__ CHAMISSO ET VARNHAGEN, — LA -MOTTE FOUQUE
Tandis que le groupe rhénan faisait revivre les anciennes t ditions de l'Allemagne, le romantisme se continuait à Berlin,. ar des sectateurs plus ou moins convaincus. Un jeune émigré fre cais, Chamisso, et le fils d'un médecin de Dusseldorf, Varnhag fondèrent, en 1803, un nouvel Almanach des Muses, qu'on appel aussi l’Almanach vert. Ils y associèrent quelques autres jeun gens, tels que Guillaume Neumann, plus tard employé à. l'inte dance militaire; Édouard Hitzig, magistrat et pendant quelq temps ie d’une librairie; le théologien François | Ï remin, qui se fit une certaine réputation comme orateur s cl enfin Louis Robert, le frère de Rahel, qui passa une gràn partie de sa vie en voyages, et qui s’essaya, avec un médioc
| succes, . presque tous les genres. Dès l'année suivante,
sance israélite, + passa au protestantisme, st qui Et tard une Vie de Jésus en rose à nes de mn
k. Mythengeschichte der asiatischen Welt, Heidelberg. 1810. 2. Les œuvres politiques de Gæœrres ont été recueillies en 6 vol: (Mu 1860), sa correspondance en 3 vol. (Munich, 1858-1874). — Biographies. land (Fribourg-en-Brisgau, 1877) ei de J, N, Sepp (dans la collection den, Berlin, 1896). — Un choix des œuvres d'Arnim, de Clément et B
collection Kürschner, en deux parties. RE 8: Musenalmanath, auf das Jahr 1804 (Leipzig), 4605 (Berlin), # réimprimé dans les Berliner Neudrucke, ® série; 1°' vol., Berlin, 1889
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+ . LE SECOND GROUPE ROMANTIQUE. 629 ns le domaine de La Motte Fouqué à Nennhausen, ou au châau de Marwitz, appartenant à un officier distingué dont le fils anifestait un goût très vif pour la poésie. On n'était pas uniforément romantique. On allait aux conférences de Wilhelm hlegel, mais on se mettait à l’aise avec les doctrines de Pécole; se permettait même de plaisanter les maîtres, comme le ouve une comédie de Louis Robert, faible imitation des Préüses ridicules de Molière, qui fut jouée à Berlin en 1804 !.
Trois hommes, dans la Société de l'Étoile du Nord, attirèrent rtout l'attention publique : Varnhagen, Chamisso et Fouqué. Auguste Varnhagen von Ense était né en 1785. Il servit dans rmée autrichienne en 1809, conquit son grade d'officier à pern et fut blessé à Wagram; il fit encore la campagne de avec un corps russe. Après la paix, le chancelier de Harnberg le fit entrer dans la diplomatie, et il assista au congrès Vienne, avec Rahel Levin, qu'il venait d’épouser. Il fut pennbitrois ans ministre résident de la Prusse à Carlsruhe, et vécut suite à Berlin, comme conseiller de légation. Ce fut surtout par relations personnelles qu’il eut de l'influence; son salon, ou atôt celui de Rahel, devint le rendez-vous du monde littéraire, istique, politique. Ilmourut en 1858. Les œuvres de jeunesse Marnhagen, ses poésies, ses nouvelles, sont insignifiantes. gardé longtemps une réputation d'historien, moins par loriralité que par la multiplicité de ses publications sur tous les jetSqui étaient à l’ordre du jour. On l'a appelé lé Plutarque emand, surtout pour ses biographies de généraux, mais il n’a laforce ni la naïveté de Plutarque. Sa phrase est modelée Pcelle de Gæthe, avec un relief beaucoup moindre. Il est resté omate en littérature, soigneux et correct, observant tout et
bsefvant lui-même: il raconte aussi longuement les petites :
…Ses que les grandes, et, au milieu de tous les bruits dont il
“fait l'écho, on trouve d’utiles renseignements à recueillir 2. Adalbert de Chamisso, comme il s'appelait lui-même, ou, de iNrai nom, Louis-Charles-Adelaïde de Chamisso, était un ii poète; il ne lui a manqué que de se développer en pleine
wDie Ueberbildeten, Lustspiel in einem Aufzuge.
Éditions. — Ausgewählle Schriften, 19 vol., Leipzig, 1871-1876. Cette édition
iprend, dans les six premiers volumes, les DJenkrwürdigkeiten des’tignen Lebens. — Tagebücher forment 14 vol. (Leipzig. Zurich et Hambourg, 1861-1870). —
onSulter… Briefe von A. von Humboldt an Varnhagen von Ense aus den Jahren
l his 1858, nebst Aussügen aus Varnhagens Tagebüchern, Leipzig, 1860.
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côté, la vie militaire lui pesait. A la fin dé 4805, quandlap litiq
vigueur, soutenu par une langue mdiérneilé. Sés: His b poésies, les plus fraîches, les plus jeunes, datent de son mûr; il semble qu'il les ait portées en lui jusqu’au jour où a pu leur donner une expression naturelle. Sa première lang a été le français. Il ést né en 1781, au château de Boncott en Champagne. La famille, qui cod Det six enfants, émig
en 1790, et le manoir, ibandonae de ses hôtés, fut is 6 On
trouve à peine aujourd'hui quelques débris. Le jeune Ade bert vint, avec sa mère, à Liége, puis à la Haye. A Dusseldo il apprit à peindre en miniature. Un de ses frères le fit ven à Berlin, et la reine Frédérique-Louise l’admit à son se vice comme page. Il suivait en même temps quelques cou au gymnase français. En 1798, il entra comme enseigne dans régiment d'infanterie, et, trois ans après, il devint lieutenar tandis que ses parents, profitant de l’amnistie accordée & émigrés par le Premier Consul, rentraient en France. Ïl n'a. gardé d’un gentilhomme franco que la fierté du caractère; n'avait rien d’un courtisan; on lui reprochait même son. hume farouche, ses allures presque rustiques. Ses premières étud furent plutôt philosophiques que littéraires; il lisait. Rousseau Kant. Peu à peu, cependant, il se familiarisa avec Schiller, av Gæthe, avec Bürger. Il traduisit d’abord une tragédie de Bacula d’Arnaud, le Comte de Comminges; C'était pour lui un “exerci de versification, mais le choix était malheureux. Puis il écri un fragment sur Faust (1803), « un essai métaphysico= -poétiq « presque enfantin », dit-il lui-même, qu'un « souvenir” reco « naissant » lui fit ou admettre plus tard dans le recueil. œuvres. Il a condamné à l'oubli les poésies qu'il compos: po V'Almanach des Muses. Rien ne faisait prévoir alors que Chamis serait un jour le plus illustre des jeunes écrivains qui se gro paient sous le symbole de l'Étoile du Nord. Il Me sui
mode, mais, au fond, sa nature française y répasuat PA
prussienne oscillait entre la Fos et Ja Russie, son
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LE SECOND GROUPE ROMANTIQUE. 631 dle lui avait refusé; la capitulation de Hameln lui rendit sa érté. À cette époque, ses liens avec la France n'étaient pas icore rompus; il y avait même fait plusieurs voyages. En 1810, fut appelé, comme professeur d’humanités, au collège de ipoléonville; mais lorsqu'il voulut prendre possession de sa aire, il apprit qu’elle venait d’être supprimée. Il demeura elque temps chez De Barante, alors préfet de: la Vendée, et rêla ensuite à Paris, où il retrouva Varnhagen, et. où il renntra Alexandre de Humboldt et Wilhelm Schlegel. Celui-ci le argea de traduire en français, avec Helmine de Chézy, son cours ittérature dramatique. « Je ne puis m'empêcher de rire, » rit un jour Chamisso à Neumann, « et pourtant je ne puis me défendre d’une certaine mélancolie, quand je me rappelle les anntes de candeur où, prosternés devant lui, nous aurions xemblé jusque dans la moelle de nos os si son ombre projetée par le premier quartier de la lune avait passé sur l’un de nous. Maintenant, c'est lui qui me taille tout tranquillement la plume wec laquelle je t'écris. Nous travaillons ensemble, et, en fin le compte, malgré sa douceur et son exquise délicatesse, c’est noi qui trouverais le plus à reprendre chez lui. » Par Schlegel, amisso se trouva en rapport avec Mme de Staël, qu'il juge « supéieure à son ami allemand: elle est toute passion et enthouiasme; elle comprend tout avec le cœur. » Il suivit Mme de élà Coppet, et c’est au bord du lac de Genève, aux lieux où n-Jacques herborisait autrefois, qu’il commença ses études aniques, simple délassement d’abord, qui devint une des udes occupations de sa vie, et qui eut une influence décisive son esprit. Il découvrit, derrière la nature pâle et métaphy- 1e des romantiques, une vraie nature, pleine de substance et Couleur. Le naturaliste prépara chez lui l’éclosion du poète. li fallut quelques années encore pour prendre pleine posses- 1 de lui-même, pour triompher surtout de la difficulté de la zue ; mais, pour le moment, l'étude de la nature, avec ce lle à dé précis et de concret, donna le repos à son âme ore incertaine et partagée. On peut lui appliquer à lui-même paroles qu’il met dans la bouche de son héros Pierre Schle- LE « Tout d’un Coup mon avenir se dessina clairement devant 0ëExclu de bonne heure de la société humaine, je me réfuai, par Compensation, dans le sein de la nature, que j'ai tou- UtSaimée. La terre s'offrit à mes yeux comme un vaste jardin
ÆBosserr. — Ilist. de la littér. allemande. 21
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| 632 à LE ROMANTI ME.
de trouvai dans l'étude une force, et une direction pour m we « j'avais un but, la science. Ge n’était pas une résolution que j « nais; mais je n'ai cherché depuis qu’ à réaliser, avec une arc « caline et continue, ce qui se présentait alors comme un,F « idéal devant mon œil intérieur, et ma propre satisfaction cr : « sait à mesure que j'approchais de cet idéal t. » F à De retour à Berlin, au mois de septembre 1812, il se fit i inscri l’âge de trente-deux ans, comme étudiant à la faculté de mé lcine, pour continuer ses {ravaux d'histoire naturelle. Une É ) velle lutte entre sa patrie de naissance et sa patrie d'adopt à était imminente. Dans son aversion pour le régime napoléoni: ”. qui s'était augmentée pendant son séjour auprès de Mme de St: % il fut sur le point d'entrer, comme son ami Fouqué, dans e corps de volontaires. Le retour de l’armée de Russie, et ci humiliations qu'on n’épargnait pas aux vaincus le long de 1 route, réveillèrent ses sentiments français : « Les événements « 4843, » dit-il «auxquels il m'était interdit de prendre une,f « active, car je n'avais plus de patrie ou je n’en avais pas encc « ces événements me déchirèrent de mille manières, sans cep * «dant me détourner de ma voie. J'écrivis, dans l'été de &« « année, pour me distraire et pour amuser les enfants d'un « mes amis, le conte de Pierre Schlemihl, qui fut favorablem accueilli en Allemagne, et qui est devenu populaire en An: É « terre. »Ilest assez curieux que le grand succès de ce livre commencé à l'étranger. IL en parut, en 1822, une traduct française, faite par un frère de Chamisso, et, deux ans ap: une version anglaise très libre, où loriginal était, attribul Fouqué, et qui était enrichie de huit planches du caricatur Cruikshank. La seconde édition allemande ne date que de 46 elle était accompagnée d'un choix de poésies, dans la, nouv / manière qué l’auteur avait adoptée, et qui n'était autre ch * J qu'un retour à la forme classique. Quant au conte de Sehlen il à joui, à partir de ce moment, d'une popularité qui ne $ ‘jamais démentie, et qui s'explique à la fois par le carac! modérément fantastique du récit et par le dd. tre des détails. D Après le rétablissement de la paix, Chamisso trouva sion inattendue de compléter son expérience de naturalist j
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