C'est-à-dire l’heure du rendez-vous
« Lop von manegen zungen « der meie hât; | « die bluoren sint CDISDEUIECE 4 « an maneger stat, = « da man ê deheine kunde vinden. “2 « geloubet stânt die linden; [kinden
« sich hebt, als ir wol habt vernomen, ein tanz von hôfs
Éditions. — Les poésies de Nithart ont été publiées par M. hs (Leipzig, et plus récemment par Keinz (Leip:ig, 1889).
Mr à
te me À | le la grâce. Voici une de ses chansons les moins banales; encore jaraît-elle puisée à une source populaire :
Ma dame, que j'ai tant servie, — veut me payer de retour. — Il aut lui en rendre des actions de grâces, — car elle ne met presque ucune condition à ses faveurs. — Elle demande seulement que je létourne le Rhin, — afin qu’il ne passe plus à Coblentz : — alors sa tolonté sera la mienne. — Si je vais ensuite prendre dans la mer — une poignée de sable, à l’endroit où le soleil se repose, — elle naura
us rien à me refuser. — Près de là luit une étoile : — je la décroherai, en passant, pour elle.
Mon parti est pris : — tout ce qu’elle voudra, — je le trouverai
On. — Mais je ne la trahirai pas : — Dieu seul sait — quelle est la lame dont je parle.
L’Elbe coule trop doucement, — le Danube est trop bruyant : — uand j'aurai remédié à cela, — ma dame sera toute bonne pour moi. = Quand j'aurai pris la salamandre dans le feu — et la lui aurai préentée, — je serai sûr de ma récompense, — et tous mes vœux seront ccomplis. — Ensuite j’obtiendrai du ciel — qu’il me laisse faire la luie et le beau temps, — et ma dame ne me demandera plus rien — ue de lui faire un printemps éternel. HY Mon parti est pris : — tout ce qu’elle voudra, — je le trouverai on: — Mais je ne la trahirai pas : — Dieu seul sait — quelle est la ame dont je parlet. »
Un jour, sa dame — Dieu sait laquelle, pour parler comme 1— ne lui suffit plus. Il se rendit dans la caverne où l'antique éesse Vénus était reléguée avec ses nymphes. Mais bientôt, saisi eremords, il voulut repartir, et, comme la déesse le retenait, il Woqua le nom de la vierge Marie; aussitôt les enchantements essèrent. Il alla se jeter aux pieds du pape, pour se faire par-
7 « Min frowe diu wil lônen mir, 4 « der ich sô vil gedienet hân.
‘ des sult ir alle danken ir:
si hât sô wol ze mir getân.
« si Wil daz ich ir wende den Rin, L «“ daz er für Kobelenze iht gé : | « sô wil si tuon den willen mîn.
mag ich ir bringen von dem sê « des grienes, dà diu sunne gût | « Ze reste, sô wil si mich wern.
à « cin sterne dà bî nâhe stêt,
« des wil si von mir niht entbern.
« Ich hân den muot,
swaz si mir tuot, daz sol mich allez dunken guot, si hât sich wol an mir behuot, diu reine :
sunler Got alleine, sô weiz die frowen nieman, diech dà meîne.... »
(Éd. de Bartsch.)
£ LR AR. A
102 LA LITTÉRATURE FÉODALE Du.
CNUYEN AGE.
donner son péché, et le pape lui répondit : « Quand ce bhton. su « aus je m’appuie poussera des feuilles, tu seras pardonné, Il s’en alla, désespéré. Trois jours après, on vit le bâton fleurir Mais on ne put retrouver le Tannhæuser; il était retourné dan la‘ montagne de Vénus. Une vieille ballade ajoute : « Le pap « perdit sa propre âme, pour avoir perdu une âme de pécheur..
Une autre légende, consignée dans le poème de la Lutterde chanteurs à la Wartbourg, met en présence des poètes connu Wolfram d'Eschenbach, Walther de la Vogelweide, Reimar d Zweter, avec des personnages inconnus, comme Henri d'Ofte dingen, ou même fabuleux, comme le magicien Klingsor. Le
sujets proposés sont dette l'éloge d’un prince, ensuite de
énigmés à résoudre, qui restent obscures, même après que la solt tion en a été donnée. L'événement est censé se passer devant] landgrave Hermann, dans les premières années du xiIHe siècle c'est-à-dire à une époque où l’un des chanteurs, Réimar d Zweter, était à peine né. Le poème, qui date de la fin du siècle est fragmentaire, et paraît n'ayoir jamais existé qu'à l'état d fragments. Le style est inculte; c’est une des productions Je plus informes du moyen âge !. | +
1. Der Singerkrec uf Wartbwc, édition de L. Ettmüller, Ilmenau, 1830. . de Simrock, avec traduction, Stuttgart, 1858. — L'origine de la légende a é cherchée jusqu'en Orient. La sentence d’après laquelle le vaincu doit avoir Ja. tè tranchée paraît empruntée à la tradition scandinave : dans l'Edda, le géai Wafthrudnir engage sa vie en disputant à Odin le prix du chant. — Richa
Wagner a fondu les deux légendes, celle du Tannhæuser et celle d de la. Lutte À chanteurs, en un seul drame musicai,
Souvenirs de l'antiquité. — 1. Les comédies de Hrotsuith; la manière “dont elle comprend limitation de Térence. — 2. Origines religieuses du théâtre populaire. Intermèdes fburss dans les cérémonies du culte. Première forme des Jeux de la Passion et des Jeux de Noël. Les Prophètes du Christ. Le Jeu de l’Antéchrist.
Le moyen âge fut obligé de chercher la forme dramatique, “comme si l'antiquité grecque et latine n'avait pas existé. On lisait bien les auteurs anciens, on les commentait même, mais les souvenirs de la vie ancienne étaient très obscurcis. Ge que nous appelons la critique historique ou littéraire était dans l’enfance. Chacun accommodait naïvement ce qu'il lisait aux circon- “stances au milieu desquelles il vivait. On se représentait volontiers “une tragédie ou une comédie comme une récitation où le même “personnage disait successivement tous les rôles. Une églogue de Virgile était assimilée à une comédie de Térence. Quant à la dis- “inction des genres, on n’en avait que des idées confuses. La tragédie était une pièce dont le commencement était heureux et la fin malheureuse ; la comédie, c'était le contraire. La nécessité de la forme dialoguée ne venait qu’en seconde ligne. La Pharsale de Lucain était citée comme une tragédie, et Dante ne faisait qu'emprunter le langage de son temps, lorsqu'il donnait le nom de Divine Comédie à son poème, où, après le spectacle des tourments de l'enfer, il dévoilait ee les yeux de ses lecteurs les oies du paradis.
À. — LES COMÉDIES DE HROTSUITH. r.
ge
… Le peu de notions qu'on avait du théâtre latin se groupaient autour du-nom de Térence; on le préférait à à son émule Plaute,
sans doute parce qu'on le comprenait mieux: on en tent des extraits; on lui empruntait des maximes. “at les sujets de ses pièces ne laissaient pas de scandaliser parfois les âmes pieuses. I fallait que son influence füt grande, pour que, dès la fin du xe siècle, on sentit le besoin d’avoir une sorte d’Anti-Térénce: car c’est bien là le caractère de l’œuvre qui a rendu célèbre lé nom de Hrotsuith, religieuse de Gandersheim, en Saxe. Térence avait laissé six comédie elle en composa six. Elle les écrivit en prose, ignorant sans dope les lois du trimètre ïambique, et croyant encore en cela imiter le poète latin. Mais c’est surtout, l’effet moral de l’ancienne comédie qu’elle voulait détruire : ec est ainsi qu elle entendait limitation. Imiter, c'était, pour elle, suivre le même chemin pour atteindre un but différent. « D’autres, » dit-elle, « lisent Térence; moi je veux limiter; dans le mêmegenre « poétique où l’on présente d'ordinaire les opprobres des “4 « impudiques, je veux célébrer la chasteté des vierges saintes. » Elle montre tantôt une jeune pécheresse ramenée dans la ice de l’abstinence par les conseils ou par l'exemple d’un ermite, tantôt la convoitisé d’un chef barbare vaincue et réduite. au silence par la vertu inébranlable d'une chrétienne. Toute son œuvre est une glorification de la virginité, et elle se complaît dans cette œuvre. Elle s'édifie elle-même en écrivant, et elle sait qu’elle édifiera ses compagnes. Elle ne résiste même pas au plaisir de les instruire en passant, et de leur faire connaître, quand l’occasion s’en présente, quelque détail de ses lectures, ordinairement fort déplacé. Quant à lui prêter un public composé des évêques et des seigneurs du voisinage, ou même un petit théâtre comme celui de Mme de Maintenon à Saint-Cyr, « les rôles étant tenus par de jeunes sœurs qui avaient obtenu dis pense pour s'habiller en hommés! », ce sont de pures fictions. romanesques. Les comédies de Héotsottil ne franchirent guère le petit cercle des premiers initiés ; on n’en trouve aucune mention dans les siècles suivants; Conrad Celtès les publia, au temps de la Renaissance, d’après l'unique manuscrit où elles se sont con servées, et ds lors leur date reculée et leur caractère CXCERS tionnel en ont fait un objet de curiosité érudite. Mais elles n° eu”
rent aucune influence sur le théâtre du moyen âge, qui devait
1. Heinrich, /istoire de la littérature allemande, 1°". vol. — Villemain, Littéra= fure au moyen âge, 20° leçon. AE
Bo en lui-même, en dehors dé toute imitation antique, les conditions de son développement !.