‹ Histoire de la littérature allemandeChapitre 449 sur 534 · J. — LE ROMAN HISTORIQUE · texte numérisé non relu

J. — LE ROMAN HISTORIQUE

cueillir les documents que nous a légués le passé, les com-

er, les grouper, les réunir en un tableau d'ensemble et leur :

dre ainsi la vie, telle est la fonction de l'historien. Mais voici le iäncier qui intervient, avec l'intention de parfaire l'œuvre de Storien ; il fait son choix parmi les événements et les persones, d’après un plan qu'il s'est prescrit, c’est-à-dire d'après “mesure qui lui est personnelle ; il invente même des personyes qui n’ont pas véCu, mais qui, assure-t-il, auraient pu vivre ; ait parler les uns et les autres, les installé dans des localités

vi ce dans plusieurs séries de nouvelles, plus intéressantes peut-être que ses S romans. Il a donné des renseignements sur sa vie dans Richter und Dichter, MLébensausweis (Berlin, 1899.) IL est mort en 1902. — Gesammelte Werke, vol,, Dresde, 1896-1897, . Alter schützt vor Thorheit nicht; Caprice aus Liebe und Liebe aus Caprice; n sol den Teufel nicht an die Wand malen. — Lustspiele und Dramen, 6 vol., pzig, 1863-1869. — Féodor Wehl s'est montré, dans quelques domaines spéciaux la littérature, un historien bien renseigné et agréable à lire. Son ouvrage Sur Jeune Allemagne a été cité plus haut; il faut y ajouter : Aamburgs Litteratur-

ébim XVII. Jakrkundert, Leipzig, 1856; Didaskalien, Leipzig, 1867; Fünfsehn

re Stuttgarter Hoftheaterleitung, Hambourg, 1886, Zeit und Menschen, Tage- >

RAufseichnungen, Altona, 1883.

Charlotte Birch-Pfeiffer. — Il faut citer, sinon pour l'histoire littéraire, du ins pour l'histoire du goût public en Allemagne, la productive Charlotte Bircheiffer, née à Stuttgart en 1800, morte à Berlin en 1868, actrice et directrice de fâtre, Elle possédait une aptitude spéciale pour convertir un roman en drame. Gesammelte dramatische Werke, 23 vol., Leipzig, 1853-1880. — Charlotte Bircheiffer a légué sa plume infatigable à sa fille Wilhelmine de Hillern, d'abord trice comme elle, ensuite retirée à Oberammergau: «

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précises, les enveloppe dans une intrigue commune : Es #0

; le roman du passé, et il ne fait que le roman du prés

sait piquer la curiosité, suspéndre le récit, reculer le d ment; mais la peinture des car

inspiré, peignit les mœurs du Brandebourg, qu'il connai

. $ vol., Leipzig, 1846-1848.

vérité d'observation il substitüe une vérité d'imagina ion. prend le plus souvent les éléments autour de lui. 1l préte

roman historique est donc un genre factice. Un roman, aus qu'un drame, ne peint jamais que l'époque où il a été écr vrai roman historique est celui que chaque siècle trace méme, dans sa poésie, dans son théâtre, et même danssesr de mœurs. Eu PS ns. :

Walter Scott a créé le roman historique, non seulement po l'Angleterre, mais pour l'Europe entière, En Alleinagne, l'imi tion de Walter Scott remplit tout le siéele, ét, Si l'on met à p. le Lichtenstein de Hauf, elle n’a produit aucune œuvre réelleme importante. Karl Spindler, né à Breslaù en 1796, élevé à Str: bourg, longtemps comédien ambulant, eut un grand succès ay le Bâtard (1826) et avec le Juif (1828); plus tard, il se dépen en productions hâtives; il mourut en 1855. Le Bitard est:u histoire chevaleresque du temps de l'empereur Rodolphe H; Juif est un tableau de mœurs de la fin du moyen âge. Spi c emprunte surtout à Walter Scott ses artifices de narrateur Ed

manque de distinction. Willib Wilhelm-Henri Hæring,

santé le réduisit presque à l'inaction, et il passa les d nièr années de sa vie dans un village de la Thuringe, où il 1 rut 1871. Il publia, en 1823, un roman en trois volumes, sous titre : Walladmor, librement traduit de l'anglais de Walter et tout le public, même lettré, fut dupe de sa mystification. scène de Walladmor est en Écosse. Plus tard, Alexis,

Son Cabanis (1832) retrace la vie de Berlin du temps de Frédér

. 1. Il appartenait à une famille de réfugiés bretons, du nom de Hareng uisa Son nom (alec, hareng), et donna à son prénom, Wilhelm, la for germanique de Wilkbald. ‘ 4

?..Der Roland von Berlin, 3 vol., Leipzig, 1840 ; Die-Hosen des Herrn vo

F. Sencibé que chez Rad tout est au même Fe les ‘ éssions abondent, et l'intérêt languit ’.

È roman historique offre un intérêt plus direct lorsqu' il uche à des événements récents et presque contemporains; dis, par céla même que ces événements sont plus connus, les (érations qu'on leur fait subir deviennent plus choquantes. epri Kœnig, né à Fulda en 1790, greffier de justice dans la Hesse léctorale RE 1847, mort à Wiesbaden en 1869, a peint les Sbuts de la Révolution en Allemagne dans {es Clubistes de ay ence, et la cour napoléonienne de Cassel dans le Carnaval é roi Jérômé. On détacherait volontiers du premier roman la scription de la ville de Mayence; du second, quelques pordits, comme celui de Jéan de Müller et du maître de chaalle Reichardt. La part de la fiction est plus grande dans un are ouvrage, plus ancien, la Noble Fiancée, dont la scène est Savoie. La « noble Hancée » est une jeune fille appartenant craie: elle finit par épouser uw fils de bourgeois, et Ur union coïncide avec le mouvement révolutionnaire qui nène la suppression ‘des privilèges de la noblesse. Kænig a ré à aussi, dans William Shakespeare, un Shakespeare romantique ui est à peu près entièrement de son invention 2. Willibald Alexis est moins lu qu’autrefois, Spindler et Kænig atrent déjà dans l'oubli. Le Zurichois Conrad-Ferdinand Meyer, di appartient à la fin de la période, leur est supérieur pour Tart composition. Il est né en 1825, s’est formé par des voyages, même séjourné à Paris, et s’est retiré ensuite dans sa villa é‘Kirchberg, au bord du lac de Zurich; il est mort en 1898. eu mélé au monde littéraire, Meyer mürissait lentement ses uvr ages; une certaine réserve instinctive l’empêchait de se | 1 On ne connaissait encore de lui que quelques poésies Parses dans les revues, lorsqu'il publia, en 1872, un poème, les érniers Jours de Hutten, où ce précurseur de la Réforme résu-

lGesammelte Werke, 20 vol., Berlin, 184; Vaterländische Romane, 8 vol.,

din, 1881.

2 Die Klubisten in Mainz, 3 vol, Leipzig, 1847; Kôhig Jerome's Karnecul, 3 vol., bzig, 1855; Die hohe Braut, 2 vol., Leipzig, 4835; Williams Dichten ad

: 1 ” AE Hanau. 1839; 2 cd. (William Shakespeare), Leipzig, 1850. —

wammelte Schriften, 20 vol., Leipzig, 1854-1868.

A. Bosserr. — Hist. de la littér. allemande. 32

LCR. OX). net *

984 LE RÉALISME ET LE NATURALISME. f à

mait, dans des rythmes sévères, et même un peu mon les souvenirs de sa vie agitée, Deux ans après parut le ro Jürg Jenatsch, histoire d’un pasteur du pays des Grisons, qu pendant la guerre de Trente Ans, défend l'indépendance de, canton, tantôt contre les ane tantôt contre les Françai Le livre est riche en scènes pathétiques et en tableaux pitt resques. Le récit tranche, par une certaine brusquerie d’allur sur la manière diffuse des romanciers allemands. Les mobil qui font agir les personnages sont à peine indiqués ; on cro parfois lire une chronique. Un autre roman de Meyer, le Sain (1880), a pour héros l’évêque Thomas Becket; ici encore, l’auteu peu soucieux d’analyse psychologique, se-borne à un simp récit, qu'il met dans la bouche d’un archer suisse. Plus tard, transporta la scène de ses romans en Italie, sans changer € méthode ?. Les nouvelles de Meyer se rapportent pour la plupa à l’histoire des guerres de religion; quelques- unes, comme Page de Gustave- Adolphe, montrent qu'il savait au besoin touch la corde humoristique. ;

Si le roman historique à, par sa nature, ne chose au ficiel, que dire du roman. archéologique ? Là, l’auteur dépaysait tant bien que mal par Tr des détails de mœurs, dec tume, d'architecture, ou par l'évocation de personnages vélèbre

b il prétend nous transporter dans un passé lointain, myst rieux, laborieusement exhumé par la science, et'qui n'a | 2 aucun rapport avec le présent. En pareil cas, les moyens naires d'orientation ne suflisent plus; il faut que l'auteur s “tac à nos pas et, comme un fidèle cicerone, nous guide, à : ses obscurs bin il faut, en d’autres termes, que le réc soit accompagné d’un commentaire perpétuel, L'égyptologu George Ebers, né à Berlin en 1837, forcé par une maladie d quitter l’enseignement universitaire, a donné à ce nouveau Bent pseudo-historique une vogue qui, Dale une dizaine d'année a contrebalancé celle du roman réaliste et villageois. Il a Fete

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