‹ Histoire de la littérature allemandeChapitre 48 sur 534 · RODOLPHE D'EMS. — POÈTES DIVERS. é · texte numérisé non relu

RODOLPHE D'EMS. — POÈTES DIVERS. é

Quand l'usage eut prévalu de mettre les légendes pieuses en rs allemands, les poètes chevaleresques les traitèrent à l’envi,

“dans leur style. C’est ainsi que Hartmann d’Aue, l’auteur

lvain et d’'Érec, l’un des plus agréables conteurs du xrIe siècle, ait rimé la légende du pape Grégoire; malheureusement, le jet contenait des parties qui répugnaient au sens poétique et ême au sens moral, et contre lesquelles tout l’art de Hartmann wait échouer.

Un autre poète chevaleresque, plus jeune d’une génération, in des écrivains les plus féconds du moyen âge, Rodolphe d'Ems, dû principalement sa popularité à des récits pieux. Il avait déjà mposé plusieurs ouvrages profanes que nous ne connaissons us, lorsqu'il se tourna vers la poésie sacrée. Sa légende de mlaam et Josaphat est traduite du latin, comme il nous l’apprend imême; celle du Bon Gérard dérive d'une source inconnue. Pai employé, » dit-il au commencement de la première, « les années précédentes de ma vie à répandre des fables et à tromper les hommes par des récits mensongers. Aujourd'hui, je vais >onter une histoire pour la consolation des pécheurs; je vais, iwec l’aide de Dieu, la transcrire en allemand. Je souhaite que ceux qui la liront soient fortifiés dans leur foi, et qu'un jour Dieu se souvienne de moi, qui ne suis aussi qu’un pauvre pécheur. » Josaphat est fils d’un roi de l'Inde. Il veut se convertir Christianisme, malgré la volonté de son père; et Dieu envoie prophète Barlaam pour l’encourager et l'instruire. Le roi, pour mvaincre son fils d'erreur, institue une controverse entre les teurs chrétiens et les plus grands sages du paganisme; mais | se montre plus zélé et plus savant dans la discussion que s docteurs; il réduit au silence tous les adversaires de la foi. roi cède Sin se convertit lui- -même, et dépose sa couronne, il transmet à son fils. Mais Josaphat aime mieux s'occuper de a propre salut que du gouvernement de ses États. Il se retire n$ un désert avec son maître Barlaam, et tous deux achèvent vie dans le jeûne et la prière !,

+ Édition de Pfeiffer, Leipzig, 1843. —- La légende de Josaphat cu Joasaph n'est rene celle de Bouddha, qui arriva sans doute dans l'Occident par l'interméire d’une rédaction grecque.

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