CHAPITRE III
tisme. — 2, Anastasius Grün; ses poésies Nr son
3. Lenau; son éducation; son pessimisme; son Faust. — 4 Mat <. Hartmann ; ses rapports avec Lenaw; sa vie et son caractè Paoli ; ingépuHe de sa Aie Feuchtersleben, moraliste 5
mal qu'il aura longtemps supporté avec patience. Il aises. Si la Gemütlichkeit, cette sorte de bonhomie qui. pose de sensations douces et de jouissances tranquilles,aq
part en Allemagne sa patrie spéciale, c’est en Autriche À graphes prétendent que les vents tièdes qui sous ‘
caractères en adoucissant le climat. Le fait est que l'Aut Hus chose du Méridional ; il est d’une nature LES So
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les mœurs qu il faut chercher l'explication du cata a été longtemps le siège de la plus puissante monarchie e. | des cours les plus brillantes de l'Europe. Elle est restée
de plaisirs; on y aime les longs repas assaisonnés de c
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Ssfêtes somptueuses accompagnées de travestissements. L’Auichien est fier de sa capitale. « Il n’y a qu'une ville impériak, iln'y a qu'un Vienne, » dit une Chanson qui date du temps les Hohenzollern n'étaient encore que rois de Prusse. Si futrichien a sa vanité, comme tout homme appartenant à é grande nation, par contre il n’est point égoïste; il aime à
socier l'étranger à ses divertissements; il est accueillant, hospi- :
lier. Il n’a pas non plus de haine nationale : après une guerre, “ureuse ou malheureuse, il tend la main à l'ennemi. Henri Heine irle quelque part d'un jeune Allemand qui disait qu'il fallait nger dans le sang des Français le supplice de Conradin de vhenstaufen, décapité par eux en 1268; cet Allemand n'était Surément pas un Autrichien, quoique, en sa qualité d'Autrilien, il eût été plus directement intéressé à un tel acte de venance rétrospective. Mais la générosité des sentiments s'allie cilement à une certaine mollesse dans l’action. Si l’Autrichien a pas de rancune, il n’a pas non plus cette ténacité qui est pable de poursuivre une entreprise nationale durant un siècle de la faire réussir malgré tous les obstacles.
(ES POÈTES AUTRICHIENS. qu
L’Autrichien sent plus qu'il n’agit, plus qu’il ne pense. Vienne y
été à différentes reprises une ville d'artistes, et de purs artistes, “cherchant dans l’art qu'une jouissance de l’âme et une satis Ction du goût, sans arrière-pensée de doctrine. Elle a donné ‘ssor à la musique allemande; Mozart et Beethoven y ont vécu;
1ydn est né dans les environs. Elle n’a jamais attiré les philo- *
phes, et elle a connu peu d’historiens. La poésie épique et che-
leresque du x siècle a ses racines dans le sol autrichien, et :
est de là encore que sont sortis quelques-uns de ces contes miques qui ont amusé la société bourgeoise de la fin du moyen
je Le curé du Kalenberg est Autrichien, et c'est un Autrichien V4
ia racontéles exploits du curé Amis. Quand la Réforme mit plus graves sujets à l’ordre du jour, l'Autriche se reposa dans vieille foi catholique, et elle chargea les jésuites de veiller à
nCchevet. Dès lors, une scission se produisit entre elle et l’Alle- .
agne pensante. Elle n’a contribué que pour une part tout à fait inime à la littérature classique du xvarre siècle. Peut-on citer, côté des grands noms connus, le poète épique Alxinger, ou le ägique Collin, ou encore Blumauer, qui a travesti Virgile? indis que les régions du Centre et de l'Ouest cherchaient à se Ssaisir au milieu des influences diverses qui avaient agi sur
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elles, Aus che continuait de lire dés. es étran
encore aujourd’hui la langue des salons viennois emprunte 1 caractère particulier à un fort mélange de mots français quefois naturalisés par une terminaison allemande. ù Le romantisme lui-même, malgré ses liens avec le moyen, âg catholique, n’eût que peu d adeptes en Autriche: Deux des chel de l’école passèrent à Vienne; les deux Schlegel y firent de conférences; Frédéric entra même au service du gouvernemer autrichien, et fut anobli par l'empereur François Ier. Mais | romantisme se présentait surtout comme un corps de doctrines et l'Autriche a toujours fait la sourde oreille aux doctrines nou velles, de quelque nature qu’elles fussent. Il faut avouer, di reste, que la situation politique n'était pas favorable à un renaissance littéraire. Aux guerres ruineuses contre Napoléo: avait succédé ce qu’on appelait la « restauration », c'est-à-dir le retour de l’ancien régime, avec les excès qui accompagnen toute réaction, et c'était l'Autriche qui donnait le ton au concer des puissances. Le prince de Metternich se faisait le gardie 1 d la paix européenne; il avait deux moyens pour réprimer. toute tentative libérale : la censure au ses, et l'intervention armée au dehors. Le droit des nations, qu'on avait invoqué en 4813 était devenu une hérésie. Même le mot de patrie était suspe t l'empereur François; il ne voulait connaître que « ses États, ses « peuples, ses droits héréditaires ! ». Il fallut les agitations. secousses successives de la période qui s’écoula de 1845 à L pour susciter les esprits et produire un réveil national, don quelques ‘poètes, comme Anastasius Grün et Fear trees premiers interprètes. se Le libéralisme politique, l'opposition à ce qu on à appelé.le « système Metternich », est un des caractères de la. nouvelle école autrichienne. Mais cette école ne s’est pas bornée à. Servir les intérêts du jour ; elle a connu toutes les sources de l'inspiration poétique, les sentiments éternels du cœur, les spectacles variés de la nature, les grands souvenirs de l’histoire. Ell | moins curieuse de vieilles légendes que l’école souabe; el a plutôt le regard tourné vers le monde moderne. Sans se sépa du peuple, sans tombär dans les Farpermenss de ss
1. Daïs un projet d'adresse au prince de Schwarzenberg et à l'armée, nl mot de « patrie », et écrivit au-dessus : « mes peuples »,
de UNE EREER
odie, elle s'adresse principalement aux classes lettrées. Elle pare: volontiers d’un luxe d'images ; elle aime les r ems et sonores ; elle donne parfois à la chanson le mou ; l'ode. L'écueil qu’elle côtoie et qu'elle n’évite pas toujours, F St l'emphase. La poésie, chez eHe, touche à l’éloquence, et elle f sous ce rapport, quelque analogie avec le lyrisme français. -
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4, — ZEDLITZ.
2 baron Joseph-Christian de Zedlitz est le seul vrai romanué parmi les poètes autrichiens:
; il est, du reste, antérieur ne quinzaine d'années au groupe principal de ces poètes, et
Pourrait l'appeler un précurseur, si ses attaches politiques
ittéraires ne lui faisaient une place à part. Il est né en 1790, é Château de Johannesberg, dans la Silésie autrichienne. A : € ans, il entra dans un régiment de hussards, et il oblint le
de de lieutenant pendant la campagne de Wagram. En 1837, ë it attaché à la chancellerie impériale, avec la charge spéciale & léfendre la politique de Metternich dans les Journaux et de : ésenter sous un Jour favorable dans des brochures popu- ; es. Il mourut à Vienne, en 1862, Zedlitz n'est plus guère . nu aujourd'hui, même en Allemagne, que par cette Revue ps: Une}, où il évoque l'ombre de la Grande Armée défilant int son empereur, et par un petit poème en canzones, les Se: "onnes funéraires ?, qui est aussi une sorte de défilé funèbre. S Ce poème, l'Esprit des tombeaux fait Passer successivement intle poète tous les hommes qui ont marqué dans l'histoire, par une action d'éclat, soit Par une pensée féconde, soit par | passion généreuse, et leur exemple doit nous enseigner que É
UShaute jouissance est dans l'enthousiasme, dans la pour + d'un but idéal :
“SACeux qui ont bu à la coupe ar nfj'en fais serment, — car ils on zdivine, indestructible. — , — blessés à mort et criant aMi; — ceûx qui ont noùr E-.
dente — sont heureux, oui, ils t eu le sentiment de leur ori- Les héros qui se sont immolés à la victoire; — ceux qui ont trouvé un ri de la moelle de leur vie — une
ie nehtliche Heerschau : Gedichte, Stuttgart, 1832; nouvelle édition, 1859. ‘> Otenkränce, Cunsone, Vienne, 1827; nouvelle édition, avec les Gedichte, ;S5a. 41 À,
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pensée haute, une pensée divine; — tous Ceux qui se sont pr but digne de leurs efforts, — dans l'action, dans l’amour, dan france, et qui n’en ont pas dévié, — ils ont été heureux, heureu faire envie, — et mille joies ont compensé leurs douleurs !. à Les Couronnes parurent en 1827; l’année suivante, Zedlitz € mença une autre série de canzones qui est restée inachevée. Croix dans l'Hellade, où il célébra la révolution grecque à Ssonspe de vue. Wilhelm Müller avait encouragé les Hellènes à s’affr: chir eux-mêmes, s'ils voulaient se montrer dignes de lamiber Zedlitz semble, dans un passage, blàmer l'insurrection e même; mais il appelle l'intervention des puissances pour las tenir, et il les convie à une nouvelle croisade. « Vous qui vous r «gorgez dans votre éclat héréditaire, »-dit-il aux souvera « vous les descendants de braves chevaliers, combien vous êtes» « éloignés de leurs traces! S'ils pouvaient se mouvoir dans le « caveaux, ils viendraient, eux, les honorables, les vaillantset « pieux, pour charger votre tête de leur malédiction, et ils 5 «meraient une seconde fois pour la défense de la croix 29,P dant la campagne du général Radetzky en Italie, en 1849, 7 lis écrivit son Petit livre du soldat $, où il crie vivat aux différe
1. « Alle, die den Flammentrank getrunken, L « Sind glücklich, ja, sie sind’s, ich will's beschwôren; « Denn ihren Ursprung haben sie empfunden,
« Den gôttlichen, unmôglich zu zerstôren !
« Die Helden, die für's Vaterland gesunken,
« Siegjauchzend mit den tiefen Todeswunden,
« Die sich ein Herz verbunden, CT R
« Die einen hohen, himmlischen Gedanken
« Genähret mit dem Marke ihres Lebens,
« Die sich ein würdig Ziel gesetzt des Strebens,
« In Wirken, Lieben, Leiden, ohne Wanken,
« Sie waren selig, selig zum beneiden,
« Und ihre Schmerzen wogen tausend Freuden. » (129° canzone.)
2, « Ihr, die Ihr mit ererbtem Glanz euch brüstet « Von tapferen und ritterlichen Ahnen, « Wie fern von ihren Bahnen .
« Seid Ihr gewichen! Kônnten sie sich regen: ie À « lg'ihren Grüften,. ja, sie würden kommen, érea « Die Ehrenvollen, Mutigen und Frommen,.
« Um ihren Fluch auf euer Haupt zu legen:
« Im Kampf für's Kreuz erblühten ihre Taten. » (Das Kreuz in Hellas, 1828 : Gedichh
3 oldatéenbüchlein,. der ôsterreichisch-italienischèn Armee gewid ne 184y ; nouvelle édition, 1860. HR
| LES POÈTES AUTRICHIENS. | 745 ‘armée et à leurs chefs, non sans jeter en passant quelque lé méprisante ou injurieuse aux vaincus, qui pourtant lut* ent aussi pour leur indépendance. Dans l'intervalle, il avait blié un conte maniéré, qui eut d'abord un grand succès, la meflle dans la forét', dans le petit vers à rimes plates des iteurs chevaleresques. Le meilleur de ses ouvrages dramaties est une imitation de Lope de Vega, l'Étoile de Séville. Dans son et couronne, qui devait former la suite du Torquato Tasso Gœthe, le pauvre poète est mené, pendant cinq actes, de resse en détresse, depuis sa prison de Ferrare jusqu’au ment où il doit être couronné au Capitole et qui coïncide Ccelui de sa mort ?. Zedlitz aborda successivement tous les ires,; 11 n'avait réellement de talent que pour un seul, le chant ique intermédiaire entre la chanson et l’ode.