‹ Histoire de la littérature allemandeChapitre 466 sur 534 · LE NOUVEAU « STURM-UND-DRANG · texte numérisé non relu

LE NOUVEAU « STURM-UND-DRANG

161870; ses premiers ouvrages furent deux poèmes sur Vionville et Sedan. Il mort à Weimar le 15 janvier 1909. — A consulter : J. Rœhr, Wildenbruch als imatiker, Berlin, 1908 ; — D. Dunker, Ernst von Wildenbruch., Berlin, 1909. ulthaupt. Kruse. Mourad Effendi. — Tandis que Wildenbruch et Wilbrandt tenmub.des voies nouvelles, quelques écrivains continuaient faiblement jusqu'à la du siècle les traditions de Weimar.

[enri Bulthaupt, bibliothécaire de la ville de Brême, né en 1849, semble avoir couru pour son compte toutes les phases du développement de Schiller. Son vre de jeunesse, Une Tragédie corse (Ein korsisches Trauerspiel, 1870) est écrite (Sle Style dos Brigands. Plus tard, il reprit le plan des Chevaliers de Malte 33}; il supprima le chœur que Schiller voulait introduire dans sa pièce, et dévepa surtout les scènes où paraissent le grand maître La Valette et son fils Saintest. L'œuvre la plus originale de Bulthaupt est George Wendel (1884), une traliédont le sujet est emprunté à l'histoire de la guerre des Paysans. George el, un des chefs de l'insuïrection, a un frère, qui, se croyant le fils d’un ftilhomme, combat dans les rangs de la noblesse, et qui se donne la mort lorsil apprend qu il a contribué à l'oppression des siens. L'inconvénient du sujet, Miauteur n'a su écarter qu'à demi, c'est que l'intérêt se partage entre les deux res. Le même inconvénient, c'est-à-dire un manque d'unité dans le sujet, se

fotive, à un plus haut degré, dans la tragédie intitulée Un Nouveau Monde (Eine.

e Welt, 1886), où il s agit moins de l'Amérique que des domaines intellectuels me par les humanistes du xve et du xvi° siècle ; c'est une grande perspec- 4 la Renaissance. Bulthaupt a donné, dans les Ouvriers (Die Arbeiter, 1875), dés premiers exemples du drame social, ce genre tant exploité par les dramaes de l'école naturaliste. Le sujet est à peu près le même que celui des Tissede Gerhart Hauptmann; la pièce est gâtée par l'amour invraisemblable n'ouvrier pour la fille de son patron. Henri Bulthaupt est, en somme, un écrimhabile et qui a médité sur son art, comme le prouve son ouvrage historique

critique sur le drame (Dramaturgie des Schauspiels, en trois volumes). Il est .

rt à Brême, en 1905.

lenri Kruse, né à Stralsund en 1815, longtemps directeur du Journal:de Cologne, , en 1868, à l'âge de cinquante-trois ans, avec un drame intitulé la Com- ‘(Die Gräfin); le personnage principal est une femme qui a le caractère d'un + et qui tyranuise sa famille d'une manière invraisemblable, tout en tenant ne main ferme le gouvernail de l'État. Kruse a souvent repris des sujets déjà ités : Wullenwever (1870), après Gutzkow ; le Roi Eric (1871), après Prutz; urice de Saxe (1872), après Prutz et Giseke ; Brutus (1874), après Shakespeare ; ; Mino Faliero (1876), après Byron et Casimir Delavigne ; Rosemonde (1878), après übre d'autours. Ses meilleurs pièces sont des Jeux de carnaval, où il suffisait ir de l'esprit. IL est mort à Buckebourg, en 1902. ourad Etfendi (1835-1881), ou François de Werner, ministre résident de l'Emon à Dresde, à Stockholm et à la Haye, obtint un grand succès, en d'à Vienne et à Dresde, avec son Sélim III, malgré la dureté de son vers. Il it encore un Marino Faliero et un Mirabeau, qui furent publiés en 288:; beau est amoureux de la reine Marie-Antoinette, et il meurt empoisonné.

102$ LÉ RÉAUISNÉ ET LE NATÜRALIOME. | on s’y attend; chacun voudrait y apporter sa part; pu années se passett säns qué rien äpparaisse, et un profon ment d'impuissance finit par s' emparer des esprits. C’est su aux approches de 1890 que ce sentiment se manifeste avec forc: « C'était, en somme, » dit un témoin du temps, « une époqu « sombre et morne que ces dernières années du règne du vie

«empereur. Tout était en stagnation, et semblait devoir reste

. & éternellement aïnsi. La puissante figure de Bismarck, qui s

« dressait sur l'Empire et sur l'Europe, nous produisait, à nou « autres jeunes gens, comme une impression de Stupeur. Il nou « semblait que, sans sa volonté, aucun souffle d'air, aucun. rayo « dé Iümière ne pouvait se rédiie, Jé ne dis pas, bien entend « que le grand homme d’État ait réellement entravé.le dévelop & pement national, mais il n’en est pas moins vrai que sa grar « deur pesait sur la jeunesse allémande. Nous nous demandion É « Que devons-nous, que pouvons- nous faire? Que en til pou & nous !? » | |

Toutes les fois qu’un besoin de rénovation se. manifest dan

là littérature allemande, on se reporte à cette. époque appelé

du nom expressif de She Drang, et marquée par le Gut de Berlichingen de Gœthe, les Brigands de Schiller et les premier ouvrages critiques de He C'est là que les écrivains I Jeune Allemagne avaient pris quelquefois leurs modèles; c’ést 1 que les romantiques avaient placé leurs antécédents, aüolqu leur idéal fût bien éloigné de celui des Lenz,-des Klinger À. jeune Gœthé. À quelque école où à. quelque parti qu appartint, on aimait à chercher là les vraies origines de 1

rature allemande. Ge fut là aussi, et en a chez le: eun:

. « partir d'Iphigénie, une double direction, une sorte. « tion se manifeste dans l’activité créatrice de ira

vague écumante; il est porté par elle, tantôt ici, tantôt là. Et féette oscillation est devenue ensuite épidémique dans notre lit- MHérature. Aujourd’hui les romantiques tirent de leur arsenal tout un moyen âge attifé selon la mode du jour, demain Ja Jeune Allemagne croit faire merveille en nous chantant politique et réforme sociale. Le matin, Platen, Rückert, Daumer, Bodenstedt vont se griser à la source des mystères de l'Orient, ét le soir. nous nous retrouvons tous chez nos maîtres par “excellence, les Français. » Et que résulte-t-il, à la fin, de toutes influences qui se croisent et souvent se contrarient? Une lit-

“servi un festin, le plus magnifique qui fût jamais; la salle était ‘éblouissante de lumière; les tables regorgeaient des mets les “plus délicats; l'assistance était une guirlande fleurie des plus “nobles esprits. Quel feu communicatif! Quels entretiens ‘sublimes! Et voilà que le soir est venu; les convives se sont dretirés l'un après l’autre; les flambeaux brûlent trouble; un “groupe isolé reste encore çà et là, où l'on rappelle le souvenir “les heures écoulées. Mais déjà l’essaim des servantes et des “laquais, des parasites et des mendiants, s'est étalé dans la “salle ; ils ne peuvent attendre le moment où il leur est permis de tomber sur les restes du festin. A l'œuvre, Harpies! voici votre heure; le festin dure encore, mais seulement pour vous. Oui, nous avons encore une littérature, mais pourquoi nous le dissimuler? élle ne mérite pas plus ce nom qu'un champ où dquelques épis se dressent au milieu de l’ivraie ne mérite d'être @appelé un champ de blé. »

“Ainsi s’exprimaient, en 1882, les porte-drapeaux de la nouelle école, les frères Henri et Jules Hart, dans la première de eurs Passes d'armes critiques !. Leur programme était assez large, : |

"1. Xritische Waffengänge, 6 cahiers, Leipzig, 1882-1884. — L'action critique des rères Hart se prolonge dans les Berliner Monatshefte (1885) et dans Krilisches

frature qui s'éparpille et se perd dans le sable, comme un cours + eau sans direction : c'est le règne de la médiocrité. « On nous %

lahrbuch (1888, 1889, 1891). L'aîné, Henri Hart (1855-1906), qui a écrit seul plu- ;

ieurs romans, est surtout l’auteur d'un vaste poème épique en 24 chants, Das Lied der Menschhéit, resté inachevé; ses œuvres complètes ont été publiées par on frère (4 vol., Berlin, 1907). — Jules Hart, né en 1859, d'un tempérament plus boétique, a donné son plus beau recueil de vers dans Triumpf des Lebens (1898). Der neue Gott (1899), en prose, contient sa profession de foi, qui est une protes- * ation enflammée contre les idées de Nietzsche. — A consulter, sur toute la période : & von Hanstein, Das jüngste Deutschland, 1.c6i2718. 1900 ; et Albert Siersel, Dich: tung und Dichter der Zeit, Leipzig, 1911. p PER A

même assez vague, pour ne pas être gênant et pour ne contrain | l'originalité de personne : les programmes les plus courts soi Souvent les meilleurs. Ils apportaient dans leurs passes d’arn toute la fougue d’une conviction sincère; ils séparaient nette ment l’art de ce qui n’est qu'imitation plus ou. moins habil ou dilettantisme frivole, et ce que certains de leurs jugement avaient de trop péremptoire pouvait $’excuser par l’emportemer du combat. Au reste, ils ne se donnaient pas comme des chef d'école; les vrais créateurs devaient seulement venir; eux mêmes n'étaient que des avant-coureurs. « Le génie ne se décrèt « pas; nous défrichons le sol, en attendant que d’autres le culti « vent el que le ciel donne la pluie et le soleil pour le féconder, Ils essayèrent cependant de planter à leur tour, mais la premièr moisson ne fut pas très abondante. D

Tous les manifestes sortis de la nouvelle école n'étaient pa aussi modestes. Deux ans après parut un recueil-de poésies Iyri ques intitulé : Poètes modernes !. L'éditeur était Wilhelm Arent poète fécond, un peu décadent, qui ouvre le recueil, 1 quelque part : |

Je suis le papillon qui va au calice, — je suis le grain de pous qui se joue dans la lumière. — Je vis et je suis mort depuis de liers d'années, — je sais que je fus un jour et que pourtant je pas. — Ainsi je meurs dans le temps et dans l’espace, comme da

crépuscule sans fin, — semblable à la feuille sèche qui se détache Parbre ?.

Un credo, servant de préface, et signé de Hermann. radi, promettait au peuple allemand un. lyrisme nouveau « dégagé de toute convention et de toute banalité, ne s « pirant que de ce qui est vrai, naturel, primitif, de ce: « est réellement grand et de ce qui va au cœur ». On voit qu cette promesse n'était pas toujours tenue. Parmi les dix-ne collaborateurs figuraient encore, outre les frères Hart, Ernest (

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