‹ Histoire de la littérature allemandeChapitre 316 sur 534 · HENRI DE KLEIST · texte numérisé non relu

HENRI DE KLEIST

enri de Kleist avait le sens poétique trop profond pour se ser prendre au mécanisme puéril du drame fataliste, mais il romantique par d'autres côtés de sa nature. Le trait domitnde son- caractère est une personnalité excessive, un ange presque incompréhensible de présomption et de faise, une ambition qui ne sait se satisfaire, mais qui n’abdique ais et qui n’est pas exempte d'envie. En littérature, il a le goût étrange, du merveilleux, de ce qui est neuf, au sens littéral 10bils'imagine qu’il y a des découvertes à faire dans le domaine lettres comme dans celui des sciences, et il veut produire ntses contemporains étonnés quelque chose qui ne se soit is, vu avant lui. Ce qui fit son malheur, c'est qu'il ne se it jamais bien compte du but précis qu'il poursuivait, Il te sans cesse, dans ses lettres, que la seule activité digne de nme est le développement normal de ses facultés : il repreainsi une idée favorite de Gæthe, celui de tous les écrivains 1änds dont la gloire l’offusquait le plus. Mais une activité de re exige, chez celui qui en à fait la règle de sa vie, une stänce dans la conduite et une indépendance vis-à-vis du le, en un mot, un équilibre intellectuel que Kleist ne sut isatteindre.

aride Kleist appartenait à une famille de vieille noblesse poméne, qui avait déjà donné à l'Allemagne un poète, le major

1 de Kleist, l’auteur du Printemps. Né à Francfort-sur-l'Oder

Thil entra à quinze ans aux gardes prussiennes, et il fit la

2 de 1794 sur le Rhin, où il eut Fouqué pour compagnon

es. Il devint enseigne, puis sous-lieutenant, Bientôt il prit

tier militaire en dégoût, obtint son congé, et se fit inscrire

lérétudiant à l’université de sa ville natale; il avait vingt-

ans. Il s'occupait surtout de philosophie, etilaffecta pendant

lUemtemps les allures d’un directeur d’âmes. Il trace, dans

#ltre, tout un plan de conduite à sa sœur Ulrique, la confi- Iévouée et désintéressée de sa vie entière, et il sermonne

OUp Sa fiancée, la fille du général de Zenge, avec laquelle il

It quelques années plus tard, ne croyant pas pouvoir l’asso-

| la destinée qu'il rêvait. « Il y a un mot que vous autres

MES ne comprenez pas, » lui dit-il dans sa dernière lettre,

Le " 1 . si a UN LA PR -< # PIS ON SR NE "RL TS NET A 2 En RTE ESP k té eh N ! ; É aÿ*) pe imp die * $ 1

« c’est le mot ambition !. » Son ambition à lui ne savait« prendre. Ce qui lui coûtait le plus, c'était une résolution . d'avoir terminé sa première année d'études, et pendant faisait à Berlin de vagues démarches pour se faire attache ministère des finances, il écrivait à Ulrique : « Ma tête resse «à une urne de loterie, où, à côté d’un numéro gagnant, se « vent mille mauvais numéros. Il est bien pardonnable, d& « cas, de remuer les billets d’une main incertaine. Sans doute « ne sert à rien, mais du moins on éloigne ainsi le moment «rible qui décide irrévocablement du destin d’une vie en «Plus d’une fois j'ai été sur le point de me résigner à uned «fonctions où les hommes trouvent ce qu'ils appellent le bon! «et finalement je pourrais me consoler par l'exemple d’Ap « lui-même, qui fut condamné à servir comme valet sur lat « Mais le but supérieur que je me suis proposé autrefois} « cessé de m as et je ne puis y renoncer sans pi « moi-même ? ee

Au Se de l’année 1801, il partit brusquement Pcris. C'était. un voyage d'expérience, une sorte de recon sance qu'il poussait vers le centre du monde civilisé. Il visi

passant, Dresde, Leipzig, les bords du Rhin. A Dresde, en: tant à une messe en musique dans la chapelle. de la. cout,

tenté, dit-il, de se prosterner devant l’autel et de se faire c: lique. À peine eut-il touché Paris, que le disciple de Rous qui sommeille dans le cœur de tout Allemand de kf XVIII siècle, se réveilla en lui. La Ville ui RE sale, les de À

S ire vers la Suisse. Il ne vaÿait alors que l'env civilisation, les besoins factices qu’elle amène, les € qu'elle excite, et il songeait sérieusement à se faire pa lia cependant, à Berne, avec le romancier Zschokke et Wieland, le fils de l’auteur d’Oberon, qui le tirèrent mo ment de sa solitude, C’est à eux qu'il fit la lecture de son.

1. Heinrich von Kleists Briefe an seine Braut, herausgegeben von K Breslau et Leipzig, 1884.

2. Heinrichs von Kleist Briefe anseine Schwester Ulrike, her Koberstein, Berlin, 1860; nouv. éd., par S. Rahmer, Berlin, 1905:

Le

Est,

ilne put arriver jusqu’à la dernière scène, la plus pathétique, nte Zschokke dans son Autobiographie, car le rire des audis, qui allait toujours croissant, finit par gagner le lecteur. gravure suspendue dans la chambre de Zschokke, la Cruche e devint l’occasion d'un concours entre les trois amis; On y itun couple d’amoureux, l'air triste et embarrassé, la jeune lenant une cruche cassée entre ses mains, et à côté d’elle une ecriaillant et désignant le jeune homme à la vindicte d'un “Zschokke fit sur cette donnée une nouvelle, et Kleist isa une comédie, qu'il ne termina que cinq ans plus tard !, petit groupe bernoïs se sépara vers la fin de l'hiver, Zschokke bligé de quitter la ville, pour cause politique. Kleist tomba de” Sa sœur accourut pour le soigner et le ramena en Alleie” Ils passèrent par Weimar. Schiller fit bon accueil au jeune #Wieland ‘le logea dans sa maison à Osmanstædt:; Gœthe, enlui témoignant de l'intérêt, éprouva devant lui « une sorte foi, comme devant un être sur lequel la nature aurait eu belles visées, mais qui serait la proie d'un mal incurable ? ». beneffet, était moins que jamais maître de lui-même. Tantôt taltait dans le sentiment de sa supériorité, se disait le pre- "Poète du siècle, parlait « d’arracher la couronne du front Gœ@the lui-même », tantôt il retombait dans un morne 2ment. Il était atteint d'une monomanie spéciale de suicide; léewixe était de vouloir mourir de compagnie avec un ami. JuMeau voyage qu'il entreprit en Allemagne, en Suisse et ace ne s'explique que par le besoin d'échapper au démon 2poursuivait. À Paris, il brûla le manuscrit d'une tragédie ibert Guiscard, sur laquelle il avait fondé d’abord les plus les espérances. A Boulogne, il fut,sur le point de s'engager armée de Napoléon, qui préparait sa descente en Angle- ILdit bien, dans une lettres, que ce projet « n’avait rien litique et ne devait être jugé qu'au point de vue médical, » ilmw’en est pas moins étrange qu’il ait eu la pensée de sous les ordres de l’homme qu'il voudra bientôt mettre ir l'Œuvre gravé de Deboucourt, par M. Fenaille, Paris, 1899. Le tableau de antérieur d'une dizaine d'années à celui de Deboucourt, ne contient que © Principale, avec une attitude sémbläble. — Wicland promit une satire, | Paraît pas avoir jamais écrite : mais il composa sur une donnée semblable

édié, Ambrosius Schtinge (1805). — A consulter : Th. Zolling, Æ. von Kleist lchieiz, Stuttgart, 1882.

ir son article sur les Dramaturgische Blätter de Tieck. Sa sœur Ulrique, le 24 juin 1804.

LS

612 Le au ban du tiérds civilisé et même tuer de sa propre | chirurgien-major le décida à retourner à Berlin, où il n#) que six mois après, ayant été malade en route. =

Tout contribuait à le dévoyer. Lorsqu'il était en paix ave même, les circonstances lui étaient contraires. A Berlin, d'abord reçu comme l'enfant prodigue qui revient au logi reine Louise lui fit une pension, et, vers la fin de l’année, attaché à la chambre des domaines de Kœnigsberg. Il repr travaux littéraires; il écrivit ses premières nouvelles, comn Michel Kohlhaas, termina la Cruche cassée, et traduisit P Amphi de Molière, qui lui donna sans doute l'idée d’un autre | antique, Penthésilée. Mais bientôt l'horizon politique se rer! nit. La Prusse entra dans la coalition, et, vers la fin del 1806, les troupes françaises couvrirent tout le Nord de” magne. Kleist, dans un voyage qu'il fit de Kænigsberg à D) en compagnie de deux officiers, fut arrêté comme espi, conduit en France; il fut détenu six semaines au fort de. dans les montagnes du Jura, et demeura encore six mois. pi nier sur parole à Châlons-sur-Marne. Sorti de captivité, aumt| de la paix de Tilsit, il s'établit à Dresde, qui fut pendant, que années, sous le protectorat français, un refuge pour les. ‘écri et les artistes, une sorte de terrain neutre entre les grandes sances belligérantes !. II y fonda, avec Adam Müller, une rev Phébus, et même une librairie qui s’appela la Librairie du Phe C'est dans le Phébus que parurent quelques-unes des ses leures nouvelles, le seul fragment qui soit resté de: Rober card, et des scènes de Penthésilée et de Catherine deHa i Malheureusement, Kleist n’avait rien d’un directeur de rev se brouilla avec Gœthe, qui s'était permis une critique sut’ thésilée ; il lança contre lui quelques épigrammes peu spiritul l'attaqua même dans sa vie privée, et s’aliéna ainsi ] littéraire de Weimar. |

Le Phébus, dont le premier numéro paruten jai 1808, gnit avec peine la fin de l'année, et il entraîna le Phéniæ dis chute. Dès le mois d'août, Kleist écrivait à Sa sœur : «

tE RÔMANTISMÉ. …

1. Julian Schmidt, dans l’Introduction des Œuvres de. Kleist. l 2. Adam Müller avait étudié successivement la théologie, le droit. naturelles. C'était un esprit superficiel, avec une apparence d'univ d'une grande facilité de parole, il faisait des conférences sur Je philosophie, la politique. Il finit par se faire nommer consèiller d à Vienue, et il Me l'empereur François. 1 à Paris en 1815.

maintenu jusqu'ici, quelque bas que soit le commerce de

“adviendra.… Au théâtre de Berlin, on ne joue que des tractions de petites pièces françaises. A Cassel, le théâtre alleind a cessé tout à fait ses représentations, ét une troupe inçaise s’est installée à sa place. Bientôt, si Dieu ne nous proze, il en sera partout ainsi. Qui sait si dans cent ans on parraencore allemand ici? » Jusque-là, de toutes les pièces de styune seule avait vu la scène : c'était la comédie en un acte, ruche cassée, -que Gæœthe avait fait monter à Weimar, et elle téchoué devant le public de cette ville, habitué aux élégances siques !. Une autre, le drame de Catherine de Heilbronn, devait run peu plus tard, trois représentations à Vienne. Raretun poète dramatique fut moins encouragé que Kleist. Bientôt ndit Napoléon responsable de ses échecs, et il lui voua une tewféroce. Il écrivit alors la Bataille d'Arminius, qui visait ctément celui auquel il souhaitait le sort de Varus. Quand triche reprit les armes, en 1809, il se rendit à Prague, pour approcher du théâtre de la guerre. IL voulait fonder une ‘politique, qui devait s'appeler Germania. La bataille de ramne ruina pas seulement ses espérances, mais « anéantit “te son activité ? ». De retour à Berlin, il s’associa encore fois avec Adam Müller pour une revue qui dura six mois 3, écrivit le Prince de Hombourg, où il glorifiait la maison royale russe, mais qui, pour des raisons puériles, ne put même # à la cour. Ses dernières nouvelles trahissent la fatigue. à bout de ressources, et sentant son génie épuisé, il it he mourir. Mais, d’après son idée fixe, il lui fallait un pagnon. Il s’'adressa d’abord à Fouqué, qui refusa. La femme de ses amis, avec laquelle il faisait quelquefois de la iqué, et qui se croyait atteinte d’une maladie incurable, eut hasard la même pensée que lui. Ils exécutèrent ensemble projet au bord du lac de Wansee, près de Potsdam, le ovembre 1811.

4 fin tragique d’un poète encore jeune défraya quelque

Kleist accusa Gœthe de son insuccès. Gœthe, en effet, trouvant l'acte trop avait fait baisser plusieurs fois le rideau, ce qui, selon Kleist, avait nui à tession générale.

ottre à Ulrique, du 17 juillet 1809.

Jerliner Abendblätter, octobre 1810-mars 1811,

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rie en général. Mais si la guerre éclate, je ne sais ce qu'il.

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F NE PE das et En So UMR AS ABRIS EE ET fe

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- des a el des amis, elle ne causa He une émotion bien fonde. Kleist était peu connu en Allemagne !. Tandis que Zach Werner passait pour un grand poète, que Müllner et Hous

occupaient toutes les scènes, son nom avait à peine péhl dans le public. Même dans le monde des lettres, il était | discuté, exalté par quelques-uns, presque dédaigné par d'aut Lui-même avait toujours eu une tendance à s'isoler. Romanti!

/ par goût, il n’avait eu que peu de rapports avec l'école.dor aurait pu être un des chefs. À Berlin, il avait fait quelq apparitions dans le salon de Rahel, et il avait fréquenté le gro, de l'Étoile du Nord. A Dresde, il avait connu Tieck, et luira, lu Catherine de Heilbronn. Mais, en général, soit par prine soit par orgueil, il suivait sa propre voie, et, tout en désir passionnément le succès, il ne cherchait ni à s'appuyer sur :

\” école ni à faire école lui-même. Il n'avait jamais recueilli | écrits. Il avait fait paraître séparément la Famille: Schroffenst. Penthésilée, Catherine de Heilbronn, la Cruche cassée et deux sé: de molles et Adam Müller État chargé de publier. Am tryon. Tieck y ajouta, en 1821 seulement, les œuvres posthun:

comprenant le Prince de Hombourg, la Butaille d'Arminius e\ fragment de Robert Guiscard, et, en 1826, il donna la premi édition somRIEte des œuvres de Kleist. Trente-trois ans. 86 il sèrent avant qu'une seconde. édition devint nécessaire. fut que vers le milieu du siècle que commença la popu Kleist et que l’histoire littéraire s’occupa sérieusemen Aujourd'hui, trois au moins de ses pièces, la Cruche cass

/ | fois remaniée, sans pouvoir se maintenir au | {héhte heurte he les conventions scéniques:; quant à la

son nom.

Dr) DRAM | ROMANTIQUE. M: a 678

nes Fe même famille. Il existe entre elles un Écntins

Heipal représentant de la branche survivante. Dès lors, on bserve jalousement; on calcule les chances d’héritage; on ompte d'avance la mort d’un parent, puis on la désire, et l-hâte enfin par des voies criminelles. Il y à bien, dans la ce, deux Caractères nobles, un père d’un côté, une mère de itre, qui arrêtent un instant le conflit; mais ils finissent par entraînés eux-mêmes dans le flot furieux qu'ils ont essayé calmer. Quelques scènes gracieuses, et qui le seraient davanessitelles étaient écrites dans un style moins maniéré, se ent entre un jeune homme et une jeune fille, appartenant edeux camps opposés. Tout le groupement des personnages pelle Roméo et Juliette; mais il y a une différence essentielle re Ja pièce de Shakespeare et celle de Kleist. Dans l’une, ce tes amants qui jouent les rôles principaux; dans l’autre, ce itles pères. Si Roméo et Juliette est la tragédie de l'amour, {a mille Schroffenslein est la tragédie du soupçon et de la méfiance, ea méfiance qui met sur les choses les plus pures la livrée de enfer». L'exposition, qui remplit le premier acte, ne manque dé grandeur; le poète nous transporte successivement au enndes deux familles. Mais ensuite se déroule une intrigue inle: Un enfant s’est noyé; une sorcière lui coupe les deux itsdoigts; elle se sert du doigt gauche pour ses maléfices; ureest pris par un soldat, qui y attache une idée superstiisenet toute J'action pivote sur ces deux doigts coupés. On use.le soldat d’avoir tué l'enfant et. d’avoir été gagé par la iSonwrivale; le sang versé crie vengeance. Au milieu des auts et des embuscades, les deux amants se donnent rendéz- ISSur une montagne. Surpris, ils échangent leurs vêtements ur fuir. Les deux pères, trompés par le déguisement, tuent son fils, l’autre sa fille, chacun croyant frapper l’enfant de bénnemi. La sorcière jette devant eux le doigt coupé, et tout plique. On se réconcilie sur les corps des victimes. Deux pernages complètement inutiles interviennent encore à la fin, ‘aïeul aveugle, qui reconnaît les cadavres en les touchant, on fils bâtard, vent fou, qui accompagne le dénouement de isanteries sinistres. Le style est heurté, outré, incohérent, vent obscur; les images sont extravagantes. Agnès dit, en he de son amant : « Son visage ressemble à un doux orage

près lequel, si l’une vient à s'éteindre, ses biens passeront au”

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« matinal, son œil à l'éclair qui passe sur les hauteurs « velure au nuage qui recèle la foudre; son approche = « souffle qui vient des espaces lointains, et sa parole” « torrent qui tombe de la montagne. » Et un rival du je héros paré de tant d’attraits lui dit : « Je serais contraric « ton cœur était semblable à une tortue que sa carapace « invulnérable, car mon seul plaisir sera désormais de te pc « suivre de mes piqûres comme un taon. » Un tel langage c vient plutôt à un mélodrame qu’à une tragédie, et plutôt enc à une parodie, et l’on comprend l'effet d’hilarité que la Fan Schroffenstein produisit sur les amis à qui le poëte en fé pe mière lecture.

; Penthésilée, aussi bien que la Famille Schroffenstein, se mé 2 selon l'expression de Gœthe, «dans un monde étrange auqut «faut d’abord s’accoutumer!». Mais elle rachète ce défaut, si est un, par l’art de la composition. Sous ce rapport, la dista est énorme entre les deux pièces, et l'intervalle a dû être ren par des études sérieuses, sur lesquelles nous ne sommes qu' parfaitement renseignés par la Correspondance du poète. Bi ; À tation d'Homère se trahit à certaines particularités du style?. 5 plan est très simple; deux personnages attirent toute l’ ’attenti : et lorsqu'ils ne sont pas en scène, des récits nous entretienn de leurs actions. Ces récits se développer avec une larg __ épique, et donnent à la tragédie l'apparence d'un poème | ‘ Ÿ Jogué. Penthésilée est reine des Amazones. Selon la loi de : nation, elle doit conquérir son époux sur le champ de batai elle ne peut s'unir à lui qu'après l'avoir dompté par les arn Sa mère lui a destiné, en mourant, le plus vaillant des. Gr Achille, et, suivie dune troupe de jeunes guerrières, elle. ar: devant les murs de Troie, « comme un vent d'orage », pous pêle-mêle devant elle Grecs et Troyens. Elle à “1 compagnes de frapper Achille; elle veut en ROME set

Achille et elle, leurs lances en arrêt, — D S deux tonnerres — se heurtent du sein des nues. — Les lan fortes que les poitrines, volent en éclats. — Le fils de P debout; poeroe — tombe de cheval, environnée des © om es d

1. Lettre de Gœthe à Kleist, du 1er février 1808. 2. Par exemple, les adjectifs composés, ou les adjectifs placés #tantif, contrairement à l’usage atiemand. ë

rt; — et tandis que, livrée à sa vengeance, — elle roule devant lui ns la poussière, tous s’imaginent — qu’un dernier coup de sa main

LÉ DRAME ROMANTIQUE. | sert

la précipiter aux Enfers. — Mais lui, pâle, incompréhensible, se tient — semblable lui-même à une ombre. « Dieux! » s’écrie-t-il, — « quel régard d’une mourante m’a frappé ? » — Aussitôt il saute de cheval, — tandis que, rivées au sol par l’épouvante, — les jeunes filles s’arréit et, se rappelant — l’ordre de la reine, n’osent lever une épée, — véement il s'approche de la pâle victime, — et se penche sur elle. Pénthésilée! » s’écrie-t-il, — et il la soulève dans ses bras, — et dudit à haute voix l’acte qu’il vient d'accomplir, — et la rappelle en missant à la vie 1.

Lecaractère de Penthésilée est fait d'un mélange de tendresse de férocité ; elle est à la fois « Grâce et Furie ». C’est sa preière expédition qui l’a menée sous les murs de Troie. Jusquetelle n'aurait pas écrasé le ver qui rampait sous son talon; elle semblait née du rossignol qui habite autour du temple de

Diane. » Elle a vingt-trois ans : Kleist aime le détail précis. #7

lea là vigueur d’une jeune femme, avec lâ candeur d’une ant, « de petits pieds, de petites mains et une chevelure soyeuse, qui se répand comme un flot autour de son front ». ‘ec.ses compagnes, elle est brusque, emportée ; mais elle a des tours d'affection, aussi impétueux que ses colères. La première

Scène VAUT. — Penthésilée a vingt-quatre scènes; elle est formée d'un seul ,4 te qui à toute la longueur d'une tragédie ordinaire. L'action ne comporte ‘ 2

« Achill und sie, mit vorgelegten Lanzen, « Begegnen beide sich, zween Donnerkeile, Re « Die aus Gewülken in einander fahren;

« Die Lanzen, schwächer als die Brüste, splittern à « Er, der Pelide, steht, Penthesilea

« Sie sinkt, die totumschattete, vom Pferd ;

« Und da sie jetzt, der Rache preisgegeben,

« Im Staub sich vor ihm wälzt, denkt jeglicher,

« Zum Orkus vôllig stürzen wird er sie ;

« Doch bleich selbst steht der Unbegreifliche,

« Ein Todesschatten da : « Ihr Gôtter! » ruft er,

« Was für ein Blick der Sterbenden traf mich! »

« Vom Pferde schwingt er eilig sich heraë ;

« Und während, von Entsetzen noch gefesselt,

« Die Jungfraun stehn, des Wortes eingedenk ‘4 « Der Kônigin, keïn Schwert zu rühren wagen :

« Dreist dor Erblassten naht er sich, er beugt

« Sich über sie : « Penthesilea! » ruft er,

« In seinen Armen hebt er sie empor, :

« Und laut die Tat, die er vollbracht, verfluchend, « Lockt er in’s Leben jammérnd sie zurück. »

Cun arrêt. C'est une des causes, mais non la seule, qui rendent la pièce

Propre au théâtre.

LE ROMANTISM L

fois qu elle voit Achille, elle ne si fort, que « Je reflet d « visage colore ses armes jusqu’à sa ceinture. » Au combat, une force déchaînée, aveugle et éperdue; on la compare à lionne, à une panthère. Une fois, le char d'Achille, porté par mêlée, s'engage dans des rochers abrupts et se renverse;

héros lui-même s’embarrasse dans l’attelage. Aussitôt Pentl

silée, à cheval, s'élance à sa poursuite, avec une telle ardeur q « son panache semble la tirer en arrière, comme saisi d'épt « vante. En délire, elle pousse au flanc du rocher, puis, VOye « la pente inaccessible, elle revient et recommence à grimp « Enfin la voilà perchée sur un bloc de granit; elle ne p « plus faire un pas, ni en avant ni en arrière. Soudain elle « précipite avec son cheval jusqu'au pied du rocher, fais « rouler les Hu avec fracas, comme si elle voulait s'ouv «un chemin jusqu'aux Enfers 1, »

Penthésilée, par certains côtés de sa nature, est faite à UE de Kleist. L’exallation est son état habituël, et, sous le coup du émotion, son exaltation devient du délire: Elle ne peut suppor la pensée d’avoir été vaincue à son premier combat, et vaine par celui qu'elle aime. Elle prononce des paroles incohérent elle veut lâcher contre son vainqueur la meute de ses chia comme pour une chasse furieuse; elle veut entasser Pélion s

. Ossa, « saisir le soleil par ses cheveux d’or et le prosterner deva

« elle ». Il faut, pour la calmer, lui faire croire qu'Athille à désarçonné en même temps qu’elle, et qu'il est resté prisonn) aux mains des Amazones. Achille se prête à ce subterfuge ; à à elle le fait asseoir à ses pieds et l'entoure de guirlandes, sy des liens qui doivent bientôt les unir. Pendant qu'elle se livre cet enfantillage, ses compagnes, qui ont recommencé le comb reviennent victorieuses sur la scène. Ulysse, qui emmène Achille

tire erreur. Alors elle maudit un HOME ee a rend 14 libe x

il peut être aimé soil jui envoie un héraut pour la prov 7

au

à un nouveau combat. Son intention est de se laisser vaincr .Mmais elle se figure qu’il veut la railler. Elle fait avancer $

/ chiens, ses éléphants, ses chars armés de faux, et à cet athir,

le ciel ajoute le tonnerre. Achille se présente, sans bo tant seulement sa lance. Une flèche l’atteint au cures

a à Scène Il,

er NE He Lee RUN EE

hésilée se jette sur lui, lui arrache son armure, « livre ses ; membres à la morsure des chiens, et, chienne elle-même, ” “nionce ses dents dans la poitrine du héros. » Tel est le récit

ue fait une Amazone. Penthésilée revient sur le théâtre, les

ains et la bouche ensanglantées, et, lorsqu'elle a repris ses sens, les'agenouille auprès du cadavre et meurt. La scène est horblesrelle devient grotesque par l'expression. Penthésilée rend

me au milieu des plus affreux jeux de mots. Malgré l’outrance essentiments, malgré le.clinquant des métaphores, la tragédie | à Penthésilée est la création Ja plus puissante et la plus origi* ale” de Kleist; c’est un chef-d'œuvre dans le genre mons- “ ueux !.

Cutherine de Heilbronn est, selon l'expression de Kleist luième, la contre-partie de Penthésilée. Après l'héroïne indomptée, est l'esclave volontaire. Catherine est fille d’un Charbonnier, du, moins elle croit. l'être. Elle est attachée aux pas du )mte de Strahl, qu'elle aime. Il a beau la repousser, la menacer

1 fouet, la frapper du pied ; elle le suit comme son ombre. Elle >vitque de sa vie; elle tombe en défaillance quand on la sépare lui Le père supposé de Catherine cite le comte devant la Sainte :hme, l’accusant de séduire sa fille par des sortilèges ; mais le ibunal, qui paraît composé de philosophes, déclare qu'il n’y a rien qui tombe sous sa juridiction, et enjoint seulement au

ON : fa

2 dit : « Ce n'était qu'une méprise ; des baisers, des morsures (Æüsse, Bisse), cela , ime, et, lorsqu'on aime de toute son âme, on peut bien prendre l'un pour l'autre. »

e se laisse désarmer, puis elle meurt par le seul effet de sa volonté; voici ce elleédit: « Maintenant je descends au fond de ma poitrine, comme dans un uits de mine, et j'en tire, froid comme un minerai, un sentiment qui anéantit. Ce linétai je le purifie à la flamme ardente de ma douleur, et je le rends dur comme acier, Je lo trempe de part en part dans le poison de mon repentir; je le porte . urLéternelle enclume de l'espérance, et je l'aiguise pour en faire un poignard, : uquel je présente ma poitrine. Là! là! là! là! et encore! Voilà qui est bien! » 1tela pièce est émaillée de cés fleurs de style. Quand Penthésilée croit avoir { neuAchille, elle veut que les messagers ailés de la Joie circulent à travers ses nes eten chassent le sang paresseux qui les remplit, et qu'on voie flotter sur f Hjoues; comme sur un drapeau rouge, ces mots : « Le fils de Thétis est à moi! » 2e 'squelle revient du combat où elle a été renversée, une de ses compagnes lui e Wpourrelever son courage : « Présente le sommet de ta tête, comme une clef À Le voûte, à la foudre des dieux, ct crie : « Frappez! » Laisse-toi fendre jusqu'à ?s pieds, mais ne branle pas en toi-même, aussi longtemps qu’un souffle de ni ortier et de pierre se tiendra dans ta poitrine. » Diomède, dans la première 4 ne, « fait tomber partout le fil à plomb de sa pensée », pour dire qu'il va aux À #mations, et Achille dit aux Amazones (scène x1) que leurs yeux sont plus artriers que leurs traits.

. Quand Penthésilée, revenue à elle-même, se rappelle les détails du combat,

680 de comte de faire reconduire la jeune fille à Héilbronn. Tell l'exposition qui rémplit le prémier acte, la meilleure part drame, comme dans la Famille Schroffenstein. Le reste estu aventure chevaleresque dans le goût-de la période Sturw Drang, agrémentée de merveilleux romantique. Un chérül dirige l’action; il fait voir, dans un songe, le comte de Strah Catherine comme son futur époux, et il envoie au comte songe pareil. L'idée est renouvelée de l’Oberon dé Wielandse convenait mieux à une épopée qu'à un drame. C’est sans doi le même chérübin qui sauve Catherine des flammes, quand. ennemis du comte ont mis le feu à son château, ou plutôt château de sa fiancée; car Catherine a une rivale, une fem laide et méchante, qui, d’après le plan primitif, était une vr sorcièret. Les menées diaboliques de cette femme sont dév lées à la fin, et il se trouve que le chärbonniér à élevé, 64 le savoir, une fillé naturellé de l’empereur. Aü reste, la conc sion était prévue, cär Cätherine est une voyante, et, dans s somméil, elle prédit l'avenir. La pièce, d’un caractère indé flotte entre le drame et l'opéra; elle a gagné le grand public | la variété du spectacle et par la nouveauté, quoique u£e F bizarre, du rôle principal ?.

Catihrihe de Heilbronn a été suivie de deux bises patriotiqu la Bataille d’Arminius et le Prince de Hombourg. La première se pellerait plus justement une pièce politique; elle avait un.)

immédiat, but manqué du reste, puisque l'ouvrage ne parut ç

dix ans après la mort de l'autel. Il s'agissait de montreh à

Allemands, par un éxemple historique, la conduite à tenir vis vis de Napoléon, et il faut avouer que cette conduite n'était | précisément glorieuse *. Ce que le poète conseille à ses com] :. triotes, ce n’est pas la lutte franche et loyale, la bataille en | campagne, c’est une guérre de surprises et de trahisons. An nius, ou Hermann, tel qu'il le dépeint, est un homme naturel

1. C'est sur le conseil de Tieck que Kleist modifia, humanisa le car Cunégonde. :

2. Comparer la ballade du Comte Watters de Bürger, traduite & Percy. — Le drame de Catherine de Heilbronn est écrit tour à tour en vers, sans que le choix de l'une ou de l'autre forme soit déterminé cause apparente, par le contenu des scènes ou par le cäractère des pe 3. Dans un distique qui sert d'épigraphe à la pièce, Kleist dit : « Malh « ma patrie! Il m'est interdit, À moi ton poèté, nourri dans ton s « sonner la lyre à ta louange. »

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= LE DRAME ROMANTIQUE. | gt

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doux; « le printemps ne l’est pas davantage, » disent les

tenti, il s'appuie, tout ému, contre un chêne, sans proférer ne parole, et il faut qu’un de ses compagnons donne les ordres sa place. « Laissez-le, » dit celui-ci, «il se ressaisira déjà. » Il se ssaisit en effet, et il devient alors non seulement brave, mais uel et sanguinaire. Hermann a, comme tous les héros de Kleist, ne” passion unique, qu'il pousse jusqu'à la fureur : c'est la ane de l'étranger, une haine qui le rend injuste et aveugle, Le OMmain — et derrière le Romain il faut voir ici le Français — est, à ses yeux, qu'un pillard, et tous les moyens sont bons ur en purger le sol de la patrie. C’est pour lui une nécessité de oire à la perversité de ses ennemis, pour qu'il n’ait pas à hésiter rle choix des armes qu'il leur oppose. On lui parle d’un cention qui, au péril de sa vie, a sauvé un enfant des flammes; il écrie : « Maudit soit-il! il a pour un instant égaré mon sens et rendu mon cœur infidèle à la patrie. » I] fait déguiser des Ché- Isques en soldats romains et les charge de ravager le pays. Il donne l'exécution d’un lieutenant de Varus, qui est resté dans ncamp. « Mais je suis ton prisonnier, » dit le Romain, « et tu connais le devoir du vainqueur vis-à-vis de l’homme désarmé. » mann se contente de répondre : « Le devoir? le droit? Vraiment, cethomme a lu Cicéron. » Un dernier trait du caractère Hérmann, et qui semble difficilement se concilier avec les litres, c'est sa froide dissimulation vis-à-vis de Varus : il le joue l'attire au piège avec la rouerie d’un diplomate consommé. Il montre devant lui tour à tour indifférent et ambitieux, et ujours jaloux des faveurs de Rome. Il va jusqu’à encourager s assiduités du légat Ventidius auprès de sa femme Thusnelda. i Moments, il nous apparaît tout à fait comme un homme du siècle qui a pris des leçons de politique chez le publiciste nt, l'ami de Kleist. Il a l’idée de l'unité germanique; il a, échi aux aptitudes des différentes races pour le gouvernement Pmonde, et il estime que les Latins sont les moins propres à

rôle, « ne pouvant comprendre ni honorer un caractère national quelconqué, excepté le leur ! ». La victoire des Gerains est due à une alliance entre Hermann et Marbod, qui se nnent rendez-vous sur le champ de bataille. Marbod, roi des

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. Acte I, scène ur.

ardes qui préludent au combat. Quand l'hymne guerrier, a

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; Kleist écrivait sa pièce. Un pouvait montrer le conflit entre »/ discipline militaire et l'inspiration personnelle, entre le devo

Suèves, établi ans la végion qui ne aujourd’ hui la Boh et dont, l'histoire fait un allié de Rome; représente l'Autrie e tandis que le Chérusque Hermann est investi du rôle. que le poète aurait voulu voir jouer à la Prusse. Les chefs germains qu combattent à côté de Varus font penser aux princes allemand: placés sous le protectorat de Napoléon. Hermann conseille, d les épargner, étant sûr de les retrouver comme alliés, le jourot la fortune se déclarera contre les Romains. Ainsi toute l’actior

a une double face. L’allusion est partout; elle fausse la concep

tion première; elle rompt l’unité des caractères. On a relevé le: anachronismes dont le deben fourmille : c'est peine perdus I pièce n’est elle-même qu'un long anachronisme !. he Le Prince de Iombourg est d'une inspiration plus ee À d’une conception plus logique; c’est un drame national, dans 1 meilleur sens du mot, malgré l’excentricité du caractère prin cipal. Le sujet, déjà modifié par la légende, était pris danse Mémoires de Frédéric II. Le prince Frédéric de Hombours com mandait la cavalerie à la bataille de Kehrbellin, où le Gran, Électeur repoussa, en 1675, les Suédois, alliés de Louis XIV. | faillit compromettre le sort de la journée en faisant avancer 0 corps d'armée trop tôt et contrairement aux ordres qu'il-a reçus. Mais l'Électeur, au eu 2e Je faire juger d'à après le:

A l'historien, le ee avait noblement réparé sa fau te | avait même puissammant contribué à la victoire par la vaillanc qu'il avait déployée pendant toute la journée. Il & avait | beau sujet à développer, et d'un intérêt actuel à l'époque

ir d J'obéissance passive et cet autre devoir, non moins impérieus de ne négliger aucune chance de succès, quand les td la patrie est en jeu. Kleist, avec le sens poétique dont il ta doué, à bien vu ce que la donnée avait de dramatique;

1. I1 paraît que Thusnelda elle-même, qui chante des Éhaeons sentnie s'accompagnant du luth, et qui protite des conseils de Ventidius pour Ê n'était, dans l'intention de Kleist, qu’une image de l’Allemande deso « C'est, au fond, une bien brave femme, » disait-il, « mais un peu niai « sont ces petites femmes qui se laissent prendre aux manières français l'Introduction de Julian Schmidt, p. xcv.) Il semble néanmoins quest d'elle une héroïne, il aurait pu ‘a rendre moins ridicule. :

Jon son habitude, il n'a pu s'empêcher d'y mêler des éléments | r igers. Son prince de Hombourg est somnambule: Nous ie 7 ouyons, quand la toile se lève, se promenant au clair de lune ins le parc du château. Puis il s’assied, moitié éveillé, moitié dormi, sur un banc, et il tresse de ses mains une couronne de uriers, qu’il veut poser sur sa tête.Celte couronne qu'un somumbule, « semblable à sa propre postérité », se tresse au clair de. ne; nest-ce pas le symbole des ambitions maladives qui .tourentaient le pauvre poète? La cour survient; l’Électeur prend la üronne des mains du prince, l'entrelace avec la chaîne qu'il nte lui-même au cou, et la remet à sa nièce, la princesse Nathalie. prince, toujours endormi, veut la reprendre, etne parvient qu’à Sir un des gants de Nathalie. Une porte qu'on ferme brusqueent derrière lui le réveille. Même à l’état de veille, Hombourg des distractions singulières pour un général. Il n’est occupé que Mgant de Nathalie, pendant que le feld-maréchal donne aux mmandants des différents corps d'armée leurs instructions pour lendemain, et c’est la cause principale de l'imprudence qu’il mmet. Tout son être est fait d’irréflexion et d'inconséquence. Sespoirs, comme ses découragements, sont extrêmes. Lorsque, rès la bataille, la fausse nouvelle de la mort de l'Électeur S'acédite un instant, il se voit déjà l'unique soutien de l'État; ét and l'Électrice semble lui promettre la main de Nathalie, il crie : « O divin César, je dresse maintenant mon échelle jusqu'à ton étoile! » La sentence de mort prononcée contre lui

jette dans\un état lamentable. Son imagination affolée Jui Vs :

race tous les détails de l'exécution : le peuple est aux fenêtres ur le voir passer; On creuse son tombeau à la lueur des « ‘ches, « et celui devant lequel l'avenir s'ouvrait avec des pérsectives magiques, est couché, inanimé, entre deux planches. » se rend auprès de l'Électrice, la prie d'intercéder pour lui, et adresse cette supplication dans le goût antique, qui à été tant rochée au poète : « La terre de Dieu est si belle! Ne me laisse as, je t'en conjure, avant que mon heure sonne, descendre au oirroyaume des ombres. ! » Hombourg, avec le caractère que iStlui a donné, ne pouvait parler autrement, Mais devait-il donner ce Caractère? Toute la question est là. L'Électeur, :; SC ER | |

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Cest cette tirade, jugée indigne d'un officier,

L qui a fait interdire la pièce À lin. :

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