‹ Histoire de la littérature allemandeChapitre 458 sur 534 · Die Chronik der Sperlingsgasse · texte numérisé non relu

Die Chronik der Sperlingsgasse

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ee En + TA Do fi APE AU MILIEU DU xix* SIÈCLE. © 997 1isme résigné et doux, avec des nuances d'optimisme. Il sait ue la vie a des fonds obscurs, qu’elle est pleine d'efforts ériles et d'illusions perdues; mais il croit que le vrai bonheur éside dans l’âme, et n’est pas incompatible avec la souffrance ". out cela, malheureusement, est noyé dans un grand Ho be e volumes, où la postérité, si Raäbe arrive jusqu’à elle, aura [ "Ja peine à faire son choix.

Whéodore Fontane a cru renouveler le roman et la nouvelle n les transportant sinon dans le demi-monde, du moins dans in monde qui en approche beaucoup. Dans l'Adultera (1882), Jécile (1885), Stine (c'est-à-dire Ernestine, 1890), Jenny Treibel 1892), l'amour est traité comme un cas physiologique et le fériage comme une affaire. « Des créations originales », dit : quelque part Fontane, « sont loin d’être toujours de belles créalions, et, d’après les principes de l’art, la simple originalité ne osera jamais considérée comme équivalente à la beauté. Cela est € certain, mais, d'un autre côté, notre littérature souffre de « la omaladie des doublets », et nous sommes arrivés à un point où, pour quelque temps fu moins, l'originalité devra être prisée à Gl'égal de la béauté. Une même loi régit l’art et la vie. Quand cles descendants d'une grande époque ont dépensé le capital Camassé par leurs ancètres, ceux qui créent des ressources ehouvelles, n'importe comment, sont les bienvenus. En ce emoment, il nous faut quelque chose, une matière brute, qu'on Bis après nous ?. » La distinction établie par Fontane est peu artificielle; l’originalité sera toujours la nature vue d'un rtain côté, et la beauté la forme que l'artiste saura donner à “rs La matière brute que Fontane prétendait jeter dans la 4 rature ne l’a pas entichie, à en juger par ses propres romans, 4 5 est peu variée. Théodore Fontane appartenait à colonie française établie en Prusse; sa famille était originaire lü département de l'Hérault. Il est né à Neu-Ruppin, dans le jrandebourg, en 1819; il est mort en 1898. Il commença par imiter, dans ses poésies, les ballades anglaises; il écrivit ensuite 4 des récits de voyage, des romans historiques, une relation de la re l: Der Hungerpastor, 18614; Abu Telfan, 1867; Der Schüdderump, 1810. — Raabe

mort à Brunswick, en 1910. — A consulter : W. Gerber, W. Ranbe, eine ürdigung seiner I@chtung, Leipzig, 1897; — W. Brandes, Wilhelm Raabe, Berlin,

, Chr. Fr. Scherenbérg und das litterarische Berlin von 1840 bis 1860, Berlin, 1885.

|. Grimm cest mort en 1901.

LE RÉALISME ET LE NATURALISME guerre du Schleswig, de la guerre austro-prussienne, de la. pagne de France. Ce qui pourra rester de lui, ce sont ses Ci à travers la marche de Brandebourg et ses récits autobiogra. phiques !. L'école naturaliste l'a réclamé comme un précurseur C'était, au fond, un indépendant, un dilettante aux goû aristocraliques, aussi peu soucieux de. continuer le passé que d'encourager des innovalions douteuses; observateur sagace, ur peu nonchalant, aimant le petit fait et causant la plume à k main; sans préjugé ni parti pris, et, quant à ses idées morales, partisan d'une liberté honnête et indulgent à toute faiblesse humaine ?.

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1. Wanderungen durch die Marte Brandenburg, 4 vol., Stuttgart, 1861; 6° éd. 1896; choix par H. Berdrow (Cotta’sche Handbibliothek). — Meine Kinderjahre, Autobiographischer -Roman, 2 éd., Berlin, 1894 — Von Zwanzig bis Dreissig

Autobiographisches, Berlin, 1898. — Kriegsgefangen, Berlin, 1870, 4° éd., 1898. —

Œuvres complètes, 21 vol., Berlin, 1909. \ se é

2. À consulter : J. Ettlinger, Theodor Fontane (dans la: collection : Die Litteratur,

Berlin); — Erich Schmidt, Charakterisken, IX, Berlin, 1901. Er.

Hans Hopfen. Wilhelm Jensen. Léopold Kompert. Sacher-Masoch. Herman Gr

Rodenberg. Stinde. — Deux écrivains qui grandirent d'abord sous l'égide d

Heyse et dans limitation de Raabe et de Storm, le Munichois Hans H

(1835-1904), ot le Schleswigois Wilhelm Jensen (1837-1911), se perdirent p:

genre de production superficielle qui alimente les cabinets de lecture .alle

Ians Hopfen avait donné quelques espérances par des ballades et des no . d'un tour burlesque qui ressemblait à une originalité, Jensen s'añnonça à

comme poète lyrique, comme romancier, comme dramaturge, et ne fut

qu'un écrivain négligé. , Léopold Kompert, né à Münchengrætz, en Bohême, en 1822, longtemps teur du Lloyd autrichien, mort à Vienne en 1886, a peint le monde juif da récits d'une simplicité attachante (Aus dem Ghetto, 1846-1860; Bôhimische 1851). — Les contes galiciens de Sacher-Masoch, né à Lemberg en 1835, 1895, sont très inégaux; quelques-uns sont simplement extravagants. connus sont ceux qu'il a recueillis sous le titre du Legs de Caïn (Das Vermächtr s. Kains, deux parties, 1870, 1877). Le legs de Caïn, c'est « l'amour, la pr été, « l'État, la guerre, le travail et la mort ». L'amour et la propriété forment le. des deux parties du receuil; l'amour, c'est la guerre des deux sexes ; la pro; c'est l'usurpation et l'esclavage, La morale du livre est exposée par un voya! | errant, un homme sans patrie, qui n’a ni femme ni propriété, et qui se refuse à tout travail. Hein es Herman Grimm, fils de Wilhelm Grimm, né à Cassel en 1828, connu par ses Æssais, ses biographies de Michel-Ange et de Raphaël et ses 0 rences sur Gœthe, ‘a écrit des nouvelles dans le goût classique et dan Style un peu marmoréen; ses héros les plus ordinaires sont des artistes. Il épousé unc fille de Bettina d'Arnim, et il avait puisé le culte de Gœthe dan traditions de sa famille. Son grand roman, Puissances insurmontables (Unübe “windliche AMächte, 3 vol., 1867), n'est qu'une nouvelle démesurément allon ces puissances sont les préjugés qui empèchont le mélange des classes. Her

Le directeur de la Deutsche Rundschau, Jules Rodenberg, né en 1881, dans ant petite ville de la Hesse Électorale, sessaya d'abord dans la poésie lyri

A. — LE RÉCIT VILLAGEONS.

| erécit villageois, à ne le considérer que par le côté extérieur,

\ce: Il trouve ses personnages dans la classe de la société qui Iinge le moins. L'homme instruit est l’enfant de son époque, iSñque de son territoire; il a pris la teinture générale du )mde dans lequel il vit : le paysan reste ce que la nature l'a Mais le récit villageois est plus qu'une chronique de village ; ist une réaction contre les éléments artificiels que la vie monme a mêlés à notre manière de sentir et de penser; et, en tant gréaction, il a lui-même quelque chose d’artificiel. Ce serait e erreur de croire que le conteur peigne le paysan tel qu'il E une telle peinture serait peu intéressante. Le conteur fait | 54 au paysan non ce qu'il sent habituellement, mais ce &dans certaines circonstances et sous l'empire de certaines | 4 il.est capable de sentir. Pour cela, l'observation ne ‘üt pas, il y faut de l’imagination. Le récit villageois n’est pas | pur réalisme; c'est, au contraire, un idéalisme très délicat; je comme toute œuvre d'art, un Compromis entre l’observa-

tacte limite ou l'imagination n'est plus contenue par l'obserion, et où l'invention cesse d’être vraie.

Jon attribue ordinairement la création de ce genre au | conteur é Albert Bitzius; mais ce n'est qu'après le succès d’Auerque l'attention a été attirée sur lui; on a même essayé de bposer à Auerbach. Il est né à Morat, en 1797; il était fils M pasteur et destiné lui-même à la carrière ecclésiastique. ; ntéressa tout jeune à la culture des biens du presbytère, et

21 1 ive, et trouva enfin son originalité dans la peinture des mœurs allemandes

t décrites. 11 a retracé la vie anglaise à deux époques différentes, à la fin du Siècle et au temps de Cromwell, dans deux longs romans, le Nouveau Déluge Sündflut, 1862) et Par la grace de Dieu (Von Gottes Gnaden, 1870). Un de niers ouvrages, les Grandidier (1879), est une peinture de la colonie fran- Berlin. Li a l'œil observateur et une plume facile; son défaut, qui est celut beaucoup de romanciers allemands, est de ne pas savoir se borner. Comme teur de revue. il a rendu des services à la littérature, en se montrant accueilles jeuncs talents.

n ne parle plus guère de la famille Buchhols de Stinde, ce monument IScélèbre de Lesprit berlinois, une histoire qui s'est allongée successivement sept volumes, et qui a eu de nombreuses éditions.

jour but de peindre les mœurs spéciales de telle ou telle pro- *

et l'imagination. L'art consiste précisément à marquer.

angères. Il y a peu de régions caractéristiques de l'Europe qu'il n'ait visi- .

14000 REEE ON re Sr dE ER TE | il fut agronome avant d’être théologien. Ayant fait ses & à Berne et à Gœættingue, il devint Vicaire de son père; ensuite pasteur dans un village de l'Emmenthal, où il m en 1854. Îl avait près de quarante ans lorsqu'il publia premier ouvrage, le Miroir du paysan ou la vie de Jérémie Gotth C'était une sorte de confession, mêlée de considérations moral où un paysan racontait cent après avoir été valet ferme, puis soldat dans l’armée française, il s’é était élevé rang d'instituteur et de conseiller de sa commune. Lei eut du succès en Suisse, et Bitzius adopta lé nom de son hé comme nom d'auteur. Il donna ensuite Héur et malheur da maître d'école, Uli le valet et Uli le fermier *. Uli, où Ulrie, devie fermier d'un domaine où il a d’abord servi comme valet m il veut s'enrichir trop vite; il pressure $es domestiques; 4 trompé par des agents d’affaires, ét il a des procès; heureu: ment qu’il à près de lui sa fémie, plus sagé que lui, la vailfai ; Vrène ou Véronique, qui le remet dans Île bé chemin, Le pr Î cipal mérite de Jérémie Gotthelf est dans la péinture des car tères; ses paysans sont vrais, sans être vulgaires; on voit qt a vécu avec eux. Il à des images frappantes et neuves: son St, est teinté de patois suisse. Le détail, chez lui, vaut mieux q l'ensemble. Il ne compose pas, ef, s'il n'avait que ce défaut, | le lui pardonnerait volontiers, comme on le pardonne à la plup: des romanciers allemands. Mais il ne choisit même pas; it dit tor se répète, s’attarde, laisse aller sa plume. Dé plus, ilsest vient trop qu'il est pasteur et qu’il a charge d’ âmes. Le but tous ses écrits est de montrer que la richesse ét le bonheurs ; SO le fruit du travail ét de l'économie; mais il ne se borne pas à montrer par des exemples. Il explique et commente la condu de ses personnages; il prêche, au lieu de raconter. Dans ses de niers écrits, il ne se contente même plus de prêcher, il got mande avec aigreur. Conservateur inquiet et acharné, ennemi toute nouveauté, quelle qu’elle soit, et de quelque côté que vienne, il a de violentes apostrophes contre « l'esprit du siècle qui menace de se substituer au « vieil esprit bernois », palie et tranquille ? |

Ki Bauernspiegel oder Lobrai ee des Jerenias Gotthelf, Berne, 189. Leiden und Freuden eines Schulmeisters, 2 vol., Berne, 1838. — Uli der : d Soleure, 1841. — Uli der Pächter, Soleure, 1849. «

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2 Œuvres. — Gesammelté Schriften, 24 vol., Berlin, 1861. — A. con ul

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frémie Gotthelf est resté pasteur de village il n'a pas d'autre

izon que ses montagnes; il ne connaît pas d’autre unité polik que la commune ou le canton. Berthold Auerbach, au itraire, a franchi de bonne heure le cercle étroit de sa pree éducation; il a vu le monde. Il peint de souvenir et par dparaison, et la comparaison est sous-entendue dans ses its, lors mème qu'elle n'est pas exprimée. Il fait plus que de nparer, il généralise, car il est philosophe. Au-dessus du vil- &et de la ville, de la vie simple et de la vie civilisée, il voit amanité qui les comprend l'une et l’autre. « Le peuple, » dit un ses personnages, « c’est comme la tranquille nature; il ne sait ien de la beauté de sa vie; il mène une existence "épée tite

nous autres, les princes de l'esprit, nous entrons dans son orizon fermé, et nous y découvrons des pensées et des images uxquelles nous donnons l'essor. » Et un interlocuteur lui rond : « Qui sait si nous ne sommes pas ainsi un objet d'étude jour l'Esprit du monde, et quelles pensées et quelles images ious lui fournissons {? » Berthold Auerbach est né, en 1812,

| parents juifs, au village de Nordstetten, sur le vante éhtal de la Forêt-Noire. Destiné à être rabbin, il fut envoyé, à ze de douze ans, à l'école talmudique de Hechingen, et trois après à l'école rabbinique de Carlsruhe. C’est dans cette le que ses idées commencèrent à prendre une autfe direction; se rendit à Tubingue, pour étudier la philosophie et l'histoire. L des événements de 1830, il ne cacha pas ses sympathies ur la cause libérale, et il expia sa franchise par un séjour de eélques mois à « l'hôtellerie des démagogues », la forteresse Hohenasperg. Ayant recouvré sa liberté, il continua ses études Heidelberg, où il suivit les cours de l'historien Schlosser. Il blia, en 1836, son premier ouvrage, une brochure intitulée le daisme et la littérature contemporaine, où il délendit ses corelipaires contre le reproche d’indifférence politique et de tiéüPnationale. Une secrète sympathie l’altirait vers le philosophe BSpinoza; il le prit pour héros de son premier roman, où il saya de montrer que le judaïsme ne pouvait vivre et se déveiper qu’en se pénétrant de tous les éléments de la civilisation dderne. La brochure avait été une réplique aux adversaires de

Ma nuel, Albert Bitzius, sein Leben und seine Schriften, Berlin, 1857; — A. Barérenias Gotthelf, Berlin, 1902.

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la religion juive; le roman ressemblait à une tentative Ÿ nération dans le sein du judaïsme même‘. Le Spinosa eut} de succès; un autre roman, Poëte et mur ie dont lé héro : un obscur poète du XvIri® Si ÉoE Éphraim Kuh, passa tout à f inaperçu ?. Auerbach cherchait sx voie: il la pressentit dans: écrit intitulé le Ciloyen cultivé, un livre pour la classe moyer

f pensantes. *. Agir sur le peuple, l’intéresser au mouvement. pc V tique et social de l’époque, telle avait déjà été l'idée de Jeune Allemagne; c'est aussi là pensée, un peu confuse, < traverse les premiers ouvrages d’Auerbach. Il comprit enfin. q

le plus sûr moyen d'agir sur le peuple, c'était de lui présent son image. En 1843 parurent les premiers Récits villageois de Forét-Noire, qui se répandirent bientôt dans tous les rangs de

société. C'étaient tantôt des idylles et de riants tableaux de à tantôt des histoires à dénouement tragique: car le conteurne mo trait pas seulement le paysan avec ses vertus naïves, sa droitu

sa piété, son goût pour le travail et l’économie, mais aussi avec dureté, son orgueil, ses emportements irréfléchis. Parfois le vi esprit se trouve en conflit avec l'esprit nouveau, comme da cette amusante histoire (Befthlerles) où un juge trop zéléwe interdire aux paysans de porter sur leur bras gauche la hachet traditionnelle, et aux jeunes gens de planter un mai deva

la maison de leur bien-aimée. Un des plus touchants récits, q prend les proportions d’un petit roman, est celui de {a Femme « professeur; une jeune fille de la campagne, devenue la femn d'un peintre, est transportée brusquement au sein d'une. will elle se heurte à des convenantes dont elle ne comprend: P l'utilité, et elle ne retrouve la paix que dans les lieux oùfel était habitase à vivre‘. La langue d’Auérbach est discrèteme mélangée de locutions populaires. Entre toutes les expressio: que le patois lui offre, il a l’art de choisir celles qui se cor prennent aussitôt et qui font image. Son style est une mosaïqt très adroitement composée. Dans les longs romans qui marque

r sa dernière période, Auerbach redevient peu à peu le moralis | W qu'il était dans sa jeunesse; il explique ses personnage il or

1. Das Judenthum und die neueste Litlieratur, Stuttgart, 1836. — Spi Denkerleben, 2? vol., Manheim, 1837.

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