POÈMES RELIGIEUX
e Légendes pieuses mises en langue vulgaire, — 1. La Vie de la Vierge Re Marie de Wernher, et l'Enfance de Jésus de Conrad de FUssEsbrunn; simplicité de leurs récits. — 2. La Chanson d'Annon; aperçus : sur l'histoire universelle. — 3. Invasion de l'esprit chévaleresque. ne. dans la poésie légendaire; Rodolphe d'Ems; le . ARE à Reinbot de Turn.
‘4 : EN > + L'esprit chevaleresque pénètre toute la littérature du xrrre siècle: il en détermine les genres les plus divers. Il communique, comme nqus venons de le voir,un charme romanesque à la fable des animaux; il entra également dans la poésie religieuse. Les légendes pieuses, qu'une foi naïve avait multiphiées dès les premiers siècles du christianisme, avaient d'abord été écrites en latin. Elles servaient de texte aux homélies; c'était une mine. ions pour les prédicateurs; on y puisait même de préférence à l’histoire authentique de la Bible. Plus tard, on essaya de les dre parmi le peuple, et même de les opposer aux récits mondains qui se débitaient dans les châteaux. Il fallut dès lors. les accommoder aux besoins et aux habitudes d'un public nouveau. Pour le bourgeois et Partisan, il suffisait de rédiger les. textes latins en langue vulgaire; mais pour la société aristocra= tique, il était nécessaire de les parer de tous les agréments de la poésie chevaleresque. Cette transformation de la légende pieuse,. qui eut lieu à la même époque dans toutes les littératures de l'Europe, fut en quelques points favorable aux langues nationales; elle. leur communiqua parfois une ampleur et une gravité qui leur. manquaient encore; mais la légende elle-même, dans son. contact. avec la poésie doi perdit de bonne heure sa simplicité: elle)
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= POÈMES RELIGIEUX. 71 échangea son charme naturel contre des embellissements @e
mauvais goût; elle devint de plus en plus artificielle, miraculeuse et invraisemblable,