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LES FEMMES AUTEURS

Jans l’ancienne Grèce, les femmes poètes étaient honorées du m de dixième Muse; dans la moderne Allemagne, une femme eur de romans s ‘appelle volontiers la George Sand allemande. qu' ici, aucune n’a eu le génie de George Sand. Celle qui s’en jproche le plus par son tour de phrase, c’est la comtesse Ida hn-Hahn. Elle a pourtant bien des défauts de style ; ses images it souvent recherchées, et elle abuse des mots français, sur- Lt à son début : c'était encore la mode dans les salons aristotiques du temps. Née en 1805, issue d'une grande famille Mecklembourg, la comtesse Ida recut d’abord une éducation S mondaine, et son père lui donna l'exemple d’une vie disée. À vingt ans, elle épousa son cousin, dont elle se sépara ntôt après. Pour se distraire, elle voyagea, en Autriche, en lie, en Espagne, en France, en Suède, et jusqu’en Orient ns les intervalles de ses voyages, elle demeurait à Berlin ou à ésde. Elle publia d’abord des poésies lyriques, qui furent peu narquées. Elle eut plus de succès avec ses romans, où elle lendit les privilèges de l'aristocratie, alors fortement contestés p Ja Jeune Allemagne ét par tout le parti libéral. Elle présenta noblesse comme le plus sûr soutien de l'État, comme la classe érale par excellence, puisque, n'ayant plus rien à conquérir ur elle-même, elle pouvait tenir aisément la balance entre les rtis opposés. À ce paradoxe se mêlaient des sorties passionnées tre le mariage, qui, en réduisant la femme à des devoirs Curs, l’empêchait d'agir efficacement sur la société. Le carace qu’elle a peint avec le plus de sympathie, c’est celui de la niesse Faustine, dans le roman du même nom (1841). « Fausine, » dit-elle dans la préface, « porte la couronne de la beauté, lu génie, de la grâce; elle est reine par son empire sur les *œurs; elle réclame son contentement, durable, éternel, inéiisable ; elle le veut à tout prix, et elle rejette tout ce qui ne é lui procure pas. Partout où ses regards se portent, elle Chante et elle désespère; elle répand à la fois la félicité et a mort. » Faustine est une sorte de Don Juan féminin. Elle itte d'abord son époux, qu’elle n’a jamais aimé, pour suivre un ‘tain baron. Puis, quand le baron ne peut plus lui donner son contentement », elle s’attache à un comte. Cette fois-ci,

c’est une passion véritable qui l? entraîne; mais la passion s s’épui encore plus vite que le caprice, et étie finit par entrer un couvent; elle essaye d’aimér Dieu, n'ayant pu aimer les cré tures. En général, les romans de la comtesse Hahn-Hahn do nent une idée peu édifiante des mœurs de l'aristocratie alleman aux environs de 1840. La révolution de 1848, en lui révélant l'ex: tence de forces populaires encore inconnues, lui causa une sor d’effroi, et les prédications du baron Guillaume de Ketteler, ph tard évêque de Mayence, achevèrent de la jeter dans le cat] 10 cisme ultramontain. Elle passa, sans transition, du boudoir à sacristie, et la femme émancipée devint, au grand étonneme de l’Allemagne, une Madeleine repentante. Elle expliqua sa co version dans un écrit intitulé De Babylone à Jérusalem (4851), € en 1892 elle‘entra dans la maison mère de l'ordre du BonPa teur à Angers. Deux ans après, elles établit à Mayence, où elle! construire un couvent à ses frais. Mais elle ne vécut pas dans retraite : ce n’était pas son goût. Son activité, toujours tr grande, se partagea entre le prosélytisme et la publication des derniers romans, qui sont des apologies du ratholiciame 4 la vie monastique ; elle mourut en 1880 !, SE Fanny Lewald est une nature mieux équilibrée; elle af d'imagination que la comtesse Hahn-Hahn, mais elle a jugement et de grâce féminine. Des critiques bienveill ont trouvé quelque chose du sens rassis, mais ferme et pét de son compatriote Kant. Elle était fille d'un négociant Kœænigsberg, née en 1811. Un seul événement, dont elle à

regretta aussitôt ce qui lui apparut comme une | 2DOS EE renonça à l'union projetée. Elle se maria plus tard. avec térateur Adolphe set elle mourut à Dresde, en

privé elle met l'intérêt social. Ses hécoines font a des mariages de raison; et quand elles se trompent dan

1. Œuvres complètes, par Schücking, Ratisbonne, 1902 (en cours). — sulter : Maria Helene, Gräfin 1da Hahn-Hahn, ein Lebensbild, Leipzig,

dix, elles supportent noblement les suites de leur erreur.

mny Lewald à trop écrit, et il serait oiseux de citer tous ses mans. Ses intrigues sont peu compliquées, même peu origies; Ses analyses psychologiques sont souvent fines, et ses flexions intéressantes. Elle a parodié un peu lourdement sa tale dans Diogéna, qu'elle a fait paraître sous le nom de {a Comise Iduna. H. H.; Diogéna parcourt la moitié du monde, après tre séparée de son époux; aucun spectacle ne l'intéresse, œune jouissance ne la satisfait, et elle finit par être enfermée ms une maison d’aliénées. Jenny (1843) nous fait pénétrer dans ntérieur de la famille juive. Le Prince Louis-Ferdinand (1849) Plune peinture de la société berlinoise à la veille de la bataille léna. L'un des derniers romans de Fanny Lewald, intitulé De méralion en MENACE EN 1, montre comment les classes se conndent peu à peu par le progrès des lumières : la donnée était téressante; malheureusement, elle se dégage avec peine de la ngueur des développements.

Avant de quitter ce groupe, il faut donner un souvenir à deux rivains un peu plus anciens, qu'on ne lit plus, mais qui ont Meur moment de vogue, Henriette de Paalzow et Ida de Düringsld. Henriette de Paalzow, née à Berlin en 1788, morte en 1847,

les mêmes idées que la comtesse Hahn-Hahn sur les vertus nées. de l'aristocratie; sa réputation a été en grande partie euvre des salons qu’elle fréquentait ;son meilleur roman, Godwie- Stle (1836), qui raconte la jeunesse du roi Charles Ier, est une Mitation de Walter Scott. La baronnesilésienne Ida de Düringsfeld, een 1815, morte en 1876, est un génie précoce, qui n'a jamais teint sa complète maturité. Elle-même nous apprend qu'elle sait des vers avant de savoir lire; elle publia ses premières ésies, en 1835, sous le nom de Thekla. Elle voyagea beaucoup, “lle profita de ses voyages pour s'instruire; elle apprit le franis. et l'italien ; elle étudia le tchèque, le flamand, les dialectes ives de la région danubienne. Un de ses défauts, c'est l’étalage delle fait de sa science. Son premier roman, le Château de Goczyn 841), fait penser par moments à Godwie-Castle; c'est du Walter ott de troisième main. Plus tard, elle aborda le genre historique ec Marguerite de Valois (1847), qu’elle appela un roman de LE , s

l Mon Geschlecht zu Geschlecht, 8 vol., Berlin, 1864-1865. — Gesammelte Werke,

vol. Berlin, 1871-1874. — L. Geiger à publié des fragments d'autobiographie

Fanny Lewald : Gefühltes und Gedachtes, Dresde et Leipzig, 1900.

- LE RÉALISUE ET

Ses romans sont des compositions hâtives 5 à des conversations de salon. |

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