‹ Histoire de la littérature allemandeChapitre 445 sur 534 · FREYTAG · texte numérisé non relu

FREYTAG

’est peut-être Gustave Fréytag qui représente le mieux le mounent général des idées au rilieu du siècle. La littérature a baissé on; on parle plus volontiers en prose qu'en poésie, On n'a pas ioncé aux aspirations patriotiques de la Jeune *eRnes IS on a modéré ses désirs;"on a circonscrit son ambition ; npte avec les des On est libéral, sans être ct inaire ; on ne croit pas la liberté coma bio avec la monare; et l’on est prêt à se rattacher à celui des gouvernements mands qui offrira le plus de garanties au progrès. Enfin, sait que toute réforme durable commence parles mœurs. On Che l'union des classes. Une idée favorite de Freytag, ce sont Mariages entre l'aristocratie et le peuple, etil donna | FRS épousant une comtesse de sa province. Dans 4 style, ce qu'on

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962 LE RÉALISME ET LE NATURALISME. s

évite Le plus, c’est l’affectation et l’ ‘emphase. Autrefois, on n° pas honte d’être sentimental, on s’en glorifiait même ; on 5 tinguait par iè du « philistin ». Maintenant, on veut être natur au risque ce devenir prosaïque et sec. La Jeune Allemagne à ave proscrit lidéalisme romantique, l'ironie romantique; les rom ciers et les dramaturges du temps de Freytag achevèrent la : rés lution en proscrivant le style romantique. “ Freytag est né en 1816, à Kreuzburg, petite ville de la Silési

sur la frontière polonaise, où son père étaitmédecinet bourgmestr

« Né sur une frontière, » dit-il dans ses Souvenirs, « j ‘appris ( «bonne heure à sentir et à aimer ma nature d'Allemands p « opposition à une nationalité étrangère, protestant, je m'ouvr «plus facilement et plus promptement l'accès dela science libr « Prussien, je grandis au milieu d'un État où le sacrifice de Tü « dividu à la patrie était considéré comme une nécessité indisei « table 1. » Il étudia la philologie aux universités de Breslau | de Berlin; Hoffmann de Fallersleben et Lachmann furent premiers als Sa thèse de doctorat fut une étude sur | k commencements de la poésie dramatique en Allemagne, 4 | dissertation qui lui donna le droit d'enseigner eut pour ùj les comédies de Hrotsuith. Jusque-là, Freytag ne semblait pr mettre à l'Allemagne qu'un philologue ; mais, en 1843, il oblin avec sa comédie intitulée le Voyage à la RAR d'une fiancée Kunz von der Rosen, un prix qui avait été mis au concours par Théâtre royal de Ben ce fut le commencement de sa carriè: littéraire. Son mariage He permit, en 1847, de quitter. ses fon

tions universitaires. Il s'établit à Dresde, qui était alors t un centi

. de Ja littérature et des ; jarts, où vivaient ne y

Valentins, jouée d’ ho avec un se succès à Breslau, h ni fit bientôt le tour des scènes allemandes ; et, dans la même .

1, Erinnerungen aus meinem Leben, Leipzig, 1887. 2. Die Brautfahrt oder Kuns von der Rosen, Die Valentine, Graf Waldema second titre doit être entendu au pluriel, quoique le personnage. principal | nom de Valentine ; les Valentins sont les cavaliersetles dames Les le QU. au

Les événements de 1848 dispersèrent le groupe littéraire et Wlistique de Dresde. Freytag se rendit à Leipzig, où il mit, Wec Julian Schmidt, la direction de la revue Die Grenzboten, une feuille hebdomadaire qui avait été fondée, en 1841, à Bruxelles, fr un jourfaliste autrichien, et qui avait été ensuite transortée en Allemagne. Les nouveaux rédacteurs en firent un gane de la politique prussienne, d'autant plus influent que, ar la variété des sujets et l'agrément de la forme, il s’adresdit à tous les lecteurs instruits. C'est pour les Grenzboten que freytag écrivit d’abord les Tableaux de l'Allemugne d'autrefois 1, qui formèrent peu à peu une histoire complète, presque toujours juisée aux sources, des mœurs et des usages depuis l’époque ‘maine jusqu'à Frédéric IT; l’idée dominante était que le caractère lun peuple change moins qu'on ne croit, et que l'Allemand d'auourd'hui n’est pas fort différent du Gcrmain primitif. Le meilleur rofit que Freytag tira de sa carrière politique ful sa comédie les Journalistes ?, dont il avait tous les modèles sous les yeux, le ‘édacteur en chef et ses acolytes, le député et l'électeur, des imbitieux et des intrigants de toute sorte. Il quitta les Greénzboten n 1861, y rentra en 1867, pour en sortir définitivement en 1870. lavait acquis, en 1851, une propriété aux environs de Gotha. GDepuis, ma vie se passa, » dit-il, « comme celle de nos anciens édieux païens, partagée entre l'été et l'hiver. Quand venait le éprintemps, et que les arbres fruitiers se mettaient en fleur, et éque le pinson et le passereau élevaient leur petite voix, je m'en éallais au grand air, je m'occupais de mes parterres et de mes éplates-bandes, j'échangeais de sages paroles avec mes paysans, et j'avançais mes livres; je recevais la visité de mes amis, et je éconversais MÊME avec ôes grands seigneurs. Mais sitôt que les ( bourrasques d'hiver passtient sur les champs dénudés, je reve-

nais à la ville, emmenañt avec moi la troupe des héros qui

e peuplaient mon imagiri@lion ; je redevenais journaliste, je em'asseyais à l'ombre de ma bibliothèque, et les articles flottaient ‘autour de ma tête comme de noirs corbeaux. » Le voisin de reytag, le duc de Cobourg-Gotha, devint son ami; il eut même

ile déféndre un jour contre un mandat d'arrêt, à propos d'un

rticle sur l’extradition des réfugiés polonais, où un correspondant

M: Bilder aus der deutschen Vergangenheit, 5 vol., Leipzig, 1859-1867. We; Die Journalisten, Lustspiel-in vier Acten, 1853.

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. petit volume intitulé À Breslau, qu’il a négligé plus tard, @t qi ! ses biographes seuls ont lu. La plupart des poésies de ce vo

jibra après 1870, quand les Grenzhoten eurent passé en d'autres mains.

\ berlinois accusait le gouvernement prussien de tropde cor sance envers la Russie. C’est dans son domaine de Siebleben,. Freytag écrivit ses deux romans, Doit et Avoir et le Man perdu, qui ont le plus contribué à le rendre populaire, et le premier a été traduit dans toutes les langues !. Pexftlant la gt de 1870, il suivit le quartier général du prince héréditaï Prusse jusqu’à Reims; c’est alors qu’il conçut le plan de son d nier roman, les Ancêtres, qui devait être un monument élevé au génie de PAdéranties et qui parut en sept parties successives, de 1872 à 1880 ?. À partir de 1879, il passa les hivers à Wiesbaden, où il mourut en 1895. AR :

Il est rare qu'un écrivain allemand ne commence pas par n recueil de poésies lyriques, et Freytag, le moins lyrique de hommes, n’a pas manqué à cet usage. Il a publié, en 1845,

n’ont, comme le titre l'indique, qu'un intérêt local; les autress surtout des contes humoristiques dans le vers des Nibelungen. Ensuite Freytag n’a plus jamais touché la lyre?. Sa carrière se partage entre le drame, le roman et la critique. Son premier ouvrage dramatique, la comédie de Kunz von der Rosen que le poème de Teuerdank dialogué en prose, et raconte le voyage de l’empereur Maximilien à Gand, où il célèbre ses fiançai avec Marie de Bourgogne. C’est une suite d'aventures don térêt dramatique est nul, mais qui se lit sans ennui, Le ci ac tère franc et ouvert, Re chimérique du « dernier ch « valier », célui de « son joyeux Corpaso » Kunz, celui. petit joueur de guitare Kuni, qui se trouve à la fin être une j fille et qui devient la fans de Kunz, ‘celui de Marie enfin, garde fidèlement sa foi à Max, uote le lui ait dépeint comn contrefait, toutes ces figures sont agréablement esquissées. Il n a ni longs monologues, ni tirades à smbitieuses. Le style comédie était retrouvé; il ne s'agissait plus que de Pappliquer des “has vraiment dramatiques. Free étudia donc le thés

1. Soll und Haben, 3 vol., Leipzig, 1855. — Die verlorene Handeei(l 8° Leipzig, 1864. :

2. Die Alinen, sept parties avec des titres particuliers (Zngo, Ingraban, Das. der Zaunkünige, Die Brüder vom deutschen Hause, Markus Künig, Die Gese ster, Aus einer kleinen Stadt), Leipzig, 1872-1880. :

2. On peut ignorer les vers qu'il inséra dans la revue 1m neuen Rejet où

LA LITTÉRATURE AÙ MILIEU DÜ XIX* SIÈCLE. 068 mple point de vue scénique. Ce qui, pour Hebbel, était secon- | e, presque indigne des préoccupations d'un poète, le métier, winé pour lui l'essentiel. Il consulta les anciens, les Français, likespeare. La livre qu'il publia beaucoup plus tard, la Techniwe du drame *, est le résultat de réflexions et de recherches Nieminent GE GPMTIES pendant des années, « On écrit peut-être chaque année en Allemagne, » dit-il dans la dédicace de ce livre,

cent drames dans le grand style, dont quatre-vingt-dix restent en manuscrit, ne sont jamais représentés, ni même imprimés. Des dix autres; il n’y en a peut-être pas trois qui puissent éxercer utilement le talent d'un acteur et donner au public la sensation d’une œuvre d'art. Parmi tant de pièces qui meurent avant d’avoir vécu, il y a certainement beaucoup d'essais informes, mais il y à aussi beaucoup de travaux intéressants : ceci donne à réfléchir. » Préparer les voies à un théâtre qu it réellement un théâtre, une collaboration entre l’auteur, les teurs et le public, tel fut le programme de Freytag. Il crut, à rt ou à raison, qu'il fallait sacrifier momentanément le côté éal, la peinture des passions et des caractères, à l'agencement Ut extérieur, à la combinaison des effets, à la marche de l’acn. Assurément, ce n’était pas là un retour au grand art; mais, ds l'état où se trouvait le théâtre allemand, surtout le théâtre. mique, c'était un progrès ?. Les Valentins et le Comte Waldemar pondent au type de la comédie d’intrigue, tel que Scribe l'avait nçu en France ; Freytag leur donne le nom de drame (Schauiel), mais le ton de la comédie y dominé. L'union des classes r le mariage, cette idée chère à Freytag, forme le sujet des ux pièces. Dans (es Valentins un fils de la bourgeoisie,

ôrge Saalfeld, müûri par ! fénétence et les voyages, s'impose une société aristocratique, et devient l'époux de la comtesse

“Die Technik des Dramas, Léipail 1863.

lMoici ce que disait, en 1852, un des critiques allemands les plus autorisés : @ qu'il y à, dans les circonstances actuelles, de plus profitable pour notre omédie, c'est de marcher dans la voie où elle s'est engagée, celle de la pièce intrigue dans le genre de Scribe. Ce que nous avons le droit de déplorer, ce lest pas que l’on imite, mais que l'on imite si pauvrement. Quant à la forme, nous manque la fécondité et la finesse de l'invention, la grâce légère du dia- )gue, la. rapidité entraînante de l'action. Mais notre détresse est encore plus imentable si l'on considère la matière dramatique. Le plus mauvais poète omique français trouve encore devant lui quelque question importante, touhant à la vie moralé ou sociale, lors même qu'il ne ferait que l’effleurer. Chez ous, au contraire; même un Bauernfeld ne nous offre que les fadeurs éterneile- Rént les mêmes des petits-maîtres viennois. » (Hettnér, Das moderne Drama.)

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