‹ Histoire de la littérature allemandeChapitre 60 sur 534 · a Wære Kristes lôn niht alsô süeze · texte numérisé non relu

a Wære Kristes lôn niht alsô süeze

so eulieze îch niht der lieben frowen min,

« die ich in minem herzen dicke grüeze :

si mac vil wol min himelrîche sîn.

« swà diu guote wone alumbe den Rin,

herre Got, sô tuo mir helfe schîn,

daz ich mir und ir erwerbe noch die hulde din. »

&. . « Hêr Anger, waz ir frôide iuch muostet nieten, dô min frowe kom gegàn « und ir wizen hende begunde bieten |

MT NA NAN EE me CREER . D * LA POËSIE LŸYRIQUE. 99

ACela est trop courtois; les Artamènes du xvire siècle ne parleont pas autrement. Il y a plus de vraie poésie chez Nithart de teuenthal, un chevalier bavaroïis, qui avait son manoir près de zandshut sur l’Isar. Il prit part à la croisade de Léopold le Gloeux, duc d'Autriche, en 1217. À son retour, il se brouilla, on 16 Sait pourquoi, avec son suzerain, et il fut obligé de quittér la javière. Frédéric le Batailleur, fils de Léopold, lui offrit un asile ; lui donna même un fief, à Melk, sur le Danube, en amont de enne : un cadeau princier, dit-il dans une poésie, si le posseseur n'avait dû payer la redevance féodale, dont il aurait eu grand ësoin pour l'éducation de ses enfants. Nithart, sentant la poésie hevaleresque se perdre dans la mièvrerie galante, essaya de la enouveler au contact de la nature. Ses meilleures pièces de vers ont des tableaux champêtres, animés par une danse, et queluecfois par une rixe de paysans, car Nithart ne dédaigne pas élément comique. IL emprunte souvent la forme du dialogue. loici un de ses airs de danse :

Toutes les bouches chantent les louanges du mois de mai. — Les eurs sont écloses — sur les prés — que l'hiver avait dépouillés. — Le leul a repris son feuillage. — Entendez-vous le mouvement de la

anse? Quels joyeux groupes!

Hs sont libres de soucis — et riches de contentement. — Les jeunes lles:sont parées — et toutes gracieuses; — elles ont mis des rubans e Soie à leurs corsages blancs, — afin que les jeunes gens de la avière, — de la Souabe et de la Franconie les trouvent à leur gré. “Pour qui me parerais-je? » — dit l’une d’elles. — « Les jeunes gens sônt si endormis, maintenant : — c’est à perdre courage. — Le monde ne connaît plus ni la joie ni l'honneur. — Les hommes sont inconstants; — ils ne cherchent plus à plaire ni à se faire aimer. — Tu leur fais vraiment tort, » — dit une autre. — « Il y à encore Quelque bonheur pour nos jeunes années; — il est encore des hommes — qui cherchent à plaire aux femmes qui le méritent. — Tu te trompes vraiment. — J'en connais un qui est capable de chasser les peines d’une jeune fille, — “Je voudrais le voir, — celui qui à su te plaire. — Dis-moi (cette ceinture que je porte — sera le prix de ta confidence), — dis-moi je nom de cet homme qui l’aime — d’un amour si rare. — Aussi bien je révais cette nuit que ton cœur n’était plus dans notre village. -— « C’est celui que tout le monde appelle — le scisaeur de Reuenthal # | __« nâch iuwern bluomen wolgetän!

« erloubet mir, hêr grüener Plân, S « daz ich mine füeze sezzen müeze, « dà min frowe hât gegân.… »

‘8 (Éd. de Bartsch.)

« —et dont les chansons se redisent ont de Crest oi qui m n'aim « et je lui en suis reconnaissante. — C’est à lui que je pense, — lorsqn « je me pare de fleurs... Mais quitte-moi, voici l’heure de vêpres !. 4

On voit, par la dernière strophe, que Nithart avait le sentiment de sa valeur. Il fut, eneffet, un novateur dans la littérature; on peut le considérer comme le fondateur de la PAstorme allemande.

N st ri 5. — LE TANNHÆUSER. — LA LUTTE DES CHANTEURS 7 A LA WARTBOURG. à

A mesure que l’école des Minnesinger penchait vers son déclin, les souvenirs qu'on avait gardés de quelques-uns d’ entre eux se mêlaient d'éléments Poe Au moyen âge, tout ce qui frappait vivement les esprits avait tôt ou tard sa légende. Ce qui est parfois difficile à démêler, ce sont les motifs qu déterminaient l'imagination populaire dans le choix de ses héros. Pourquoi le Tannhæuser a-t-il été distingué parmi les poètes ses contemporains, qui avaient au moins autant de talent que lui? C'est peut-être à cause de sa vie aventureuse et de ses brusques changements de fortune. Il appartenait à la noble famill des comtes de Tannhausen en Bavière. Il vécut d'abord à la com de Frédéric IT le Batailleur; duc d'Autriche, qui, à ce qu'il parait, le dota richement. Il dépensa tout son avoir, et, à la mort de Frédéric, il se vit réduit à chercher un gîte. 1l s’adressa au duc de Bavière Otton IT, qui lui fit bon accueil; mais la mort de son nouveau protecteur le laissa encore une fois dans l'abandon. I parcourut l'Allemagne ent tous sens, riche un jour, pauvre de lendemain, et toujours chantant. Ses poésies sont de brillant | improvisations. Il ne vise pas à l'originalité, et il emprunte san! scrupule à ses devanciers; mais il a de l'esprit, et quelquefoi

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