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LA POÉSIE LYRIQUE. | 97 qui autrefois m'était familier —— Comme ma propre main, m'est devenu “étranger. — Les hornmes au milieu desquels j’ai passé mon enfance — ne me connaissen! plus, et je doute moi-même si je les connais éncore, — Ceux qui jouaient avec moi sont vieux et fatigués. — Le champ est retourné; les arbres de la forêt sont abattus; — le ruisseau seul coule encore, comme il coulait jadis. — Je suis donc bien malheureux, — puisque ceux qui me serraient la main me saluent à peine? — Je ne vois que tristesse partout, et je ne puis que gémir, —
quand je pense aux jours dorés d'autrefois, — qui ont laissé moins de
trace qu’une pierre sur l’eau 1.
On peut suivre la carrière de Walther jusqu'en 1227, et il est probable qu'il mourut peu d'années après, à Wurzbourg. Il fut enterré dans le cloître de la cathédrale, et, d’après une légende qui n’est sans doute qu’un développement poétique de son non, il aurait ordonné par testament que les oiseaux qui fréquentaient lès galeries du cloître fussent nourris sur sa tombe. Considéré comme un maître pendant le moyen âge, presque oublié au XVI° et au XVIIe siècle, il est redevenu un écrivain populaire dans PAllemagne moderne. Le fait même qu'on puisse lui constituer une sorte de biographie est caractéristique ; c’est une preuve que Sa poésie est autre chose que le rêve indistinct des Minnesinger, ebque derrière le poète il y a un homme.
LA
4% — OTTON DE BOTENLAUBEN. — CHRISTIAN DE HAMLE. — NITHART Walther de la Vogelweide eut de nombreux successeurs. I] faut citer seulement ceux qui, à la distance où nous sommes, et ayec les renseignements qui nous sont parvenus, peuvent prendre à nos yeux une physionomie un peu nette. La vraie poésie des Minnesinger, la chanson amoureuse, est représentée encore avec in Certain éclat par Otton de Botenlauhen et par Chrétien de damle.
Otton appartenait à la famille des comtes de Henneberg. I] *onstruisit dans la Franconie le manoir dont il a gardé le nom suivit l'empereur Henri VI en Italie ; plus tard, il partit pour la Toisade, et il épousa en Orient une princesse issue d’un sang