‹ Histoire de la littérature allemandeChapitre 51 sur 534 · LE POËTE HEINRICH. — LE « WINSBECKE · texte numérisé non relu

LE POËTE HEINRICH. — LE « WINSBECKE

Un des plus anciens poèmes didactiques de l'Allemagne, qui monte jusqu'au milieu du x1e siècle, a pour titre la Pensée de mort. L'auteur s'appelle lui-même Heinrich ou Henri, le bon rviteur de Dieu. Cette désignation pourrait faire penser à un clésiastique ; mais la manière dont:le poète Henri parle du clergé > laisse aucun doute sur son caractère laïque. L'ouvrage est récédé d'une introduction, qui traite de la Vie commune, et qui t pour nous la partie principale, parce qu’elle contient un bleau des mœurs du temps, où il est facile de faire la part de xagération et de la satire. L'auteur y passe en revue tous les ces auxquels l’homme se laisse entraîner par l'oubli de la mort. blâme, chez les dignitaires de l’Église, la cupidité et la molsse. « Si l'on pouvait, » dit-il, « gagner le ciel en dégustant des mets délicats, et s’il suffisait, pour y entrer, d’avoir la barbe bien peignée, le nombre des élus serait plus grand. » Il s'élève tre le luxe des femmes. « Elles s’avancent dans un nuage de poussière, que leurs longues robes soulèvent derrière elles. La moindre paysanne a la démarche altière ; elle met du fard sur ses joues; elle porte des chaines d'or; elle veut aller de pair avec la dame riche. » Pourquoi attacher tant de prix à une vie qui est entourée partout que des images de la mort? Un repentir ncère, conclut l’auteur, vaut mieux que tous les trésors de ce onde !,

Pouvrage du poète Henri n’a d'autre but que de préparer lomme à la mort; un autre poème, du commencement du He siècle, est au oki un guide dans la vie. Il contient les nseils d'un père à son fils, et a pour titre le Winsbecke : c'est ns doute le nom de l’auteur; mais, dans la suite, ce nom devint appellation commune pour tous les ouvrages du même genre; Meémploya même le féminin, Winsheckin, pour désigner un Seignement donné par une mère à sa fille. Le Winsbecke, comme rai livre populaire, fut recopié et refondu d'âge en âge, et “manuscrits qui nous l'ont transmis présentent de nombreuses riäntes. C'est le sentiment honnête, pieux et résigné du peuple ia trouvé ici son expression et, pour ainsi dire, sa légende. La

«R. Heinzel, Heinrich von Melk, Berlin, 1867.

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