‹ Histoire de la littérature allemandeChapitre 295 sur 534 · NOVALIS · texte numérisé non relu

NOVALIS

réer par la pensée, il y aura un art plus élevé, qu'il appelle la

untastique : ce sera l’art de créer par un acte instantané du moi, art de réaliser nos rêves. Il ne faut pas demander à Novalis plus e précision que de pareilles idées n’en comportent; il faut lui iisser la joie innocente de se repaitre de visions et de chimères. Sa politique est aussi ingénue que sa philosophie; elle est le onire-coup des espérances que toute la Prusse libérale attahait à l’avénement de Frédéric-Guillaume IL. Le nouveau roi eient aussitôt pour lui le souverain idéal; la reine Louise lui ippelle la Nathalie de Wilhelm Meister, un idéal encore. Tous eux sont proposés à leurs sujets comme de parfaits modèles:

xemple qu'ils donnent vaut mieux qu'une constitution ; leur onté est la meilleure des lois. C?

atet sous leur influence direc uts fonctionnaires de l'État. Même l'étiquette de cour est ‘cessaire: c’est une école d'élégance et .de bonnes mœurs. La litique de Novalis est une politique de contes de fées. Il faut Léspour être juste, que ses théories ne nous sont connues le par ses fragments, et qu’il les aurait sans doute rectifiées, bavait dû leur donner une forme définitive.

Lä poétique de Novalis est la conséquence de sa psychologie.W na, en fin de compte, qu'une seule idée, ou plutôt un seul

soin moral, qui S‘exprime de diverses manières : c'est le

soin de merv ns lâme des dispositions profondes, innommées, insaisisles, qui n’appartiennent à aucune faculté, et qui n’en constintpas moins notre essence intime. Ce sont ces dispositions ea poésie doit éveiller en nous. La poésie est une langue

est dans leur voisinage imméte que doivent se former les

érieure, une conversation de l'âme avec elle-même. Elle doit #

ter de s'enfermer dans des formes trop précises : toute précin}stoute limite est déprimante et entrave le libre essor de

ne: Le premier des arts est la musique, et la poésie a d'autant Ÿ S de puissance qu'elle se rapproche davantage de la musique

lu chantt, De même que la poésie nous révèle le secret de ; reêtre, de même elle nous dévoile le sens caché de la nature, ju'on pourrait appeler son âmé. Or l'âme de la nature, C’est alis va jusqu'à dire, dans un de Ses fragments, qu’on pourrait concevoir

ies qui n'auraient aucun sens et qui ne seraient faites que de mots har- » deS récits qui n'auraient aucun lien et dont lés parties ne seraient

es, comme des rêves, que Par des associations d'idées. #

eilleux. Sa poétique aussi découle de là. Il voit ”

le merveilleux. Les phénomènes du monde, pour être habituel n’en sont pas moins étranges; le poète rompt nos habit

d'observation, et nous fait voir la création comme si el

. s'offrait pour la première fois à nos regards: il nous étonn

. tique, romantique; même le format, ne ans

Le poète est un enchanteur; c'est une perpétuelle féerie. Le

“déploie devant nous.

Le roman de Henri d'Ofterdingen est l oies de ces théorie

V'est, sous forme allégorique, un traité de l'éducation du poèt c'est en même temps une confession de l'auteur. Novalis ave retrouvé, en 1798, Sophie de Kühn dans la personne de Julie. Charpentier, fille d’un ingénieur des mines, et il avait contrac de-nouvelles fiançailles. L'année suivante, dans un voyage à Ién il connut Tieck, et il noua aussitôt avec lui une étroite amib Les contes de Tieck et les Pérégrinations de Sternbald: rempl cèrent, dans son admiration, le Wilhelm Meister, qu'il trouv: maintenant prosaïque, « une histoire bourgeoise et domestiqu « avec des comédiennes pour muses ». Il entra dans une nouYel période d'activité, malgré la maladie qui commençait à le min et don seul il n’apercevait pas les progrès. Henri GER

pareils, pour qu'il n’y eût aucun doute sur. l'intention l'auteur. mer Novalis ne 2 vit pas la publ

put terminer que Le première partie, et il sie we co ts ments de la seconde: mais-ke sens.général du romanest clair, surtout si l’on veut profiter des indications que no Tieck, d’après les confidences qu'il avait reçues du première partie commence-par un rêve et finit par un « l'un et l’autre contiennent, en pressentiment, la dest “héros. Henri d'Ofterdingen, l’auteur présumé des Nibelur ‘né poète; il grandit sous l’œil de ses parents, à Eis Saxe, méditant et révant, sans que rien vienne contrarie sion de son génie. Il a vu en songe la fleur bleue, le but sa vie. Mais, s’il veut remplir sa mission, il faut d'abo connaisse le monde. Il se rend, avec une caravan chands, auprès de son grand- -père à Augsbourg, et, che sant, maint tableau intéressant se déroule ic. c. Augsbourg, il rencontre le poète-ma icien Klingso

donne de sages avis sur les limites de Part, sur Je ]

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