CHAPITRE IV
lendemain de 1870; espoirs déçus; stérilité littéraire. — 1. Le éâtre. Retour à la comédie française; Paul Lindau ; Hugo Bürger; Car Blumenthal. La comédie légère ; L’Arronge; Gustave de Moser; Ida. Le drame; Wilbrandt; Wildenbruch. — 2. Le nouveau
urm- und-Drang. Les frères Henri et Jules ar et la « Toute Jeune
lémagne ». — 3. Liliencron et Dehmel. — 4. Le roman naturaliste; dermann. — 5. Les femmes auteurs ; Mme nr Ebner-Eschenbach. — Le drame naturaliste L'Honneur de Sudermann. Gerhart Hauptin; son procédé de composition; le drame pathologique : Avant lever du soleil; le drame social : Les Tisserands; l'unité de l'œuvre \Gerhart Hauptmann. Max Halbe. Hireheld. Max Dreyÿer. Hartleben. WT: Poètes autrichiens; Schnitzler; Jacques-Jules David; Hermann br; Schœnherr. — 8. "Essais de renouveler le roman naturaliste ; illaume de Polenz; Frenssen; Thomas Mann; Wansermann
En ces jours qui suivirént immédiatement la guerre, nous us sommes redit plus d’une fois la parole d'Ulric de Hutten : Les esprits s’éveillent, c'est une joie de vivre! » Cette parole primait non seulement ce que nous souhaitions, mais ce que Us espérions avec confiance. Jusque-là, tout avait contrarié ‘tre développement national, et voilà que, pour la première IS, la patrie se dressait dueut nous comme une grande unité litique, comme une puissance prépondérante, arbitre de lüurope. Il nous semblait dès lors que nulle tâche n’était aussus des forces morales et matérielles de notre peuple; et mme l’histoire nous enseignait que même au temps de nos 1S tristes déchirements et de notre plus profonde misère la ésie allemande avait célébré ses plus beaux triomphes, nous
nsions que maintenant, — maintenant qu’un si vaillant essor .
manifestait partout et que la pluie des milliards promettait faire succéder à notre pauvreté traditionnelle une certaine
101$ LE RÉALISMÉ ET LÉ RS MÉURALISME,
« aisance nationale, — nous pensions, dis -Je, qu'un âge no « comparable peut-être à celui des Hohenstaufen, allait poin « dans notre poésie. Nous croyions à chaque instant entendr « grande voix qui nous annoncerait l’avènement de cet heur /« âge, et nous attendions la venue du poète qui donnerait : Ÿ « forme au chaos des aspirations idéales que nous portions « nous... » ; Ainsi s'exprimait un historien allemand en 1894, et, après a constaté la stérilité littéraire de ces années dans tous les gen même dans la poésie patriotique, il concluait en ces term: «€ Jamais les circonstances ne furent plus favorables à une épo « allemande. Le contre-coup des émotions ressenties. vib « encore dans toutes les âmes. Voir transfigurés par la po: « les actes de bravoure et d'abnégation, les vies individue « noblement sacrifiées à la cause commune, les traits. sublii € qui d'un’ simple homme du peuple faisdient un héros, tele «le vœu universel. La matière était là, toute prête; il ne fa « qu’une main créatrice pour en faire sortir les germes. fécor « pour en dégager une belle œuvre d'art. Mais il semble. que « yeux aient été aveugles: et les mains paralysées; il est ya « la médiocrité s’étala au grand jour, 18 bouche pleine de ph « creuses et de banalités ronflantes.….. 1,» 2 ch C’est par une fausse analogie qu’on a voulu Hs itet la gue de 1870 à celle de 1813. On remit bien en circulation les refri patriotiques qui avaient enflämmé le courage des soldats d délivrance; mais combien les circonstances étaient différén Cette fois-ci, l'indépeñdance nationale -ne courait aucuñ dan Aucun César nouveau ne méhäçait d'absorber l'Allémagne ( un chimérique Empire d'Occident. On ne luttait pas pou liberté, mais seulément pour la prépondérance politique c'était l'Allemagne qui était l’agresseur; cé fut elle qi "ef prè paix, se trouva la puissance conquérante.
La conquête prüussienne fut aussi stérile pour là lilkéra : l'avait été, soixante ans auparavant, la conquête napoléonier Les grandes guerres ne sont fécondes que quand elles appor avec elles de De éléments de civilisation. La Lu
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se: elle n’ajouta rien au trésor intellectuel que ses poètes s philosophes amassaient depuis un siècle. Même l'idée de allemande, qui lui servit de justification, n’était plus, au t de vue répit qu'un thème usé. En somme, la littéraù n après comme avant 1870, suivit son cours régulier, et elle ait, à cette date, tous les signes d’une littérature de décadence,
u lendemain de la guerre, quand l'animosité traditionnelle tre la France était encore surexcitée par une suite inespérée miomphes, quelques littérateurs d'un talent souple et facile se Mrent, par un étrange contraste, à l’école de l'ennemi vaincu. fut la dernière tentative de ce genre !, et elle ne fut pas beauplus fructueuse que n'avaient été les précédentes. C'était è sialement la comédie qu'il s'agissait de renouveler, la comédie “avait bien été illustrée de distance en distance par une fé remarquable, mais qui n'avait jamais eu de tradition ülière, apparemment Parce que le génie national ne s’y prébpas. Paul Lindau, né à Magdebourg en 1839, ouvrit la voie; ut suivi par Hugo Bürger et Oscar Blumenthal. Ce qui, selon dau, manquait aux Allemands, c'était la forme tout extélé de la comédie, c’est-à-dire, d'un côté, le dialogue, qui discute ni ne pérore, mais qui converse seulement, et, de tre, la gradation des effets, qui tient le spectateur en haleine. nt au fond, c’est-à-dire à l’invention poétique, il jugeait les mands au moins égaux aux Français. « Le théâtre, » dit-il que part, « agit surtout par des effets extérieurs. La beauté MPinvention peut exciter l'intérêt; elle peut même, dans les lféonstances les plus favorables, Stef l'intérêt. Mais la dition essentielle du succès au théâtre, c’est que l'intérêt foisse. Il faut, pour cela, que l’action Hire ce qui n'est a, comme on se lhhagine à tort, le fait d’un simple metteur Mæœuvre. On peut donner des règles à ce sujet, mais, pour re capable de les suivre, il faut avoir un don particulier, qui Onstitue précisément le poète dramatique. C’est le seul don ue possèdent ordinairement les Français : aussi leur a-t-on
dernière ou l'avant-dernière, car vingt ans plus tard ce furent Zola et Sant qui, à leur tour, firent école en Allemagne,
« Quant à nous, tous les autres dons nous ME « c'est justement celui-là qui nous a été refusé. » Et aill « L'artiste qui dédaigne le métier ne produira jamais un
« qui pourrait dire, lorsqu'il s’agit du théâtre, o où Le méUe «et où l’art commence 1? » Paul Lindau ne vit dans la. com française que la facture, le métier, de même que Gottsel deux siècles auparavant, n’avait vu dans la tragédie que lé Tr larité : c’est le fait des imitateurs de ne considérer quel extérieur de leur modèle, parce que c'est le seul qui. pu s'imiter. Après avoir longtemps vécu à Paris et avoir coll plusieurs journaux allemands, Paul Lindau fonda, en
rité presque incontestée comme critique de théâtre. On gnit pas . le comparer à Ra mais il Le.
gbiiés l'année han 22 El décocha surtout ses { écrivains médiocres qui seraient bien morts tout seul autorité comme critique lui ouvrit les portes du th meilleures pièces sont deux comédies, Un Succès Thérèse. La première à été appelée un feuilleton « elle contient, en elfet, beaucoup d'allusions piquantes guèrent vivement le public au début, mais qui ont P rt intérêt. Tante Thérèse est la vieille fille dont le cœur. jeune, et qui rencontre enfin l'homme capable de prendre. Le théâtre de Paul Lindau est un mélange d terie honnête et de grâce sentimentale, il à peu d'in d'originalité; ses caractères manquent de relief; mai a un mouvement facile et élévant, qui imite assez . bie la conversation française. Î Hugo Bürger est un pseudonyme de Hugo Lubliner, un
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1. Dramaturgische Blätter, 3 vol., Berlin, 1875-1879 ; au i® volume.
9, Litterarische Rüc ksichislosipkeilen, Berlin, 1871.