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684 . Je ; prenant Hombourg lui-même pour juge, Éautônse à décl l'arrêt s’il le trouve injuste. Alors le sentiment du devoi
/ réveille en lui; il reconnaît qu'il a failli, et se déclare prêt mourir. Cette déclaration suffit à l’Électeur; cet aveu, qu'il atten Y dait, équivaut, pour lui, à une punition. Ensuite nous retrouvon
le
prince dans le parc, et la vision du premier acte s'achèe
Nathalie lui pose la couronne sur là tête; il s’'évanouit, et, reven à lui, il demande si tout cela n’a pas été un rêve. Le héros es redevenu un somnambule. Les deux scènes parallèles, celle qt ouvre le drame et celle qui le termine, sont comme un cadr
vaporeux qui obscurcit le tableau; elles dénaturent l'actio guerrière, que traverse parfois un beau souffle héroïque. |
Les deux comédies de Kleist, la Cruche cassée et Amphitryor
datent de sa première période; elles sont contemporaines de | Famille Schroffenstein et de Penthésilée. Elles diffèrent l’une d l’autre autant que ses drames, et, quelle que soit leur valeu propre, elles sont une preuve de plus de la souplesse de so talent. La Cruche cassée est une simple farce, mais une farce d génie, comme les Plaideurs de Racine. La done est éminen ment comique. I} s’agit d’un juge, vieux garçon et bon vivan forcé d'instruire une affaire où il est lui-même le principal cor
pable. Le portrait du jugé est poussé à
St:
la caricature; l actio
s'étale au gré des incidents burlesques; mais le dialogue est wi
varié, plein de saillies. C’est un tableau hollandais, selon l'expre: sion de Tieck, d’une couleur un peu crue mais d’un déssi
ferme et expressif. 10
L'Amphitryon est d’un ton différent, du moins pour une part
de la pièce. Kleist, tout en gardant le plan de Molière et sar presque changer la suite des scènes, a trouvé moyen de greffe sur la comédie française un drame mystique qui est tout enti
de son invention. Il ne suffit pas à Jupiter de se présente er
Alemène sous la figure de. son époux Amphitryon : il veut IL apparaître comme le dieu panthéiste de la philosophie moderne
* 1. Acte IT, scène v.
Le dieu est-il bien présent à ton esprit? Le considères-tub comme le grand artisan de l’univers? Le vois-tu dans reflets rouges du couchant qui traversent les taillis silencieu) L'entends-tu dans le murmure des eaux, dans le chant volu] tueux du rossignol 1? » Le dénouement n’a pas lieu, comn
ST Von D'OR.
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; ÎË DRAME ROMANTIQUÉ. 685 dens Molière, devant quelques officiers, mais devant le peuple assemblé, qui doit être témoin de la manifestation d’un dieu. &Qui es-tu, esprit redoutable? » demande Amphitryon, et Jupiter répond : « Te suis Amphitryon, et Argatiphontidas, et Photidas, et @la citadelle de Cadmus, et la Grèce, et la lumière, et l’éther, et «wlélément liquide, et ce qui fut, et ce qui est, et ce qui sera. » Adam Müller, le premier éditeur de la pièce, disait que les plus saints mystères y étaient représentés. En effet, Alcmène y apparait comme une sorte de vierge immaculée, et il ne manque à Jupiter, pour pouvoir être assimilé au Saint-Esprit, qu’un langage plus orthodoxe !. Kleist a écrit sous l'influence de ses souvenirs chrétiens. Ce qu'il a négligé, c'est de fondre ensemble les différents éléments de l’action, d’après le plan nouveau qu'il avait conçu. Les scènes entre Sosie, Mercure et Charis (la Cléanthis de Molière) ont gardé leur caractère comique, et ont même pris quelque chose de plus trivial dans l'expression. La farce côtoie constamment le mystère. De plus, Kleist, en élevant le sujet, sest créé une difficulté qui n'existait pas pour ses devanciers. Molière et. Plaute n'ont d'autre prétention que de nous amuser aurécit d'une fable antique dont ils font ressortir les côtés plaisants; ils n’ont garde d'insister sur ce que cette fable ellemême peut avoir d’extraordinaire, et le spectateur n'est pas tenté d'y insister davantage. Tout ce qu'on demande à une plaisanterie, c'est d'être spirituelle. On est plus exigeant pour une aventure qui se prétend sérieuse; il faut d'abord qu’elle soit vraisemblable, Or, que devient le rôle de Jupiter envisagé à ce point de vue, même devant un public qui a passé par l’école des Panthéistes modernes?
L'Amphitryon suscite les mêmes réflexions que lés drämes qui l'ont précédé ou suivi. Kleist possède à un haut degré quelquesunés des qualités qui font le poëté dramatique. Il sait conduire
une action, préparer un effet, nouer une intrigue; et quand il
lait intervenir dans ses dénouements quelque agent surnaturel, rest uniquement parce qu'il le veut ainsi, car le drame, tel qu'il Pdconçu, se dénouerait bien tout seul. Dans ses deux pièces les lus merveilleuses, Catherine de Heilbronn et le Prince dé Hombourg,
1 Il est vrai qu'il emploie souvent deë métaphores chrétiénhes. Dans la même scène du deuxième acte, il dit à Alcmène : « Lors même qu'un diable te serait | apparu; et arait répandu Sur toi tout le Hmôn du péché puisé aux profondeurs de l'enfer, il ne pourrait souiller la pureté de ton âme: »
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Airis LM
E PE BUS RTE Se AT 686 = LE ROMANTISME.
Ÿ le merveilleux n’est qu'un ornement inutile, si tant est quetce. un ornement. Les personnages de Kleist sont nettement posés; il ont une physionomie distincte; quelquefois même, à l’exempl de Shakespeare, il nous les fait connaître par Fe traits exté ? rieurs. Il y a, chez lui, un réaliste à côté du philosophe mys
VW tique. Enfin sa langue est expressive; elle se débarrasse pet |
, peu des métaphores extravagantes qui la-déparent au débutell
Ÿ garde toujours de la fermeté et de l'éclat. Elle a des mots-qu portent, qui éclairent une situation ou un caractère. Qu manque-t-il à Kleist? C'est de savoir proportionner les “événe ments et les personnages à la juste mesure qui convient à 1 scène; c'est de se renfermer dans les limites de la nature etd:
- l'humanité, qui sont en même temps les limites de l’art'etule conditions du beau. Gœthe le:classait parmi les jeunes poètesqu « travaillent pour un théâtre à venir, c'est-à-dire pour un théâtr
« qui ne viendra jamais { ». FE DRE"
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