EICHENDORPFF
Le baron Joseph d’Eichendorff a été appelé avec raise dernier des romantiques ; il marque réellement la fin de et même déjà un commencement de réaction. Il reste ron tique par ses tendances catholiques, maïs son catholicismen pas une fantaisie d'artiste ni un besoin d'exaltation mysti c’est le fond primitif et héréditaire de sa nature morale ét gieuse. Il est encore romantique par la composition relâché ses grands ouvrages ; un roman n’est guère, pour lui, qu'une. d'épisodes, et il ne voit aucun inconvénient à commencerun) sans savoir comment il le finira. La partie du romantismeu rejette, c'est la théorie de l’art abstrait, la séparationa lue de l'idéal et du réel, surtout l'isolement orgueilleux poète et son dérèglement moral. Enfin, ce qui est à lui,
varié cependant, simple expression d’une âme KE jeune.
souvenirs d Se qu'il reconnaissait lui- -même la vrai
1. Éditions. — ÆXarl Immermann's Schriften, 14 vol., Dusseldorf, Memorabilien, 3 vol., Hambourg, 1840-1843. — Theater-Briefe, Ber Nouvelle édition : Gesämmelte Schriflen, avec une biographie et des tions, par Boxberger, 20 vol., Berlin, 1883. — Choix, par Muncker (6, gart, 1897), et par Max Koch (2 vol., Stuttgart, collection Kürschner, À consulter. — Putlitz, Æ. Immermann, sein Leben und seine De
nisschrift zum 100. Gebur nine des Dichids mit Beiträgen von ol R. M. Meyer, Schulthess; Hambourg et Leipzig, 1896. — Voir aussi de David-Frédéric Strauss (Gesammerite Schriften, 11, Bonn, 1876).
2. Das Waldesrauschen, un des se les plus fréquents dans le poétique d'Eichendorff. ;
3. « Keinen Dichter noch liess seine Heimat los, » ui là neuvell und ihre Gesellen (1834), à
Ke re Lis féeniees ROMANTIQUES. 653
jamais cessé dé revoir en imagination le manoir F'hâtertet la je terrasse qui en faisait le tour, le parc avec ses jets d’eau, prairies en pente qui descendaient jusqu'à l'Oder. Ses preres lectures, à part celles que ses précepteurs lui imposaient, mt les vieux romans populaires, Geneviève de Brabant, la belle iuelone, les Quatre fils Aymon, et le lieu où il les lisait était fois singulièrement choisi. « Ma place favorite était dans les lus hautes branches d’un poirier qui s'élevait au bord du din; la vue s'étendait de là sur une mer de verdure, et, ans les soirées orageuses, je voyais les sombres nuées venir »S moi depuis la lisière de la forêt. Je ne sais si c'était le rintemps qui enchantait de sa lumière les histoires que je sus, ou si c'était le reflet de leurs merveilles qui rehaussait le rintemps; mais les fleurs, les bois et les prés étaient autres à tes yeux. Il me semblait que ces livres étaient la clef d’or im ouvrait les trésors de la nature. Jamais tant de douceur ide joie n'a passé sur mon âme. » Tout le contenu des sies lyriques d’Eichendorff, du moins des meilleures, est donné scette confession. Il reçut toute l'éducation aristocratique temps, devint bon cavalier, chasseur adroit, galant danseur. imait, comme les personnages de ses romans, les promenades manoirs voisins, les longues courses à travers bois. Il parle out d'un voyage qu'il fit, en compagnie de ses parents, à ons la Saxe et la Bohême jusqu'à Prague, avec tout l’attirail in seigneur allemand de la fin du xvine siècle menait encore ère lui. Pendant la campagne d’Iéna, il se trouvait à l’uniité de Halle : les cours ayant été suspendus, il se rendit à lelberg, où il entra en relations avec le groupe de Brentano lAwnim, Ensuite il visita Paris, et, au retour, il séjourna X ans à Vienne (1810-1812), où il connut Frédéric Schlegel. 1813, il s'engagea dans un bataillon de chasseurs. Il fit toute ampagne, et rentra à Paris, en 1815, avec les troupes alliées, Bsula paix, il fut chargé de diverses fonctions administra- 5, que l'indépendance de. son caractère lui rendait parfois ciles: Il fut attaché, pendant près de treize ans (1831- -1844), ministère des cultes à Berlin : c'est l'époque de sa liaison MChamisso, avec Hitzig, avec l'historien Raumer. avec le sconsulte SavignŸ. Il restait, Vers le milieu du’siècle, avec
10 dans les œuvres posthumes ; Paderborn, 1366.
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Bettina Brentano, le seul représentant de l’école roman: mourut à Neisse, en Silésie, en 1857. FREE Le premier roman d'Eichendorff et le plus considérable de ouvrages, intitulé le Pressentiment et l'Heure actuelle ?; parut, i une préface de Fouqué, en 1815. Il avait été écrit de 1806 à 1 c'est-à-dire dans l'intervalle qui sépare les campagnes d'Ién de Leipzig, et il devait montrer les anxiétés d’un cœur patrioti dans ces années qui pouvaient amener une ruine complète a bien qu'un relèvement. Par malheur, la trame décousue livre marque trop bien les déchirements intérieurs de laut Lui-même a donné un bel exemple de résolution, mais ses | sonnages sont plus découragés que lui. Le comte. Frédéric, d lequel il a mis le plus de lui-même, se retire dans un couve son frère se console par la magie. Une châtelaine émanci] après avoir prêché à satiété la doctrine de l'amour libre, me feu à son manoir etse donne la mort. L'idée du livre, quoiqu ne se dégage pas nettement, semble être contenue d s tirades sur le faux romantisme, qui à mis un abîme. poésie et la vie, créant ainsi une poésie sans vie et une wi poésie, « Comment voulez-vous, » dit un jour Frédéric, « « estime vos œuvres, qu'on les aime, qu’on en soit édifié «n'avez pas foi en vous-même? Rien n'est grand que ce « d’un cœur simple. Je hais plus que la mort cette « lamentation, qui s'épanche en sonnets pleurards, € « piteusement sur le bon vieux temps. C’est un feu de a « ne brûle pas les méchants, et qui n'éclaire pas lt « Combien êtes-vous qui souffrez réellement de nos « Cessez donc de vous plaindre, si vous n'êtes pas mil « votre époque, car aucune époque n’est foncièrement m: « Les saints martyrs, qui se jetaient dans les. flan Qu « invoquant le nom de leur Sauveur, voilà les vrais. fi « poètes... Vous êtes amoureux, mais à votre facon. « aimer sérieusement une jeune fille, et surtout à | « vous tenez Cela pour ridicule, car vous êtes nés, d « pour la poésie. Et quand la guerre sévit, vous célébre « enthousiasme sans bornes, et toutefois avec l'air distur « l’homme qui est arrivé à un point de vue supérieur, ce « de fer, ces cœurs de bronze, boulevard de la socié