‹ Histoire de la littérature allemandeChapitre 421 sur 534 · DAVID-FRÉDÉRIC STRAUSS. : L · texte numérisé non relu

DAVID-FRÉDÉRIC STRAUSS. : L

école hégélienne, à son apogée, c'est-à-dire au lendemain de

nort du maître, comptait du moins un véritable écrivain : c'est SLT rid- Frédéric Strauss, l’auteur d'une Vie de Jésus, qui a été tra- | téen français par Littré, et qui a provoqué HeronD d’ouyrages te

M ngen über die Persünlichkeit Gottes und die Unsterblichkeit der Seele ‘ die ewige Persônlichkeit des Geistes, Berlin, 1841.

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908 LE RÉALISME ET LE NATURALISME, semblables. La Vie de Jésus (1835) n’est pas une histoire propr

dite, c’est plutôt la critique des sources d’une histoire, a indications sur la manière dont cette histoire pourrait êtr truite ou du moins ébauchée. Se plaçant entre les deux pa qui divisaient alors la science théologique, le parti supranatu liste qui maintenait le sens littéral des récits merveilleux, e parti rationaliste qui les tronquait et les mutilait pour les rame dans les limites de la vraisemblance ordinaire, Strauss prop une troisième explication, l'explication mythique. Il veut qu applique aux origines du christianisme la même méthode q celles des autres religions de l’antiquité. Les récits évangéliq sont, pour lui, comme des fragments d'un poème né spontar ment dans l’imagination des premiers croyants, qui, naïvement sans parti pris dogmatique, ornaient la figure du Christ de to les attributs divins du Messie. Quant à l'histoire qui se cac sous la légende, il est impossible, dit-il, de la rétablir avec cer tude, et peut-être nous importe-t-il moins de la connaître, Car n'est pas à elle que sé rattachent les premiers développemer du christianisme, Et quant à la doctrine, elle restera toujours. objet de croyance, aussi indépendant de l’histoire que de légende. Que Strauss, dans l'application de son système, aitl fois procédé aussi arbitrairement que les théologiens qu'il comb, cela est incontestable. Mais ce qui frappe, au simple point de | littéraire, c’est l'unité de son livre, où la pensée maîtresse domi et enserre tous les détails, et sa dialectique vigoureuse, qi peut être comparée qu’à celle de Lessing. Il publia plus ta (1864) une seconde Vie de Jésus, dépouillée d'une partie de l'a pareil critique qui avait accompagné la première, et distinée « peuple ullemand !; et, dans l'intervalle, il écrivit une série d’essa historiques, consacrés principalement -aux hommes qui avaie lutté pour l’affranchissement de la pensée. Chaque portrait, p: l'arrière-plan sur lequel il se détache, est en même temps. peinture d’une époque. La biographie d'Ulric de Hutten, enpa ticulier, présente, dans un tableau bien ordonné, un des épisodé les plus complexes de l’histoire de la Réforme, et le caractère d héros, sans que l’auteur ait besoin de le définir, se peint même, en quelque sorte, par son contact avec les évén De même, Voltaire est, pour Strauss, une personnifica

1. Cette seconde Vie de Jésus à été traduite par Nefftzér et Dollfus,

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LA PHILOSOPHIE DE HÉGEL À SCHOPENHAUER. 909 uvre de la Réforme !. < Strauss sacrifia le repos de sa vie à ses convictions. Il déclare éce fut un de ses plus grands malheurs de se voir fermer les rtées de l’enseignement, pour lequel il s'était préparé dès sa mésse. La première Vie de Jésus lui fit perdre la place de éliteur qu'il occupait à l’université de Tubingue, et il ne put me pas prendre possession de la chaire qui lui fut offerte, itre ans après, à l'Académie de Zurich. La population rurale “Canton, fanatisée par le clergé, renversa le gouvernement Mavait nommé. «IL y eut des gens, » dit Agnès Schebest, devint un peu plus tard la femme de Strauss, « il y eut des jens qui s'imaginèrent qu'on voulait leur ravir le bon Dieu, et ls résistèrent avec opiniâtreté. Mais le bon Dieu est toujours

Hé siècle, qui, par le rationalisme philosophique, a complété

dl est là depuis l'origine des choses, et il habite loujours

läns les âmes paisibles : ces pauvres gens l’auraient senti euxnêmes, si, au lieu de marcher les uns contre les autres avec és fléaux et des massues, ils avaient voulu honnêtement entrer en eux-mêmes et se retirer dans l'asile de leur cœur ?, » artir de ce moment, Strauss s’est trop laissé absorber par des

Ulrich von Hutten, 3 vol., Leipzig, 1858-1860. — Voltaire, sechs Vorträge Leipzig, b—= Strauss naquit et mourut à Ludwigsbourg, dans le Wurtemberg (1808- Wéborsqu'en 1878, quatre ans après sa mort, on fit paraître son Album poëéele public fut étonné d'apprendre, ce que ses amis seuls savaient. que derrière 1éologien critique il y avait un poète, sensible à toutes les délicatesses de la 18, Il ne reculait même pas devant les rythmes réputés difficiles : témoin le suivant. On sait que le gasel se compose d'une suite indéterminée de distisretombant sur une même rime allongée (voir plus haut, page 695).

« Autrefois je voulais savoir ce que disent les hirondelles, -« Savoir de quoi les rossignols se plaignent entre eux.

« Je voulais, à l'heure où le jour et la nuit se rencontrent, Savoir ce qu’ils se demandent l'un à l’autre.

« Et les soupirs des amoureux, je voulais savoir Æ « À quelle hauteur les emportent les vents du ciel.

« J'étais jeune alors, et heureux, Aujourd'hui je voudrais Savoir un baume pour les douleurs de la vie.

Sur la nuit chagrine où je marche, je voudrais savoir c! « Si une aurore doit luire un jour. »

ins l'original, une même rime allongée, comprenant le mot wissen (savoir) et jeux cyllabes qui précèdent immédiatement ce mot, termine les deux vers du mierndistique et le second vers de chacun des distiques suivants. L'A/bum poé- 8 d'abord imprimé comme « manuscrit pour les amis », a été compris dans les immelte Schriften (12 vol., Bonn, 1875-1877); c'est ün utile complément des rarische Denkwürdigkeiten. | vAgnese Schebest, Aus dem Leben einer Künstlerin, Stuttgart, 1856.

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polémiques où son caractère s’aigrit et où sa plume prit di tudes tranchantes : il en a donné un dernier exemple dans lettres qu'il a échangées avec Renan après la guerre de 18%

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