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# Une seule œuvre d'Otto Ludwig est restée populaire
corrigeait, refaisait, ne se fixait jamais, et le travail entiè] terminé ne le satisfaisait pas encore. Ses œuvres po / contiennent quelques pièces complètes et une quantité de fr ments et de projets. Mile de Scudéry, déjà publiée en 1870, a. représentée, avec des succès divers, Sur plusieurs théâtres, première fois en 1891 ; le sujet est pris dans un conte d'Hoffma le personnage principal n'intervient pas assez dans l’action. l'intérêt languit. Les Droits du cœur sont une œuvre de début, presque de jeunesse, une combinaison de Roméo et Juliette et Catherine de Heilbronn. La Rose du presbytère est un drame qui termine, comme le Forestier, par une horrible catastrophe. H Frei est une comédie d'intrigue dont l’action se passe au ten / de la Renaissance 1. La plupart des fragments se rapporten * des sujets historiques, anciens ou modernes. On se trouve là présence d'une ample matière qui malheureusement est rest informe, à
Ce furent principalement les conseils et l'exemple d’Auer: qui tournèrent Otto Ludwig vers le genre romanesque. La He relhei, qu'il publia en 1835, est un récit villageois, plus réali même et plus paysannesque que les récits d’Auerbach; € l'histoire « d'une Brunhilde et d’un Siegfried de village ?, » q commencent par se haïr, comme deux puissances ennemies, qui finissent par s'unir, se sentant faits l’un pour l’autre. | , Oman à des parties intéressantes; mais l’action est trop ralent par les épisodes, et encombrée de personnages auxquels on : s'intéresse pas. Mt
nouvelle intitulée Entre cel et terres. C'est l’histoire de der frères ennemis, qui représentent, selon sa propre déclaratio « les deux pôles de la vie morale ». « L'un, » ajoute-t-il, « a tre « peu de conscience, l’autre en a trop; l’un se perd par la frive « lité, l’autre par un excès de scrupule : la sagesse serait : « milieu, » Le premier a l’action prompte et irréfléchie; il nlagi
- FR 1. Fräulein von Scuderi, Die Rechte des Herzens, Die Pfarrose, Hans Frei Ludwig Geiger pense que Hans Frei pourrait, avec quelques coupures, fai tune sur un théâtre ; il regrette aussi que la Rose du presbytère n'ait jamais représentée. Voir un article publié d'abord dans les Monatshefte de West de 1893 (Dichter und Frauen, Berlin, 1896) ; 2. L'expression est de L. Geiger (article cité). — Le nom de l'héroïne vi sérénité inaltérable de son humeur (heiler); voir les premières pages. 3. Zwischen Himmel und Lrde, Francfort, 1856, NAS
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à: E pour satisfaire Ses penchants égoïstes. Le second se 8 de ses pensées les plus généreuses, exprime mal ce qu'il bvivement, et n’agit avec une entière résolution que lorsqu'il
ôt, l'un d'eux se sacrifie, ne se croyant pas aimé; l’autre épouse intérêt la femme qu'il n'aime pas, et semble heureux, jusqu'au Moù l'envie, l'orgueil blessé et un remords involontaire nourlent en lui une haine croissante contre le frère dont il recon- Ma supériorité. Une scène pathétique, qui rappelle un des fiers chapitres de Notre-Dame de Paris, a lieu dans les combles mé église, « entre ciel et terre », car les deux frères sont cours. L'un d’eux tombe dans le vide, en voulant précipiter tre, ét le survivant ne songe plus désormais qu’à réparer les lé$ d'une catastrophe qu'ilse réproche de n’avoir pas su éviter. Halyse psychologique est très fine, et l'auteur montre avec un nd art comment les personnages arrivent peu à peu à lire ISMleur propre cœur ét à se rendre compte de leurs vrais senénts. 11 est regrettable que Ludwig n'ait voulu écrire des nou- * lésque dans les intervalles de ses drames; c'était peut-être là raie vocation !.
| | É:a 6. — AUTEURS DRAMATIQUES.
près Frédéric Hebbel, Richard Wagner, Gustave Freytag, Otto lwig, l'histoire du théâtre offre peu de noms remarquables. drame sérieux se rattache de préférence à Hebbel, ou à la ne Allemagne, ou même encore à la période Sturm-und-Drang. prend volontiers la violence pour de la force, la déclamation ir de l'éloquence. Ce qui frappe, c'est la faveur ES jouit, pour hoix des sujets, la Révolution française, faveur due en grande fiéaux agitations politiques de 1830 et de 1848. Mstian Griepenkerl, un écrivain suisse, né en 1810 à Hofwyl, Se canton de Berne, professeur À à Brunswick, mort en 1868, rute, en 1851, par un Robespierre, qui est resté sa meilleure 2e, quoiqu'elle ne soit pas exempte de singularités. Elle est ite en prose; seule, Thérèse Cabarrus, plus tard Mme Tallien, le en vers dans une scène épisodique. Une visite de Robes- | Éditions. — Œuvres complètes publiées par Ad. Stern et Erich Schmidt,
ébeipzig; 1891. — Choix, par V. Schweizer, en 3 vol., Leipzig, 1898. — À oulter : Ad. Stern. Otto Ludwig, oin Dichlerleben, 2° éd., Leipzig; 1906.
le dévouer pour les autres. Ils sont rivaux en amour; ou ,/
mais |’ entrevue où éclate la guerre entre lui et Danton ne mi a pas de grandeur. Les Girondins (1852) pèchent par le défaut d tion. Griepenkerl n’a-t-il pas fait trois actes sur Napoléon à Sai Hélène (1862)? Rien ne prouve mieux son peu de connaissance lois du théâtre. en Albert-Émile Brachvogel, né echo ef 1824, acteur di Vienne, puis secrétaire du Théâtre-Kroll à Berlin, mort 1878, a eu un succès retentissant avec Narcisse, tragédie en C actes, en prose (1857). Narcisse n’est autre que le neveu D. dont l’auteur fait le premier mari de la marquise pou Il devient le pivot d’une intrigue dont le butes faire tomber la marquise en disgrâce. Une représentation d matique amène le dénouement, comme dans Hamlet. Narci: avant de mourir, se charge, au nom du. poète, de prédire Révolution. Brachvogel a beaucoup écrit; il a fait aussi de lo romans, l'un sur Beaumarchais, un FU sur le Hollanc volant ou le Vaisseau-Fantôme, un autre encore sur Hamlet, le héros de Shakespeare est dette avec. le comte d'Essex. fait luimême un choix de ses œuvres en quatre volumes ! il y aurait encore à faire un choix. = Se Un écrivain d’une toute autre sorte est Rodolphe de Gottsch né à Bresleau en 1823, moins original peut- -être, mais d'un | 8 plus pur et d’un esprit plus cultivé. Son principe est que le po doit être « moderne » et,/autant que possible, allemand. «c « poésie n’est pas un Champ d'expérience, elle doit rendre Ve s] «du siècle. La Grèce lui a donné la forme plastique: le. rom «-tisme, la fleur du sentiment; les deux choses doivent. su « pour constituer ce qui est a humain ?. » Par la for Gottschall se rattache à l'école de Weimar. Dans ses dranr l'influence de Schiller est visible; le meilleur est Mazeppa us Ses deux comédies historiques, imprimées en 1865, Pitt et, For les Diplomates, reparaissent de temps en temps sur les scè allemandes. Gottschall, lui aussi, avait commencé par un Ro! Pierre (1845), au temps de son exubérante jeunesse, où ilse sait exclure des universités de Kænigsberg et de Brestau, Pa
L. Berlin, 1873. — A consulter : Mittelmaun. À. Z. ‘Brachoaael und soi men, Leipzig, 1910.
2. Die Deutsche Nationallitieratur des XIX, Jahrhunderts, 7e Rae 4 HE 1901-1904. Préface,
SÈCSE RE ne ke Me { 2 age e es % PR PTT =. LA LITTÉR ITURE AU MILIEU DU XIX° SIÈCLE. - 979
romans, le plus intéressant est Feuilles sèches, qui retrace a itations politiques de la Prusse Orientale aux environs 840 1, Après 1870, le libéralisme de Gottschall se fondit dans nationalisme qui ne portait plus ombrage aux couronnes; le 1d duc de Saxe-Weimar le nomma conseiller aulique, puis séiller privé, et l'empereur Guillaume 1°" lui conféra la lésse héréditaire. Il mourut à Leipzig, en 19092.
ans la comédie, Jules-Rodrigue Benedix s’est fait une place leste, mais une place à part. S'il ne s'élève pas très haut, moins il n’imite personne. « C'est un fait significatif, » dit istorien allemand, « que les auteurs qui présentaient alors ithéâtre des ouvrages de leur invention les présentaient mme « comédies originales », ou « drames originaux », et stusage s’est conservé. Le public était tellement habitué à ‘entendre que des traductions ou des imitations, qu'il fallait à signaler expressément ce qui n'était ni imité ni traduit. Il sb vrai que dans bien des cas cette désignation n'avait pas lus de valeur que cette étiquette que les marchands chinois aettent sur leur boutique : Ici l'on ne trompe pas le public %. » à Leipzig en 1811, Benedix avait à peine terminé ses premières des lorsqu'il s’engagea dans la troupe de Bethmann, avec uelle il fit plusieurs tournées en Saxe. Il parcourut ensuite, ffôt comme acteur de comédie ou de drame, tantôt comme inteur d'opéra, la Westphalie et les contrées du Rhin; il remssait honnêtement ses rôles, sans manifester un talent partiler dans aucun genre. Plus tard, il devint directeur de théâtre Wesel, à Cologne, à Francfort, et même professeur de déclaition. Il mourut à Leipzig en 1873. Ses comédies, au nombre quatre-vingt-cinq, sont presque toutes des scènes de la vie urgeoise, non dépourvues de gaieté, mais d’un comique parfois Vial. Les plus connues sont le Vieil Étudiant *, son début, le teur Wespe, satire assez piquante des journalistes, le Cousin,
: Welke Blätter, 3 vol., Breslau, 1877. — Voir aussi Jugenderinnerungen, Berlin, 8. | Wilhelm Jordan. — Il faut, avant de quitter la poésie tragique, donner un Wenir à La Veuve d’Agis, couronnée par l'intendance du théâtre de Munich, 1858 ; l'auteur est Wilhelm Jordan, né en 1819 dans la Prusse Orientale, membre parlement de Francfort en 1848, et qui, depuis, est allé de ville en ville réciter 3 Nibelungen. mis en vers allitérés (Francfort, 1868-1874); il est mort à Frañc- ‘t, en 1904.
3. H. Kurz, Geschichte der deutschen Litteratur, au 4° volume.
lDas bemooste Haupt, 1841.
- Théâtre de famille (Haustheater, Leipzig, 1862), qui a été souvent réimprim
680 LE RÉALISME Et LE NAÏURAL l'Entélement, le Procès, les Domestiques, Les intrigues ne très variées; les complications naissent d’ün malentendu lettre égarée, d'une confusion dé personnes, quelquefoi du développement naturel des caractères, Le dialogue, Sans ( particulièrement spirituel, a de la facilité et de l'entrain. Bene n’apportait donc, au fond, rien de fouveau dans la littératt mais on lui sut gré de peindre lés mœurs allémandes et de passer de modèles étrangers : ainsi s'explique la longue fav dont ila jouit. . | | La Î La comédie de Benedix, plus ou moins gaie, mais tou pleine de bonnes intentions, $e continue avec Gustave de Pu: et Ernest Wichert. Putlitz, que nous connaissons, déjà com auteur d’un « bouquet de contes », a été intendant du théâtre Schwérin et directeur du théâtre de la cour à Carlsruhe. Una lui suffit ordinairement pour développer ou du Moins esquis une idée. On n'oublie que le cœur, Ne jouez pas avec le feu, s d'agréables divertisséments de salon. Dans Guerre et Paix famille, toutes 1és opinions politiques $e heurtent sans trop blesser; un domestique dont la lecture des journaux socialis a brouillé l’esprit est le personnage comique de la pièce ?, Putl à écrit aussi dés drames; son Testament du Grand Électeur #a un grand succès momentané, dû en partie au caractère atr tique du sujet. : NES Ernest Wichert, né en 1831 dans la Prusse Orientale, de justicé à Berlin de 1887 à 1896, a dû, lüi aussi, sa renof moins à dés drames comme Maurice de Saxe (1873), où i sur les traces de Robert Prutz, de Henri Kruse, de Robe qu'à $és Comédies légères, telles que le Fou de la Fortune, dire l’homme qui n’a pas de chance, Plier où rompre, à et les Réalistes #. | LE
1. Éditions. — Une collection à peu près complète des comédies de Ben publiée en 27 vol. (Leipzig, 1846-1874): lui-même en avait fait un choix
ouvrage posthume, la Shakespearomanie (Stuttgart, 1874), où il prétend lés Allemands de leur engouement pour Shakespeare, n’a converti ni le hi les auteurs. LES TRE
2. Das Herz vergessen; Spielt nicht mit dem Feuer: Familienswist und 1 — Lustspiele, 4 vol., Berlin 1853-1860; Veue Folge, 4 vol., 1869-1872. Vi
3, Das Testament des grossen Kurfürsten, 1859. — Ausgewähite Werk Berlin, 1872-1878. Ce:
4. Der Narr des Glücks, 1869; Biegen oder Brechen, 1870: £in Schritt vo 1873; Die Realisten, 1874. — Wichert à été longtemps juge dans ü ville de la frontière russe et ensuite à Kæœnigsberg, et il à peint les mœ
5 Ar Et É tROse RE: PRE RP A LE ere ATURE AU MILIEU DU XIX° SIÈCLE. 981
Jor Wehl, ou de Wehlen, un seignèur silésien (1821-1890), fa le genre en y introduisant plus de grâce, de vivacité, et ois un grain de poésie. Il avait vécu dans le cercle de Varnin, et plus tard il avait fréquenté la Jeune Allemagne. Il fut dant quinze ans directeur du théâtre de Stuttgart. Un des Mes qui marque le début de sa carrière, l'Amour de Hælderlin 2), contient de belles tirades lyriques. Ses Guépes berlinoises, la dépensé beaucoup d'esprit, ont perdu en partie leur fopos. Ses comédies, On fait des sottises à tout âge, Caprice par ur et amour par caprice, Il ne faut pas peindre le diable sur le mur, “autres, sont des proverbes dans le genre d'Alfred de Musset!. vec Féodor Welhl, limitation française entr'ouvre encore une Ma porte; elle rentrera après 1870, avec Paul Lindau et avec
dramaturges de l'école naturaliste ?.