igrations des Burgondes furent dirigées du nord au midi, le long du Rhin et de aône. Le Waltharius se rapporte par conséquent à une tradition plus récenre

Parmi les chevaliers de leur suite, on remarquait surtout Hage fort, insolent et rusé, et le ot Volker, « aussi hardi vielleu « que vaillant guerrier ». Sifrit a ‘entendu parler de la belle Krimhilt, sœur du roi. On lui a dit aussi qu'elle repoussait tous les pré tendants : cela suffit pour qu'il la désire. À son père, qui cherché à le détourner de son entreprise, il répond : « Que craindrais-je ? « Ce que je n’obtiendrai pas du roi par amitié, je pourrai bien le: « conquérir par la force de mon bras. » Il part avec douze che=

valiers, se met au service du roi Gunther, et lui assure la victoiré dans une guerre contre les Saxons et les Danois. A l’occasion des fêtes données pour le retour de l’armée, Krimhilt paraît pour la: première fois à la cour. Elle sort de son appartement, avec soil cortège de femmes, « cent et même plus », splendidement vêtuess cent guerriers, l'épée à la main, marchent derrière elle. F.

Comme la lune surpasse les étoiles — quand sa lumière sort ress p'endissante des nuâges, — ainsi Krimhilt surpassait les autres jeunes illes : — et ce spectacle élevait l’âme des héros. 5

On voyait marcher devant elles de riches camériers. — Les hardis gucrriers se pressaient ën foule —*pour voir son gracieux te me. Mais Sifrit était pénétré à la fois d'inquiétude et de joie. à Car il pensait en lui-même : « Comment ai-je pu — rechercher ‘son! « amour? Cest une illusion d’enfant que je me fais. — Et pourtant, s il « fallait m’éloigner d'ici, il me serait plus doux d’être frappé à mort. ñ — Et ces pensées le faisaient tour à tour pâlir et rougir.

Le fils de Sigemunt attirait tous les regards, — comme s’il avait été peint sur parchemin — par la main d’un maître habile; et {tous recon-

naissaient — que jamais on n’avait vu un si beau chevalier: | 5 Ceux qui accompagnaient les dames leur firent un chemin — au milieu des guerriers, qui se retiraient devant elles. — On admirait la

mine hautaine des guerriers; — on regardait le visage des dames, où

la beauté s’unissait à la noblesse. | Alors Gernot, le chef des Burgondes, dit: — « Celui qui vous a Si

« généreusement offert ses services, — payez-le de retour, Ô mon cher « frère Gunther, — devant tous ces chevaliers: je ne our jamais de « ce conseil. :

« Faites avancer Sifrit vers ma sœur, — afin qu’elle le salue : ce « sera un bonheur pour nous. — Celle par qui jamais guerrier ne ful « salué, qu’elle lui donne la bienvenue, — afin que cette vaillante ép « nous soil acquise. » | Les parents du roi allerent trouver le héros, — et ils parlèrent ain! au chevalier du Niderlant : — « Le roi vous invite à sa Cour ; — | « veut que sa sœur vous salue; il veut vous fairecet honneur. »

que l'âge relatif des traditions ne préjuge en ricn ob due où elles ont été. raid par écrit et consignécs dans des poèmes.

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J à Sifrit fut heureux de ce message : — la joie et l’amour emplissaient Son cœur, — à läâ pensée quil allait voir la belle Krimhilt. — Elle le Salua avec une noblesse pleine de grâce. * -

"Quand la jeune fille vit Sifrit devant elle, — une flamme colora ses joues. Elle lui dit : — « Soyez le bienvenu, bon et noble seigneur! » — Et ces paroles élevèrent l’âme du héros.

“11 s'inclina courtoisement, et elle lui offrit la main, — (était un beau spectacle de voir le guerrier à côté de la jeune fille. — Ils se legardaient avec amitié, — mais discrètement et à la dérobée.

Si en ce moment une blanche main fut pressée — avec tendresse, je Pignore; — mais je ne puis croire qu’il-n’en fût pas ainsi, — car Sifrit voyait que Krimhilt lui voulait du bien.

-Nien la saison d’été ni aux jours de mai — Sifrit ne sentit en son âme — une joie aussi vive qu’en ce moment, — où il se voyait si près de la jeune fille qu’il désirait avoir pour amie 1.

Pour devenir l'époux de Krimhilt, il faut que Sifrit assiste le roi Gunther dans une nouvelle entreprise, plus périlleuse que l’autre:

Il était une reine qui habitait au delà des mers; — on ne voyait iulle part sa pareille. — Elle était merveilleusement belle, et très zrande était sa force. — Elle luttait au javelot avec les forts guerriers qui demandaient son amour.

“Elle jetait au loin un rocher, et, derrière le rocher, elle sautait à ine grande distance. — Quiconque désirait son amour devait, sans aillir, — vaincre en ces trois exercices la dame de haute naissance : s'il échouait en un seul, il payait sa défaite de sa tête 2.

” « Sam der liehte mâne vor den sternen stât,

« des scîn so lûterliche ab den wolken gât, % « dem stuont si nu geliche vor maneger frouwen guot. « des wart dà wol gehœhet den zieren heleden der muot,

« Die rîichen kamerære sah man vor in gân.

ki « die hôhgemuoten degene die'n wolden daz niht lân, F « sine drungen dà sie sâähen die minneclichen meit. « Sivride dem herren wart beide lieb unde leit.

« Er dûhte in sînem muote : wie kunde daz ergân,

« daz ich dich minnen solde? daz ist ein tumber wân.

« sol aber ich dich vremeden, sô wære ich sanfter tôt.

« er wart von den gedanken vil dicke bleich unde rôt.….. » ù (V° Aventure, str. 283 et suiv.) is

« Ez was ein küneginne gesezzen über sé :

« ir geliche enheine man wesse ninder mé.

« diu was unmâzen scœne, vil michel was ir kraft.

« siu scôz mit snellen degenen umbe minne den scaft.

« Den stein warf siu verre, dar nâch siu wîten spranc, 2 « swer ir minne gerte, der muose âne wane à « driu spil an gewinnen der frouwen wol geborn : s gebrast im an dem einem, er Hiete daz houbet sin verlorn. »

(Str, 326-327.)

« baiser de bienvenue... Nombre de héros fameux se plaisaient

«il lui prit au doigt un anneau d’or, sans qu'elle s’en aperct

7 motifs de ressentiment, et sa conduite pendant le festin s'explique mal. C’est u

Le caractère de Brunhilt, reine d'Islande, est, de toutes parties de la tradition épique, celle qui a été le moins bie assimilée à la forme chevaleresque du sujet. Le poème l’appellt bee « une Le de haute naissance »; ; mais elle n'a rien ie

Sifrit, qui se tient à côté de lui, couvert d'un fur = Re invisible t. L'expédition revient à Worms, et toute la cour se rend aux bords du Rhin, pour recevoir la nouvelle reine. « Ave « beaucoup de grâce, cn Krimbhilt s’avança pour recevoir dk

- « Brunhilt et sa suite. De leurs belles mains, on les vit écarter

« les tresses qui ornaient leur front, quand elles échangèrent |

« à les contempler. ceux qui savaient apprécier la beauté

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