‹ Histoire de la littérature allemandeChapitre 304 sur 534 · Peter Schlemihl's wundersame Geschichte, X · texte numérisé non relu

Peter Schlemihl's wundersame Geschichte, X

a Deus un il fut adjoint à l'expédition entreprise sous les auspices du hancelier russe Rômanzow pour l'exploration des mers du Nord. je fut un vrai Voyage autour du monde qu'il fit à bord du Rurik, le 4815 à 1818. Il en rapporla une quantité d'observations intéessantes sur là zoologie et la botanique, sur la parenté des races t des langues, Au retour, il fut nommé conservateur des col- #ctions botatiiques de Berlin, puis directeur des herbiers royaux, ufin membré de l'Académie. des sciences. Il créa, en 1832, un ouvel almanach poétique, moins romantique que le premier, Almanach des Muses allemand, dont il partagea la direction avec ustave Schwab, et qui dura six ans. Un de ses derniers travaux 1bune traduction en vers des chansons de Béranger, en collaboition avec Gaudy. Il mourut en 1838, au milieu de ses herbiers, uxquels il n'avait jamais cessé de s'intéresser. Ce n’est que dans dernière période de sa vie, après son grand voyage, qu'il était irvéfiu à se ressaisir complètement, au milieu des influénces mtradictoires qui l'avaient sollicité depuis son enfance: Mais (Squé-là un désaccord profond régnait dans sa nature, et il en Me Victime de la Révolution, il ne souhaitait pas le retour } l'ancien régime, et il a pu très sincèrement, dans une de ses ésies, bénir la charrue qui passait sur les débris de son manoir. üben régrettant la France, il s'était attaché à l'Allemagne, qui i avait offert un asile. Engagé dans le mouvement romantique, i d'amitié avec les chefs de l’école, il se sentait attiré vers les ands classiques de Weimar, et s’il a eu un modèle, c'est Gœæthe. s'est défini lui-même dans un fragment écrit en français, que tzig a retrouvé dans ses papiers : « Je suis Français en Allemägne et Allemand en France, catholique chez les protestants, protestant chez les catholiques, philosophe che

z lès gens réli- Sieux et cagot chez les gens sans préjugés, homme du monde chez les savants et pédant dans le monde, jacobin chez les aristocrates ef, chez les démocrates, un noble, un homme de l’anbien régime; je suis un étranger partout. Je voudrais trop ireindre, tout m'échappe, je suis malheureux. » C’est peut-

Re + LE SÉCOND GROUPE ROMANTIOUE.

: Chamisso eut à so plaindre des procédés peu délicats dont le chef de l'expéon, le Capitaine Otto de Kotzebue, fils de l'écrivain dramatique, usa envers lui ès le retour. Les observations scientifiques qu’il avait recueillies furent insé- 15, Sous une forme très incorrecte, et sans que Son nom fût mentionné, däns la tion générale du voyage. Ce fut une des raisons qui le décidèrent à publier

lys Son Voyage autour du monde dans une édition complète de ses œuvrés, 1836, Pet

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l'explication de l'Histoire merveilleuse de Pierre Schlemihl l'homme qui a vendu son ombre, cette histoire qui à tant emb rassé les critiques. N'a-t-on pas fait, à ce propos, de savan dissertations « sur la signification de l'ombre dans les traditic « populaires des Germains, des Grecs et des nations de l'Orient Schlemihl cède son ombre, contre une bourse inépuisable, à inconnu qui paraît être le démon en personne. Il croit avoir Î une dupe, et il est dupe de son propre marché. Il n'est p

‘comme tout le monde, et tout le monde le fuit. IH a beau

intelligent, se rendre utile, répandre les bienfaits, on le tro suspect. Il est malheureux, malgré sa richesse. Qu'est-ce de que cette chose qui lui manque? Qu'est-ce que l'ombre? On demanda à Chamisso. « C’est tout simplement l'ombre, » rép dit-il, «c’est-à-dire toutes les choses vaines auxquelles les homn « attachent tant de prix. » Schlemihl trouve le repos là où Gl misso l'avait trouvé lui-même, dans la contemplation de

nature !. i.

Le baron Frédéric de La Motte Fouqué, né à Brandebourg 1711, est un déclassé d’une autre sorte; c'est un preux du mo)

âge, égaré dans la société bourgeoise du xIx° siècle. Il apparten

à une très ancienne famille, originaire de la Normandie-Un ses ancêtres était mort à Azincourt, un autre avait été changé

négocier un armistice au siège de la Rochelle. Les Fouqué avai adopté le protestantisme, et, après la révocation de l'Édit

Nantes, ils s’expatrièrent. Le grand-père du poète avait êlé des meilleurs généraux de Frédéric IL. Jusque-là, ils avaient t jours choisi leurs femmes dans la colonie réfugiée; la mère baron Frédéric fut la première Allemande qui entra dans

PMR

1. Parmi les nombreuses imitations de Schlemihl, il faut citer le Reflet p' d'Hoffmann. MA Éditions. — Les œuvres de Chamisso ont d’abord été recueillies, avec un choi. sa correspondance, par Hitzig, en six volumes; Leipzig, 1836-1839; 3 éd,, ri par Fr: Palm, Berlin, 1852; 5° éd. augmentée, 1864. — Éditions de Hesekiel (4 | Berlin, Hempel), de Max Koch (4 vol., Stuttgart, 1883), de K. Siegen (4 ! Leipzig, 1895). 5 : a Gaudy. — Le collaborateur de Chamisso; lé baron François de Gaudy; à Fr fort-sur-l'Oder en 1800, licutenant de la garde prussienne jusqu'en Berlin en 1840, se fit surtout connaître par ses Kaiser-Licder (Leipzig suite de ballades où il célébrait la gloire de Napoléon. Ses nouvelle lement les Vouvelles vénitiennes (1838), se lisent encore. — Éditions & Werke, 24 vol., Berlin, 1844; — Ausgewählte Werke, avec une notice bio de K. Siegen, 3 vol., Leipzig, 1896. à

LE SECOND GROUPE ROMANTIQUE 633

ille. Lui-même était de petite taille et de santé faible, mais il avait encore dans les veines quelques gouttes de sang Chevateresque, qui lui échauffaient l'imagination et lui donnaient la Vision des grands exploits. Il fut d'abord destiné à une Carrière civile, et il étudia le droit à l’université de Halle. La première fois quil vit une armure dans un cabinet d'antiquités de cette ville, illui sembla que le fantôme de sa race se dressait devant lui, &semblable au spectre de Hamlet », et lui rappelait la dette qu’en naissant il avait contractée envers ses ancêtres. Il batailla sur le Rhin, en 1794, et conquit son grade de lieutenant. 11 combattit encore en 1813, mais ne put Supporter jusqu’à la fin les fatigues de la campagne. Il vécut dès lors dans son domaine de Nennhausen, que sa seconde femme, Caroline de Rochow, lui avait apporté en dot, et qui devint un des rendez-vous du groupe littéraire de Berlin. Il avait commencé, en vrai romantique, par faire casser un premier mariage, et il avoue que, dans le divorce, ous les torts furent de son côté. Obligé de quitter Nennhausen, après la mort de Caroline de Rochow, en 1831, il alla faire des onférences à Halle, jusqu'au jour où le roi Frédéric-Guillaume IV, son admirateur, lui offrit un asile auprès de lui; il mourut à Berlin, en 1843.

La Motte Fouqué à été le chevalier d'aventure du romantisme ; I s'est jeté à corps perdu dans tous les paradoxes qui constie uaient la poétique de l’école. Il est mystique en religion, symjoliste en poésie, rétrograde en politique. Il débuta, en 1804, ar des Jeux dramatiques, sous le pseudonyme de Pellegrin, et Vilhelm Schlegel se fit son introducteur auprès du public. Ce ont surtout ses romans Chevaleresques qui lui ont valu, pendant me dizaine d'années, une voguë extraordinaire. Mais le plus intéessant de ses ouvrages est encore Sigurd le Vainqueur du Dragon, uhéroique en six aventures, précédé d’un prologue: c'est la remière partie d’une trilogie -qui à pour titre le Héros du Nord, he sorte de poème dialogué imité des Eddas, où l’ancienne rme de l'allitération est quelquefois manice avec bonheur, et ü de beaux élans de poésie se détachent sur un ensemale onfus et monotone !. Fouqué a presque toujours une thèse à émontrer ; il se soucie peu de la composition, encore moins de

E Sigurd der Schlangentüter, ein Heldenspiel in sechs Abenteuern, Berlin, 1808. Der Held des Nordens, drei Heldenspiele, Berlin, 1810.

LE ROMANTIS sm

su te les Ronan Doom À les Germains dans le vers des Nibelungen. La tragédie de Don Carlos, accompagnée d’une dédicace à Schiller (1823), est une réhabilitation de Philippe H et du duc d’Albe. Dans Corona, poème chevaleresque (1814), la Révolution française, avec le régime napoléonien qui l'a suivie, est représentée sous la forme d’une magicienne qui trône sur le mont Hécla. Le plus célèbre des romans de Fouqué, l’Anneau magique !, a un but politique, qu ressort mal d’une histoire bizarre et décousue. L'auteur dit dans la préface : « Cette histoire flotte devant mes yeux comme une « mer immense aux bords accidentés, avec des reflets d’arc-en: « ciel sur les eaux, des courants qui se croisent, ét des ciels « changeañts. Je sais bien que j'ai une longue route à parcourir, « mais je ne puis, prévoir quelles aventures se mettront à la tra- « verse. Je te convie néanmoins, cher lecteur, à t’embarquer « avec moi. À moins que le nom de Dieu que je viens d’invoquer « ne te soit désagréable à entendre, j'espère que tu seras content « de ce que je vais te donner, car cela me vient de lui. » Après la conquête de l’anneau, il se trouve que tous les personnages, un Allemand, un Français, un Italien, même un Sarrazin et un Normand païen, ont un père commun, qui représente la vieille noblesse germanique, souche de toute l'aristocratie moderne: Des romans comme l’Anneau magique n’ont pu se lire qu’à une époque où l'engouement pour la chevalerie paraissait une des formes du réveil patriotique. L'année 1815 changea le cours des idées: De tous les écrits en prose de Fouqué, ilreste un conte merveilleux, Ondine (1811), qui plaît par le sujet, malgré l'affectation du style. Varnhagen, qui connaissait Fouqué, décrit ainsi sa manièr d

travailler : « Il était d’une fécondité exubérante; tout ce, qu'i

« touchait prenait aussitôt un tour poétique. Il charmait, tou « ceux qui l’approchaient, et il les émerveïllait par sa « d'invention. Chaque jour, chaque heure, surtout les heu « matin, le trouvaient prêt à écrire, et ce qu'il écrivait était « lyrique, tantôt dramatique, tantôt de la prose poétique « jamais il ne raturait, jamais il ne s’interrompait; la plume « rait toujours. » C'est ainsi que le baron de La Motte Fouq

composé une quantité de drames, de romans, de nouvelle »

es

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