‹ Histoire de la littérature allemandeChapitre 446 sur 534 · SR RAR RO UE · texte numérisé non relu

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966 LE RÉALISME ET LE NATURALISME. ne

de Gueldre, qu'il dérobe aux embüûches d'un prine, Un de théâtre, peu vraisemblable, amène le dénouemênt; 36 surpris dans-l’appartement de la comtesse, se fait passer pou voleur, et se livre aux mains de la justice; et c’est elle qui, pou le sauver, fait connaître la vérité et lui offre sa nfin ! . Le comk Waldemar est la contre-partie, on peut dire l'écho affaibli Valentins : là, c'était l’homme du peuple qui épousait une comtesse; ici, c'est un comte qui épouse une fille du peuple. Waldemar est un blasé qui reprend goût à la vie en assistant au bonheur que donne le travail; sa aa conversion étonne, , malgré l’art avec lequel l’auteur de préparée ; aujourd’ hui le sujet. pal: trait tout à fait banal. n Freytag, après s'être laissé absorber quelques er par. politique, reparut au théâtre avec les Journalistes; c'est sa. meileure pièce, et c’est peut-être la meilleure comédie allemande du siècle. Elle est toute d'observation ; elle fut rapidement écrite, et l'on y trouve à la fois la verve et l'entrain d'un premier jet et l’art consommé d'un auteur désormais familier avec, la scène. Les deux premiers actes sont un chef-d'œuvre. d'exposition ; le dénouement est moins heureux. Le colonel Berg, : après avoir Fotusé sa fille au professeur Oldendorf, son adversaire poli tique, son concurrent dans une élection législative, l'accepte à la fin pour gendre, à la seule condition qu'il cessera d’ étre naliste. Oldendorf n’est, du reste, journaliste que. par occas J’âme de l’Union, c'est le docteur Bolz, le type le plus orig que Freytag ait créé, un mélange Hire Det is de rais d’extravagance, d'enthousiasme et d'ironie, sarcastique et bon, spirituel avec un fonds d'ingénuité, fertile en ressources et prompt à larepartie. « Il y a tant de choses qiarrivent, » dit-il, @et, tan

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« de choses qui n'arrivent pas, qu un ‘honnête journaliste ne doit « Jamais être à court de nouvelles. » intrigue est menée par une jeune châtelaine, qui vient d’ hériter. 4° une grosse fortune; il faut qu'avec son esprit pratique elle tire d’embarras « ces hot me « qui savent bien réformer un État, mais non conquérir Une « femme »; elle-même se marie avec le docteur Bolz, et elle ui apporte en Aüt Union, dont elle est devenue l'unique actionnaite

Freytag ne s’est essayé qu'une fois,.et sans beaucoup je suc

LA LITTÉRATURE AU MILIEU DU XIX° SIÈCLE. 967 Se grande tragédie en vers; les Fabiens‘ ne sont qu'une belle léhistorique. Nous savons bien par Tite Live qu’au temps des iens les tribuns du peuple proposèrent une loi pour aulo- IPles mariages entre patriciens et plébéiens; mais-nous ne prenons plus que, pour faire passer cette loi, il ait fallu de lents débats et presque une guerre civile.

fallait définir d'un mot l'œuvre multiple de Freytag, on trait dire que c'est une glorification du travail, ou, ce qui ent au même, de la bourgeoisie; car, à l'époque de Freytag, éouches inférieures de la société n'avaient pas encore attiré ‘ention des écrivains. A ce point de vue, son premier roman, Met Avoir, est le plus caractéristique de ses écrits; ce fut si celui qui le classa définitivement, aux yeux des contempo- 18, | entre les différentes écoles qui se partageaient la littérature. | derniers romantiques et-les adeptes de la Jeune Allemagne Mt dans ce livre une dérogation à l'idéal, un rétrécissement du faine de l'imagination; pour les réalistes, qui commençaient reconnaître et à se grouper, c'était la promesse d’un art Veau. Mais ce que les uns et les autres s’accordèrent à louer, tW'intérêt du: sujet, qui était actuel, tiré des entrailles de flation. L'action se passe en trois - Het différents, qui

Chacun leur physionomie, leur atmosphère spéciale : le iploir du négociant Schrœter, lé château du baron de | HiSattel et l'antre de l’usurier Ehrenthal. Dans le premier ne. le bien-être qui est le fruit du travail, et quine profite pas lement à quelques-uns, mais qui se répand, se communique, él'aisance alentour; dans le second, c'est la fortune improlive, qui s'écoule et se perd dans l'oisiveté et l’insouciance; She troisième, le gain illicite et honteux, qui s'accroît aux ns de la richesse publique. Le héros principal, Antoine Hfart, fils d'un petit fonctionnaire, élevé dans des traditions loyauté et de verlu, n'éprouve que du dégoût devant les pra- 1es ténébreuses de l'usure; mais un entrainement, chevaleque lui fait essayer un instant de relever la fortune comprodu baron; enfin, müûri par l'expérience et reconnaissant sa ié vocation, il revient à. la boutique de Schrœter, dont à ient le beau-frère et l'associé. C’est l'apprentissage de Wohl- »son éducation morale, qui forme le vrai sujet du. roman ; …

Die Fabier, Trauerspil in fünf Acten, Leipzig, 1859.

968 “+ mais le fil conducteur se sera trop souvent au milieu des di, sions, et le récit gagnerait à être resserré.

Le tableau du travail qui crée la richesse appelait un pend:

celui du travail désintéressé. Freytag eut un jour, à Leip un entretien avec le philologue Moritz Haupt, qui lui raco que, dans une petite ville de la Westphalie, dans le grer d’une vieille maison, étaient conservés les’ restes d’une bib thèque de couvent. « On pourrait bien découvrir ha ajoutait-il en plaisantant, « les décades perdues de Tite Liv Ce récit fournit à Freÿlag le sujet du Manuscrit perdu, à seule différence près qu'à Tite Live il substitua son aut favori, Tacite. Le professeur Werner, qui, moins heureux Moritz Haupt, a encore sa réputation à à TRE. veut dotér le moi d'une édition des œuvres complètes de Tacite. Après b des recherches, il trouve non pas le manuscrit perdu, mais L jeune fille, très ignorante en latin eten beaucoup d’autres ch

dont il complète l'instruction, ét qui, en récompensé 4

leçons, lui donne le bonheur domestique. Le roman est très le nombre des -persounages AboessoIres est a

ennuyeux. Un jour, par Re à propos d’une lecture d'A dote, il dhoa Ilse, devenue sa femme : « Tu n'es pas se

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et la douleur, attaché à d’autres êtres, tes pareils, par 1 de la nature, de l'amour ou de la foi; tu es aussi. tril d’une puissance terrestre, à à laquelle tu ne penses pas. et qui ae dirige ta vie depuis ton premier Er

courant, que tu en oublies le sèns profond. Et cependé toutes nos relations sur cette vue Che Sue la es

affection qu'à des individus aukauelé la nature ou. choix nous à unis, et nous né réfléchissons pas que.

nous tenons la langue que nous parlons, nos mœurs € usages, tont notre avoir et jusqu'à la possibilité de vivre “ vrai que Ce n’est pas notre peuple seul qui détérmin

tre destinée; tous les peuples de laterre sont comme des tres, et chaque peuple en particulier contribue à déterminer la 1; on. destinée des autres. Tous ensemble ontvécu, ontsouffert, firavaillé, afin que tu puisses vivre, te Éjou ie el travaillés, paroles contiennent en germe le dernier, le plus fon > plus inégal des romans de Freytag, les Ancétres. C'est loire d'une famille, dont l'origine remonte au 1ve siècle, jont les derniers descendants assistent à la révolution de Mngo le Vandale, qui est parti des bords de l'Oder pour comf@les Romains sur le Rhin, se perpétue dans Victor Kœnig, iëéP de la corporation d'étudiants « les Vandales », qui, après r fait de la critique de théâtre et avoir échappé aux filets lévactrice, fonde un journal dévoué, comme les Grenzboten,

ibéralisme pratique et à la politique prussienne. Le premier *

‘tre s'établit au cœur de l'Allemagne, dans cette pittoresque égendaire Thuringe, qui verra plus tard les miracles de téÉlisabeth et la lutte chevaleresque des Minnesinger, et donnera asile à Luther. Puis les pénérations issues de lui raissent, après des éclipses momentanées, à toutes les épomarquantes de l’histoire d'Allemagne. Nous assistons sucivément aux migrations des tribus germaniques, à la prédion du christianisme par saint Boniface, à la mêlée confuse lsociété féodale, à l'établissement de l'ordre Teutonique en se, À à l'anarchie qui suit la guerre de Trente Ans, enfin au vement de l'Allemagne après 1813. La guerre de 1870 est ue du plan, sans doute comme trop récente; mais on voit 4 dans la pensée de l’auteur, tout aboutit à cet événement

« Du bist nicht nur, wofür du dich hältst, ein Mensch, geschaffen zu Leid MFreude, durch Natur, Liebe, Glauben mit Einzelnen verbünden, du bist léich mit Leib und Seele einer irdischen Macht verpflichtet, um die du nur ag sorgst, und die doch vom ersten bis zum letzten Atemzuge dein Leben ri Wenn ich dir sage, dass du ein Kind deines Volkes und dass du ein Kind

enschengeschlechts bist, so ist dir das Wort so geläufig, dass du wohl tmehr an die hohe Bedeutung denkst. Und doch ist dies Verhältnis das hste irdische, in dem du stehst. Zu sehr werden wir von kleinauf gewühnt, Einzelnen, mit denen uns Natur oder freie Wahl verbindet, in unser Herz

em die Eltern stammen, der uns Sprache, Recht, Sitte, Erwerb und jede cé chkeit des Lebens, fast alles, was unser Schicksal bestimmt, unser Herz » geschaffen und zugetragen hat. Freilich nicht unser Volk allein ; denn M, Vülker der Erde stehen wie Geschwister neben einander, und ein Volk Leben und Schicksal der andern bestimmen. Alle zusammen haben gelebt, ten und gearbeitet, damit du lebst, dich freust und schaffst. » (Die verlodschrift, 2e livre, chap. vu).

chliessen, und selten denken wir daran, dass unser Volk der Ahnherr ist,

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mand, aux prises, dr côté, ‘avec Nes latin, et, de lac avec la barbarie slave; car l'ennemi, pour lui, n’est pas moi l'est qu’à l’ouest, et il a gardé dans son cœur silésien une à sion, souvent injuste, pour lé voisin polonais ét. russe. Baux premières parties du roman, Ingo et Ingraban, sont beaucoup les plus intéressantes, et même les seules vrain originales; il y règne un souffle de fraîcheur et d'ingénuité vient directement de l’ancienne épopée: quelques tableaux |; penser aux Nibelungen. La suite tourne de plus en plus au ror historique, où les mœurs du passé sont vués à travers le présé les personnages deviennent des symboles : les scènes d'am se ressemblent. Toute l’histoire se termine par deux mari entre bourgeois ét aristocrates; la fusion des classes : l'identité permanente de la race. el Freytag a été un des auteurs de ce temps à qui ses lecte sont restés 1C plus fidèles; il le devait en partie au choix de. sujets, en partic aussi à certaines qualités d'élégance et, der teté, et il est juste d'ajouter, à une fécondité réelle. Il n'a pas déoi de flatter où seulement de consulter le goût du pub Son public et lui étaient faits pour se comprendre. Bourge convaincu, à une époque où la bourgeoisie prenait er empire, patriote sincère dans un moment de réveil nation répondait, par toute la tournure de son esprit, au vœu. ‘du gr nombre. Même avec un moindre talent, le succès du jou] aurait pas manqué; mais il a eu assez de verve et d'ori pour donner à quelques-unes de ses œuvres une valeur du

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&, — PAUL IEYSE.

| Freytag est un ami de la bourgeoisie, très bourgeois luien politique, il est ce que nous appellerions aujourc opportuniste. Paul Heyse cest, au contraire, l’homme le

À 1. Éditiôn des œuvres. — Gesammelte Werke, 2 vol. Leipzig, 1886 consulter : Seiler, G. l'reytag, Leipzig, 1898: Hans Tiré G. L'reytag, 1907; Erich Schmidt, Charakleristiken, 2 vol. , Berlin, 1901. — Sur Les. voir W./Scherer, Xleine Schriften, 2° vol., Berlin 1893; et la Revue Mondes du 1° décembre 1874 (A. Réville) et du 1er novembre Less o

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- LA LITTÉRATURE AU MILIEU DU XIX° SIÈCLE. 971 è

argeois du monde; il a le dédain de l'artiste pour le philistin; et “est libéral, c'est à condition que son libéralisme ne l’engage aucun parti. S'il tenait à constituer un parti quelconque, ce dit une aristocratie de l'intelligence et du goût, de mœurs üces et d’un commerce facile, indulgente aux faiblesses maines, et faisant surtout de la moralité une affaire de délica- Se intérieure et de distinction personnelle. S'il est une école ne nton puisse-le rapprocher, c’est celle des anacréontiques ; mais compte parmi les meilleurs d'entre eux. Il a plus de variété ns le talent que les anacréontiques purs. Il s’est appliqué à üs/les genres, poésie lyrique, poème, drame, roman; nulle part / Wa été tout à fait médiocre, nulle part aussi il n’a été excellent,

ufdans la nouvelle. Il a créé, en ce dernier genre, quelques

Cits qui passent à juste titre pour des modèles.

Paul Heyse est le fils du philologue Louis Heyse et le petit-fils igrammairien Auguste Heyse; il est né à Berlin en 1830. Son

itiâtion littéraire se. fit dans le salon de l'historien de l'art

‘anz Kugler, dont il épousa plus tard la fille. Un secret pen-

ant l’attira de bonne heure vers la peinture, et il douta un

Stant, comme le jeune Gœthe, de sa vraie vocation. Il lui resta,

6es études artistiques, le goût de la beauté plastique et l'hatüude de l'observation précise. Il entreprit, en 1852, un voyage É iltalie, et, au retour, il accepta la situation de professeur Mmoraire et pensionné que lui offrait le roi Maximilien II de ière. Louis Il, successeur de Maximilien, ayant retiré, en ë 868, sa pension à Geibel, Heyse renonça à la sienne, tout en ohtinuaut d'habiter Munich, où il mourut en 1914. Les deux êtes, que rapprochaient de nombreuses analogies de talent, caractère et de goût, furent, pendant une trentaine d'années, - Sinspirateurs d’un petit groupe, où l’on visait surtout à l'éle- 2 ince de la forme, et où l'on se sentait plus d’affinité avec les ve ts plastiques qu'avec la philosophie et les sciences. : L'erreur de Paul Heyse n'a pas été d'attribuer une trop grande nportance à la forme, mais de la faire trop consister dans la F: abfaite exécution des détails. Une œuvre d'art, quelle qu'elle it, une chanson comme un poème, une tragédie aussi bien d'un sonnet, a sa forme appropriée, Comme une sculpture a on moule, comme une peinture a ses plans successifs. Mais ia “2 Jrme est, avant tout, un ensemble, où Loutes les parties se corres- : 4 Ondent, et où rien n'est beau isolément. Il y a peu d'œuvres de # à

Paul Heyse dont on ne puisse détacher de belles pages: plupart de ses grandes compositions sont décousues; des sitr tions qui, prises én elles-mêmes, frappent par la vérité de. le servation, s'accordent mal avec le plan général. Il faut ajou que tbutes les formes dans lesquelles Paul Heyse s’est exercé convenaient pas à son talent. Deux de ses meilleurs ouvras en vers, le récit intitulé la Fiancée de Chypre, et Thécla, poë: en ouf chants, sont écrits le premier en octaves, le second hexamètres !. Le sujet de la Fiancée est emprunté à Bocca Thécla est une martyre condamnée à être brûlée vive, et sauv à la fin par une sorte de miracle : un orage éteint le bûch et le prêtre qui y avait mis le feu est frappé de la foudre.

poète a pensé que la forme antique convenait à la gravité sujet, mais il manie l'hexamètre avec infiniment moins d’e que la stance italienne. Les nombreuses tragédies de Hey: ses comédies et ses drames ont pour la plupart passé sur scène ct ont plu dans leur nouveauté; aucune de ses pièces : s’est maintenue au répertoire. Ce qui a fait durer ses nouvell en prose, c'est l’étroitesse du cadre, où un simple fait est, sui dans son développement naturel, indétente du récit, où l’aut tel n'intervient jamais par des réflexion et un réalisme délicat 4 s’éclaire d'un reflet de poésie. AT . Idéaliste ou discrètement réaliste dans l’art, Paul Heyse € optimiste en morale. L'homme, selon lui, a un penchant natur au bien; il n'a qu'à obéir à la voix qui lui parle intérieur ment; ont son malheur vient de ce qu'il écoute parfois d commandements étrangers. La plupart des personnages qu nous présente sont beaux physiquement et moralement; il. peint en quelques traits, et le plus souvent par une attituc caractéristique ou une action significative. Il leur prête volor tiers une certaine distinction aristocratique (Vornehmheit). .& figures de femmes sont aimables, et il faut qu'elles le soien puisqu'il assure lui-même n'avoir jamais pu en imaginer. un sans en devenir amoureux. La femme a ordinairement, dans le nouvelles de Heyse, le beau rôle: elle sait se donner, mais ay une fierté intime et consciente qui double la valeur du Celui de ses ouvrages qui donne l’idée la plus complète no de son Us mais du genre de caractères et de sentim

À, Die Braut von Cypern, Stuttgart, 1856, — Thekla, Stuttgart, 1858.

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Maine à peindre, c'est son grand roman en trois volumes, titulé Enfants du monde. Ces enfants du monde, artistes, liticiens, grandes dames et filles du peuple, différent d'opinion r bien des points, ét des conversations intéressantes s'engant éntre eux: mais ils ont même dédain pour la morale comune, pour la religion officielle, pour tout ce qui tend à ramener lomme à un type uniforme. Ils ont passé par l’école de Hegel de Strauss; ils jouent innocemment avec la libre pensée, et, (fond, leur plus chère croyance est la bonté de la nature imaine 1, |

; | 5. — OTTO EUDWIG.

Otto Ludwig a été révendiqué par l'école réaliste; mais son uvre est trop fragmentaire pour qu'on puisse là définir et la asser avec quelque précision. Il n'a jamais su dégager nette- (ént sa personnalité, au milieu des influences diverses qui “rent sur lui. Parmi les vivants, l'acteur Devrient et le conteur terbach furent ses principaux conseillers; ses modèles dans le ässé furent surtout Shakespeare et Hoffmann. Deux causes empêchèrent de donner sa mesure : un esprit indécis, pasônné pour tousles arts, mais flottant entre mille projets, et une féction nerveuse qui se déclara dès sa jeunesse et qui plus tr ne lui permit jamais qu'un travail inégal et hâtif. Il est né Eisfeld, dans là Thuringe, en 1813. Ayant perdu son père en 825, sa mère en 4831, il fut d'abord commis de magasin chez ñ oncle; puis il se rendit à Leipzig, avec une pension du duc de (éiningen, pour étudier la musique sous la direction de Menélssohn. Devrient le gagna au théâtre; il s'établit à Dresde, en 843, et composa ou esquissa une série de pièces, dont quelques- Nes seulément arrivèrent à la scène. Il se maria en 1852. « Ma

\:: | À Kinder der Welt, 3 vol., Berlin, 1873. — Éditions des œuvres : Paul Hcyse a onhé ses Gesammelte Werke en deux séries (10 vol., Berlin, 1871; 6 vol. erlin, 1880), et un choix de ses nouvelles (Auswahl fürs Haus) en 3 vol. (Bcrns 1890). Il a fait paraître un intéressant volume de Souvenirs : Jugenderinnerun- Ph und Békentnisse, Berlin, 1900. — Heyse est bon traducteur; il a publié : énisehes Liederbuch (avec Geibel; Berlin, 1852), Ztalienisches Liederbuch (Berin 1860) et des traductions de Giuseppe Giusti (Stuttgart, 1875) et de Leopardi 2Vol., Berlin, 1873). — Enfin il a fondé, en 1871, une vaste collection de nouelles allemandes et étrangères (Deutscher Novellenschats et Novellenschats des #slandes), où il a eu pour collaborateurs Hermann Kurz et Ludwig Laistner. — jonsulter : H. Spiero, Paul Heyse, der Dichter und seine Werke, Stuttgart, 1910.

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Se,

« femme, » écrit-il quelque temps après, « est mon régiss ul

« secrétaire, et provisoirement aussi mon public: nous n | « VOnS Sans peine des divertissements qui ne tiennent pas ent

« nos quatre murs. » La solitude, qu’il avait d’abord accept

de bonne grâce, devint bientôt pour lui une nécessité: ses de

nières années ressemblent à celles de Henri Heine; il mour

en 1865. | D

Le Forestier héréditaire 1, le plus grand succès dramatiqn

de Ludwig, plaît par le réalisme des détails et par l'originalité € caractère principal; mais l’ensemble est d’une composition arb ‘traire et invraisemblable. Le garde forestier Ulrie est l'admini irateur à peu près indépendant et irresponsable d'un domair privé; il est vrai que, si sa responsabilité civile est nulle, la res ponsabilité morale qu'il s'impose est d'autant plus grande. No seulement il se ferait scrupule de détourner un denier de l'avoi qui lui est confié, mais il met son orgueil à ce que ses plantation prospèrent, à ce que son exploitation soit la plus productive del région. Son emploi s’est transmis de père en fils dans sa famille depuis un temps immémorial, et il estime aujourd’hui que pos session fait droit. Qui oserait le déposséder, à moins de lu prouver qu’il a manqué un seul instant à son devoir? Il aime le siens, comme il aime sa forêt, et c'est beaucoup dire ; mais il veu être le maître dans sa maison, comme il l'est dans sa forêt, e Pour ne pas compromettre son autorité, il se met en garde contr les entraînements de son cœur. I ést brusque -en paroles e n'admet aucune réplique; il feint d'être dur, pour ne pas paraitre faible. « Par exemple, » dit-il, « ma femme ne peut pas voi « souffrir. un homme : aussi les malheureux viennent en foule, e « je voudrais bien savoir ce qui arriverait si je la louais en face « pour le bien qu'elle fait? C'est Pourquoi je grogne et je jure « comme un soudard, mais tout doucement je m'écarte, pou «quelle ait les mains libres, et, quand c'est fait, je revier | “ Comme par hasard, et je grogne encore, Alors on dit : « be « forestier est pire qu’un diable, mais sa femme et ses filles sont « des anges. » On le dit même de façon à ce que je puisse l'en- “tendre; alors je prends des airs encore plus féroces, mais inté- « rieurement je suis content. » Ulric est, comme on voi |

bourru pentaisant: IL se trouve souvent en conflit avec son pro-

Fi

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