‹ Histoire de la littérature allemandeChapitre 287 sur 534 · FRÉDÉRIC SCHLEGEL · texte numérisé non relu

FRÉDÉRIC SCHLEGEL

Frédéric Schlegel était une nature plus riche, mais moins s po dérée que son frère. C'était un littérateur doublé d'un | philos |

bien réussi à müûrir ses idées: Il raisonnait la-poésie, plus q né la sentait. Il ne considérait pas une œuvre d'art en elle-mêr mais il la subordonnait d’abord à un principe, et ses pr nement fs que sa Me. du moment. Il Li

forme tranchante d ses on Les théories a Schlegel développait dans ses conférences de Berlin et étaient en partie celles de son frère, dépouillées de £ avaient de trop paradoxal. Les deux Schlegel se ressem seul point : ils manquent d'invention, et Frédéric luien se disant esthéticien et philosophe, n a jamais su. pré théorie cempiète de l'art et de là poésie. Quant. à

: 1. Éditions. — Œuvres complètes, 12 vol., Leipzig, 1846-1847. Œuvrésf 8 vol., Leipzig, 1846. — Œuvres latines, Leipzig, 1848: = Un choix. ‘des œuvres dés deux frères à été donné par Oscar Walzel, avec une ublis im COoIeCtion : Heutscne WNationat-Litieratur, de Kürschner. — David-Frédéric Strauss, August Wilhelm Schlegel FGepAEmeisR Boon, 1876).

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à son apprentissage, que se déoida brusquement sa vocation ttéraire. Une lecture de l'Histoire de l’art dans l'antiquité de Vinckelmann fit sur lui une telle impression, qu'il se mit ussitôt à étudier les Grecs. De la sculpture et de l'architecture, passa à la littérature et à la philosophie. Platon et Sophocle lui uwvrirent, dit-il, un monde nouveau. Il se rendit à Dresde, pour isiter la galerie des antiques, et il s’y fixa pour quelques années. rest là qu'il écrivit son premier article important, Des Écoles de 0 poésie grecque!, qui n'était que le programme d’un grand üvrage qu'il rêvait, et qu'il ne termina jamais. Il voulait, en flet, être le Winckelmann de la littérature, faire pour le poète, our l'historien, pour le philosophe ce que Winckelmann avait ait pour le sculpteur et le peintre, leur montrer la voie du rand art, leur offrir un idéal. Mais tout lui manquait pour un 2] rôle, l'esprit de suite, la recherche patiente, sans parler du ens historique et du goût de l’impartialité. Il se passionnait pour me étude, aussi longtemps qu elle le piquait par un air de noueauté, mais il s’en détachait aussi vite. Il se montrait dès lors, ar une certaine rapidité de conception, un bon collaborateur le revue. Il commençait aussi à se faire une langue à lui, inéalé et heurtée, colorée et frappante par moments, un peu naniérée toujours, et visant à l'effet. Certains détails ressortaient ‘ans une vive lumière, même quand l’ensemble restait vague f'incohérent. Schiller, après avoir lu un autre de ses articles, ur les limites du beau?, écrivait à Kœærner : « Quelle confusion d'idées et quelle dureté de style! Il a des connaissances, de la | réflexion. Mais il n'arrive pas à voir clair dans sa pensée, ni par conséquent à l'exprimer facilement. Je crains que le talent de Décrivain ne lui manque tout à fait. » La plus complète des réductions de jeunesse de Frédéric Schlegel est un essai Sur 'Étude de la poésie grecque, composé en 1795, imprimé seulement leux ans après *. IL y établit un parallèle entre la poésie grecque

tla poésie moderne. Une histoire de la poésie grecque est, | ‘D

ne: Won den Schulen der griechischen Poesie : Berlinische Monatsschrift, 1194. frédéric Schlegel modifia plus tard ses essais de jeunesse avant de les insérer à ARMES œuvres, pour les mettre en harmonie avec ses opinions nouvelles.

2Ueber die Grenzen des Schünen, dans le Nouveau Mercure allemand de 1795.

8” Correspondance de Schiller avec Kærner ; 4 juillet 1795.

| 4 Avec deux autres articles, sous ce titre : Die Griechen und Riümer, Erster Jand le second volume ne parut jamais.

aie il, «comme une ‘histoire naturelle de la poésie en génér il semble qu'on assiste au développement d’un ‘être vivant, conscience de ses progrès, et sachant qu'il réalise un type modèle pour les temps à venir. Quant à lat poésie moderne, ell a toujours obéi à des théories, plutôt qu’à une impulsion nat

; relle. L'art grec, dans toutes ses manifestations, cherche le beau

l’art moderne, ce qui est « caractéristique, individuel, intéres « sant, piquant ». Schlegel multiplie les adjectifs; il pouvait s'e tenir à la simple formule dont Schiller s'était servi dans 80 traité De la Poésie naïve et de la Poésie de sentiment, où la mêm antithèse est présentée avec plus de netteté et appuyée sur de exemples. Schlegel prédit l'avènement d'un art nouveau, qu s'élèvera en Allemagne, et dont Gœthe et Schiller marquent seu lement l'aurore. Le moyen de hâter cette seconde Renaissance

” c'est l’étude et limitation de la Grèce, mais une imitation qu

imité tel ou tel ouvrage des anciens, mais c’est l'esprit g

, Sagement, en leur recommandant d'étudier les anciens avec

En somme, le jeune Frédéric Schlegel, tel qu'il nous à pe por n'est encore se disciple parfois infidèle de Sc

ne s'arrête pas à la superficie. Jusqu'ici, ajoute Schlegel, on.

c'est le pur hellénisme qu'il s’agit de reproduire. Herder déjà donné ce conseil à ses contemporains, mais en le mod

de l'historien, du philosophe, de l'artiste, et de ne pas seb les imiter. Le grand. travail où devaient se concentrer to études de Frédéric Schlegel sur l'antiquité resta à l'état d L'Histoire de la poésie des Grecs et des Romains, dont il com: la publication en 1798, n’alla pas au delà de la première

de s'approprier. Il y a des he qui se fon une poussant au paradoxe les idées des autres : Frédéric 5 était de ce nombre. | | É avait vingt-quatre ans, et il était en possession dt taine notoriété, lorsqu'il vint à Iéna, où il avait été précé é son frère aîné. « Le frère de Schlegel est ici, » écrit Sc

1. Geschickte der Poesie der Griechen und Rômer, Ersten Bandes este luny, Berlin, 1798.

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ethe Je 8 août 1796; « il fait très bonne impression et promet

beaucoup. » Il apportait un article qu’il destinait aux Heures, un rallèle etre Alexandre et César, que devait suivre un portrait graphique de Tiberius Gracchus. On vient de voir quelle était pinion de Schiller sur le jeune critique et sur son style dur: il Mreconnaissait un talent qui avait besoin d'être exercé et müûri, inétait encore qu'une promesse. L'insertion ne fut pas refusée, us différée. Frédéric Schlegel se fâcha; il écrivit, dans la revue utschlund qui se publiait à Berlin, une annonce de l’A/manach “Muses et une autre du dernier numéro des Heures, sur un ton iblement malveillant et d’ailleurs très présomptueux. Il repreibencore une fois l’antithèse entre le poète naïf et le poète itimental, et, tout en louant le vol sublime de la poésie de hiller, il lui trouvait tous les défauts de la sentimentalité, le que de naturel et de mesure, de beauté et d'harmonie. Quant x Heures, « éternellement changeantes », elles déclinaient, car és n'apportaient plus que des traductions. Le premier article ut pour épigraphe le mot d'Horace : fungar vice cotis. Servir «pierre à aiguiser », d’aiguillon aux maîtres, leur affiner l’estleur redresser le goût, en d'autres termes, faire la mouche coche, telle était la mission qu’il semblait se donner. Un peu ISMard, à propos d'un roman de Caroline de Wolzogen, que Schlegel attribuèrent d’abord à Gœthe et dont Frédéric fit Sitôt la critique, Schiller écrivait : « Ce monsieur Frédéric chlegel devient insupportable. Il a dit ces jours-ci à Alexandre eHumboldt qu’il avait parlé du roman d’Agnès dans la revue eutschland et qu'il l'avait traité fort durement, mais que, yant appris qu'il n’était pas de vous, il regrettait de l'avoir Mbmalmené. Il-éroit, le grand nigaud (der Laffe), avoir mision d'empêcher que votre goût ne se gâte !. » On prévoit le lOüement, une rupture, d'abord avec Frédéric, ensuite avec deux frères. Gœthe, pendant tout l'incident, avait gardé le nce; Séhiller s'était vengé par quelques épigrammes comme es-Ci, insérées dans les Xénies :

ue ces messieurs ont la digestion rapide! — Ce qu’ils ont appris ils veulent déjà l’enseigner aujourd’hui 2.

Correspondance de Schiller avec Gæœthe, 16 mai 1797.

«Was sic gestern gelernt, das wollen sie heute schon lehren; « Ach! was haben die Herrn doch für ein kurzes Gedärml »

PS

ps à 4

LE ROMANTISMÉ. ie

Pendant des années le maitre faconne son œuvre et ne peut ja se satisfaire; — mais à nos jeunes génies tout arrive en dorma La querelle aurait été sans importance, et se rédeæirait des mille épisodes quotidiens de la vie littéraire, si elle n'ava pour résultat de relâcher un lien et de rompre une tradition. L è jeunes génies, pour employer l'expression de Schiller, avaie tout intérêt à s'appuyer pendant quelques années encore 8 leurs aînés. Frédéric Schlegel quitta Iéna, au mois de juillet 4 Il se rendit à Berlin, et il contribua plus qu'aucun autre, p son activité incessante, à grouper dans cette ville les élémer encore épars du romantisme. Ce qui dominait alors à : / comme on l'a vu, c'était le rationalisme, moins considéra! ses représentants vivants que par le grand nom de Lessing q invoquaient. Leur enlever cet appui, les réduire à eux-mé telle fut la pensée que conçut Frédéric Schlegel, et il faut ave que jamais, dans tout le cours de ses polémiques, il ne se mon tacticien plus habile. Son article sur Lessing ?, malgré les rations de la fin, auxquelles il faut toujours s'attendre am est un des plus éloquents qu’il ait écrits. Il ne cache pas 50! qui est « de sauver le grand homme d'un opprobre, de TI « aux infimes qui ont fait de lui le symbole de la pla Passant ensuite sur l’œuvre multiple de Lessing comm comme critique, comme théologien et philosophe, il pénè de suite jusqu’à l’homme. Ge qu'il veut chercher dans | c'est Lessing lui-même. A+-il eu le don poétique? & seulement le sentiment du beau? peu importe. Ce qu admirer, c'est « le grand style de sa vie ». On peut Jai marché de la plupart de ses œuvres, d'Emilia Galotti appellera, si l’on veut, « une solution algébrique, un : © « dont un homme d’esprit vient à bout à la sueur de son i même de Nathan le Sage, « qui n’est qu'un post-scriptumt : « discussion avec Gæze ». Quelle que soit la valeur de Néci 5 l’homme lui est supérieur, l’homme avec son mépris > y autorité et de toute tradition, son esprit d'indépendance, sa tendance à fronder toute opinion reçue, son « cynisi

1. « Jahre lang bildet der Meïister und kann sich nimmer genug tu | « Dem genialen Geschlecht wird es im Traume bescheert à - 9, Dans la revue : Lyceum der schônen Künste, 1797 ; réimprimé dans le

terisliken und Kritiken de Wilhelm et Frédéric Schlegel, 2 vol, Ke 1801; au 1er vol. Fa rs

AUS REA 4 te NS EE RE NAN Re

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aire », Et voilà le mot vers lequel tend tout l’article, le mot 1e. rédéric Schlegel répétera souvent, et qui nee pour itout un ensemble d'idées Pen Vers la même Ioque, il se prit de passion pour Champfort, dont son frère mat de signaler les œuvres posthumes, et il le rangea aussi nS la classe des cyniques : ce fut désormais le plus grand éloge lil pût décerner à un écrivain.

La première application, et la plus complète, de la théorie du misme fut le roman de Lucinde. L'auteur l'appelle tantôt un poème cynico-saphique », tantôt une « rhétorique de l’amour », stinée à révéler au ON cette vérité, que « la nature seule est vénérable » et que « la santé seule est aimable ». Il le donna, mme première partie, en 1799. On ne sait s’il avait réellement atention de le continuer. Tel qu'il est, le roman peut être conléré comme terminé : un ouvrage sans plan peut s'arrêter où mveut. « Rien ne me semble plus conforme à l'esprit de ce livre, » dit l'auteur dans une des premières pages, « que de supprimer dès l’abord ce qu'on appelle l'ordre et de me réserver leprivilège d'une charmante confusion. » On voit ensuite se ivre au hasard une lettre, une allégorie, une idylle, un dithymbe, un dialogue, une métamorphose, même un récit, et tout la se présente comme « un pur produit de l'esprit et de la fantaisie » » et comme un audacieux défi jeté à la logique vulgaire et à morale sociale. On comprend à peine aujourd’hui le bruit qui st | fait autour de ce livre : c'était, au dire de Frédéric Schlegel de ses amis, le Wilhelm Meister du romantisme. Et, en effet, mme le roman était le genre par excellence, embase (ous ; autres genres, il fallait bien que l’école eût son roman, et e ce roman fût réellement « universel », Il est difficile, pour

lecteur non prévenu, de voir dans la Lucinde autre chose ./

là divagation érotique en style maniéré. Mais, pour les connp rains, du moins pour les initiés, c'était tout le contraire :

tait bord une pièce justificative à l'appui d’une théorie, et tait encore, hélas! une confession de l’autéur, car le fée incipal C "était lui, et Lucinde c'était Dorothée Veit, qui venait quitier son mari, pour épouser, plus tard, Frédéric Schlegel 1,

its se résigna sans trop de peine au rôle qu’on lui faisait jouer dans le an. Voici ce quelle dit dans une lettre à sa belle-sœur Caroline, la fémme de elm ‘Schlegel, qui avait risqué quelques observations et proposé quelques rections sur le manuscrit : « J'espère que la petite Lucinde vous fera encore

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# Alarcos est le pendant dramatique de Lucinde : c'est 1 « universel », devant concilier l'antique et le moderne, 1 etle Sud. Il contient des vers rimés et des vers rythmés iambes, des trochées et des anapestes, même des assonances. | sujet est emprunté à une légende espagnole. Un cointe, Alarcc doit épouser la fille d'un roi; mais il est déjà marié. Il faut do: qu'il tue sa femme : le roi l’ordonne. Alarcos résiste, commen à céder, hésite encore, et se décide enfin à commettre le meurtr Il apprend alors que le roi et sa fille sont morts, et il ne lui res qu'à se tuer lui-même. La pièce fut acceptée au théâtre de Weima non sans hésitation, et représentée au mois de mai 1802. Gæth avec sa tolérance habituelle, écrivait, dans une occasion semblab| à Schiller : « Celui qui ne sait pas, comme le sémeur imprudent « l'Évangile, répandre la semence à profusion, sans se demand « si elle lèvera, ni où elle lèvera, celui-là ne doit pas s’occup « public. » On connaît le résultat de l'expérience par le célèbre de Gæœthe, qui fut obligé, un moment, de se lever place et de dire à haute voix, en se tournant vers le pa « Messieurs, on ne rit pas ici! » En effet, la pièce, co remarque déjà Kæœrner, se jouerait mieux en parodie *. L Après ces deux tentatives dans le drame et dans ler Frédéric Schlegel revint à la critique littéraire. Il pas: genre à l’autre, semblable en ceci à Gœthe, mais différen en ce qu'il ne mettait réellement son,empreinte nulle venait d’éprouver un échec d’une autre nature, en ess; s'introduire à l’université d'Iéna, pour y continuer le ment philosophique de Schelling. Il avait rencontré

« plaisir, quand vous en aurez lu davantage. Ne m'accusez pas, ma ch «line, pour quelques passages; ma justification se trouve dans le livre «.la Fantaisie dithyrambique. » — Ici encore, il faut citer Schiller. * « ques heures, » écrit-il à Gœthe le 19 juillet 179, « que jailu le « Schlegel, et j'en suis encore tout étourdi. Il faut que vous lisiez ce « sité. Cela caractérise son homme, comme toute peinture, et mieux qi « qu'il a produit jusqu'ici; seulement cette fois-ci la peinture tourne . « ture. C'est toujours la même absence de forme, la même mamie « fragments, un mélange de choses nébuleuses et qui se prétendent car « ques, comme vous ne l'auriez jamais cru possible. Sentant qu'il ne « dans la poésie, il s'est fait un idéal de lui-même, composé d'amour et d « s'imagine réunir en lui une infinie faculté d'aimer avec énormément « après avoir ainsi constitué son être moral, il se permet tout et « chement que l'Impudence est sa déesse. » La fin de la lettre fait : l'allégorie où l’Impudence triomphe de la Décence, de la Délicatesse Modestie. SE LS 1. Lettre à Schiller, du 9 juin 1802.

LES FRÈRES SCHLEGEL. 587 position chez les professeurs et peu de sympathie chez les üdiants. Il se rendit alors à Paris (1802), pour consulter les anuscrits de la Bibliothèque nationale, Spécialement ceux qui aient rapport à la vieille littérature allemande. Il y fonda une ue, Europe, dernier écho de l’Athénée, où il eut Dorothée ur collaboratrice et son frère pour correspondant. Le premier iméro contient le récit de son voyage, qui montre quelles rtes d'idées et de rêves hantaient son esprit. La vue des anoirs échelonnés le long du Rhin lui fait regretter le temps tous les États allemands étaient groupés sous le sceptre de maison de Souabe, où une aristocratie chevaleresque formait mme une citadelle vivante pour la défense du Saint-Empire. donne aussi un souvenir à Charles-Quint et à ses plans de marchie universelle. Ailleurs, sa pensée se reporte jusqu'aux nps de l'invasion : « Je n'ai jamais été, » écrit-il de Paris, «plus obstinément et plus stupidement allemand, mais je le suis à ma, manière; je vis avec les Allemands d'autrefois, Goths, Vandales, Chérusques et autres. » Dans la même revue, il ceupe de critique d’art. Il blâme la correction classique de col de David. Il trouve l'apogée de la peinture italienne s2les préraphaélites : une doctrine qui à fait fortune après lui. décadence a commencé avec Raphaël, Michel-Ange, le Titien, Corrège. La seule chose que le nouveau critique estime dans péinture, c’est « la poésie, le symbole »; il avoue, du reste, Noir jamais vu une œuvre originale de Michel-Ange.

plus pur profit de son séjour à Paris, ce furent ses études iscriles, où il fut soutenu par les travaux de Sir William Jones par l'enseignement direct d'Alexandre Hamilton. Le volume irbet substantiel qu’il publia en 1808, Sur la Langue et lu Sagesse Hindous, est peut-être son meilleur ouvrage, et celui que la ? taisie romantique à le moins gâté !. Frédéric Schlegel ne peut défendre sans doute de retrouver les origines du romantisme que dans le berceau de humanité, de rattacher le dévelopnent religieux et philosophique de l'antiquité à une révélation milive, qui se serait obscurcie dans la suite, dont la culture Cque elle-même ne serait qu'une reproduction affaiblie, ei ie,christianisme seul, quand il aura achevé la conquête du

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| Ueber die Sprache und Weisheit der Indier, Heidelberg, 1808 Traduit en £ais dès l'année suivante, par Mauget.

..« anciens écrits ne semblent pas d’ accord axee cette déclaration, je ne ré

qui apporte des faits rte et qui d'éforte d'en sal lien immédiat et les conséquences lointaines. Il a, sur la pa des langues et des races, des apsrcus dont la science à profi tout en les rectifiant. Quant à sa langue à lui, encore vag par endroits, et effleurée d’un souffle myatique, elle a du mo perdu ses brusques éclats et ses grâces maniérées d’autreft

Enfin, dans les traductions qui terminent le volume, il s est h .reusement inspiré des modèles qu avait déjà un son frè

A Paris, Frédéric Schlegel avait été mis en rapport avec prince de Metternich, et avait été attiré par lui dans la sphère la politique autrichienne. L’Autriche, débris du Saint-Emp qu'avait laissé le traité de Presbourg, se préparait pour unem velle campagne, qui devait aboutir à la défaite de Wagram. E était alors, par sa puissance militaire, par les ressources de diplomatie, par les antiques traditions qu "elle représentait boulevard, en apparence le plus sûr, de l'indépendance nati le rôle prépondérant de la Prusse ne se dessina qu'en 1813 mouvement patriotique se produisit doncen faveur de l'Aul sic et Frédéric Schlegel s’y rallia d'autant plus aisément que Jui, l'ennemi à combattre n’était pas seulement Napoléon la Dé ubon. la démocratie, la libre pensée. Il fut comme secrétaire aulique, au quartier snea de C ic

1. Dorothée Veit, qui s'était faite protestante pour épouser Frédéric Sch fit catholique avec lui: elle l'encouragea même dans sa démarche. Le Frédéric Schlegel le désapprouva, et fit même, en 1828, une déclaration

où il disait : « Je m'estime heureux d’avoir été élevé ‘dans une communa | « gélique et d’avoir reçu de mon père, un digne ecclésiastique, pieux et il « mon premier enseignement dans la doctrine chrétienne. Je suis très élo « vouloir rompre le lien qui m'attache à mon père, à mon frère aîn « ancêtres, qui, pendant plus de deux siècles, ont été non seulement «rents, mais des prédicateurs dela foi évangélique... Je considère bc «les réformateurs nous ont reconquis par d'héroïques efforts, le droit. «examen, comme le palladium de l'humanité; j'estime que la Réforme « événement nécessaire, d'une importance universelle, dont les bienfa ants « n'ont pas été payés trop cher par de longs troubles et se font sentir « après trois siècles, dans tous les progrès de la science et de la morale pt « Et si maintenant quelqu'un veut m'objecter que certains passages

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je S FRÈRES SCHLEGEL. 589

aussi le Journal de l'Armée. Pendant la trêve qui suivit le de Vienne, il fit des conférences sur l’histoire moderne 810) et sur l'histoire de la littérature ancienne et moderne (1812), tilpublia un peu plus tard'. Il avait gagné à tel point la connce de Metternich, qu'il fut envoyé, en 1815, comme conseiller Mjésation, à l’Assemblée fédérale de Francfort. Un voyage à yme, en 1818, le fit décorer de l’ordre du Christ, qui l’anoblisit Une dizaine d'années après, il pritencore une fois la parole, jurexposer sa Philosophie de la vie (1827) et sa Philosophie de stoire (1828)2. Une dernière série de conférences, qu'il fit à ‘ésde, sur la Philosophie en général et spécialement sur la Phisophie du langage, fut interrompue par sa mort subite, le | janvier 1829.

Parmi les derniers ouvrages de Frédéric Schlegel, les seuls qui éritent d'être signalés sont l'Histoire moderne et l'Histoire de la térature ancienne et moderne. La première contient tout le proamme du parti réactionnaire après 14815. L'idéal de Frédéric ‘hlegel est l'État théocratique, le système de gouvernement qu'à même époque De Bonald et Joseph de Maistre proposaient à la rance. L'Histoire de la littérature ancienne et moderne impose, au “emier abord, par l'étendue du plan, par la multiplicité des faits unis en deux minces volumes. Le livre commence à Homère et

nguliers, s'y mêlent à des vues vraiment originales. Wolfram Eschenbach est comparé à Dante et à l’Arioste. Frédéric Schlegel Imet sans contrôle les théories de Wolf sur l’Iliade et l'Odyssée, \ÿpothèse de Niebubr sur les chants épiques qui auraient servi Tite-L ive pour les premiers livres de son histoire, tandis qu’il ke le fabuleux Henri d'Ofterdingen comme l’auteur probable

Nibelungen. On n'attend pas de lui une opinion raisonnée K uther, sur Kant; il ne sait même pas être juste envers

cartes ; il juge l'hellénisme tout autrement qu'il ne faisait /

urefois. iE toute la partie philosophique et Rte de l’ou-

serait vraiment fâcheux que des expériences multiples dans un onde agité ei violent, une activité incessante de l'esprit, des méditations sérieuses, des observations faites sur moi-même à différents âges de la vie, ne m'eussent absolumenturien appris. Si donc quelqu'un trouve çà et là, dans ce que j'ai écrit autrefois, un défaut de maturité, de modération ou de largeur, je n'irai pas le contredire. »

1. Ueber die neuere Geschichte, Vienne, 1811. — Geschichte der alten und neuen tteratur, 2 vol., Vienne, 1815. Continué par Th. Mundt; Berlin, 1842.

2. Philosophie Pos Lebens, Vienne, 1828. — Philosophie der Geschichte, Vienne, 1829.

it à Gœthe. Des jugements arbitraires, contradictoires, parfois :

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590 Nat LE ROMANTISME. Le

vrage, l'éloge et le blâme sont distribués sans nuance, $ préférences personnelles de l'atiteur. D'un autre côté, il fait: effort d’impartialité pour la littérature française du xvu® siècl illa voit maintenant à travers l'image du Grand Roi, qu admire, quoique Français, comme il admire Philippe. II, et duc d’ ue et tous les despotes de marque.

Si, après avoir suivi toute la carrière littéraire de Frédé: Schlegel, on veut s’en faire une idée générale, on est presq aussi embarrassé qu'il le fut lui-même, lorsqu'il commença, 1822, la publication de ses œuvres complètes. Il remania, CC rigea, tria, supprima, pos mettre de l'unité dans ce qui. pouvait pas en avoir. Il n’a pas été question, dans ce qui p cède, de ses poésies légères, lyriques ou didactiques : ce à peu d’exceptions près, de purs exercices de versification; rythme est correct, parfois ingénieux, mais le style est dur, sentiment banal, la pensée souvent obscure. Dans la critiq dans la philosophie, dans l’histoire, on n’a jamais que so nion du moment. Il avait de quoi passer po un érudit

Î pourtant il n’a jamais rien traité à fond, il n ‘a jamais su r [

ment épuiser un sujet. Il a des éclats de passion, des d'éloquence, des mots qui frappent, maisil retombe aussitôt même, terne et insignifiant. C’est, en somme, un esprit d qui de direction et de tenue, s’est éparpillé d Ha disparate !..

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1. Œuvres et correspondance. — Œuvres complètes, 10 vol., Vienne, 2e éd., 15 vol., Vienne, 1846. — Minor, Friedrich Schlegel, 1794-1802 saichen Jugendschriften, 2 vol., Vienne, 1882. — Oscar Walzel, Friedrie Briefe an seinen Bruder August Wilhelm, Berlin, 1890. — Dorothée St écrit un roman intitulé Florentin (ler vol., le seul qui ait paru, Leip elle a fait des remaniements de poèmes chevalerésques, et elle a4 Corinne de Mme de Staël. Raiïich a publié deux volumes de sa corres (Mayence, 1881). — A consulter : L. Geiger, Dichter und Frauen, Bec — Rouge, Frédéric Schlegel et la genèse du romantismeallemand, Paris, |

<æpke, Ludwig Tieck, 2 vol., Leipzig, 1855; au 2e vol.

licences,

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