L'ALLEMAGNE AU COMMENCEMENT DU XIX® SIÈCLE
blesse prit modèle sur le roi; et la bourgeoisie suivit bientôt noblesse. Les « droits imprescriptibles de la passion » furent atiqués par la société berlinoise avant d’être érigés en principe r les romantiques, et il s’introduisit un libertinage d’un genre rticulier, mêlé de candeur hypocrite et de prétentions ver- ‘uses. Le gouvernement de Frédéric-Guillaume II est caracisé par deux édits qui furent publiés la même année (1788), dit de religion et lédit de censure; l’un proscrivait tout ensei- : ement hétérodoxe, toute doctrine déiste ou rationaliste ; l’autre umettait la philosophie et la science à la dictature d'un comité surveillance. Aussi Superstitieux que libertin, le roi s'était lié à la confrérie des rose-croix. Dans une salle retirée du eau, on évoquait des esprits, à qui un ventriloque illuminé tait sa voix. Une commission, choisie parmi les membres de Société des sciences naturelles, fut chargée, en 1797, de ifier les apparitions qui avaient lieu, disait-on, au château de el, appartenant à la famille de Humboldt 1. On crut revoir Si la Dame blanche qui, depuis deux siècles, se montrait temps en temps au château royal. Qu’aurait dit de tout cela déric 11? Frédéric-Guillaume n'avait qu'un avantage sur son lécesseur : il parlait allemand, et même correctement. Une ion se forma au sein de l’Académie des sciences pour aviser moyens de perfectionner la langue nationale. Elle fit réim- 1er le petit écrit que Leibniz avait autrefois publié sur cette
Stion; il est vrai qu'on erut devoir l'accompagner d'une tra-
10n française.
“édéric-Guillaume HIT, venant après Frédéric-Guillaume I,
» Louis XVI venant après Louis XV; le contraste est le
ne, Frédéric-Guillaume I (1797-1840) était un homme ver-
x, mais irrésolu, et pourtant jaloux de son autorité. Il chassa
ordiles favoris et les favorites de son père; énsuite il abolit . : de religion et l’édit de censure. Nicolaï écrivait, dès la pre-
€ année du nouveau règne : « Nous revenons à la vie: Le roi
autour de lui que des conseillers honnêtes et éclairés: il
Montre ferme quand il le faut, mais toujours plein de bonté
LA
vant la comtesse d'Ingenheim.
vait rien à envier à celle de
| pas plus devant elle qu'elle ne s'était retirée de I que la cour de Frédéric-Guillaume II n'a XV. L
@“fut l'occasion d'un article de Nicolaï, Beispiel einer Erscheinung |'er Phantasmen, auquel Gcœthe fait allusion dans la uit de Walpurgis. Voir te Scène entre Faust, Méphistophélès et le Proktophantasmist.
| 2 | Der. — ist. de la littér. allemande. | 18
die gi Ms > :
‘Ja police, à l'éditeur qui s’en était fait l'interprète, de n
la paix venue, ils voulaient jouir de leurs richesses,
«et de d
« qui lui ressembl
« simplicité dans tou « d'uné vie domestique comme on la trouve rarement dans «bourgeoisie et presque jamais sur le trône. » Nicolaïi ajouta «Que Dieu nous le conserve encore cinquante ans! » Et & vœu fut exaucé à quelques années près; Frédéric-Guillaume régna assez longtemps pour assister non seulement aux guer de l'Empire, où il faillit perdre sa couronne, mais encore réaction qui suivit et à la révolution de 1830. rte Les écrivains saluèrent son avénement, et une part de le hommages revenait naturellement à la jeune reine, la b Louise de Mecklembourg. Le comte Einsiedel disait, en st Le courtisan : « La reine est un idéal de‘beauté et de grâce « conquiert tous les cœurs, non pour elle-même, mais p offrir au roi. » Gleim leur adressä une fade chanson. La Jouange qui re fût pas banale dans l'expression venait du poète Novalis. Elle déplut au roi, qui fit dire, par le dire
imprimer à l'avenir de telles insanités (Unsinn) !. Ce qui na pas changé depuis le dernier règne, c'était le goût de la co on y avait des attentions particulières pour Kotzebue, se délectait aux romans de Lafontaine. Le seul mem famille royale qui fit exception était le prince Louis-Fe qui tomba plus tard au combat de Saalfeld, une des p victimes de la campagne de 1806. C'était un esprit déc une teinte romanesque. Il ne récevait pas les écrivains mais il les retrouvait dans les grandes maisons juives qu alors le rendez-vous du monde littéraire *: FAT