‹ Histoire de la littérature allemandeChapitre 318 sur 534 · OŒHIENSCHLÆGER. — MICHEL BEER · texte numérisé non relu

OŒHIENSCHLÆGER. — MICHEL BEER

| En 1805, un jeune poète danois vint à Berlin, avec des recom = mandations de son professeur, le philosophe naturaliste Steffens pour les chefs de l’école romantique. C'était Adam OEhlenschlæger né en 1779, dans un faubourg de Copenhague, fils d'un intendan du château royal de Frederiksberg. Il s'était fait acteur à dix huit ans,et, n'ayant pas réussi, il s'était tourné vers le droit, pou se préparer à une fonction EDS Son premier essai littéraire fut une dissertation sur l'emploi de la mythologie du. Nord dan: la poésie, qui fut couronnée par l’Académie de Copenhague. il

.À L Kleist a été, avec Tieck, le créstour de la cer Ses aonvele / se complaisent, comme ses drames, dans les situations exceptionnelles; Je énoue à ment en est ordinairement tragique. Les Fiançailles de Saint-Domingue ont dônné : Re Théodore Kœærner le sujet de sôn drame de Toni; Michel Kohlhaas ” #4 port: __ deux fois au théâtre par Maltitz et par Proœlss.

de Muncker (4 vol., Stuttgart, 1882) et de Th. Zolling a vol., ste : Kürschner 1885). — Œuvres et correspondance, par G. Mindo-Pouet, R - : E. Schmidt, 5 vol., : PelPrE 1904. :

1848. — Wilbrandt, Æ. von Aleist, Noralise he 1863. — Otto Brahm, A. vo Berlin, 1884; 3e éd., 1892. — Minde- Pouet. H. von Kleist, seine Sprach Stil, Weimar, 1897. — Reinhold Steig, Æ. von Kleists Berliner Kämple 45 1901; Veue Kunde su H. von Kleist, Berlin, 1902. -— Franz von Servaes, : & Kleist, Berlin, 1902. — $S, Rahmer, Das Kleist- Problem, Berlin, 1903; 2e éd., d — W. Herzog, Æ. von Xleist, sein Leben und sein Werk, Leipzig, ; ES Bonafous, Henri de Kleist, sa vie el ses œuvres, Paris, 159 ; 2e

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a pportait en Allemâgne son Aladin1, traduit du danois, un conte dramatique dans le genre du Chat botte de Tieck, qui contient de gracieux détails, mais aussi bien des longueurs. Œhlenschlæger

traduisit successivement ses principaux ouvrages: mais l’alle= : ?

mand ne fut jamais pour lui qu'une langue apprise, qu'on écrit correctement, mais sans originalité. Il n’eut Jamais, en allemand, ce qu'on appelle un style. Sa phrase à l’haleine courte; son vers est incolore. De Berlin, il se rendit à Weimar.

Gœthe s’occupait déjà de faire monter sa tragédie de Hakon Jarl, dont le

sujet était emprunté aux luttes intestines du Nord, quand des scrupules politiques l'arrêtèrent ; il lui sembla « délicat, dans un

clemps où l'on jouait avec les couronnes, de plaisante: avec ce :

«Saint ornement ? ». OŒhlenschlæger continua son voyage à traers la Suisse et l'Italie. Il fut l'hôte de Mme de Staël à Coppet. “ue des monuments de l’art italien lui donna l’idée de sa ragédie de Corrége 3, où il voulut montrer l'artiste en lutte avec es difficultés de la vie matérielle. Gœthe avait eu une idée semable dans Torquato Tasso; mais Gœthe avait serré le problème le près, l'avait réduit à ses éléments essentiels, et l'avait traité Nec"la conviction supérieure de l’homme de génie qui plaide sa opre cause, Œhlenschlæger n’a su prêter à son héros que des ventures qui peuvent arriver au premier venu, et ces aventures, ui doivent être tragiques, frisent parfois le comique. Corrége, ans la première scène, donne à un ermite, qui lui a préparé nespotion pour sa poitrine malade, la Madeleine repentante vil vient de peindre, afin qu’elle sanctifie pour lui la solitude 2sMorêts 4. Il se rend ensuite à l'appel d'un gentilhomme de

Arme, qui lui a acheté un tableau, et qui le charge de décorer .

ae Salle de son palais. Mais à peine est-il arrivé à Parme, porntson tableau sur son dos, que ce gentilhomme lui propose dé lui acheter encore sa femme, pour le mettre tout à fait dans Plaisance ». Corrége refuse avec indignation. Il rapporte chéz

+ Aladin oder die Wunderlampe, ein dramatisches Gedicht in-swei Spielen: en ais, à Copenhague, 1805; en allemand, à Amsterdam, 1808.

|: Annales, année 1806. |

: E danois, à Copenhague, 1811; le cinquième acte, dans Je Morgenblatt de 35 la tragédie entière, à Stuttgart, 1816.

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24 « Ein schônes Weib War, hab’ ich, so zu sagen, __ «Als Gôüttin sie der Waldes-Frümmigkeit

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lui le prix de son tableau, qu’un intendants son ennemi sonnel, lui a payé en grosses pièces; il succombe sous lé poid de sa eboee nouvelle; une couronne de laurier, qu'une jeun fille a posée sur sa tête, l'empêche même de se couvrir. Sû chemin le fait passer près de la hutte de l'ermite, où des brigands avertis par l'intendant, l'attendent pour le dépouiller. Mais vue de la Madeleine les désarme, et leur chef se convertit. L peintre meurt pour avoir bu d’une eau glacée. Le défaut capite de la pièce saute au yeux; l’action, peu intéressante en elle même, n’a aucun rapport avec le caractère du personnage pri . cipal. Œhlenschlæger avait pris cette fois modèle sur Kotzebue: Ce qui lui réussit le mieux, ce sont les drames ét les poème où il fait revivre, sans trop les rajeunir, les anciens chefs not mands et les premiers apôtres du christianisme dans le Norc Sa tragédie d'Axel et Walburg, par exemple, plaît encore par u mélange d'amour et d’héroïsme qui fait penser au Cid de Cr neille?. OEhlenschlæger, ayant terminé son tour d'Europe en 1809, fut nommé professeur d'esthétique à l'université d Copenhague. Il fit encore plusieurs voyages en Allemagne France, en Suède et en Norvège. Il devint conseiller d'Éta en 1839,et mourut, comblé d’honneurs, en 1850. En Allemagne son iketie n’a été que passagère, mais les Danois fe cons: dèrent encore comme leur poète national à. APE Michel Beer, aussi bien qu'OEhlenschlæger, apart romantisme que pour une partie de son œuvre. Il est né Berlin, en 1800; le compositeur Meyerbeer était son frère ain la maison de son père, le banquier Herz Beer, était un: rende: vous du monde lettré. A dix-sept ans, Michel Beer écrivit un Clytemnestre, qui témoignait d'un taietit souple, d’une imagin: tion facile et d’une grande habileté scénique. La tragédie q suivit, les Fiancées d'Aragon (1823), est le plus romantique de st ouvrages et frise le drame fataliste. Le sujet rappelle celui de

k Voir un intéressant article de Tieck, dans les Dramaturgische Bitte der vol., et Riemer, dans ses Mitteilungen über Gæœthe, au 1° vol.

2. En danois, à Copenhague, 1810; en allemand, à-Stuttgart, même dat:

3. Éditions des œuvres. — Les œuvres allemandes. d'Œhlenschlæger recueillies une première fois en 1829 ct 1830 (Breslau, 18 vol.), et une sec en 1839 (Breslau, 21 vol.); deux volumes supplémentaires ont paru en 18 dramatische Dichtungen (Leipzig). — Les Souvenirs d'Œhlenschlæge Lebens-Erinnerungen, 4 vol., Leipzig, 1850-1851) contiennent des renseign intéressantssur lxlittérature de son temps.— À consulter : A. Sœrgel, Œhlen crue in seinen persünlichen Besiehungen zu Gathe, Tieck und Hebbel, Ros ck, 199

Ë LE DRAME ROMANTIQUE. 68 ianeée de Corinthe. Alphonse de Sicile est libre d'épouser l'une udl'autre de deux sœurs, avec la couronne d'Aragon en dot. elle qu'il choisit est ‘persécutée par sa rivale; pressée par un ssassin, elle se jette dans la mer; mais, avant de mourir, elle it. « Quand vous aurez percé mon cœur, vous ne m'’aurez pas encore tuée. Mon autre moi continuera de vivre dans la poitrine d'Alphonse, et je me sentirai attirée vers lui; je briserai les verrous de mon cercueil, car je ne puis pas me présenter devant Dieu sans lui. » Elle apparaît, en effet, à Alphonse, ui, à son tour, se donne la mort. Une partie de l'intrigue repose abune substitution de portraits. Michel Beer passa les années üivantes en voyage; il parcourut l'Italie; il vint à Paris, et, uoiqu il parle fort dédaigneusement de la littérature française, est permis de croire que la fréquentation des théâtres et du onde parisien ne fut pas inutile au développement de son lent. Ses deux meilleures pièces, le Paria et Struensee, se raprochent, la dernière surtout, de la forme dramatique créée par chiller. Ce sont deux protestations contre les préjugés de caste. eParia, tragédie en un acte (1826), n’est qu'un tableau; la abane du paria est dévastée par un chasseur appartenant à la oblesse, auquel il vient de sauver la vie. L'action est bien conentrée et nettement déduite ; mais les mœurs sont conventionelles. Le paria a toutes les vertus, y Compris la charité envers eSoppresseurs; chez ceux-ci, le préjugé étouffe tout sentiment umain 1. Struensee, tragédie en cinq actes (1829), dénote égaleent une main habile dans la conduite d’une intrigue; mais les atactères sont faiblement peints ; le style vise surtout à l’éléance et ne craint pas assez la banalité. Struénsée est un idéaste par trop naïf; il veut introduire en Danemark les réformes réconisées par les philosophes français, mais, à la première sistance sérieuse, il recule, et il ne garde le pouvoir que sur, instances de la reine Mathilde. Apprenant qu'un complot ourdit contre lui, il confié la garde du palais à un officier d’une délité douteuse et qui le trahit en effet. Au moment où on le onduit à la. mort, il se présente comme uñ prophète de l’âge ouVéau où la liberté unira enfin toutes les classes : « Je vois les échafauds se dresser; un peuple, dans sa fureur coupable,

15 Il est à peine besoin de dire que le paria que Boër avait en vue était lé juif lemand,

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traire, un romantique renforcé. Sa vie est l'image de son ®

- son mari, le Ééoninatour celui-ci additionne toutes les querelles

‘ lettres adressées à Schenk lui- même.

« frappe son propre roi, et se porte ensuite à lui-même: « coups mortels... Tout à coup une main désarme les bourreaux « mais elle ne tient pas le rameau de la paix. La peuples son « moissonnés par le glaive : enfin la lutte s’apaise... Une me « mugissante frappe de ses vagues une tombe solitaire... D « meilleurs jours naissent; les peuples et les rois concluen « entre eux une alliance éternelle. » C'étaient les heureux jour de la Restauration que le ministre danois Struensee, regardan par-dessus les échafauds de la Révolution et le tomberde Sainte Hélène, prédisait ainsi en 17721. Les deux comédies de Beer Dénominateur et Numérateur ? et le Nouveau Toggenbourg®, n'on jamais été jouées. Au retour de ses voyages, il vécut principale ment à Munich, en relations intimes avec le ministre bavaroïs

en 18334, Le

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