‹ Histoire de la littérature allemandeChapitre 306 sur 534 · À. — HOFFMANN · texte numérisé non relu

À. — HOFFMANN

Ernest-Théodore-Wilhelm nommé Amadeus Hoffmann de nn: Me EE CH CESR AU son D - I

orgue.

espèce particulière. Il n’avait qu à se donner tel er être le plus invraisemblable des écrivains.

 Hoffmann aimaït à s A Sa CUTIQELE que se na VF

| fût possible d'étudier. Il dit A | du LE

ss 1. Il avait pris de prénom de Mozart, «le grand maître dont il. a « toute sa vie de suivre les traces ».

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# LES DERNIERS ROMANTIQUES. : fat

dans lequel il a pris plaisir à se peindre : « La nature a essayé, cen le créant, d’une recette nouvelle, et l'essai n’à pas réussi, @Il aurait fallu ajouter à son âme surexcitée, à la flamme cdévorante de son imagination, un mélange d'humeur flegma- # «tique : cela n’a pas eu lieu, et l'équilibre nécessaire à l'artiste ca été rompu. » Il a beaucoup réfléchi sur l’art, sur la poésie, til lui arrivait de donner d'excellentes règles, qu'il était incaable de suivre. Il a parlé très noblement de la nécessité, pour e.poète, de se donner tout entier dans son œuvre. « H y a Gbeaucoup de braves gens, » fait-il dire au chien Berganza, « que «Pon nomme poètes; ils ont certainement de l'esprit, de la profondeur et une sensibilité naturelle, mais ils semblent ignorer «que la poésie n’est autre chose que la vie même du poète, Ils subissent sans murmure la vulgarité de la vie quotidienne, ils OSy abandonnent même de bon gré, et ils séparent soigneusement les heures d'inspiration, qu'ils passent devant leur bureau, de tout ce qui les occupe et les préoccupe le reste du temps. Le poète est-il donc un diplomate ou un homme d’af- “faires, pour pouvoir isoler sa vie privée — de quelle autre vie? Je ne pourrai jamais me persuader que celui dont la vie entière “n'est pas élevée par la poésie au-dessus de la vulgarité, audessus des misérables petitesses du monde conventionnel, que Celui qui n’est pas à la fois plein de bonté et plein de noblesse soit un vrai poète. » Hoffmann n'était pas un homme d’affaires, bal n'avait rien d’un diplomate : il suffisait de le voir pour s’en onvaincre. Les éditions de ses œuvres sont ordinairement accomagnées de son portrait, dessiné par lui-même. La tête penchée “avant, la bouche large et serrée, les yeux grands ouverts, fureeurs et inquiets, les cheveux hérissés autour du front en forme auréole, tous les traits trahissent le démon intérieur qui s’est rdmponné à sa vie et qui a dicté son œuvre.

Iba eu d'abord une enfance abandonnée, qu'il compare à une inde aride et monotone. Né -à Kœnigsberg en 1776, il était Core au berceau quand son père, homme d’un caractère léger, uitta la maison pour aller prendre une place de juge dans une elite ville. Sa mère, de santé délicate, ne pouvait s'occuper de onéducation !. Il fut d'abord mis chez un oncle maternel, con-

» SE attribuait son « imagination excentrique » à une maladie nerveuse esa mère, -

qui faisait alors partie de la monarchie. prussienne. Ly Î

seiller de justice, qu'il dépeint comme un pédant. Il parle a ec

plus de respect d’un grand-oncle, dont il s’est souvenu dans de Majorat. 11 fut mis à l’école latine, où il devait se préparer pot l'université. C'était alors un enfant malingre et petit, que ses camarades méprisaient pour sa faiblesse, et qu'ils redoutaient pour: son esprit caustique. Il avait une intelligence vive el prompte, une grande fermeté de volonté, et, ce qui parait plus en opposition avec sa nature, le goût du travail. Les parents de sa mère le destinaient à la jurisprudence; lui-même se sentait attiré vers les arts, sans savoir encore pour quel art il se déciderait. Il dessinait, il peignait, il faisait de la musique. En 1798; il vint à Berlin, comme référendaire à la cour d'appel. C'était l'époque où l’école romantique venait de prendre son siège dans cette ville; mais Hoffmann cherchait alors plutôt ses relations parmi les artistes que parmi les écrivains. Il pfenait, du reste, son droit fort au sérieux, et il passait pour un magistrat capable. En 1800, il fut nommé assesseur au tribunal de Posen : c'était un poste d'avancement, qui devait plus tard le ramener à Berlin. Mais un jour, dans un bal costumé, un de ses amis, vêtu en marchand d'images, trouva plaisant de faire circuler quelques: unes de ses caricatures, où des personnages importants étaient. ridiculisés. Il fut relégué dans un tribunal inférieur à Plozk. Il venait d'épouser une Polonaise d’un esprit distingué, Micheline Rorer, qui le suivit dans sa disgrâce, et qui fut plus tard la compagne fidèle de ses malheurs. Les loisins forcés de son exil euren moins pour résultat de le pousser vers la carrière littérair débuta, en 1803, dans la revue de Kotzebue, le Fons ee

connaissance de Hitzig et de Zacharie Werner; ce fure

de la Pologne. Il vit sans colère É triomphe de Napo quand l'administration prussienne fut licenciée dans les

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olonaises, il s'applaudit d'être délivré de ses dossiers, Il état

différent aux affaires publiques, et ne lisait jamais un journai. orsqu'on touchait devant lui une question politique, il intermpait la conversation en disant : «Parlons de choses sérieuses. » avait dans ses cartons plusieurs partitions d'opéra, mais le mps n'était pas plus propice à la musique qu'à la peinture. offmann erra pendant plusieurs années de ville en ville, régisur de théâtre, chef d'orchestre, décorateur, machiniste, à unberg, à Dresde, à Leipzig. Un jour, à bout de ressources, il rivit au directeur de la Gazette musicale de Leipzig, Frédéric Chlitz, une lettre curieuse, où il disait « qu'il n’était rien, qu'il n'avait rien, mais qu'il voulait tout faire, sans précisément Savoir quoi, et que c'était là-dessus qu'il avait besoin d'un conseil ; qu’il ne pouvait attendre longtemps, parce que la faim, surtout celle de sa femme, le tourmentait; qu'une seule chose pouvait lui être plus pénible encore, c'était de recevoir de Pargent qu'il n'aurait Pas gagné ». Il ajoutait qu’à défaut de rchet il prendrait volontiers la plume. Ce fut, dit-on, Rochlitz ilui donna l'idée des Souffrances musicules du maitre de chapelle MeKreisler, le premier d’une série de morceaux dont se forxent peu à peu les Tableaux de fantaisie dans la manière de lot. Hoffmann continua d'écrire, d’abord sur la musique, puis "certains états de l'âme, « intermédiaires entre la veille et le nMeil», que sa propre exaltation lui rendait familiers. Il avait e faculté merveilleuse pour s'abstraire du monde extérieur. A sde, il assista aux Opérations qui précédèrent et suivirent la aille du mois d'août 1813, sans presque interrompre ses tra- IX. Il venait de terminer Ondine, le meilleur de ses opéras, ba Motte Fouqué lui avait fourni le livret !, Il écrivit encore agnéliseur, les Destinées récentes du chien Berganza, et, peu de PS après, le Pot d'or et les Aventures de la nuit de Saint-Sille;qui se rangèrent. successivement à la suite des Kreisleriana. e premier volume des Tableaux de fantaisie dans la manière de ot parut en 1814, avec une préface de Jean-Paul, qui semblait enter le nouvel auteur au public comme un disciple ?. I y

Hoffmann avait tracé le plan du livret, qu'il se déclarait-in

achant pas manicr le vers. Il soutenait, avec Gluck et av

Paroles.et musique devaient être « Coulées ensemble » dans un même moule. antasieslücke in Callots Manier, Blätter aus dem Tugebuche eines reisenden

usiasten, mit einer Vorrede von Jean-Paul; Bamberg, 1814. — Trois autres nes suivirent en 1814 et 1815. | 54 Te

capable d'exécuter, ant Richard Wagner,

64% 7e LE ROMANTISME.

avait pourtant une différence entre le roman idyllique et h ristique de l’un, et ce que l’autre appelait ses tableaux de fan N laisie, ce qu'en F rance on à appelé depuis des contes fantastiques Jean-Paul, avec son âme bienveillante et douce, enveloppait toute choses d'un regard de sympathie et de pit il faisait aimer vie en la pénétrant de poésie et d'idéal. Hoffmann, au contraire oppose l'un à l’autre le réel et l'idéal comme deux puissance ennemies. Il ne trouve la réalité supportable qu'en lui substi tuant un rêve perpétuel, car le fantastique qu'est-ce autre chose

f sinon le rêve que l’on continue tout éveillé? Hoffmann était par! de la musique pour aboutir à la littérature; mais, au fond, Pin vention poétique a, pour lui, le même but et obéit aux même lois que la musiqué. Il est bien, sous ce rapport, dans le couran des idées romantiques. La poésie, telle qu'il la comprend, a pou mission de. détacher l’âme de tout lien terrestre, de là débar rasser de tout souci matériel « comme d’une scorie impure », | de la bercer dans un. d'un monde surnaturel :

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+ ait rêver ses De s, il les fit frissonner; c'est avec un

1. Voir le dialogue entre Ze Poète et le Compositeur, inséré plus tar Frères Sérapion, et qui fut conçu — rare phénomène dans mo milieu même de la bataille de Dresde. 3

9. Hoffmann ne prit pas le temps de refaire la partition: il aïima m mencer un nouvel opéra. Weber, dans un article de la Gasetté musict la musique d'Ondine pleine de vié ‘et de mouvement dramatique. :

-83. Die Élixiere des Teufels, nachgelassene Papiere des Bruders Me Capusziners, 2 vol., Berlin, 1815-1816, — Nachtstücke, 2 vol. Re 18]

af à ca LR

LES DERNIERS ROMANTIQUÉS. 645

tre les Séductions de la gloire. Il trônait des nuits entières

ins une taverne, entouré de flatteurs intéressés ou d’admiteurs complaisants, et, lorsqu'il était « monté », comme il sait, Ou « dans une disposition exotique », il faisait jaillir “Want ce public banal les traits d'esprit et les inventions folles. sntré chez lui, il passait la matinée à travailler et dormait Suite jusqu'au soir; et, deux jours dé la semaine, on le retrou-

it, absolument maître de lui, sur son siège de magistrat. iélques amis, Fouqué, Chamisso, le nouvelliste Contessa 1; le édecin Koreff, voulürent l'ârracher à un genre de vie qui le inait; ils eurent l'idée de se réunir périodiquement chez lui,

ur se communiquer leurs travaux et leurs projets. Ges réu-

ons fournirent le cadre du recueil de nouvelles intitulé les » ères Sérapion ?, d'après le héros de la première, un halluciné, ” üré au fond d’une forêt, qui s’imagine être le Père Sérapion et re dans le désert de la Thébaïde. Ces nouvelles ne sont pas 7 utes merveilleuses; quelques-unes, comme Maître Martin le ton- | lien, Mademoiselle de Scudéry, Signor Formica, sont de simples k cits plus ou moins passionnés. Hoffmann, avec la pénétration 4 Son esprit et son talent de narrateur, aurait pu se passer tout autre moyen de succès; mais il ne pouvait s'interdire igtemps le royaume des fées. La publication des Frères Séru- Man était pas terminée, qu'il commençait déjà le Chat Murr3. 4 tait, de tous ses ouvrages, celui qu'il préférait. Il voulait en

ré quatre volumes; il n’en put terminer que deux. Il y monitune fois de plus le contraste entre la prose de la vie et la # ésie du rêve; il y revenait aussi à son personnage favori, le $ tre de chapelle Kreisler, dans lequel il résumait sa propre V4 stinée, avec les enthousiasmes virils qui l'avaient soutenu

asile malheur, et les hallucinations maladives dont il commen- ne À Æ" Charles-Guillaume Salice-Contessa à écrit, outre ses nouvelles, quelques iédies qui ont eu un moment dé popularité. Ses œuvres ont été recueillies le-poète Houwald, en 9 vol. ; Lerpzig, 1826. FRE | Near gesamméelte Ersählungen und Märchen, 4 vol., Betlin, à ZLebens-Ansichten des Katers Murr, nebst fragmentarischer Biographie. des Fa Péllmeisters Johannes Kreïsler in zufälligen Makulalurblättern, 2 vol., Berlin, Fe 1822. — L'auteur, pour expliquer ce titre, nous apprond dans la préface que hat Murr, en écrivant ses mémoires, déchira sans façon un livre qu'il trouva latable de son maître, pour s'en faire du papier buvard, et que les feuillets ‘livre, qui contenait l’histoire de Jean Kreisler, furent imprimés par mégarde : le manuscrit. ie

- même pour le Chat Murr, et ces modèles il les a étudié

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>s’excluent pour le commun des hommes, s'unissent chez]

-un fond brumeux d’apparitions vagues; ils marchent à € nous; onles croirait faits de chair et d’os. Il les introduit dar

ue déçait Éd. par la folie: et c st sans dote est fi q attendait Hoffmann, si la maladie ne l'avait enlevé plus tôt. écrivit encore Maître Puce, un conte satirique, plein d'allusions des personnages contemporains, dont il ne put s'empécher « donner la clef à ses amis; on l’obligea à en faire unc éditic expurgée, la seule qui ait été conservée {. Au mois de juin 482 son mal fit des progrès rapides; la paralysie gagna ses membr l'un après l’autre; mais il redoubla d'activité, . de croi à la mort. Le 24, il fit annoncer à ses amis qu'il était guéri; mourut le lente: en dictant Maître Wacht. | Il avait nié la vie, ii traitant de vaine apparence; il était coi Aéquent avec lui-même en rejetant l’idée de la mort. Ils 'étaitcré

par une espèce de seconde vue, un monde imaginaire, mais q

était pour lui la réalité même. « Je suis, » dit-il dans Les Frèr Sérapion, « un de ces enfants du dimanche qui voient tout « sortes d'esprits, invisibles pour des yeux terrestres. » Non.se lement il les voit, mais il les distingue trait pour trait, etilk décrit de même. Le réel et l'imaginaire, ces deux élémen:

produire l'illusion du vrai. Ses fantômes ne se meuvent.

suite d'événements; illes fait agir et parler; nous les connais nous nous intéressons à eux; nous nous demandons ce

des modèles pour tous ses personnages, même pour

lysés avec l’œil de son esprit, aussi sûr que les yeux € corps. « N'est-ce pas l'esprit seul qui est capable de saisi « qui se passe autour de nous dans le temps et dans l'esp « Qu'est-ce, en nous, qui entend, qui voit, qui sent? Est-c « l'oreille, la main? Mais, si c’est l'esprit, pourquoi . * « l'esprit reconnaît comme de ne serait-il pas réel en effet

Il n’y à rien à répondre à une si ferme conviction. ais

1. Weister Floh, ein Märchen in sieben Abenteuern zweièr Freuide, sur-le-Mein, 1892. Æ\ 2. Les Frères Sérapion, première partie

Hoffmann, et pour goûter ses récits, il ait fullu un public spéalement préparé. A la fin du Chat Murr, il souhaite d'avoir des cteurs « qui veuillent bien pour un instant cesser d'être sérieux et s'abandonner au jeu capricieux de son lutin ». Ces cteurs, il les trouva au temps du romantisme allemand, mais ils lui restèrent pas longtemps fidèles. Le romantisme français i valut un regain de popularité, quand déjà sa renommée baisit en Allemagne. Ne l’a-t-on pas considéré, chez nous, comme 1 représentant attitré du génie allemand? Gœthe en frémissait. » romantiques français ont fait un genre littéraire de ce qui, ez Hoffmann, n'était qu'une manière. Ils ont été fantastiques MSens rassis, Ce qui est contradictoire en soi-même, c'est-àréabsurde. Le fantastique ne saurait être un genre, puisqu'il ppose un état d'esprit particulier et même une nature physique céptionnelle. Cest un cas de littérature pathologique; c’est la ésie d'un visionnaire, , 2. — IMMERMANN.

Kari immermann, c’est la banqueroute du romantisme; son ivre résume toutes les tentatives avortées de l’école. Il a touché a tragédie, à la comédie, au drame, à l'épopée, au roman, sans rler de ses poésies lyriques, et il à été réduit toute sa vie à se sindre de l'indifférence du public. « Peut-on assister de sangrod, » dit-il dans le Münchhausen, « au succès de telle ou telle æuvre médiocre, quand une seule édition du Merlin a de la eine à s'écouler? » IL ne savait pas lui-même au Juste s’il at classique ou romantique. Il n’a cessé de flotter entre

Éditions. — Un premier recueil des œuvres d'Hoffmann a paru à Berlin en 1 : Ausgewählte Schriften, 10 vol. Sa veuve y ajouta 5 volumes d'œuvres thumes et de renseignements biographiques. Aïnsi fut formée la première ion complète : Vollständige rechtmässige Ausgabe, Stuttgart, 1839. — Éditions Velles de R. Boxberger (15 vol., Berlin, 1879-1883) et de Ed. Grisebach |vol., Leipzig, 1900). — Choix, par Max Koch, 4 vol., Stuttgart (dans la collec- | : Deutsche National-Litteratur, de Kürschner): taductions. — La première traduction française a été celle de Loève-Weimars vol. Paris, 1829-1833) : elle a été suivie de plusieurs choix de contes, par Tous- (2 vol. Paris, 1838), par Xavier Marmier (Paris, 1843), par Champfleury es posthumes, Paris, 1856).

graphie et critique. — La vie d'Hoffmann a été racontée par son ami Hitzig | Hoffmanns Leben und Nachlass, 2 vol., Berlin, 1823), et plus récemment par linger (2. T. A. Hoffmann, Sein Leben und seine Werke, Hambourg et ‘: 1gs 1894). — Voir aussi : Arvède Barine, Vévrosés, Paris, 1898.

dé

Gœthe, Schiller, Jean-Paul et Tieck,etcen ii qu’ après É | tâtonnements qu'il a trouvé enfin le genre pour lequel il fait, le roman villageois. Il a eu peu de rapports personnels. ave les chefs du romantisme, C'était à la fois un écrivain très indéci et un caractère très énergique, porté à se retrancher dans un solitude ombrageuse. Il était né à Dusseldorf, en 1796 ; il fit | seconde campagne de France et combattit à Waterloo; plùs arc il occupa plusieurs postes dans la magistrature, et mourut, con seiller de légation, dans sa ville natale, en 1840. I dirigea’ per dant quelques années le théâtre de Dusseldorf, et y forma un excellente école de comédiens. C’est peut-être la représentatio des grands chefs-d'œuvre qui lui ouvrit les yeux sur ses propre productions. Il n’a gardé que quatre des dix-neuf pièces. qu composa, sans qu'on puisse toujours s'expliquer les motifsq déterminèrent son choix. Toutes sont remplies de singularité qui suffiraient pour les compromettre devant le public Ie moir sévère, lors même qu'elles seraient mieux construites; quelque: unés n’ont jamais vu la scène. Trois tragédies, le Val @e Ronc: vaux, Erwin et Pétrarque, parurent ensemble en un volume, e 4822. Le Val de Roncevaux doit montrer qué le christi étend son empire par la douceur et non par la violence: est aimé d’une princesse musulmane, qui se fait chrétienn l’épouser, et qui gouverne l'Espagne après la retraite des Fran Erwin, dont le sujet est emprunté à l’histoire de Phept anglo-saxonne, est une accumulation de crimes, qui ferait aux drames anglais antérieurs à Shakespeare, sans les al satiriques qui nous reportent constamment au XIX° Pétrarque enfin a perdu tous les scrupules galants que lui pré la er à peine a il y Laure, qu'il veut penses dans |

Immermann aborda le genre comique, en écrivant l'Amour. Oberon, le ro] des Elfes, a marqué De princess ST

reconnaisse, toute défgutés qu'elle est, pour 4 ‘elle re sa première beauté. Cette aventure pourrail être. plais: ne n "était assaisonnée de 100ree es de mots, as se.

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| chef-d'œuvre. Le sujet était emprunté au vieux poète Gryus, et avait déjà été repris par Achim d'Arnim. Célinde, une tisane, fait boire à Cardénio un philtre pour se faire aimer lui, et, lorsqu'il demande sa main, elle lui déclare que « le rage est le tombeau de l'amour ! » ; Cardénio, après avoir tué rival, se donne la mort pour échapper aux mains de la tice. Toutes ces pièces manquent d'originalité réelle, et 1oignent seulement des aspirations multiples et impuissantes l'auteur.

æs deux drames historiques qui suivirent, André Hofer (1827) “Empereur Frédéric II (1828), trahissent l'influence de Schiller. lré Hofer est un autre Guillaume Tell; mais l'action dont il le-héros n’est que faiblement reliée à l’histoire par une scène se passe à la chancellerie impériale, ou, d’après une seconde action, au quarlier-général du vice-roi d'Italie; elle perd ainsi “partie de son intérêt. L'Empereur Frédéric Il réunit en un Lsujet le Wallenstein et la Fiancée de Messine. Frédéric IL, dans lutte contre la papauté, sent, comme Wallenstein, qu'il a ltre lui une force insaisissable, un préjugé, qui le détruira. Ses kBnzio et Manfred aiment tous deux la princesse sarrasine tælane, qui se trouve à la fin être une fille naturelle de leur 6. Immermann, après avoir marché sur les traces de Schiller, r&en lutte avec Gœthe ; il fit son Faust. C’est le poème dramateäntitulé Merlin, un mythe (1831). L'enchanteur Merlin est fils Satan et d'une vierge appelée Candida; il réunit en lui le et 16 mal, l'innocence et la perversité. Il mène les chevasde la Table ronde à la conquête du Saint Graal; mais, en min, il est séduit par Niniane, qui représente la vanité mon- 16;.et il abandonne ses compagnons. Il perd la raison, et il tué par le démon qui lui a donné le jour; mais il meurt au leu d'une prière, et son âme est sauvée. Le drame doit mon- Mque « l'humanité, partagée entre le bien et le mal, dérai- )nne, tout un cherchant à s'approcher de Dieu. » Pendant mmermann travaillait à cet ouvrage, auquel il attachait une nde importance, il écrivait aussi, pour s'exercer également

| Immermann connut à Magdebourg la comtesse Élisa d'Ahlefeldt, mariée au hide Lutzow, le chef des Chasseurs noirs. Elle lui inspira une vive passion,

| elle refusa de l'épouser, quoiqu'elle obtint son divorce; elle le suivit néan- 18 à-Munster et à Dusseldorf. Cette liaison romantique cessa en 1839, quand

ermann épousa Marianne Niemeyer.

De ARS.

(1.17 es 77

650 LE ROMANTISME. of dans le genre léger, un poème héroï: -comique en trois ch: Tulifæntchen (4830), qu'on a présenté tour à tour comme ! peinture de la noblesse déchue ou comme un persiflage du pt Platen. Tulifæntchen est fils de Don Tulifantet de Donna Tulip

il ne lui reste de tous les domaines de ses ancêtres qu'un cell mal approvisionné; lui-même est si chétif, qu'on ne peut regarder sans rire; c’est un Tom-Pouce chevaleresque. Enfin fée Libellule a pitié de lui et l'emporte dans son royaume, sujet pouvait prêter, entre les mains d'un poète habile, à d développements gracieux; mais .fmmermann n'a pas la toue Aégère. Le côté faible, ici comme ailleurs, c’est la forme. Imme ” er n'a jamais su bien manier le vers; c'est aussi ce qui m à ses poésies [yriques. TS

4 Sa prose vaut mieux que ses vers, et c'est encore a ses s de romans, les Fpiofe et et VAE qu'on trouverait, le À

«tiers état, ne pour arme ee se venge par un « d’extermination froidement menée. Mais lui aussi ma

« son but. Du conflit entre la corruption aristocratique. Ÿ « convoitise plébéienne, de la confusion des lois et des.

« surgira un troisième parti, auquel personne ne pense à

C’étaient là des paroles prophétiques. Les personnag {roman fait passer devant nous, un duc qui rêve une restaur un conseiller de commerce qui ne songe quà s’enrich médecin matérialiste qui finit par avoir des extasés, uned sentimentale et dévote, une juive convertie qui tient s

w ces personnages sont intéressants en eux-mêmes, mais Le cours sont plus clairs que leurs actions; l'intrigue | est ob , décousue. Le roman lui-même est un Dans d'Épigon is, pelle a par endroits Wilhelm Me et se AtinseS

dans la première partie, la bourgeoisie re la second

1. Die Epigonen, 3 vol., Dusseldorf, 1836. — Münchhausen, 4 v 1838-1839. LTESNS

eparties sont à peine reliées entre elles, et la seconde est de

icoup la meilleure. Le héros d’Immermann est un descen- “du fameux hâbleur dont les exploits étaient devenus légenes! IL est l'hôte d’un baron déchu, qui s'ennuie dans son oir délabré, en compagnie de sa fille, la prude et sentimen- Émérence, et d’un maître d'école grotesque. Leurs converns portent sur tous les travers du temps, et l’auteur en pro-

pour décocher en passant des traits satiriques à ses enne- PL

“c'était même là, paraît-il, le premier objet du livre. Mais les anteries de Münchhausen sont le plus souvent lourdes, trop ongées. Les allusions littéraires où même politiques étaient “être claires pour les contemporains; «aujourd'hui, elles ient besoin d'un commentaire. Swift mettait plus d'art à lôpper la satire dans un roman. La seconde partie du chhausen nous transporte dans la campagne des environs de lébourg. Ici l’auteur, oubliant Gulliver et Don Quichotte, ne eplus qu'à ce qu’il a vu, connu, aimé, et pour la première ilest tout à fait vrai. L'histoire d'Oswald et de Lisbeth consune charmante idylle, qu'on voudrait détacher du reste ?, pourquoi Lisbeth nous est-elle donnée à la fin comme une naturelle de Münchhausen et d'Émérence? Est-ce pour étaumlien entre les deux classes qui sont en présence, ou seunt entre les deux parties du livre? La blonde Lisbeth assez bien dotée par la nature pour pouvoir se passer enoblesse bâtarde. Immermann ne survécut que peu 1ées à la publication du Münchhausen. Il entreprit encore un ïé sur Tristan et Iseult, qu'il ne put achever. Ce fut son

baron de Münchhausen servit dans les armées russes en 1740 et 1741, et fpagne contre les Turcs. Ayant pris sa retraite, il vécut sur sa terre de werder, en Hanovre. Il était grand chasseur ct conteur d'aventures impos- Son premier historien fut Eric Raspe, professeur et bibliothécaire à Cassel, ologue et minéralogiste distingué, qui s'enfuit à Londres, ayant été accusé tdérobé une partie des collections qui lui étaient confiées : Baron Munch- Vs Narrative of his Marvellous Travels und Campaigns in Russia, Londres, est sur la quatrième édition du livre de Raspe, et probablement avec la bration de Lichtenberg, que Bürger composa son roman : Wunderbare Reisen issemund zu Lande, Feldsüge und lustige Abenteuer des Freiherrn von Münch- 1 wie er dieselben bei der Flasche im Zirkel seiner Freunde selbst zu ersählen aus dem Englischen nach der neuesten Ausgabe übersetzt, hier und da erbjund mit noch mehr Kupfern gesieret; Londres (Gæœttingue), 1787. etépisode, qui a été plusieurs fois édité séparément sous le titre de Der fa été traduit par Marie d'Asa : #8 blonde Lisbeth, avec une RH de Li Dipris, 1861.

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652 LE ROMANTISNE.

-son lyrisme, directement puisé à la najute, frais, dé

Silésie, d’une free originaire de la debate C'est +

chant du cygne, disent ses biographes : mais elle dif entre les strophes cahotantes d'Immermann et les doux ver Gotfrit de Strasbourg, son modèle!

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