‹ Histoire de la littérature allemandeChapitre 274 sur 534 · LE MOUVEMENT PIILOSOPHIQUE DE KANT À HEGEL · texte numérisé non relu

LE MOUVEMENT PIILOSOPHIQUE DE KANT À HEGEL

rticle inséré dans le Journal philosophique ‘. Le gouvérnement axon voulut le ménager, lui infliger une simple réprimande : üimême demanda ou une condamnation formelle ou une justication éclatante, et il donna sa démission. Il se rendit à Berlin, ne s occupa pendant quelques années que de compléter son ystème, en l’appliquant à la morale, au droit, à la politique, à religion. Il venait d'être attaché à l'université d'Erlangen, qui épendait alors de la couronne de Prusse, quand la campagne ’léna, lui imposant d’autres devoirs, interrompit encore une fois on enseignement. Il suivit la famille royale à Kœnigsberg, et fut un des plus zélés dans le groupe des patriotes qui songèrent au elèvement de leur pays. Il prononcça, dans l'hiver de 1807 à 1808, Berlin, ses Discours à la nation allemande 2, où il s'exprime sur “ causes de l’abaissement de l'Allemagne et sur les moyens d'y emédier. Les causes, dit-il, sont intérieures; elles ne sont pas ans la supériorité de l'ennemi, mais dans le fléchissement du Rs aractère national, dans l’égoïsme des classes dirigeantes, dans , admiration aveugle et dans limitation inconsidérée de l'étranger.

uant'au remède, il est dans une éducation virile, qui retrempe s âmes et inspire l'esprit de sacrifice. La patrie, selon Fichte, es limmortalité de l’homme sur la terre. « Est-il un noble caractère qui ne désire contribuer, si peu que ce soit, par l’action oupar la pensée, à la perfectibilité indéfinie et ininterrompue de Sa race ? Quel est l’homme qui ne veuille Jeter dans les espaces du temps quelque chose de neuf et d'inusité, quelque chose qui s'y maintienne et devienne la source inépuisable de créations nouvelles? Qui ne désire payer sa place en ce monde et les courtes années qui lui sont dévolues, par quelque chose qui durera éternellement, même ici-bas? C'est ainsi qu'un simple Particulier pourra, si l’histoire ne garde pas son nom (car le désir dela gloire est une vanité méprisable), laisser cependant, dans “ä& Conscience et dans sa croyance, des monuments qui attestent UM passage sur la terre . Quel noble caractère ne voudrait la? Or, c’est uniquement au point de vue de ceux qui pensent

Ueber den. Grund unsers Glaubens an eine gôttliche Weltregierung, 1798.

Ê Reden an die deutsche Nation, Berlin, 1808; souvent réimprimé. — Traduction

açaise de L. Philippe, Paris, 1895. — A consulter : M. Lehmann, Fichte’s Reden Le preussische Censur (dans les Preussische Jahrbücher), Berlin, 1895.

- Die Ausländerei.

“S& conscience, comme Fichte le dit ailleurs, le rattache à la conscience uni-

selle ; Sa croyance fait de lui un membre du corps social,

«ainsi que lé monde doit être considéré : C rest pour Jéurs beso « qu'it doit être organisé; il n existe qué pour eux. De tels ca «tères sont ce que tous devraient être; ils sont le noyau L « l'univers. Les autres, ceux qui pensent autrement, ne sont qu «des parties du monde périssable; et, aussi longtemps qu'il « pensent ainsi, ils ne sont là que pour les premiers, et ils do « vent s’accommoder à leurs besoins, ie ce qu ils soil À « devenus semblables à eux !. »

Tandis qu'il traçait ainsi, du point de vue de sa philoso l'image de la patrie idéale, Fichte s ‘occupait de la réaliser par mesures pratiques. Il fut pendant deux ans recteur de la nouvl université de Berlin. Après la retraite des troupes française femme prit le typhus en soignant les soldats malades. Lui-m fut atteint par la contagion, et il mourut, où, comme ils *exprit il ie « guéri de ses MAUX », le.28 janvier 1814.

# reconnaissait aucune borne à la pensée et à l'activité humai Pour Kant, notre connaissance était une combinaison entré réalité exté rieure et les 1018 de notre entendement ; il adn e

-nous sie Notre savoir n'est, selon lui, qu ‘une ni L' ” derrière laquelle se cache l'éternel mystère. Pour Fichte, apparence est la réalité même, c'est le résultat de l’acti ‘sonnelle et Hit du moi. ti chose e en soi n "est vus is

ne PRPEe à mesure que lintinie virtualité qu moi se ré

« ee streuen zu unendiicher te ER V'ervol a n “« Geschlechts, etwas Neues und vorher nie Dagewesenes hineinwerf >] « Zeit, dass es in ihr bleibe und nie versiegende Quelle werde : neuer « fungen; seinen Platz auf dieser Erde und die ihm verliehene kur « Zeit bezahlen mit einem auch hienieden ewig Dauernden, so dass & x Einzélne, werin auch nicht genannt durch die Geschichte (denn — « Nachruhm ist eine verächtliche Eitelkeit), dennoch in Seinem eignen « und seinem Glauben offenbare Denkmale hinterlasse, dass auch er 2 | « sei? Welcher Edeldenkende will das nicht? sagte ich; aber nur ‘nach de « rissén der also Denkenden, als der Regel, wie alle sein-sollten, ist « betrachten urid einzurichten, und um üihrer Willen allein ist die W « sind der Kern derselben, und die anders Denkenden sind, als sell « Teil der vergänglichen Welt, so lange sie also denken, auch nur ‘« Willen da, und müssen sich nach ibnen bequemen, $0 lange, sie s sind wie nie, » (Aclite Rede!)

L: Je pense, donc je suis. Mais une pensée Herr à la rigueur, “concevoir comme impersonnelle : telle avait déjà été l'opinion “Kant. Fichte ajoute au principe de Descartes un élément de us, la personnalité, L'essence du moi, c’est d’avoir conscience lui-même; donc-il existe dès qu'il acquiert cette conscience; seproduit, il se crée lui-même; il devient sujet absolu. Mais ce premier fait en amène un second. Le moi ne peut se connaître qu'à la condition de poser en face de Jui quelque ose qui n’est pas lui. Par cela même que je dis moi, J'aflirme lily à un non-moi, Ce non-moi est formé de toutes les impresns que je reçois du dehors. Le moi, une fois qu'il à pris conience de lui-même, éprouve lé besoin de se déployer a tendre. Il rencontre alors une résistance au dehors de Jui : Sent limité, déterminé ; il suppose une cause à cette tion, et il ss réalise dans la notion des objets, Pour le sens mmun, la détermination du moi vient des objets mêmes: ; pour philosophe, elle n’est que le résultat d’une impulsion que le se donne pour étendre son empire sur les objets, pour réaemla somme des idées qu'il porte virtuellement en lui. La vie “Sujet pensant consiste ainsi dans un mouvement tour à tour atrifuge et centripète. Le moi sort de lui et revient à lui, mais revient toujours plus riche, plus puissant. Chaque opposition il rencontre augmente son énergie. À chaque partie de luime qu'il réalise, il sent en lui de nouveaux germes d'activité itendent à éclore. Le terme de son développement serait mpire incontesté de l'esprit sur la matière, de la raison sur la ture, ou, pour parler le langage de Fichte, l'identité du moi et non-moi. Cette identité, cette sypthéad absolue, Fichte la se, comme un idéal, Hegel ls donnera comme une réalité, moi idéal est personnifié en Dieu. Le moi divin est l'infini lisé: Le moi humain n’est que virtuellement ce que Dieu est Mement;-il est limité par le temps, il est donc fini. Mais son iité consiste à réaliser indéfiniment son contenu idéal, et à se idre ainsi de plus én plus semblable à Dieu. Le moi humain Ù pour ainsi dire, lé moi divin à l'état de devenir, mais ISque nous puissions assigner à ce, devenir aucun terme icis.

Fi distinction entre le moi fini et le moi infini est le fonde-

L2 CREQTL" 27, DE

ment de la philosophie morale et ere: den Fichte. L fini, la, personnalité humaine, trouve à côté d'elle d'autres sonnalités, ayant les mêmes droits et les mêmes devoirs; et liberté, c’est-à-dire la vie selon la raison, ne peut se concevc que comme l'union de tous les êtres raisonnables dans une mêr conscience : c’est l’ordre moral. La liberté ne peut être qu verselle, et, en ce sens, sa dernière expression est l'esprit sacrifice, l'intérêt particulier trouvant sa plus haute satisfacti

h A dans l'intérêt général. L'ordre moral personnifié, c’est Dieu.M: nous n'avons, selon Fichte, nul besoin de le personnifier ni de démontrer. Le personnifier, c’est le limiter, le former à. not image finie, en faire une idole. Le démontrer, c'est lefai dépendre do certitude en dehors de lui; or il est lui-mên

le principe de toute certitude; il est l'abboïou à

. … De toutes les objections qui ont été faites à la philosepilé Fichte, une seule lui a été sensible : l'accusation d’athéisme. pensait que tous ses écrits êtaient animés d’un profond sentime religieux, et, en cela, il ne faisait que se rendre justiceNu

2e part la croyance à un ordre supérieur n’est affirmée avecpl ” d'autorité et de conviction. L'appel au public, qu il joignit à défense, peut être comparé à l’Anti-Gæze de Lessing; on y trou la même dialectique serrée, avec plus d'abondance et de chalet L'idée dominante est que l’homme religieux est celui. qui co tribue à réaliser le règne de Dieu sur le : en mettant é.

avecune fosse particule Les créatures elles-mêmes “si « selon lui, notre ardent désir; elles gémissent d’être assu Des «ha vanité malgré elles, et éhes aspirent à leur délivrance,

«est un sentiment qu'on ne saurait étouffer. dans le « l'homme. Ce qu’on ne peut pas étouffer davantage, ce " « voix qui s'élève en lui et qui lui rappelle qu'il y a un devoi

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